Au départ de Carcassonne (km 0) prendre la direction de Narbonne par la RN D610, puis tournee sur la gauche vers Trèbes, ancien village fortifié (13 km). Son emplacement stratégique entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique est connu depuis le Néolithique. La ville se trouve dans un couloir entre la montagne Noire au nord et les Corbières à l'est, la plaine du Lauragais à l'ouest et la vallée de l'Aude au sud. Le Canal du Midi fait partie intégrante du paysage. Un port de plaisance a été aménagé et le chemin de halage offre une plaisante promenade en toute saison. Vers la sortie du village, ne manquez pas de voir la triple écluse, encastrée dans la paroi rocheuse : son dénivelé a engendré la construction de deux moulins. A voir aussi le pont-canal de Vauban et le pont de la Rode.
Une halte à Trèbes ne peut s’envisager sans une promenade au gré des étroites ruelles du vieux village. Mais il ne s’agit pas ici de simplement flâner pour goûter la douceur de vivre du Midi. Un trésor vous attend au cœur de l’église Saint-Etienne. Elle a été reconstruite à la fin du XIIIe siècle, et domine le paysage par son imposant clocher. Ses trésors médiévaux restèrent longtemps cachés et furent découverts grâce à l’effondrement de la voûte de l’église dans la nef qui laisse alors apparaître la charpente en bois datant de l’époque médiéval : 350 corbeaux dont 240 peints. Ils portent des figures peintes : moines, soldats, rois, juifs, femmes, animaux, avec 3 couleurs essentielles : rouge, blanc, noir. L’église St Etienne de Trèbes est mentionnée, pour la première fois, le 25 janvier 1253 dans une bulle du pape Innocent IV.
Dès le VIII siècle, des fortifications protégeaient la bourgade de Trèbes. Elles ont très certainement évité pendant les différents conflits la mise à sac du village par les soldats pillards qui ravageaient le pays. 3 ouvertures principales permettaient de communiquer vers l’extérieur : Au nord, la porte d’Orbiel, à l’est, la porte de Goudou, au sud, la porte d’Aude. De nos jours face à la halte du Canal du Midi, il ne reste qu’un modeste vestige de la muraille protectrice. Il borde la rue Riquet sur un peu plus de 6 mètres, enjolivé d’une meurtrière obstruée.
Poursuivre en direction Lagrasse en passant par Fontiès-d’Aude (14,5 km). Ce petit village de Fontiès-d'Aude se trouve en plein cœur des Corbières où l'activité viticole prédomine. Les sources et les fontaines ne sont pas à l’origine du nom de Fontiès bien qu’il fut permis de le croire lorsqu’on se promène dans les rues du village. Mais quand on tente de mettre en lumière l’origine de ce nom on pense qu’il s’agit d’un nom d’origine Romaine. De récentes découvertes ont permis d’établir un tracé probable de la Via Aquatania. Le patrimoine architectural de la commune comprend la croix de métier, l'église Saint-Marcel, les Fontaines et abreuvoir.
Vous pouvez passer au Château Fontiès. Ce domaine viticole du Château Fontiès a été créé en 1860 par Alphonse Coste-Reboulh, arrière-arrière grand-oncle des propriétaires exploitants actuels. Il a participé à la grande restauration de la Cité de Carcassonne aux côtés de Viollet le Duc. Une rue de la ville de Carcassonne porte son nom. Cette propriété revêt un caractère profondément historique, à l’image des trois tours d’époques différentes qui font parties du château : la première date de l’époque Romaine, la seconde de l’époque Wisigoth et la troisième du XVe siècle.
Découvrez ensuite, le village de Lagrasse (41 km), classé parmi les plus beaux de France. Depuis 2004, le village est aussi labellisé "Villes et Métiers d’art". On y arrive par une petite route sinueuse qui dévoile des paysages de montagne et de garrigue. Installé dans la vallée de l'Orbieu, Lagrasse est caractérisé par sa richesse patrimoniale. Avant de visiter l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, commencez par flâner dans la cité médiévale, un endroit plein de charme où vous pourrez entre autre admirer ses rues pavées bordées de façades Renaissance, ses maisons médiévales, ses vestiges d'anciens remparts, une vieille halle du XIVe siècle aux piliers de pierre, son pont avec un magnifique en dos d'âne datant du XIe siècle, des échoppes d'artisanat d'art, ainsi qu'une église Saint-Michel de style gothique. Il faut souligner qu’un parcours fléché permet au visiteur de découvrir les richesses du village. Repérez les panneaux indiquant le chemin à suivre.
