Au départ de Carcassonne (km 0) prenez la direction de Lagrasse, via la D3 (39 km). Vous arriverez par une petite route sinueuse qui dévoile des paysages de montagne et de garrigue. Niché au cœur du massif des Corbières, sur les bords de l'Orbieu, le pittoresque village de Lagrasse, classé parmi les plus beaux de France, dominé par l’abbaye Sainte-Marie, est caractérisé par sa richesse patrimoniale. Depuis 2004, le village est aussi labellisé « Villes et Métiers d’art ». La petite cité médiévale de Lagrasse est nichée au cœur de la vallée, le long de sa rivière Orbieu depuis plus de nombreux siècles. Le cœur de la cité se parcourt à pied.
Avant de visiter l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, commencez par flâner dans la cité médiévale, de l’ensemble des fortifications du village subsiste encore quelques vestiges : à l’angle Sud-Ouest du vieux bourg, s’élève la tour de Plaisance ou « Grand Tourreil » des XIIe et XVe siècle. A l’Ouest, la porte de l’Eau ou « Porte de l’Aigue » du XIVe siècle s’ouvre sous un arc qui a été arasé. Les quatre autres issues qui desservaient Lagrasse ont disparu. Blotti à l’intérieur des remparts, le bourg lui-même, constitue un pittoresque ensemble architectural. Ses rues étroites ponctuées de places étriquées, conservent bon nombre de façades du Moyen-âge au XVIIIe siècle. Ne manquez pas non plus la Maison du Patrimoine avec ses plafonds en bois peints du XIV e siècle. Le "pont vieux" à dos d’âne, qui relie le bourg à l’abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, apparaît sur un sceau de 1303. Il fut remanié au XVIIe et XIXe siècles. L’ouvrage, qui se compose de trois arches inégales, était initialement surmonté de deux tours.
Découvrez ensuite, sur la rive opposée, l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, fondée au VIIIe siècle, qui connut par le passé une grande prospérité ainsi qu'un rayonnement intellectuel considérable. Le village de Lagrasse est né de son abbaye bénédictine. Les occitans l’appellent « La Grassa ». On la repère depuis la route grâce à sa tour clocher. Elle a la particularité d’être scindée en deux depuis la Révolution française. La partie médiévale, la plus ancienne, propose des visites commentées et des événements littéraires renommés. La partie religieuse, la plus récente, abrite une communauté de chanoines qui y vit à l’année. Sur le parcours de la visite vous verrez un musée lapidaire contenant le célèbre chapiteau historié du Maître de Cabestany représentant Adam et Eve chassés du Paradis, un couvercle de sarcophage du VIe siècle et les chapiteaux de l'ancien cloître gothique.
Après la visite de cette endroit plein de charme, quittez cette petite vallée entourée de collines escarpées au bord de la rivière d’Orbieu pour prendre la direction de Villerouge-Termenes, via les D3, D23 et D613 (53 km). Situé à l'entrée des Hautes-Corbières, le Château de Villerouge-Termenès, est ancré au cœur de ce petit village des Corbières au creux d’un vallon sauvage. Le village se découvre à pied, les visiteurs sont invités à laisser leur véhicule sur le parking de l’ancienne cave coopérative. Située au cœur du village médiéval, la masse imposante du château du XIII-XIVème siècle commande au respect. La visite du château de Villerouge-Termenès vous permettra d’en savoir plus sur l’histoire du catharisme, du château et du village, mais aussi sur la vie quotidienne au moyen-âge.
A l'intérieur du château de Villerouge-Termenès, une très originale visite guidée audiovisuelle, " Le monde de Guilhem Bélibaste, dernier Parfait Cathare " explique le catharisme au travers de la vie de Bélibaste ; la puissance de l'Archevêché de Narbonne et la vie quotidienne de la baylie de Villerouge-terménès au XIVème siècle. Après avoir été trahi et capturé, Guilhem Bélibaste, dernier Parfait Cathare connu, fut remis à la suite de son procès à son seigneur temporel l'Archevêque de Narbonne, Bernard de Farges, qui le fit brûler vif à Villerouge en 1321. Le parcours de la visite vous conduit de salle en salle vers le chemin de ronde où s’offre une vue panoramique sur les toits du village et la campagne environnante.
