En Brière, terre et mer, inextricablement mêlées, offrent des richesses contrastées : or noir de la tourbe, or blanc des marais salants. Des activités typiques perdurent : ramassage des roseaux et des joncs pour fabriquer les chaumes des toits, utilisation de la bourdaine et de l'osier pour tresser les paniers, pratique assidue de la pêche et de la chasse.
Le Brivet, rivière qui prend sa source au nord du Sillon de Bretagne, traverse le grand marais. Il se jette dans la Loire à Méan au pied du pont de Saint-Nazaire et constitue l'une des deux seules prises d'eau de Loire susceptibles de réguler la hauteur des eaux douces de la Brière. La Brière constitue à la fois une halte fabuleuse et une réserve immense pour les oiseaux migrateurs.
La ligue de protection des oiseaux : LPO, assure une surveillance particulière sur ces populations et a réussi à réimplanter une colonie de cigognes sur les rives sud. L'ensemble de ces caractéristiques typiques lui a valu un classement de Parc naturel régional depuis 1970. Il s'étend sur dix-sept communes pour préserver l'ensemble du territoire dont dépend la qualité des eaux de Brière. Son équilibre fragile est assuré par une surveillance de tous les instants.
Tout autour de la Brière Mottière, souvent sur le socle des anciennes îles, se sont développés des activités touristiques, des musées, des manifestations, des rendez-vous gastronomiques permettant de mieux connaître la vie ancienne et actuelle de la Brière.
Des ports de Bréca et Rozé, partent les chalands qui vous permettront de vous imprégner de la magie de cette mosaïque de canaux. Le site de Rozé à Saint-Malo-de-Guersac constituait autrefois le noeud fluvial du commerce de la tourbe.
Les 2 000 ha de marais salants représentent l'autre visage du " pays noir ", nom couramment donné à la Brière. Richesse économique et gastronomique, l'exploitation du sel (récompensé par un label rouge en 1991) sculpte les paysages et témoigne du savoir-faire ancestral des paludiers. Longtemps repliée sur elle-même, la Brière reste une terre de traditions.
Le hameau de Kerhinet à Saint-Lyphard, admirablement reconstitué, séduit par son charme et la spécificité d'un habitat auquel les Briérons demeurent très attachés. Ici, point de tuiles ou d'ardoises mais des toits de chaume posés sur des murs blanchis à la chaux. La Chaumière Briéronne à Fédrun, le Musée de Kerhinet évoquent la profonde originalité de cet habitat.
Cette zone humide est l'un des plus importants refuges pour les oiseaux migrateurs ; elle a d'ailleurs inspiré le réalisateur Jacques Perrin, qui y a tourné quelques scènes de son " Peuple Migrateur ". Canards, bernaches, oies sauvages, bécassines des marais trouvent dans ces espaces protégés des sites d'hivernage ou un garde-manger de qualité.
Désert en apparence, le gigantesque marais sauvage étend à perte de vue une mosaïque de milieux façonnés par l'homme : roselières, îlots boisés, prairies inondables sillonnées par un réseau de canaux où se nichent mille et une espèces animales et végétales. Pour surprendre la Brière, rien ne vaut une promenade guidée en chaland ou en barque. Le marais se découvre sur la route de vos vacances lentement et en silence.
C'est prioritairement pour protéger et mettre en valeur les marais briérons et leur étonnante richesse écologique que fut créé le Parc naturel régional de Brière, où prairies humides, buttes, roselières, canaux, piardes et copis offrent une diversité faunistique et floristique considérable. Les hommes y ont façonné ce milieu singulier, entretenant avec lui des liens d'appropriation et d'usages très spécifiques.