Au départ de Carcassonne prenez la direction de Mirepoix via Bram et Fanjeaux par la D33. Le Village circulaire de Bram (21 km) prend place dans l'ancienne province du Lauragais, l'ancienne Eburomagus s’est développé au carrefour de deux routes antiques : la Voie d’Aquitaine entre Narbonne et Toulouse, et un axe nord-sud reliant la Montagne Noire à l’Ariège. Son emplacement est très certainement occupé dès le IIè siècle avant notre ère, d’après les vestiges archéologiques mis au jour et les collections visitables au musée Eburomagus. Bram est labellisée Petites Cités de Caractère.
C’est à partir du XIè siècle, que s’établit une localité au nom contracté de Brom, dont le plan circulaire autour de son lieu de culte s’étendra par anneaux successifs pour devenir le plus grand village circulaire d’Europe. La commune s'est tristement illustrée en 1210, au début de la croisade contre les albigeois, le village fortifié de Bram, dépendant de la seigneurie de Montréal, est assiégé par Simon de Montfort. Au terme d’un siège de trois jours, une centaine d’habitants sont faits prisonniers. Pour faire bonne mesure, les croisés du Nord leur firent crever les yeux, couper le nez. A un seul d’entre eux, on épargna un œil afin qu’il puisse conduire un cortège de mauvais augure au château de Lastours pour annoncer la venue des croisés.
Bram est célèbre pour son architecte typique des plaines du Languedoc datant du XIème siècle, héritage historique médiévale. En vous baladant dans Bram, vous pourrez découvrir l'église Saints-Julien-et-Basilisse du XIIIe siècle, le château de Lordat du XVIIIe siècle, le parc et la maison des Essars ou encore le centre archéologique regroupant toutes les pièces retrouvées dans les alentours, la maison de l'archéologie Eburomagus permet découvrir l'histoire gallo-romaine de la commune. Un peu excentré par rapport au cœur du village, en se dirigeant vers le canal du midi, à droite, on rencontre un haut et élégant portail qui s’ouvre sur un joli jardin à la française et le château de Lordat. Le domaine fut érigé dans le second quart du XVIIIè siècle par le baron de Bram. Au départ du musée archéologique Eburomagus, situé en plein centre du village, un parcours muséal hors-les-murs signale l’existence d’anciens vestiges au cœur de la ville. Un parcours du Patrimoine vous dévoile les particularités architecturales du centre circulaire.
Poursuivez votre route vers Fanjeaux, via la D4 (31 km). Solidement accroché sur son piton rocheux à 360 mètres d'altitude, ce haut lieu historique du Lauragais chargé d'histoire, se situe en plein pays cathare. La vue sur Fanjeaux est remarquable, quel que soit l’endroit d’où l’on vient. Le village tantôt se découpe sur un fond de Pyrénées, tantôt étale ses larges façades et ses toits de tuiles face au soleil.
Fréquentée par son seigneur, le vicomte Trencavel, et de nombreux nobles, Fanjeaux est une cité bienveillante pour les cathares. L’évêque Guilabert de Castres y tient une maison de Parfaits. Les tisserands y vivent de leur travail dans les ateliers communautaires. Point central de l'hérésie, ce petit village deviendra aussi le lieu que prendra Dominique de Guzmán dit Saint Dominique pour s'établir et combattre le catharisme sur son propre terrain, en prêchant pour convertir les hérétiques dans le même sens que les Cathares. Mais le débat laisse place à la violence de la Croisade contre les Albigeois. Entre 1209 et 1214, Fanjeaux est le quartier général de Simon de Montfort. A l'issue du concile de Latran en 1215, le pape Innocent III fait de Simon de Montfort le comte de Toulouse.
Après la mort de Dominique en 1221, les dominicains participent à la terrible Inquisition. Placée sur le trajet de l'incursion des Anglais, la localité est brulée par les armées du Prince Noir en 1355 puis rapidement reconstruite. Au milieu du XVème siècle, le village prospère grâce à la culture du pastel. A la Révolution, les dominicains sont dépossédés. Aujourd’hui, cinq communautés religieuses sont actives dans la cité de saint Dominique… Guilhabert de Castres (1165-1236), évêque cathare en 1226 ; Pierre Roger de Cabaret, chevalier occitan au XIIIe siècle ; Dominique de Guzmán dit Saint Dominique (1170-1221), fondateur de l'ordre des Dominicains, vécurent à Fanjeaux.