Il faut sortir du château de Villerouge-Termenès par la poterne, après quelques marches, vous voici au bord du Lou. Un petit pont du XIIIe siècle l’enjambe. Retour au village par la rue du Couvent qui longe le château. L'enceinte médiévale passait certainement ici, au début de cette rue, au niveau du passage très étroit qui monte vers le château. Après le POM’S et l’entrée du château, une rue s’ouvre à gauche et mène à la placette. Beaucoup des rues du village de Villerouge-Termenès sont “encaladées”, c’est-à-dire pavées. Ces calades ont beaucoup de charme, mais demandent un peu de prudence. Certaines calades, comme d’autres dans le village, ont été refaite par les habitants eux-mêmes lors de week-ends citoyens. Ils ont laissé en place les pierres d’origine, celles qui sont larges.
N'oubliez pas la visite de l'Eglise St Etienne avec son magnifique retable de 1557. C'est une pièce unique en France. Il n'en existe que deux de cette époque et le retable de Villerouge Terménès est le seul a être entièrement restauré. Le retable est en noyer. Ce sont des planches assemblées les unes aux autres et peintes. Il est entièrement doré à l'or fin. Placé au-dessus de l'autel, il raconte la vie et le martyr de Saint Etienne. St Etienne est le premier saint à avoir été lapidé car il a été accusé de blasphème contre Moïse et le Temple.
Continuez en direction de Davejean, via la D139 (60 km), située au pied du mont Tauch. Arrêtez-vous pour visiter l’église Saint-Saturnin, datée du XIe au XIVe siècle (ouverte en saison), pour admirer les statues classées. Cette église faisait partie de l’ancien château, dont elle devait être la chapelle castrale. Sur la façade, admirez la sculpture du bourdon réalisée par Bob Morse, un artiste installé dans l'ancienne cave coopérative. Dirigez-vous maintenant vers Maison, via la D10 puis la D410 (66 km), en direction de Padern, via la D123 (76 km). Le village de Padern est cité dès 899, date à laquelle le roi Charles III dit le Simple cède le territoire à l'abbaye de Lagrasse, alors que ce dernier appartenait encore aux comtes de Toulouse.
Déhambulez dans les ruelles en chicane du village qui grimpent, vers la chapelle Saint- Roch, puis jusqu'au château de Padern. Vous profitez de la vue sur le Mont-Tauch, le village en contrebas, la plaine de Tuchan et en fond, les falaises calcaires de Vingrau. Le château de Padern est assez méconnu dans la région, car il n'a pas joué un rôle très important pendant la croisade contre les albigeois, contrairement à ses voisins de Termes, Queribus ou encore Peyrepertuse. Pendant la croisade albigeoise, Chabert de Barbeira, compagnon d'armes d'Olivier de Termes, protecteur des Cathares et seigneur de Quéribus, s'empare de la place. Après la prise du Quéribus, il négocie sa liberté contre l'abandon des citadelles au roi Louis IX. L'Abbaye de Lagrasse récupère donc le château, et en 1283, en devient officiellement propriétaire par une transaction avec le procureur du roi Philippe III de France dit le Hardi, elle en restera propriétaire jusqu'en 1579.
A présent, suivre la D14 en direction de Cucugnan,en chemin vous passerez devant les ruines de la Collégiale de Molhet de Padern, près du roc de Mouille. Du prieuré de Molhet, il ne reste plus grand-chose hormis quelques pans de murs amplement ruinés. On a donc un mal fou à se faire une idée précise de cette édifice moyenâgeux et seule la lecture préalable de son Histoire vient combler cette difficulté. Au détour d’un virage vous découvrirez Cucugnan (82 km), sur une petite colline cernée de vignes. Rendu célèbre par le conte d'Alphonse Daudet qui évoque un sermon du curé de Cucugnan durant lequel il raconte un rêve censé effrayer et ramener à l'église ses paroissiens peu fidèles, le village actuel s'est développé au XVIe siècle.
