Jouxtant la cathédrale Saint-Léonce, son cloître mérite tout autant la visite. L'accès du cloître canonial se fait par la place qui se trouve sur le côté de la cathédrale, à partir de l’entrée située rue Fleury, le cloître étant au nord-est de celle-ci. Auparavant, les religieux pouvaient y accéder plus facilement en sortant de la nef et en montant des escaliers sur la droite. Érigé en pierres taillées dans les grès polychromes de l'Estérel ou pour certains, prélevées sur les monuments antiques de la cité, il se distingue par son plafond en mélèze qui, à l'origine, abritait 1 200 peintures dont 300 sont encore visibles. Le cloître de Saint-Léonce fut bâti aux XIIe-XIVe siècles et est composé de quatre galeries lesquelles reliaient autrefois différents bâtiments canoniaux et étaient empruntées par les chanoines pour se rendre dans la cathédrale Saint-Léonce. En réalité, le cloître est une construction romaine de deux étages dont l’accès se fait par la place se trouvant sur le côté de la cathédrale. Le cloître fait partie de l'ensemble épiscopal élevé entre le Ve et le XIVe siècle à l'emplacement de l'antique cité fondée par Jules César en 49 avant notre ère.
Les chanoines entouraient et assistait l’évêque. Avec à leur tête un prévôt, ils forment le Chapitre. La première mention d’un Chapitre à Fréjus date de 1038. Jusqu’au début du XIIème siècle, le Chapitre de Fréjus, composé de 12 chanoines et dirigé par un prévôt reste sous la tutelle étroite de l’évêque dont il partage à la fois les revenus et le logement. Après des désaccords, un arbitrage sépare les biens des deux partenaires. C’est à la suite de cela que les chanoines choisissent de s’installer au nord de la cathédrale et c’est à cette époque que sont aménagées les galeries du Cloître. Il servait de parvis à la Cathédrale. Dans le mur oriental de la galerie on remarque la trace de la porte médiévale de la Cathédrale ; elle est aujourd’hui murée ainsi que l’oculus qui la surmonte.
Au rez-de-chaussée des colonnettes doubles de marbre reçoivent la retombée des arcs brisés. Colonnettes en marbre de Carrare, taillées dans l’ancien podium de l’Amphithéâtre, ou colonnes en marbre de Gênes, ville qui entretenait des rapports commerciaux intenses avec Fréjus. Ces chapiteaux présentent une version simplifiée du classique chapiteau corinthien. Au sud une salle capitulaire établie au-dessus du vestibule de la Cathédrale accueillait les chanoines lors de leurs délibérations. Une voûte en pierre était prévue pour couvrir les galeries. Quelques traces d’ancrages sont encore visibles.
Remarquable dès l'origine, le cloître de la cathédrale Saint-Léonce de Fréjus se pare de nouveaux atours au fil des ans. Au XIVe siècle, de grands travaux sont lancés. Au XIVe siècle, de grands travaux sont lancés. L'étage du cloître, déjà existant, est complété par de belles galeries d’apparats. Sa voûte en pierre est supprimée et remplacée par un plafond en bois de mélèze de la forêt de Boscodon dans les Hautes-Alpes, choisi pour sa résistance, apprécié pour sa plasticité et réputé imputrescible. De chaque côté de la galerie, les boiseries sont placées en encorbellement sur trois rangées. Entre les solives de plancher, pièces de charpentes reposant sur les poutres, des rangées de planchettes sont disposées. Elles sont peintes avant d'être assemblées pour former un plafond unique. Préalablement à leur découpe, puis leur pose, les planches de bois sont recouvertes d'une couche de peinture, bleue ou rouge. Sur ce fond uniforme, les peintres réalisent d'abord trois sortes d'encadrements : rectangulaire, rond ou en médaillon formé par un polygone étoilé.