Déambuler au gré du vent dans les vieilles ruelles pentues pleines de mystère du village de Fanjeaux. L'alignement de ses maisons donnant sur les allées matérialise, aujourd'hui encore, la présence de remparts. Partez à la découverte de l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de style gothique méridional. Construite dans la seconde moitié du XIIIe siècle sur les vestiges d'un ancien temple dédié à Jupiter, elle dévoile notamment un clocher octogonal percé de baies en arcature brisée et doté de gargouilles et d'une flèche à six clochetons. Tout un patrimoine à découvrir !
Le centre ancien ne manque pas d'intérêt avec sa croix discoïdale du XIIIe siècle, la rue de la tour du XVIe, la Maison Gramont du XVIIIe siècle qui accueille désormais des manifestations ponctuelles ainsi que des expositions d'art contemporain en été ou encore de la maison de St-Dominique, des vieilles halles couvertes et continuez la balade jusqu'au Seignadou, une esplanade située sur les hauteurs du village, offrant un point de vue saisissant sur le territoire du Razès, d’où le regard porte sur six départements, ravissent le visiteur. A ne pas manquer, le monastère de Prouille, à 1 km du village de Fanjeaux , bâti sur l'emplacement du premier couvent de Saint-Dominique, en 1206.
Engagez-vous sur la D119, en direction de Mirepoix (50 km), classée Grand Site d’Occitanie et labellisée Pays d’Art et d’Histoire. Après avoir été longtemps le fief des comtes cathares de Bélissen, la cité est conquise en 1209 par Simon de Montfort, il la donne par le traité de Paris en 1229 à Guy de Levis son fidèle lieutenant qui devient Maréchal de Mirepoix. Guy de Lévis, qui fondera la puissante famille de Lévis-Mirepoix. En 1289, la ville fut emportée par une inondation avant d'être reconstruite sur la rive gauche de l'Hers selon un plan en damier, typique des bastides moyenâgeuse.
La petite cité a conservé son centre médiéval appréciée des touristes pour son patrimoine remarquable. Ses belles maisons des XIIIe et XIVe siècle dont le premier étage se prolonge par des "couverts" à charpente de bois soutenus par des piliers et des poutres sculptés d'animaux en bois typiques du Moyen-Âge font la beauté et la singularité de la place centrale de Mirepoix. Ne manquez pas d'y admirer la vieille façade de la maison des Consuls. Pas moins de 104 sculptures ornent les extrémités des poutres perpendiculaires à la façade et les piliers de soutènement..
À côté de la place, découvrez l'ancienne cathédrale Saint-Maurice, qui eut ce rang du XIVe siècle suite à une bulle du pape Jean XXII à 1802. A voir ensuite, le palais épiscopal (XVIe), adossé au flanc ouest de l'ancienne cathédrale. Comportant deux étages, bâti en pierre de taille, possédant un accès direct à l'oratoire logé au-dessus du portail de la cathédrale, il comporte sa propre chapelle. D'autres éléments de patrimoine jalonnent la cité de Mirepoix comme la porte d'Avail (XIVe) et la tour de guet à proximité sont également à voir,
Un très joli pont du XVIIe siècle enjambe l'Hers et permet d'aller visiter, sur l'autre rive, les ruines du château de Terride construit sur l'emplacement de la ville primitive détruite en 1279 par une crue de l'Hers. Cette forteresse démantelée par Richelieu appartenait à la famille des Lévis-Mirepoix. Visiter Mirepoix, c’est remonter le temps ! Un voyage dans le temps, à la découverte des témoignages que nous ont laissés les artistes bâtisseurs du Moyen-Âge.
Reprenez votre route en direction de Lavelanet par la D625 (68 km). Lavelanet, au coeur de l'antique pays d'Olmes, est située aux pieds des Pyrénées, dominée par le pic Saint-Barthélémy. La ville initiale fut localisée au bourg de Bensa avant de se trouver au pied du château fort ou Castrum nommé « Castelsarrasin », château ayant appartenu au comte de Foix. Le comté de Foix s'est distingué par le particularisme de sa population très attachée à ses comtes, à ses libertés et au Catharisme très implanté en Pays d'Olmes. En 1204, la mère de Raimond de Péreille, défenseur de Montségur et co-seigneur de Lavelanet, y installe une communauté de femmes cathares.