Ce village pittoresque de Cucugnan reconstruit à la fin du Moyen Âge, vous invite à une flânerie au grès de ses ruelles, au milieu de ses maisons anciennes pleines de charme. Admirez, l'église Saint-Julien-et-Sainte-Basilisse, la plus ancienne église paroissiale remontant à l'époque carolingienne, reconstruite à la fin du XIXe siècle et restaurée en 1991. De style néo-gothique, avec une nef unique, le chœur et les chapelles de l’église situées dans le transept accueillent un ensemble de statues en bois du XVIIè dont celle de Sainte Agathe, la patronne du village. Elle abrite également un rare exemple de statue de la Vierge représentée Enceinte. Déambulez jusqu'au sommet du village, pour voir le moulin à vent d’Omer bâti à même le rocher en pente. Ensuite, on y trouve les vestiges d'un castrum qui sont aujourd'hui encore visibles au-dessus du Moulin.
Cucugnan est dominé par le château de Quéribus (85 km), dernière citadelle cathare et sentinelle française aux portes de l'Espagne jusqu'en 1659. Citadelle vertigineuse, sa position stratégique sur un éperon rocheux permettait de surveiller la frontière avec l’Aragon. Avec son panorama époustouflant, ce site constitue une visite incontournable. Lors de la croisade des Albigeois, le château abrite les religieux cathares, Benoit de Termes, diacre du Razès s'y réfugie et y meurt en 1241. En 1255, le seigneur de Cucugnan, Chabert de Barbaira partisan du roi d’Aragon, accueillera les derniers hérétiques cathares, le château sera assiégé par les croisés français d'Olivier de Termes avant de se livrer, 10 ans après le château de Montségur.
Aujourd'hui, le château de Quéribus, est l’un des sites emblématiques du Pays Cathare, confortablement installé sur son piton rocheux à 730m d'altitude dans un environnement minéral, domine la région du Fenouillède, le Roussillon et une bonne partie du département des Pyrénées-Orientales. Au sud, face à vous : la chaîne des Pyrénées et le massif du Canigou. D’une enceinte à l’autre, le château de Quéribus dévoile l’organisation d’une forteresse importante, régulièrement adaptée aux exigences militaires. Les éléments du Moyen Age y sont enchevêtrés avec ceux de la Renaissance, formant un ensemble pourtant homogène qui garantit l’efficacité des défenses et la qualité de vie dans cet âpre repaire de montagne.
Revenez vers le village de Cucugnan pour reprendre votre la route en direction de Duilhac-sous-Peyrepertuse (92 km). Enserré entre deux murs de calcaires crétacés plissés par les Pyrénées, la route vers Duilhac-sous-Peyrepertuse n’est que montagnes. Aussi ses habitants ont reçu le surnom de « Sauta-rocs » (saute-rochers). Le village a conservé son centre ancien médiéval, appelé le Fort et correspondant probablement aux murailles du XIVe siècle. Des vestiges de cette enceinte polygonale sont encore visibles, notamment au sud de l'église où l’on peut voir un fragment de mur percé d’une porte en plein cintre aux claveaux bien appareillés d’un grès blond.
Cité en 1115 sous le nom de Dulachum, d’origine médiévale, Duilhac-sous-Peyrepertuse est caractérisé par les maisons en amphithéâtre entourant une église romane. A la porte du Fort, se trouve donc l'église Saint Michel, autrefois, elle permettait aux habitants de Duilhac de se protéger contre les invasions. C’est un édifice à nef unique en berceau brisé avec deux niches, au Nord et au Sud. Son abside semi-circulaire est voûtée en cul-de-four. Elle abrite deux autels dédiés à saint Sébastien et à la Sainte-Vierge, dès 1659. Au XIXè, deux chapelles sont ajoutées, puis en 1866 un clocher-porche, côté Sud, sur lequel la porte romane fut replacée. La clef est décorée d’une croix tréflée et de trois rosaces. Au-dessus, on trouve quatre écus pleins, deux anges sculptés et une inscription gothique.