Découvrez ensuite, sur la rive opposée, l'abbaye bénédictine Sainte-Marie d'Orbieu, fondée au VIIIe siècle sous la protection de Charlemagne. Elle s'est développée rapidement grâce aux dons de puissants seigneurs, ce qui en fit longtemps l'une des abbaye les plus prospères du Midi, ainsi qu'un rayonnement intellectuel considérable. La cour du palais vieux, la chapelle basse, le cellier, la boulangerie, la sacristie, le transept Nord, la tour préromane, le dortoir des moines, la chapelle Saint-Barthélemy, la salle du maître de Cabestany et la salle des gardes sont autant de lieux qui se dévoileront à vous durant la visite de la partie médiévale.
C'est un véritable plaisir de découvrir le patrimoine et l'art de vivre de cette ancienne capitale culturelle des Corbières. N'hésitez pas à vous renseigner sur les Mitounes, elles offrent une légende vieille de plusieurs siècles au village. Lagrasse est aussi célèbre pour ses boutiques et ateliers d’artisans d’art : Bijoux, céramique, maroquinerie, lutherie, broderie, … On y trouvera aussi une vinaigrerie, un torréfacteur et ou une boutique d’apéritifs anciens ! Chacun trouvera son bonheur, et ramènera quelques souvenirs à compléter avec des produits locaux à dénicher dans les boutiques du village ou dans les domaines viticoles des environs.
Après Lagrasse par la D212, rejoindre le château de Termes (62 km), château dit cathare pourvu d’une double enceinte. Bâti sur un relief entouré de talus abrupts sur trois côtés, le château n'est accessible que par sa face méridionale. Il se compose de deux enceintes concentriques, et comprenait un donjon dont on ne perçoit plus que des pans de murs effondrés. Il est ouvert à la visite et bénéficie d'une signalétique destinée à renseigner les visiteurs. Des fouilles au château, menées par l'archéologue Jean-Paul Cazes, ont récemment mis au jour l'escalier médiéval du XIIIe siècle qui menait à l'église castrale.
Surplombant les gorges du Termenet et le pittoresque village, le château de Termes est connu pour le long siège lors de la Croisade Albigeoise. Siège d'une puissante seigneurie féodale, le site a donné son nom à la région, le Termenès. Ses seigneurs sont connus depuis la seconde moitié du XIe siècle, et les mentions du château se multiplient au cours du XIIe siècle. Jusqu'au XIIIe siècle, son histoire est intimement liée à celle du comté puis de la vicomté de Carcassonne et à celles des vicomtes Trencavel. Il fut le refuge de nombreux cathares sous l'impulsion de Raymond de Termes, vassal du vicomte de Carcassonne en 1209. En 1210, lors de la croisade contre les albigeois, Simon de Montfort décide de s'emparer de Termes en 1210 et les assiégés se rendent à cause de la soif après une résistance acharnée de près de 4 mois.
En 1228, le château de Termes passe ensuite sous le contrôle direct du roi de France. Intégré au réseau des forteresses défendant la frontière avec l'Aragon, à la suite du traité de Corbeil en 1258, il en constitue l’un des principaux points forts, et divers documents nous renseignent sur son occupation durant le bas Moyen Âge et l'époque Moderne. À cette date, le château est défendu par huit sergents d'armes contre quinze auparavant. Constituant un des « cinq fils de Carcassonne » avec les châteaux de Quéribus, Peyrepertuse, Puilaurens et Aguilar, il sera finalement démantelé en 1654 car inutilisé, peu avant le traité des Pyrénées qui déplace vers le sud la frontière avec l'Espagne.
Prenez ensuite la direction de Villerouge-Termenès (76 km), situé au creux d’un vallon sauvage aux terres rougeoyantes, via les D40 et D613. Autrefois enclos dans ses remparts, Villerouge-Termenès a préservé en son centre le château de l'archevêque de Narbonne, seigneur du lieu au XIVe siècle. Le Château de Villerouge-Termenès, site du Pays Cathare, est ancré au cœur de ce petit village des Corbières. Ses murailles et ses tours crénelées en font une représentation idéale du château médiéval. Le village se découvre à pied, les visiteurs sont invités à laisser leur véhicule sur le parking de l’ancienne cave coopérative.
