En -125, Massilia (marseille) fait de nouveau appel à Rome, cette fois contre les Salyens, alliés aux Voconces, Allobroges et Arvernes. Le consul Marcus Flavius Flaccus, à la tête d'une armée consulaire, traverse les Alpes et remporte une victoire sur les Salyens dans la vallée de la Durance. Son successeur, Gaius Sextius Calvinus, poursuit la campagne en -124. Il écrase les Salyens, capture leur oppidum principal, Entremont (près d'Aix-en-Provence), et réduit en esclavage une partie de la population. Sextius fonde la colonie d’Aquae Sextiae (Aix-en-Provence), première implantation romaine en Gaule transalpine.
Les tensions s’étendent alors à l’est et au nord, où les Eduens, alliés de Rome, sont en conflit avec les Allobroges et les Arvernes. En -122, le consul Gnaeus Domitius Ahenobarbus intervient contre les Allobroges. Ces derniers, soutenus par le roi des Arvernes, Bituit, sont vaincus à Vindalium (près de Sorgues). L'année suivante, les consuls Domitius et Quintus Fabius Maximus unissent leurs forces contre une coalition gauloise menée par Bituit. Au départ, les légions romaines se sont installés dans l'intérieur des terres, ne laissant aux Massaliotes (habitants de Marseille) qu'une mince frange littorale.
Le 8 août -121, une bataille décisive a lieu au confluent de l'Isère et du Rhône. Les Romains, bien qu’en infériorité numérique (30 000 contre près de 100 000 Gaulois), déploient leurs éléphants de guerre pour semer la panique dans les rangs ennemis. Bituit est vaincu et capturé par traîtrise par Domitius, malgré les reproches du Sénat pour cette violation de la foi jurée.
En -118, les campagnes romaines aboutissent à la création d’une nouvelle province entre les Alpes et les Pyrénées : la Narbonnaise. La Narbonnaise, première province de Gaule : la Provincia, qui a donné son nom à la Provence. C'est très probablement à cette époque qu'ils se fixèrent à Fréjus. Narbo Martius (Narbonne) est fondée comme colonie militaire pour sécuriser la région et servir de point de contrôle commercial. Cette colonie devient un nœud stratégique, reliant l'Italie à l'Hispanie par la nouvelle voie Domitienne, tracée par Domitius Ahenobarbus. Cette route facilite la circulation des troupes et des marchandises, renforçant la domination romaine dans la région.
A un kilomètre au sud-est de Fréjus, dans les années 1980, ont été découvertes les substructions du camp romain. Son étendue était estimée à 24 ha. Une partie seulement a été dégagée permettant d'étudier les baraquements, un entrepôt et des thermes. On estime à environ 15 000 hommes les effectifs séjournant dans ce camp entre la fin du 1er siècle avant JC et les années 40 à 50 après JC.
Le décor est planté !
S’il ne reste que peu de traces de l'occupation des Oxybiens dans la région, vaincus par les romains en 154, l'endroit devait être habité puisque des historiens pense que le poète Cornelius Gallus naquit à Fréjus en 69 av. J.-C. Gallus, en latin Caius Cornelius Gallus (né en 69 av. J.-C. , mort en 26 av. J.-C.), est un homme politique romain, premier préfet d'Égypte, et un poète, ami de Virgile et connu pour avoir introduit le genre de l'élégie à Rome, mais dont l'œuvre est presque entièrement perdue.
49 av. J.-C. Forum Julli existe mais la date exacte de sa fondation n’est pas connue. Ce qui est certain c’est que la cité a été fondée par Jules César après la conquête de Marseille en 49 av. J-C. C'est probablement à la fin de la guerre civile entre Jules César et Pompée en -49 ou peu après, que la fut prise la décision de fonder "le marché de Jules". La date exacte de la fondation de Forum Julii, le marché de Jules, est toujours incertaine, l'archéologie n'a révélé que des bribes de l'agglomération. On a des preuves que la ville existait au moins en l'an -43 puisqu'elle apparaît dans la correspondance entre Plancus et Cicéron. Forum Julii était un relais fortifié sur la route maritime de Massalia. L'on ne peut assurer que Jules César fut le fondateur de Fréjus qui porte le nom de Julien, qu'elle partage avec tant d'autres villes antiques dont César ne fut point à l'origine. Il est probablement passé dans ce port militaire qui était en l'an -49, la seule base navale de la flotte romaine en Gaule.
