Le château de Combourg a été construit sur une butte, au bord du Lac Tranquille. La forteresse est d’une beauté sévère, avec ses hautes murailles de granit et ses solides tours en poivrière, tours de granit qui se dessinent sur le ciel de Combourg.
Edifié aux XIe siècle et XVe siècle et remanié au XIXe siècle, François-René de Chateaubriand y passa une partie de son enfance. Le château de Combourg a été inscrit par arrêté du 15 décembre 1926 et certaines parties ont été classées par arrêté du 2 août 1966 ; le site est classé par arrêté du 27 juin 1945.
Par contrat du 3 mai 1761, la duchesse de Duras et son mari le vendent à René-Auguste de Chateaubriand (1718-1786) de Saint-Malo, engagé comme mousse dans la marine marchande, puis capitaine, enfin armateur enrichi par le commerce des Iles et "la course", époux de Apolline de Bedée dont il eut dix enfants (six vécurent), le cadet étant le futur écrivain François-René de Chateaubriand ; sa famille s'y installant en mai 1777 et lui y passant douze années d'une jeunesse assez morne, il immortalisera le lieu dans ses mémoires.
Cette massive forteresse est flanquée, aux quatre angles, de tours rondes à créneaux et mâchicoulis, à toitures coniques. Les mâchicoulis de la courtine nord et ceux de la tour nord-ouest présentent sur leurs trois faces des encorbellements à quatre ressauts ; ceux de la tour nord-est sont à trois ressauts seulement ; ils supportent des linteaux ornés de trilobes simulés inscrits dans des arcatures brisées.
L'intérieur du château de Combourg a été également entièrement restauré. Au cours de la restauration du château les ouvriers découvrirent le cadavre desséché d'un chat, emmuré derrière une poutre maîtresse datant du xvie siècle.
Cette découverte fut immédiatement reliée à "la légende du chat fantôme"; il semble qu'il existait jadis une tradition consistant à emmurer vivant un chat noir dans les fondations d'un bâtiment pour conjurer le mauvais sort. L'animal momifié est exposé sous vitrine dans la chambre occupée par Chateaubriand enfant.
L’intérieur n’est donc pas celui que connut l’écrivain. Pourtant, on ne peut s’empêcher de l’imaginer ici ou là, lui ou les membres de sa famille : la chapelle, où allaient prier sa mère et sa soeur ; le grand salon où flotte le souvenir de son père, figure pâle et autoritaire : la salle des archives, aujourd’hui occupée par le mobilier de son dernier lieu de vie, rue du Bac à Paris.
On peut y voir sa table de travail, son fauteuil et le lit où il mourut en 1848, ainsi qu’un chat sculpté que lui offrit son amie, Juliette Récamier. La chapelle se voit encore à l'entrée du vestibule d'honneur. La grande salle des Gardes forme aujourd'hui deux salons. Le parc actuel remplace d'anciens mails.
La comtesse Sonia de la Tour du Pin-Verclause, propriétaire, et guide, du château de Combourg, prévient tout de suite : « Ce n'est pas qu'un bâtiment ou un écrivain ». L'écrivain en question, François-René de Chateaubriand, est un sujet incontournable de la visite guidée. Mais la promenade permet aussi de saisir la froideur du monument, et la gloire de la famille, célébrée dans ses décorations murales.