A l’entrée de la ria d’Étel, la fameuse barre d’Étel un banc de sable qui se forme au point de rencontre de la marée et du cours de la rivière et qui se déplace au gré des marées, de la houle et du vent. Le passage peut être très dangereux selon les conditions météorologiques et un sémaphore sur la pointe du Mât Fenoux guide les marins pour le franchissement de la barre.
A la fin des années 1850, le passage est de plus en plus utilisé du fait du développement de la pêche à la sardine. Un premier feu est installé le 15 août 1859. En 1867 un mât (mât Fenoux donc, ou mât-pilote) adossé à une cabane en pierre permet d'implanter en hauteur une grande flèche indiquant l'endroit de la passe. La maison sémaphore est mise en service en 1961.
Le sémaphore d'Étel, un lieu unique à plus d'un titre. Unique parce que c’est le seul sémaphore civil de France, les autres sémaphores sont gérés par les militaires. Il était auparavant géré par la Compagnie du port du Morbihan. Ce sémaphore est également unique parce qu’il est tenu par une femme : Josiane Péné, 65 ans.
Le franchissement de la barre d'Etel est riche d’histoires dramatiques.… La barre d’Étel est accessible des deux rives de la ria, mais c’est côté Plouhinec, à la pointe du Mât Fenoux, qu’on a le plus beau point de vue, avec de belles plages et un beau panorama sur la barre, l’entrée de la ria et le port d’Étel sur l’autre rive.
L’île de Saint-Cado est incontestablement la véritable perle de la ria d’Étel ! Cette petite île est reliée à la terre ferme par une chaussée dont on dit qu’elle aurait été créée par le diable après négociation avec Saint-Cado. La légende dit que le moine qui lui laissa son nom trompa le diable en ce lieu ! Ce dernier aurait accepté de relier l'île à la rive contre l'âme du premier qui franchirait la digue... Seulement, à peine terminée, le moine fit traverser un chat !
Sur l’île on peut admirer de belles maisons de pierre et une chapelle du 12ème siècle, classée depuis 1936. Dans la chapelle se trouve le lit de Saint-Cado. Les sourds s’y étendaient pour retrouver l’ouïe ! Sur la place jouxtant la chapelle, imposant calvaire construit au 19ème siècle. En contrebas de la chapelle, sur les bords de la ria, jolie fontaine du 17ème siècle.
Face au port de Saint-Cado, l’île de Nichtarguer et son abri ostréicole ont été magnifiquement immortalisées par Philip Plisson et nombre d’autres artistes. En fin de journée, la lumière dorée du soleil rasant rend l’endroit tout simplement extraordinaire.
Sur la rive ouest de la ria, Plouhinec est un gros bourg réputé pour son patrimoine naturel : bois, plages de sable fin, dunes, façades maritimes à la fois sur la ria d’Étel et la petite mer de Gâvres. Sur les bords de la ria, en faisant route vers la pointe du Mât Fenoux et la barre d’Étel, Nous vous conseillons de faire un petit détour vers le Vieux Passage, un port minuscule dominé par de belles maisons en pierre.
Plus au nord, sur la route de Sainte-Hélène, le petit village de Nestadio et sa minuscule chapelle Saint-Guillaume, bâtie au 17ème siècle, offre un beau point de vue sur la ria et l’île de Saint-Cado en face.
Au nord de la ria d’Étel, la commune de Locoal-Mendon, célèbre pour son bagad de Roñsed-Mor, compte pas moins de 40 kilomètres de littoral, essentiellement des zones humides. Vous pouvez y observer de nombreux oiseaux (canards, hérons, cormorans). La pointe de Verdon, accessible via une route démarrant au nord du bourg, offre une belle vue sur la ria.
Avant d’arriver sur la pointe de Verdon, étonnante quenouille Sainte Brigitte, une stèle haute de 3 mètres datant de l’âge de Fer, vraisemblablement christianisée au 17ème siècle, isolée dans une zone marécageuse. Autre endroit intéressant : la presqu’île de Locoal-Mendon, un T qui s’avance dans la ria à l’ouest du bourg, qui compte quelques pointes offrant de belles vues sur la ria.
La presqu’île est reliée au bourg par la chaussée de Pen Pont d’où on jouit d’une vue superbe sur l’étang de Saint-Jean et sur les vasières du fond de la ria. La pointe sud de la presqu’île, la pointe de la Forest, fut une cache du célèbre général chouan Georges Cadoudal.
Sur la rive est de la ria à laquelle elle a donné son nom, Étel fut des années 30 aux années 60 un des plus grand ports de pêche au thon de la façade Atlantique. Le Morbihan a été un pôle très important pour la pêche au thon, surtout au début du XXème siècle et jusqu’à la seconde guerre mondiale. La pêche a commencé à se développer à Étel à la fin du XIXème siècle avec un gros boom dans les années 1920.
A tel point qu’Etel a même supplanté Groix dans les années 30. 'Il y a eu jusqu’à 230 bateaux de pêche immatriculés dans la rivière d’Etel à la grande époque", relate Grégory Nabat, animateur au musée des thoniers. Les pêcheurs utilisaient alors des bateaux bien spécifiques - des voiliers thoniers - baptisés les dundées.
Mais à partir des années 70 le port de Lorient attire la flotille ételloise et le port d’Étel décline. Il est aujourd’hui dédié à la plaisance. Le musée des thoniers retrace cette aventure ételloise. Au nord du bourg, la rivière du Sac’h, un des bras de la ria d’Étel, offre de belles promenades à travers des landes, des bois de pins et des petites criques jusqu’au Pont Lorois. Une des balades incontournables de la ria d'Etel !
Sur la route de Lorient à Quiberon, Pont-Lorois est l’unique pont permettant de traverser la ria, entre Plouhinec à l’ouest et Belz à l’est, à un endroit où la rivière se resserre. C’est le troisième pont construit à cet endroit. Le premier, construit en 1844, fut arraché par une tempête en 1894. Le deuxième, construit en 1895, fut volontairement détruit par la Résistance et les Alliés en 1944 pour couper la poche de Lorient.
Le pont actuel date de 1956 et a été rénové en 1995 et 1996. Depuis le pont on jouit d’une superbe vue sur la ria. Spectacle impressionnant quand la marée monte ou descend et provoque de gros remous !
L'activité ostréicole de la ria d'Étel est importante, avec des parcs à huitres installés tout au long de la ria. Le syndicat ostréicole fédère une quarantaine d’adhérents. Le parcours est balisé avec des grands tuyaux verts et rouges afin de faciliter la navigation des plaisanciers et préserver les parcs (les premières installations ont été réalisées au printemps 2014).
Il arrivait que les hélices des bateaux éventrent les poches d’huîtres. Pour mieux se repérer : quand on remonte la Ria, la balise rouge est sur la gauche, la balise verte sur la droite.