Forum Julii était implantée sur la voie aurélienne qui reliait Arles à Gênes, en suivant le cours de l'Argens. Le centre se trouvait sur une butte de grès du massif de l'Estérel qui dominait de 34 m les plaines de l'Argens et du Reyran, protégé par un rempart. La ville existait au moins en 43 av. J.-C. puisqu’elle apparaît dans la correspondance entre Plancus et Cicéron. La date de 49 av. J.-C. est retenue, en lien avec le siège de Marseille.
Forum Julii devint un grand port militaire des armées romaines en Gaule
Le site de Fréjus avait été choisi en fonction de facteurs géographiques et stratégiques. Le port creusé dans l'intérieur des terres, sous les murs de la ville, communiquait avec la mer par un chenal sinueux de deux mille mètres de longueur. Pour défendre son entrée contre les sables que les vagues y apportaient, et le tenir toujours libre, on avait amené dans le port une dérivation de l'Argens, dont le volume était suffisant pour entraîner les dépôts et tenir l'embouchure constamment libre. Dès que cette dérivation cessa d'être entretenue, le chenal se combla, le port ne communiqua plus avec la mer et devint marais. Une avancée de grès "la butte Saint Antoine", dernier contrefort de l'Esterel protégeait des éventuelles inondations du Reyran et se trouvait à proximité de la Mer Méditerranée ainsi que des principales routes de l'époque.
En -39, Octave, né Caîus Octavius (-63/+14) fut le premier empereur Auguste (de -27 à +14), c'est sous son règne que commence la Pax Romana, y installa une importante base navale, où fut construite une partie de la flotte qui remporta la bataille d'Actium en -31. Ensuite, c’est Forum Julii qui accueilli les galères de la flotte prises à Marc Antoine et Cléopâtre, vaincue à la bataille d'Actium (plus de 300 vaisseaux pris à l'ennemi).
Le 15 mars de l'an 44 avant J. C., l’assassinat de Jules César dans le Sénat fait tomber la république romaine dans une guerre civile qui perdurera quatorze années. Rome profondément troublée, traversa une période de guerre civile. C'est alors, que les généraux romains, commandants en Gaule Méridionale, Marc Antoine et Lépide, réunirent leurs armées au pont sur l'Argens, sur le territoire de la commune des Arcs s/Argens, à 23 kilomètres de Fréjus. L'armée rebelle est considérable, plus de 40.000 hommes de troupe, elle compte les Vilème, Villème -dont les vétérans s'implanteront plus tard à Fréjus- IXème Légions, plus de trente cohortes de cavalerie gauloise et enfin la fameuse Vèrne Légion, des Alouettes, dont le souvenir est parvenu jusqu'à nous.
La bataille d'Actium est l’une des dernières confrontations qui oppose les forces navales d’Octave à celles de Marc-Antoine allié à Cléopâtre. En apparence, les forces coalisées de Marc Antoine et de Cléopâtre sont supérieures à celles de l’arrogant Octave. Mais le décor est parfois trompeur. Fatiguée par la guerre, démoralisée par un long hivernage, l’armée de Marc-Antoine est en proie à des dissensions à l’heure de la confrontation.
Peu d'années après la bataille d'Actium, Octave prit le titre d'Empereur, et au Sénat, celui d'Auguste. Avec la paix romaine, Forum-Julii a perdu sa fonction militaire au profit de son activité commerciale mais elle n'a jamais atteint la grandeur d'Arles ou de Nîmes.