Dans le mur de soutènement de la rampe du "Fort" est placée une croix de mission en fer forgée, réalisée comme l’atteste l’inscription par Pla Alexis, maréchal-ferrant du village, en 1855. C’est une croix « aux outrages » comportant les instruments de la Passion du Christ : lance, tenailles… Construit sur un éperon rocheux, le village de Duilhac-sous-Peyrepertuse domine un petit cirque où se sont concentrées presque toutes les parcelles de vignes. En contrebas, sous un imposant rocher, coule une eau fraîche et abondante, on y accède par un sinueux escalier. Cette source que l'on nomme "Fontaine des Amours" a la réputation de rendre amoureux...
Perché majestueusement sur les sommets escarpés des Corbières, le château de Peyrepertuse (97 km) s’élève au dessus du village tel un gardien immémorial de l’histoire médiévale. La vue du château depuis Duilhac (au sud) est impressionnante en raison de l'abrupt de 30 à 40 mètres sur lequel le château est posé. L'entrée principale se trouve du côté nord mais, à l'époque des cathares, un passage dérobé permettait, après un chemin étroit derrière un gros éperon rocheux, de pénétrer dans le château au moyen d'une échelle amovible. Aujourd'hui la poterne du passage dérobé est fermée, mais le chemin est toujours présent (le passage derrière l'éperon est exceptionnel). L’histoire du village Duilhac et du Château de Peyrepertuse est étroitement liée, indissociable. Celui-ci voit son statut évoluer en fonction des possessions des différents Seigneurs qui l’occupent et des conflits qui ébranlent le territoire du Pérapertusès jusqu’à sa possession par le Roi de France.
Les domaines relevant de Peyrepertuse sont importants au moment de la Croisade albigeoise : de Cubières-sur-Cinoble (près des gorges de Galamus) jusqu'aux environs d'Aguilar. Ce territoire étant aussi une position stratégique entre les royaumes de France et d'Aragon, quelques revirements de fidélité se manifesteront au fil du temps. Comme les familles seigneuriales de Cabaret, Saissac, Durban... celle de Peyrepertuse est très liée au catharisme. Protégeant des chevaliers faidits ou des parfaits, la citadelle a souvent joué le rôle de refuge pendant les événements de la croisade. Le 22 Mai 1217, Guillaume de Peyrepertuse fait sa soumission à Simon de Montfort. Cet épisode sera marqué par le désaccord entre ce dernier et Arnaud Amaury au sujet du titre de Duc de Narbonne, revendiqué par chacun d'eux, dans le but de s'approprier le pouvoir temporel lié à la ville. L'archevêque ira jusqu'à excommunier Simon de Montfort en 1211.
Dominant les vallées environnantes, ce joyau de l’architecture militaire occitane offre un panorama à couper le souffle, où la nature sauvage se mêle à l’empreinte humaine. Aujourd'hui, ces ruines endormies inspirent bien des histoires, imaginaires parfois, ésotériques de temps en temps, scientifiques éminemment mais surtout elles sont le symbole de la volonté d'hégémonie du pouvoir royal sur des éléments naturels contraints. Il ne s'agit pas d'un "Château Cathare", les Cathares n'étant pas à proprement parler des bâtisseurs, mais bien une Forteresse Royale Médiévale.
Le château de Peyrepertuse, "citadelle du vertige" par excellence se déploie sur 300m, en forme de gigantesque navire. Ce vaisseau aux dimensions exceptionnelles s’organise en 3 grands secteurs : la première enceinte, l’enceinte médiane et le donjon San Jordi. Entre la première enceinte et l’enceinte médiane, comme un verrou, le “Donjon-Vieux”. À travers ses tours imposantes et ses remparts vertigineux, chaque pierre résonne d’un passé glorieux, invitant les visiteurs à plonger au cœur d’une époque où les légendes prenaient vie. Le point de vue depuis le plateau qui domine le donjon San-Jordi permet de voir le paysage jusqu'à la Méditerranée, le château de Quéribus est lui aussi visible.