Prenez votre temps pour gagner les portes du château car celui-ci est indissociable de ce charmant village, cette visite vous permettra d’en savoir plus sur l’histoire du catharisme. C’est au château de Villerouge-Termenès, résidence des archevêques de Narbonne, que se tourna la dernière page de la tragédie cathare. Il a vu les ultimes heures du dernier "parfait cathare", Guilhem Bélibaste qui y fut brûlé vif en 1321, signant la fin du catharisme en Occitanie. Le parcours vous conduit de salle en salle vers le chemin de ronde où s’offre une vue panoramique sur les toits du village et la campagne environnante. une rôtisserie médiévale a ouvert ses portes dans l'enceinte du château et propose de véritables mets du Moyen Âge au grand public.
Le village de Villerouge-Termenès se découvre à pied, il serait vraiment dommage de ne pas en profiter pour déambuler dans ses ruelles fleuries. Sur la placette, une maison est ornée du blason de Dagobert, héros de la révolution et associé de Pailhoux de Cascastel pour l’exploitation des mines de fer des Corbières. A ne pas manquer également : le retable de l’église Saint-Etienne.
Quittez Villerouge-Termenès en revenant sur vos pas, au croissement prendre la route vers Arques en passant par Mouthoumet et le col du Paradis. Mouthoumet (89 km), petit village au cœur des Hautes Corbières qui allie à la fois la nature, la beauté du paysage et patrimoine historique. Mouthoumet fait partie du Parc Naturel Régional Corbières Fenouillèdes. Le village se compose de deux parties : le fort et le barry. Le fort, noyau primitif du village est constitué d'un groupement de maisons en cercle autour de l'église. Ce fort était autrefois protégé par un rempart dans lequel plus tard les habitants ont percé des portes et des fenêtres. Si le rempart n'est plus visible sous les enduits des maisons, il en subsiste encore la porte qui permet d'accéder à l'église.
Au début du Moyen Age, les habitants de ce plateau devaient vivre dans des fermes ou des bergeries dispersées, notamment près de Saint-Estèbe ou de Bagaza, mais l'insécurité poussa les paysans vers le XIème siècle ou le début du XIIème siècle à se regrouper. On respectait alors un droit de protection autour des églises, dans un rayon de cent pas. Aussi les habitants de Mouthoumet construisirent leurs maisons en cercle autour de l'église Saint-Julien-Sainte-Basilisse, puis dotèrent le noyau du village d'une enceinte et d'une porte qui subsistent encore en partie. L'ancien cimetière du village a fait place au début du siècle à la belle fontaine que l'on peut admirer sur le côté de la place.
Sur le plateau de Mouthoumet et au-delà, vous serez séduits par les landes couvertes de pelouses et de fleurs que vous pourrez découvrir en parcourant l'itinéraire balisé "Le jardinier du terroir". Prendre la direction d'Arques, passez le col du Paradis (99 km), environné par la forêt domaniale de Rialsesse. Déodat Roché, qui fut magistrat, élu local, imprégné d'ésotérisme, fondateur des Cahiers des études cathares, avait fait construire près du col, au lieu-dit l'Estagnol et en pleine forêt, un bâtiment destiné aux études ésotériques.
Vous voici arrivée à Arques (106 km), au cœur de la Haute-Vallée de l'Aude, dans la vallée de la Rialsesse. Le village se trouve dans la chaîne des Pyrénées. Haut lieu du catharisme, le petit village d'Arques présente encore à ses visiteurs un patrimoine historique intéressant. Le village d'Arques doit notamment sa renommée à son château médiéval qui peut encore être visité aujourd'hui. Au XIème siècle, Arques apparaît comme un village, au carrefour de routes reliant le Fenolhédès au Carcassès. A la fin du XIIème siècle, seule une tour seigneuriale au centre du village marque le pouvoir de la famille de Termes. En 1260, Olivier de Termes vend son lieu d’Arques à Pierre de Voisins, un puissant chevalier français. Son petit-fils, Gilles de Voisins, entreprend la construction du château en 1280 et décide de l’extension du village.