La Croisade des Albigeois de Simon IV de Montfort est terrible pour la région. Elle s'empare notamment de Béziers et massacre toute la population. Carcassonne subit à son tour un siège avant d'être prise. Durant les années 1210 et 1211, les villes de Minerve, Termes et Puivert sont prises par les croisés. Le château, Castrum "Castelsarrasin" ne résiste pas et est détruit en 1212. Pendant toute la période du Moyen Âge et l'époque moderne, le pays d'Olmes dont Lavelanet possède une puissante corporation de pareurs drapiers. Au début rudimentaire, les principales opérations se pratiquant à domicile et à la main, la pratique se professionnalise au fil des siècles. A Lavelanet, c’est tout le passé glorieux de la période industrielle qui transpire des murs de maisons et d’usine. Ce passé, il est celui de la gloire, mais aussi du déclin.
Parmi les monuments intéressants de Lavelanet figure l'église de Notre-Dame-de-l'Assomption, un vaste vaisseau gothique à quatre travées avec un choeur octogonal. Mady de la Giraudière, peintre naïf de grand talent et native de Lavelanet, a représenté les différentes stations du chemin de croix. L'église de Saint-Sernin de Bensa du XIIe siècle, dans le quartier du même nom, était une possession de Saint-Sernin de Toulouse. Lors de la visite du musée, on découvre le processus de fabrication du tissu dans une ambiance particulière au cœur de la première usine de textile de Lavelanet, parfaitement bien conservée. Fonctionnement de la filature mécanique, processus de tissage, teinture … tout y est au musée du textile et du peigne en corne. Le promeneur attentif découvrira les traces de l’histoire locale : vieilles demeures, moulin, calvaire, croix et maisons de différents styles.
Suivre la D109 pendant quelques km, puis emprunter la D9 jusqu’à Montségur (81 km). A la sortie d’un virage, vous découvrez le château de Montségur tout en haut de son "pog". L'édifice, au pied du village du même nom, porte encore les stigmates d'un des épisodes les plus dramatiques de l’histoire du catharisme. Montségur (le mont sûr), n’est pas seulement une belle balade, une belle vue sur les Pyrénées et la vallée, il est le témoin d’un passé tumultueux qui a remué le Languedoc à partir du XIIe siècle, quand l’Eglise catholique a entrepris une croisade pour éliminer tous les « hérétiques » cathares. Le château de Montségur, est un des derniers refuges de ces « bonshommes », persécutés par l’Eglise.
Après un siège de dix mois en 1244, le château de Montségur fut détruit et un peu plus de 200 « bons-hommes » et « bonnes-femmes » furent brulés vifs sur un bûcher. Les Cathares furent obligés de se jeter d'eux-mêmes dans les flammes. Le château fut restauré et remanié vers la fin du XIIIe siècle, pour donner la forteresse actuelle. Un nouveau village fut également construit à l'emplacement actuel. Sur l’actuelle place du village se trouve l’église de Nativité-de-la-Sainte-Vierge, construite à la fin du XVIe et agrandie au XVIIIe siècle. À l’extrémité Est du village, le belvédère du Caroulet ouvre une vue imprenable sur des gorges et l’ancienne vallée glaciaire de Montségur. A voir également le Monument commémoratif, la Grotte de las Morts, l'Abreuvoirs, le Lavoir.
Le château de Montségur : "grandiose et inoubliable", c’est ainsi que les chanceux qui ont foulé les pierres polies de ses marches le décrivent. Les ruines du château de Montségur, sont chargées d’une puissante émotion et l’ascension ne peut laisser indifférent… la vue sur les sommets du massif de Tabe et les plaines s’étalant jusqu’à Carcassonne non plus !
Continuez sur la D9 jusqu’à Belesta (95 km), le village de Bélesta qui signifie "Où on est bien" se situe dans le Fenouillèdes, pays de vignoble et de garrigue. Située à quelques kilomètres avant ce petit village, la fontaine intermittente de Fontestorbes est, paraît-il, l'une des plus spectaculaires au monde. Curiosité de la nature, le mystère de son intermittence demeure. En été, elle s’écoule sous forme de cascade pendant 30 minutes, puis s’arrête tout à coup les 30 minutes suivantes. Elle serait connue depuis l'Antiquité et même Pline l'Ancien la citait déjà dans ses écrits.