Chacun des caissons de cette charpente a reçu un décor peint. La présence de la fleur de Lys, sur un des caissons, ne peut être antérieure à 1246, date à laquelle Charles 1er d’Anjou, frère de Saint-Louis, devient Comte de Provence. 1200 caissons peints dans les 4 galeries du Cloître, ont été réalisé. Actuellement 400 sont encore visibles. Ils mêlent des personnages à un bestiaire fantastique particulièrement riche. Tous les thèmes sont abordés et variés : la guerre, la religion, les métiers, la musique, les animaux, des êtres hybrides, des monstres, des Saints, des bustes, des scènes de la vie quotidienne, des ecclésiastiques… Ils se lisent comme une bande dessinée dont on aurait perdu les bulles. Au Moyen Age, il n'y avait pas vraiment de limites entre le réel et l'irréel. Parmi les représentations effrayantes, animaux à tête humaine, monstres et hybrides habillent plus de la moitié des planchettes conservées. Enfin, les religieux sont identifiés célébrant l'office, dans de beaux apparats, mais aussi de manière plus simple, se baladant dans le cloître. Des anges et des démons complètent les représentations à connotation religieuse.
Cet ensemble est un exemple exceptionnel de décor peint du XIVème siècle, unique dans un Cloître en France. La richesse et la variété des représentations sont uniques en Provence. Autre particularité de ce décor : il pouvait être admiré par tout le monde. En effet, le cloître de Fréjus était un espace public, les paroissiens devant emprunter ces galeries pour se rendre aux offices, dans la cathédrale. C’était donc un espace vivant, bruyant, bien loin de l’image traditionnelle des cloîtres de monastères ou d’abbayes.
La maison du Prévôt du prévôt du chapitre de la cathédralese trouvait à l’est du Cloître, au 1er étage. Cette façade occidentale nous montre un mur en appareil à bossage analogue à celui du clocher et du chevet de la Cathédrale. Au centre, une porte en arc brisé est abritée par un assommoir, sorte d’ouverture en hauteur qui permettait de jeter des pierres sur l’ennemi qui approchait.
L’étage, très mutilé, a beaucoup souffert pendant la révolution française. Au lendemain de la Révolution française, le cloitre de la cathédrale Fréjus est hypothéqué. Vendu comme bien national, des particuliers en deviennent propriétaires et n’hésitent pas à le transformer en maison de résidence. Les galeries du cloître et les plafonds du cloître laissent donc place à de nouvelles constructions. Certaines parties dont le rez-de-chaussée, sont transformées en poulailler et d’endroit pour les remises agricoles.
L’année de 1875 apporte un nouveau souffle au cloître. En effet, au cours de cette année le groupe épiscopal dans son ensemble a été enregistré parmi les monuments historiques. Le cloitre en faisait partie en dépit de son état qui laissait à désirer. Mais entre 1922 et 1931, Jules-Camille Formigé, architecte en chef des Monuments Historiques, s’engage dans la restauration du cloitre de la cathédrale de Fréjus, le vieux puit, qui donne sur une ancienne citerne romaine, ainsi que le double escalier allant à l’étage. La restitution de la toiture des galeries est, ouest et sud s’est progressivement imposée comme indispensable pour redonner au monument son volume, mais plus encore pour garantir la conservation du décor peint de son plafond en bois. Ces travaux ont été réalisés en 2008 selon les projets dressés par l’architecte Francesco Flavigny
Par ailleurs, le cloître possède une salle uniquement réservée au musée archéologue de la commune. En effet, la salle qui se trouve à droite de l'entrée du cloître roman est réservée au musée archéologique. On y retrouve également le vieux puits construit en 1922 et le double escalier menant à l’étage. Le musée archéologique de Fréjus vaut une visite. Fondé à la fin du XIXe siècle, il expose une collection de pièces gallo-romaines retrouvées lors des fouilles archéologiques. On retiendra une belle mosaïque dite "du Léopard", une tête en marbre de Jupiter et un Hermès bicéphale daté du Ier siècle de notre ère, toujours en marbre, choisi depuis comme le symbole de la ville. L'exposition se poursuit par une présentation d'objets en verre, céramique et métal illustrant la vie quotidienne des habitants de l'antique Fréjus.
Voici donc l’essentiel à savoir sur le cloître de la cathédrale de Fréjus qui fait partie du groupe épiscopal de Fréjus. Si vous souhaitez vous retrouver au coeur d'une ville médiévale, arrêtez-vous dans le Var à Fréjus et découvrez le Cloître de la Cathédrale ! N’hésitez surtout pas à y faire un tour.