Planté sur un mamelon isolé, le château d'Arques présente également une très belle porte gothique, et est un très bel exemple de l'architecture gothique médiévale de l'époque.Les amateurs d'histoire trouveront leur bonheur dans cette cité encore marquée par le Moyen Âge rappelant cette période de l'histoire. Le billet du château d'Arques donne également accès à la maison de Déodat Roché. Elle porte le nom d'un ancien magistrat et historien spécialisé dans le catharisme. Elle présente aujourd'hui aux visiteurs une exposition très intéressante consacrée au catharisme et à ses conséquences sur la région. On y découvre un grand nombre de documents de cette période ainsi que des précisions sur ce courant religieux. A découvrir aussi l'église Saint-Étienne d'Arques et l'église Saint-Jean-Baptiste d'Arques.
Poursuivre votre escapade en direction de Saint-Polycarpe, via les D54 et D129 (129 km). Fondé en 783 par Attala, un noble espagnol ayant fui son pays envahi par les musulmans, Saint-Polycarpe était en ses débuts, un monastère bénédictin entouré de quelques maisons et vignobles. Polycarpe était un évêque d'Izmir, alors appelée Smyrne, en Turquie. La première trace réelle de l'existence de l'Abbaye de Saint-Polycarpe est le diplôme de Charles le Chauve en 844.
Autrefois les bâtiments de l'abbaye de Saint-Polycarpe étaient disposés autour du cloître. Des éléments de ce cloître subsistent sur le côté sud de l'église. L'église actuelle remonte au XIIe siècle appelée de la Purification et dédiée à la Vierge. Il subsiste d'un premier bâtiment deux devants d'autel préromans. L'église à nef unique est précédée d'un clocher-porche. Elle a été couverte d'une voûte d'arêtes postérieurement. Un important décor de peintures murales de l'époque romane a été mis au jour en 1972.
Votre prochaine étape sera Saint-Hilaire, via la D51 (136 km). Saint-Hilaire est un de ces lieux qui parlent à la mémoire collective. Il suffit d’entrer dans l’abbaye pour sentir ses mille ans d’histoire chatouiller l’imagination. L'histoire de Saint-Hilaire est très liée à celle de l'abbaye. Elle commence à l'époque des Romains mais les traces les plus importantes datent du Moyen Âge. Au IIIe siècle, l'abbaye est bâtie sous le vocable de saint Saturnin, puis de saint Hilaire, évêque de Carcassonne au VIe siècle. Le village s'étendra au cours des siècles autour de cette abbaye.
Au cours du XIVe siècle, dans une période de troubles et d’insécurité : peste noire, famines, compagnies de « Routiers » et chevauchée du Prince noir pendant la Guerre de Cent Ans, l’abbaye de Saint-Hilaire se fortifie. Un rempart, toujours perceptible, enserre intégralement le site. Deux portes fortifiées, situées dans une même rue, permettaient l’accès à l’intérieur des murs. Il s’agissait, d’une part, du portail de Malecaze (au Nord), aujourd’hui situé dans la rue du Pont-levis, et d’autre part du portail du Fort (au Sud), que l’on devine au niveau du caveau de l’abbaye. La prison, bâtie en même temps que le rempart au XIVe siècle, est une salle voûtée en pierre de grès et percée d’un simple oculus. Des soldats placés aux portes de l’abbaye assuraient la protection et enfermaient temporairement voleurs et malfaiteurs arrêtés sur les dépendances de l’abbaye.
Ce monastère à dimension humaine est organisé autour de son cloître gothique. L'église abbatiale de Saint-Hilaire renferme un sarcophage dit sarcophage de saint Saturnin, dit de saint Sernin. Ce coffrage sculpté d'un seul bloc sur trois faces dans du marbre blanc des Pyrénées est attribué au maître de Cabestany. On pense qu'il s'agit d’un devant d’autel datant du XIIe siècle. Les sculptures entourant l'autel racontent la vie de l’évangélisateur saint Sernin, premier évêque de Toulouse au IIIe siècle. La construction des maisons d’habitation de ce village fut vraisemblablement soumise à l’autorisation des abbés.
C’est ici qu’en 1531, les moines inventèrent le premier vin effervescent au monde, la Blanquette. Quittez la pittoresque vallée du Lauquet pour revenir sur Carcassonne (155 km).