Bélesta possède également la plus belle forêt de l'Ariège avec des essences particulièrement anciennes. De nombreux Cathare y trouverent refuge. Au XIIIe siècle, certains habitants sont proches du catharisme. Dans sa déposition devant l'Inquisition, en 1244, Arnaud-Roger de Mirepoix explique qu'il a vu "Gaillard de Bélesta et Bernard Calvet de Bélesta, du Quercorb, venir plusieurs fois à Montségur". Après la défaite des seigneurs occitans, Bélesta devient la possession de plusieurs branches de la famille de Lévis puis de celles d’Amboise et de la Rochefoucauld.
Vous pourrez vous promener dans les ruelles typiques du village de Bélesta qui mènent vers le château musée. Dans ce château médiéval, le musée de la Préhistoire raconte la vie des premiers éleveurs et agriculteurs d’il y a 6000 ans, à partir des découvertes archéologiques trouvées dans la grotte de Bélesta (parures, outils, armes et poteries dont une trentaine intactes). Un nouvel espace Charles Rennie Macintosh présente l’architecte-designer peintre écossais, qui a séjourné près de Bélesta.
Empruntez la D117 en direction de Puivert (106 km), situé sur le Plateau entre Quillan et l'Ariège. Très ancienne, la commune de Puivert était, en 1015, dans les mains des comtes de la marche d'Espagne, sous la suzeraineté des princes d'Aragon. Puis elle appartient à la famille de Congost. Elle était connue à l'époque pour sa grande richesse culturelle et artistique, notamment grâce à sa grande concentration de trouvères et de troubadours qui venaient alors faire partager leur talent au château. La plus célèbre des rencontres a eu lieu en septembre 1171 avec la présence des plus grands artistes de l'époque(célèbres poètes du temps) comme Bernard de Ventadour ou Rosina de Peira e Martina (Peire d'Auvergne). Aujourd'hui, Puivert continue d'attirer les visiteurs de passage par sa richesse architecturale et ses beaux paysages.
Ce village de Puivert regorges d'attraits touristiques à commencer par son château surplombant le village. De tous les édifices castraux de la première moitié du XIVe siècle, le château de Puivert, dans l’arrière pays audois dénommé le Quercorb, apparaît assurément comme l’un des mieux conservés. Alors que nombre de sites semblent affecté d’adversité, de Puivert se dégage curieusement une impression de sérénité ; tout y est harmonie, puissance tranquille et grâce.
De passage à Puivert, ne manquez pas d'admirer l'église au cœur du centre historique, ou encore de profiter des beaux jours sur les bords du lac. En contrebas du village, le lac de Puivert est un coin agréable pour se reposer avec vue sur le château.
Poursuivez votre route en direction de Chalabre, via Villefort (110 km). Situé le long de la départementale D12 entre Chalabre et Puivert, ce village de Villefort où les maisons en terre battue étaient construites en bois a eu l'idée ensuite d'utiliser la pierre pour la construction. Les vestiges de 6 fours à chaux subsistent. Ces fours servaient à transformer la pierre calcaire en poudre de chaux utilisée ensuite pour la construction. A voir également l'église Saint-André de Villefort.
Vous voici à Chalabre (115 km), "capitale" de la petite région du Quercorb. Le village est fondé avant le XIIe siècle sur les terres de la maison Trencavel. Après la croisade contre les Albigeois, les terres sont léguées à Pons de Bruyères, d'une famille venue en Languedoc avec Guy de Lévis et Pierre de Voisins, à la suite de Simon de Montfort dont ils étaient alliés et voisins des terres de Montfort-l’Amaury en Isle de France. Ses descendants furent seigneurs, barons puis marquis de Chalabre et sont étudiés en détail dans la page consacrée à cette famille dans l'armorial du Pays d'Oc consultable par ce lien. En 1279, le village connaît d'importantes inondations. En 1350, les remparts sont terminés et forment une fortification complète autour du village.