Revenez vers le village Duilhac-sous-Peyrepertuse et poursuivez votre escapade touristique en direction des Gorges de Galamus en passant par Cubières-sur-Cinoble, via la D14 (114 km). Le village est niché dans la vallée de l'Agly, cuvette arrosée par trois ruisseaux, le Cinoble, l'Embourdier et le Saouzé, rejoignant l'Agly, a dû susciter naturellement l'implantation de l'homme sur son territoire depuis la nuit des temps. Ce que l'on connaît de l'histoire de Cubières-sur-Cinoble découle principalement des textes d'archives liés à l' abbaye du IXe siècle, dont on perd toute trace d'activité après 1639 et des récits de l'inquisition révélant certains épisodes de l'histoire du dernier parfait cathare Bélibaste né vers 1280 à Cubières.
Le village de Cubières-sur-Cinoble, à la frontière des départements de Pyrénées Orientales et d’Aude, recèle un patrimoine historique et paysage original et diversifié. Guilhem Bélibaste (vers 1280-1321), dernier « bon homme » ou « parfait » cathare occitan connu, y est né. Il fut dénoncé puis brûlé vif en 1321 à Villerouge-Termenès. Ce que l’on connaît de l’histoire de Cubières découle principalement des textes d’archives liés à l’abbaye du IXème siècle dépendant du diocèse de Narbonne, qui fut unie à l’église de Cubières sous Charles-le-Simple.
Pendant cette étape, visitez l'église Sainte-Marie-et-Saint-Pierre de Cubières-sur-Cinoble. Cette église est un fragment d'une ancienne église abbatiale. Au début du IXe siècle a été fondée une abbaye sous le vocable Saint-Pierre-et-Notre-Dame à la sortie des gorges de Galamus. Il ne reste rien des bâtiments monastiques et seulement le tiers de l'église abbatiale d'origine. Retrouvez toute son histoire au sein de l'église même. L'abbaye de Notre-Dame de Cubières est citée en 817 et plus sûrement en 844 lorsque Charles-le-Chauve accorde un diplôme d’immunité et de protection à l’abbé Eléazar. Le château de Cubières-sur-Cinoble du XVIIe siècle est le seul des Hautes Corbières habité et meublé ouvert à la visite. Le château a appartenu, comme toute la commune, aux seigneurs archevêques de Narbonne, du Moyen Âge à la Révolution. Il se compose d'un corps principal entre cour et jardin.
A 3 km du village, le site spectaculaire des gorges de Galamus (119 km) offre une visite remarquable à plusieurs égards. Ce site naturel grandiose aux parois calcaires vertigineuses s'étend sur deux kilomètres. Creusé au fil du temps par les eaux tumultueuses de l'Agly, prenant sa source à Camps-sur-Agly, les eaux de l'Agly, ont creusé cet impressionnant canyon sur une hauteur de plusieurs centaines de mètres. Ce territoire protégé s'admire depuis la route étroite qui traverse des paysages sauvages de toute beauté... Photogénique à souhait et visible depuis un belvédère aménagé, le site de l'ermitage Saint-Antoine de Galamus, accroché à une falaise surplombant l'Agly, ravira les amateurs de prise de vue.
Depuis le parking du Belvédère un petit sentier permet d'accéder à l'ermitage (10 min) ou par un escalier taillé dans la pierre de l'autre côté du tunnel. L'ermitage Saint-Antoine fut taillé directement dans la roche au VIIe siècle. Des ermites épris de vie spirituelle sur le modèle de Saint-Antoine s'y établirent tout au long du Moyen Âge. Au XVe siècle, les Frères Mineurs de Saint François d'Assise y établirent une grotte-chapelle toujours consacrée. Le Moulin de Galamus, en amont des Gorges, date de l’an 1073.
Depuis les gorges de Galamus, en poursuivant par la D14, vous accèderez à Bugarach (135 km). On trouve les traces du village de Bugarach dès le XIIIe siècle. Lors de la conquête par les troupes françaises de Simon de Montfort, les différents villages du secteur reviennent à son sénéchal pour Toulouse et le Razès, Pierre de Voisins. Le village de Bugarach se visite principalement pour son fameux Pech de Bugarach, point culminant des Corbières avec ses 1231 mètres avec vu panoramique sur la mer Méditerranée, Perpignan, les Pyrénées et les Corbières. Vous pouvez également admirer l'église Notre-Dame de Bugarach, le château de Bugarach du XVIe siècle, situé au cœur du village. Ses ruines sont une propriété privée. Un pont romain se trouve à 2 km à l'ouest du village.