Entre 29 et 27 av. J.-C., Forum Julii devint colonie sous le nom de Colonia Octavanorum quae Pacensis appellatur et Classica et reçut dès lors les vétérans de la VIIIe légion. La cité se transforma alors en un marché important d’écoulement de productions artisanales et agricoles de l’arrière-Pays de la vallée de l’Argens. Elle fut dotée d’une enceinte de prestige, longue de trois kilomètres sept cents mètres qui protégeait une petite superficie de trente-cinq hectares. L'enceinte romaine a été construite en petit appareil régulier, en plusieurs tronçons, mais son tracé général, qui suit le relief de la butte rocheuse sur laquelle la ville a été bâtie, date de l'époque d'Auguste. Aux trois accès principaux de l'enceinte romaine, correspondaient trois portes monumentales dont seules deux ont survécu : la Porte des Gaules à l'ouest et la Porte de Rome à l'est. La Porte d'Agachon ou porte Nord a été détruite en 1955. Il existe actuellement, à Fréjus, des vestiges d'autres enceintes, datant du moyen-âge ou du XVIème siècle.
La Via Aurélia pénétrait dans la ville par la Porte de Rome à l'est et en sortait par la Porte des Gaules à l'ouest. La Via Aurelia ou voie Aurélienne est le nom donné à la voie romaine construite dès le IIIe siècle av. J.-C., reliant Rome à Luni par la côte de la mer Tyrrhénienne, prolongée par la suite jusqu'en Gaule narbonnaise, où elle se raccordait près d'Arles à la voie Domitienne vers l'Espagne et à la via Agrippa vers Lyon et le nord de la Gaule.
De la Porte des Gaules, il ne reste presque rien. La Porte de Rome a été murée au XIXème siècle, mais son plan en demi-cercle de 50 m, flanqué de deux tours rondes, reste inscrit sur le sol, lequel porte encore des restes de la voie dallée qui menait à un portail central de 5 m d'ouverture, encadré de deux poternes. Au nord de Fréjus des morceaux de rempart et une tour sont conservés au Clos de la Tour : parc de 6 hectares qui recèle des murs arasés de maisons romaines. La Porte de Rome était l'entrée monumentale orientale par laquelle la Via Aurélia pénétrait dans ville. A ce jour cette porte conserve uniquement les vestiges d'une tour (il y en avait deux) visibles côté jardin privé et le piédroit de l'arc visible côté avenue des aqueducs. Les vestiges de l'arc sont surmontés d'une croix.
L'enceinte romaine au nord-est de la ville antique au clos de la Tour est la partie la mieux conservée. Le mur de cet hémicycle de 50 m de diamètre est recouvert de capriers et au sol on observe des pavés marqués par le passage des chariots (ce sont des restes du dallage de la Via Aurélia). L'enceinte romaine s'appuyait du côté du port à ce qu'on nomme aujourd'hui la butte Saint-Antoine à l'angle sud et à la plate-forme au nord. Longtemps appelée à tort la citadelle, la plate-forme était une vaste demeure, probablement un bâtiment à fonction officielle. Elle formait un pendant symétrique à la butte Saint-Antoine, de l'autre côté du port.
Fréjus est le chef-lieu de la nouvelle province proconsulaire de Gaule narbonnaise en 22 av. J.-C. À partir de cette époque, la cité continue son développement ; son port était la seule base navale de la flotte militaire romaine de Gaule et le second après celui d’Ostie situé à l'embouchure du Tibre, au sud-ouest de Rome (du fait de l'ensablement, le site se trouve désormais à l'intérieur des terres).
Les fouilles et vestiges ont permis d'affirmer qu'entre le 1er et 3ème siècle, Fréjus a connu un dynamisme économique important. L’ère de prospérité pour la colonie romaine fut celle des aménagements urbains : mise en place d'une trame régulière avec portes monumentales, forum, aqueduc, théâtre, complexe thermal, amphithéâtre, nombreuses fontaines, des latrines, des égouts et extra-muros côté nord et côté est, à peu de distance de la porte de Rome, des tombes individuelles et des monuments s'alignaient le long de la Via Aurélia qui filait vers l'Italie... Le port, cœur de la ville, était protégé des assauts de la Méditerranée par une digue imposante surmontée d'une tour-lanterne. Il était encadré de deux ensembles résidentiels, la butte Saint-Antoine et la Plate-forme.