Dans le centre ancien de Chalabre, il est possible d'admirer les vestiges de l'ancienne bastide enclose entre quatre cours ornés de platanes bicentenaires aux noms illustres. Pour mieux découvrir le village, vous pouvez emprunter le circuit de découverte Il était une fois Chalabre avec une trentaine de plaques décrivant les principaux lieux. Construite au milieu du XVIe siècle, l'église Saint-Pierre ne manque pas d'attrait. En la visitant, vous pourrez notamment admirer une très belle statue en bois de saint Eloi du XIVe siècle. Du bâtiment d'origine, il ne reste aujourd'hui que le clocher.
L'église Notre-Dame de la Consolation de Chalabre date quant à elle du milieu du XVIe siècle. Elle dévoile en son intérieur un chœur décoré de colonnes et d'un entablement néo grec. Non loin, ne manquez pas non plus d'admirer la chapelle du Calvaire accessible via un chemin de croix au départ des anciennes usines Canat. De style roman, elle daterait à l'origine du XIe siècle. Le calvaire de Chalabre est situé sur une colline au-dessus de Chalabre. On peut y observer un magnifique panorama sur les Pyrénées.
Laissez-vous notamment séduire par la halle au blé de la seconde moitié du XVIIIe siècle, qui accueillait alors foires et ventes ambulantes, ou par le château de Chalabre composé de trois parties des XIIIe, XVe et XVIIIe siècles. Ce château médiéval géré par une association dont les membres sont des passionnés de l’époque du Moyen-Age. C’est un château qui surprend d’entrée par ses volumes et son grand escalier. La visite se poursuit dans plusieurs salles qui chacune abrite une activité de cette époque.
Reprenez votre itinéraire en direction de Limoux par la D620 (141 km). Aux portes de la haute vallée de l'Aude, en bordure du fleuve de même nom, Limoux, Capitale de la Blanquette et classée "plus beaux détours de France", tire ses origines d'une agglomération d'époque romaine. La première mention connue de la ville remonte au milieu du IXe siècle. C’est dans la charte de Charles le Chauve, roi de France en faveur de l’abbaye de Saint Hilaire, qu’il est fait mention pour la première fois de Limoux.
Limoux était un important foyer du catharisme, et opposa une résistance au roi de France et à l'Église. Les effets de la croisade, qui prend des allures d’inquisition, vont se faire durement sentir à Limoux. Elle est occupée par Simon de Monfort et donnée en fief à son lieutenant Lambert de Creichi qui devient ainsi Lambert de Limoux. Suite au décès de Simon de Monfort c’est son fils Amaury qui lui succède. Les comtes de Toulouse et de Foix ainsi que Trencavel s’opposent à lui, avec le soutien de Limoux et de ses habitants. En 1226, Pieusse est choisi pour la tenue d’un concile sous la présidence de Guillebert de Castres, évêque hérétique de Toulouse. Mais leur révolte est contrée avec le soutien du roi Louis VII. Les habitants expient leur dévouement pour leur seigneur, les biens des hérétiques sont confisqués. Plusieurs familles de France s’établissent alors à Limoux, dont Pierre de Voisins, officier de Simon de Monfort. Limoux, cédée au roi par ses ascendants, rejoint la couronne en 1296.
Vers 1240 apparaît le quartier de la rive droite de l'Aude, appelé aujourd'hui la " Petite Ville ". Ce secteur accueillit des activités liées à l'artisanat. En terme de patrimoine architectural, une visite du centre-ville permet d'admirer de nombreuses habitations de style Renaissance ou présentant des ornements témoins de sa richesse économique. On remarquera également le Pont-Neuf, sur l'Aude, fortifié, et édifié au XIVe siècle, ou la superbe place de la République, avec ses arcades et fontaines des XVe et XVIIIe siècle. Datant du XIIe siècle, l'église Saint-Martin a été remaniée au XIVe siècle : elle mêle style roman et style gothique (clocher) et abrite une statue reliquaire de saint Martin du XVe siècle. Typique du style gothique languedocien, la basilique Notre-Dame de Marceille situé sur une colline qui domine la ville, date du XIVe siècle et sa Vierge noire du XIe siècle, fut longtemps l'objet d'un pèlerinage populaire.
Retour vers Carcassonne, via la D620 (167 km).