Continuez votre route en direction de Limoux en passant par Rennes-le-Château (148 km). Perché sur sa colline au cœur de la Haute Vallée de l'Aude, ce petit village doté d'un panorama incroyable, vous enchantera. Ce village attire de nombreux curieux, fascinés par la légende d'un trésor enfoui. La notoriété du village a commencé au début des années cinquante, lorsqu’un commerçant qui tenait un hôtel et un restaurant dans le village a lancé la rumeur que la découverte de l’abbé valait des millions, afin d’attirer les clients. Il a affirmé avoir vu des caisses remplies de lingots d’or dans le village et une ruée vers l’or s’en est suivie. Si la chasse à l’or s’est essoufflée, l’affluence de visiteurs à Rennes-le-Château est restée…
Depuis ce jours, Rennes-le-Château est la destination des amateurs de mystères. Aujourd'hui, on peut visiter le somptueux domaine que l’abbé s’était fait construire : la "Villa Bethania", le presbytère aujourd’hui transformé en musée-domaine de l'Abbé Saunière, le jardin, la tour Magdala crénelée avec sa bibliothèque, le chemin de ronde, l’orangeraie… Et bien-sûr découvrir l’étrange église Sainte Marie-Madeleine, lieu incontournable. Venez percer le mystère du trésor de Saunière !
Le village, fortifié à la période médiévale, a conservé des vestiges et un château, dont certains pans de mur sont datés du XIIIe siècle, le reste du bâti étant des XVIe et XVIIe siècles. C'est actuellement une propriété privée qui n'est pas ouverte aux visiteurs. Situé dans le bourg de Rennes-le-Château et à proximité de l'église Sainte-Marie-Madeleine, cet édifice reste le dernier survivant des bâtiments de la place forte de l'ancienne cité médiévale, le château de Rennes, dit aussi « château des Hautpoul », du nom de leurs anciens propriétaires et seigneurs de Rennes.
La prochaine étape de ce circuit touristique "Des citadelles du vertige" sera Couiza (153 km), via la D52. Très ancienne, la ville était déjà présente à l'époque romaine en raison de sa situation stratégique pour l'agriculture et la culture. Au fil des siècles, les religieux fortifient sommairement le bourg (XIIe siècle), en témoignent les termes toponymiques : rue de la Force, dérivé du latin forcia que l'on relève également dans les registres d'enquêtes de l'Inquisition : "dans la force de Couiza" (administration du consolament à Raymond de Roquefeuil et sa mère, la dame de Niort). Le bourg se développe modestement par rapport aux villages et villes fortifiées des alentours et au XIIIe siècle, Couiza ne compte que quelques feux. Lors de la guerre contre les cathares, les croisés s'en emparent et elle tombe entre les mains de Pierre de Voisins. La fin de la dynastie des Voisins coïncide avec la construction du château vers 1513 par l'alliance avec la famille de Joyeuse.
Situé à l’embouchure de l’Aude et de la Salz, Couiza possède encore quelques beaux vestiges de ce passé glorieux, comme son le châteaux des ducs de Joyeuse. Théâtre depuis plusieurs siècles de récits ésotériques ou encore de légendes hautes en couleur qui animent les foyers de la cité, il a autrefois servi d'usine de teinture et de centre de formation agricole. Bien conservé, il présente encore une enceinte extérieure de type médiéval avec quatre tours, ainsi qu'une cour intérieure de style Renaissance. Jean de Joyeuse, chambrier et connétable de France, premier gouverneur de Narbonne et lieutenant général en Languedoc fait bâtir cet édifice entre 1540 et 1550. Son fils Guillaume III assure la suite des travaux qui va connaître un siège en 1577 au cours des guerres de Religion entre protestants et catholiques. Au cours des siècles, le château a connu diverses utilisations, il est maintenant transformé en hôtel-restaurant. L'église Saint-Jean-Baptiste ne manque pas non plus de charme,
Engagez-vous sur la D118 jusqu'à Alet-les-Bains (160 km), antique cité d'aleth et cité médiévale, réputé pour les bienfaits de son eau thermale. Le village se love dans un méandre de l’Aude, entre des collines abruptes. Les vestiges des fortifications et son pont médiéval vous invite à une promenade à travers des siècles. Le bourg médiéval de ce charmant village médiéval présente de belles maisons anciennes en pierre et pans de bois, en témoigne la pittoresque place de la République. À deux pas de la Place de la République, une maison attirera votre regard. Symboles mystérieux gravés sur la charpente, poutres sculptées, le locataire de cette bâtisse n’était autre que Nostradamus, fameux apothicaire et médecin du roi par la confiance que lui accorda la reine Catherine de Médicis.