Fréjus, une ville à l'image de Rome
Fréjus était un important noeud routier sur la Via Aurélia, aménagée en l'an 13 av. J.-C., sous l'empereur Auguste. Elle était raccordée à la voie domitienne dans la vallée du Rhône. Son tracé correspond à peu près à celui de l'actuelle RD N7. Sous le règne de Tibère, furent construits tous les grands équipements dont subsistent aujourd’hui les vestiges, l’amphithéâtre, l’aqueduc, le phare, les thermes, le théâtre. Tibère du latin : Tiberius Cæsar Divi Augusti Filius Augustus est né à Rome le 16 novembre 42 av. J.-C. et mort à Misène le 16 mars 37 ap. J.-C., il le deuxième empereur romain de 14 à 37.
Le théâtre romain situé au nord-est de Fréjus, date du 1er siècle de notre ère comme l'amphithéâtre. Construit à l'intérieur de l'enceinte romaine, il s'adossait à une butte en pente douce. Ses dimensions sont modestes comparées à celles des autres théâtres de la Gaule romaine : diamètre extérieur 83,81 m, diamètre de l'orchestre 21,5 m, scène 39 m x 6,80 m. Très détruit, il n'en reste que des fragments des murs rayonnants qui portaient les gradins et des vestiges de la scène. Connu de longue date, le théâtre n'est fouillé qu'entre 1919 et 1929 sous la direction de Jules Formigé (célèbre architecte et archéologue 1879/1960). Devenu théâtre romain Philippe Léotard, c'est un site en plein air aménagé pour accueillir spectacles et concerts comme ceux du festival des nuits auréliennes, programmé chaque été en juillet.
L'amphithéâtre est devenu l'un des symbole de la ville romaine de Fréjus. Construit au 1er siècle de notre ère, il se situe à 600 m du bourg médiéval, hors des murs de la ville romaine. La moitié du bâtiment s'appuie sur le flanc d'une colline, couronnée par des remparts. Exploité comme carrière de pierres dès le IVème siècle, il a perdu au cours du temps sa façade en blocs de grand appareil et ses gradins. Ses vestiges ont abrité à partir du XVIème siècle, un couvent, une chapelle et des maisons. En dépit de sa dégradation, les recherches archéologiques ont permis de mieux comprendre comment l'édifice avait été érigé.
Le nord de l'amphithéâtre a été bâti à flanc de colline, permettant d'économiser sur la maçonnerie, en évitant la construction de murs de soutien. Autour de la piste, les gradins reposent sur 52 murs rayonnants, reliés par des voûtes. Les murs sont constitués d'un mélange de pierres et de mortier de chaux, recouverts de moellons de grès vert. La façade, aujourd'hui disparue, était en bloc de grès. Elle était constituée de trois niveaux d'arcades sur 21 mètres de hauteur. L'entrée située vers la ville était flanquée de deux pilastres, tandis que deux piliers en pierre de taille encadraient l'entrée du côté de l'arène. Sur les corniches au sommet étaient fixés les mats de bois permettant de déployer le velum, bâche actionnée à l'aide de cordages et de poulies afin de protéger les spectateurs du soleil.
Partiellement fouillé par l'architecte C Texier, il avait été totalement dégagé en 1960, après la catastrophe du barrage de Malpasset (1959). Depuis lors, des restaurations abusives, nécessitées par la consolidation du monument et la préoccupation d'aménager un lieu de spectacle dans ce site, ont dénaturé une partie des maçonneries antiques. Ses dimensions extérieures : 113,85 m de long et 82,20 m de large, sont relativement modestes comparées à celles d'Arles et de Nîmes. Sa piste elliptique longue de 69 m et large de 39 m est creusée dans le rocher sur les trois quarts de sa superficie et entourée par le mur du podium. Les trois séries de gradins pouvaient accueillir environ 10 000 personnes. Celui d'Arles était prévu pour 20 000 et celui de Nîmes pour 23 000.
Le territoire de la cité, la civitas forojuliensis, s’étendait alors de Cabasse à l’ouest, à Fayence et Mons au nord d’où partait l’aqueduc, jusqu’à la Siagne à l’est qui la séparait d’Antipolis/ Antibes. Elle disposait d’une curie et accueillait six mille habitants. L’agriculture était développée avec des villa rustica à Villepey ou Saint-Raphaël, des exploitations minières de grès vert et porphyre bleu et la pêche en viviers lui assuraient une économie florissante.
Au bas d'une falaise que domine le village haut perché de Mons, jaillit une source qui donne naissance à une petite rivière la Siagne. C'est là que les romains ont capté l'eau pour alimenter Fréjus. L'aqueduc court sur 40 km de terrains montagneux, nécessitant de nombreux ouvrages d'art pour sauter combes et ravins. Dans son cours inférieur, le long de la vallée du Reyran, on rencontre des morceaux du monumental pont-aqueduc, mais les plus beaux vestiges se trouvent dans Fréjus le long de l'avenue du XVème corps et à l'ombre des pins et des cyprès dans le parc de la Villa Aurélienne (belle demeure du XIXème et de style palladien).
En l’an 40, Cnaeus Julius Agricola naquit à Forum Julii. Il acheva la conquête de l’île de Bretagne. Son gendre, l’historien Tacite, fit le récit de sa vie, un des chefs-d’œuvre de la littérature latine. Il y évoque brièvement au début Forum Julii comme une « ancienne et illustre colonie ». La Cité fut aussi citée plusieurs fois dans les écrits de Strabon et Pline l'Ancien. Au 1er siècle après Jésus-Christ, la ville romaine de Forum Julii s'étendait sur plus de 40 ha, son enceinte fortifiée avait près de 4 km de pourtour et sa population était de l'ordre de 30 000 habitants. Elle était le siège d'un préfet de la flotte, d'un tribunal de droit romain, d'un important marché : blé, bois, huile d'olive, vin, saumure, céramique de terre cuite...
L'évolution de Fréjus au cours du Bas-Empire (IIIème siècle) nous est très mal connue. Il serait hasardeux de prêter à Fréjus une décadence rapide, la construction assez tardive de l'amphithéâtre semble contredire l'hypothèse d'un déclin sensible à la fin de l'Empire.
Constitution de l’évêché de Fréjus
La tradition populaire locale rapporte qu'au Ier siècle, sainte Marie-Madeleine fuit la Palestine et débarque sur les côtes provençales. Elle choisit alors de s'installer dans une grotte à la Sainte-Baume, au cœur du massif des Maures, pour mener une vie de prière et de pénitence pendant près de 30 ans. C'est le début de l'histoire sainte du Var et d'une longue série d'évangélisateurs...
Le IVe siècle vit la constitution de l’évêché de Fréjus, en l’état actuel des connaissances,il serait le deuxième évêché de France après celui de Lyon. L’édification de la première église est attestée en 374 avec l’élection de l’évêque Acceptus. Un prêtre de Fréjus, Acceptus, renommé pour sa sainteté, fut élu évêque de Fréjus, mais il chercha à se dérober en s’accusant de crimes imaginaires. Cet évêque élu mais jamais sacré n’est pas le premier évêque, mais nous ne connaîtrons probablement jamais ni le nom ni le nombre de ses prédécesseurs. Nous n’apprendrons rien non plus sur ses successeurs puisque le silence des sources nous contraint d’attendre encore quelque vingt-cinq ans, avec l’apparition de Léonce en 400.
La grande figure de saint Léonce, saint protecteur de la cathédrale de Fréjus et du diocèse, ouvre la longue liste des évêques. Saint Léonce est élu évêque selon la tradition, en 400. Une grande partie de la Provence a été placée sous sa juridiction en tant que vicaire apostolique. C'est sous son pontificat qu'a certainement été terminée la cathédrale primitive (380-420) de Fréjus. L'évêque saint Léonce favorisa l'établissement monastique de saint Honorat dans l'île de Lérins, et c'est à lui que saint Jean Cassien, son ami, dédia ses dix premières Conférences. Son rôle fut très grand dans l'avancement de la foi dans le midi de la Gaule. Evêque Saint Léonce fut un grand ami de Jean-Cassien qui lui dédia ses dix premières conférences.