Non loin se dressent les imposants vestiges d'un ancien monastère bénédictin fondé au IXe siècle : l'abbaye-cathédrale Notre-Dame d'Alet, en grès ocre, dont subsistent les ruines romantiques du chevet roman, du chœur gothique inachevé, de la salle capitulaire et de la porte d'entrée Nord. L'abbatiale-cathédrale, l’une des plus importantes du Languedoc, dominent Alet-les-Bains. La rue Cadène est bordée de belles demeures à encorbellements et colombages. La rue de la Juiverie croise la rue Cadène à son début. L’existence de cette rue témoigne de la présence d’une puissance religieuse importante. Cette communauté plutôt mal traitée au Moyen Âge, n’était jamais mieux protégée qu’auprès des plus hautes autorités religieuses…
Avant de retourner à Carcassonne, une pause à Limoux s'impose (169 km). Limoux tire ses origines d'une agglomération d'époque romaine. La première mention connue de la ville remonte au milieu du IXe siècle, et son développement urbain s'est affirmé à partir du XIe siècle, à proximité de l'église Saint-Martin. Limoux était un important foyer du catharisme, et opposa une résistance au roi de France et à l'Église. La place est prise sans aucune résistance au XIIIe siècle par Simon IV de Montfort lors de la croisade contre les Albigeois. Les fortifications sont dès lors détruites. La ville est donnée en fief à son lieutenant Lambert de Croissy (de la Maison de Montmorency, branche de Marly) qui devient ainsi Lambert de Limoux.
Limoux ne lui est pas fidèle et en 1221, elle se laisse prendre par Raimond-Roger, comte de Foix. Les fortifications sont remises en place et les Cathares reprennent les lieux redevenus tranquilles. En 1225, le village de Pieusse tout proche accueille un concile cathare dont le but est de réorganiser la communauté cathare du Razès. Benoît de Termes devient leur chef spirituel. En 1226 commence la "guerre de Limoux" qui marque la résistance de la ville soutenue par Raimond II Trencavel et Roger-Bernard II de Foix face aux troupes de Louis VIII. Capitale des faydits révoltés en 1240 sous les ordres du dernier des Trencavel, elle vit sa forteresse rasée. Jusqu'au XIVe siècle, le catharisme est toujours présent dans Limoux et représente environ 15 % de la population. En 1249, plusieurs centaines d'habitants sont pendus, condamnés pour hérésie.
Outre sa richesse viticole et la célèbre blanquette de Limoux, Limoux présente un ensemble architectural assez bien conservé. Çà et là dans la ville se trouvent les restes des fortifications de la ville : porte de la Trinité, porte de la Toulzane, tour Lapasset du XIVe siècle. On y retrouve de beaux hôtels particuliers du XVe siècle, des vieilles maisons dont certaines datent de la Renaissance et des vieilles ruelles. L'hôtel de ville est un bâtiment remarquable avec sa façade, ses balcons en fer forgé et sa rampe d'escalier. En centre-ville, la Place de la République est une place carrée couverte où se déroule le tour de fécos durant le Carnaval de Limoux. Elle date des XVe et XVIIIe siècles. Cette place est très pittoresque car elle est couverte avec des arcades sur trois côtés. Elle possède un vieux marché et des fontaines dont une contient les armes de Limoux. Le pont Neuf, est un ancien pont fortifié placé sur l'Aude en 1327, reconstruit au XIXe siècle. C'est un pont à becs angulaires avec six arches. Limoux possède également un beau patrimoine religieux.
Retour vers Carcassonne (195 km).