Millénaire, le massif et la forêt de la Sainte-Baume est un haut lieu du tourisme provençal. Montagne unique qui se déploie sur plus de 12 km de long, le massif de la Sainte-Baume domine la Basse-Provence. Le Massif de La Sainte Baume se divise en 2 parties : d'abord une splendide forêt de hêtres et de chênes, puis, plus haut, une partie minérale qui culmine au Saint Pilon à 1 100 mètres. Véritable épine dorsale du territoire, le massif se prolonge à l’Est par le plateau perché du Mourré d’Agnis, alors qu’à l’Ouest elle domine le spectaculaire vallon de Saint-Pons. Le panorama depuis les crêtes sommitales est incroyable. Vers le nord, on aperçoit tout le Var, et même plus loin : les Ecrins, montagne Sainte Victoire, Garlaban, l'Etoile, Lure, Ventoux,... Vers le sud, le regard porte sur la mer, les Maures et Notre-Dame des Anges, le Bec de l'Aigle de La Ciotat et les montagnes qui dominent Toulon.
Une baume, est la francisation du mot provençal "baumo" qui désigne une grotte. On retrouve ici la racine pré-indo-européenne BA-M- (ou BA-L-) qui désigne une paroi rocheuse, un rocher à pic. Par la suite et par extension, cette racine a aussi désigné une cavité se trouvant au pied d'un rocher. Moins élevé que le Mont Ventoux, appelé le géant de Provence, le massif de la Sainte-Baume n'en demeure pas moins une véritable montagne. Le Pic de Bertagne, à l’extrême ouest culmine à 1042 m ; le Pas de la Cabre et le col du Saint Pilon, les points les plus bas, avoisinent les 950 m. Et les sommets du Jouc de l'Aigle et du Signal des Béguines se détachent avec 1148 m. Inutile de vous dire qu'à cette altitude les conditions climatiques peuvent être extrêmes. La neige n'y est pas rare en hiver, et le vent peut se révéler d'une violence incroyable puisqu'il ne rencontre aucun obstacle lorsqu'il souffle du nord. C’est l’une des raisons de la création des glacières au sein de la Sainte Baume. C'est ici que l'on fabriquait la glace consommée jadis, avant l'arrivée du congélateur. Elle était fabriqué pendant l'hiver au coeur de la Sainte Baume et acheminée à dos de mulet. Ces glacières, à l’image de la glacière de Pivaut, ont alimenté les différentes villes alentours en glace dès le XVIIe siècle.
Cette altitude respectable confère au massif des Baume un caractère particulier : la végétation demeure essentiellement méditerranéenne, mais des arbres plus septentrionaux s'accrochent aux versants nords du massif. Au cœur du massif, s'érige la forêt domaniale de la Sainte-Baume, dominée par une haute falaise rocheuse et dont les paysages sont une alternance de hêtres, d'érables, de pins sylvestres et de tilleuls. En 2018, la forêt domaniale de la Sainte-Baume reçoit le label de Forêt d’Exception. Elle devient ainsi la 10e forêt française à recevoir ce label qui distingue une gestion d’excellence des forêts domaniales reconnues pour leur patrimoine unique en termes de biodiversité, de paysages, d’histoire ou de bois de grande valeur. Une forêt d’exception à la biodiversité remarquable comprenant 219 espèces animales protégées et 1 500 espèces végétales : hêtre, chêne blanc, tilleul, érable d’Italie, if, houx, lis martagon, muscardin, couleuvre d’Esculape, pic noir, rosalie des Alpes, aigle de Bonelli…
L’histoire du massif est marquée par la présence abondante de l’eau, malgré l’aspect aride de certains de ses sommets et hauts-plateaux. Proche de la mer Méditerranée et non loin des Alpes, le massif de la Sainte-Baume bénéficie d'une triple influence bioclimatique et biogéographique (méditerranéenne, steppique et montagnarde) qui lui offre une abondance d'eau, élément rare et précieux en basse Provence. Un important réseau de gouffres, avens, grottes et rivières souterraines, dû à la nature géologique du massif, restitue cette eau aux hommes et aux milieux naturels par de nombreuses sources et résurgences qui contribuent à sculpter les flancs de la montagne. Les différents cours d’eaux que sont l’Huveaune, l’Issole, le Gapeau et le Caramy ont façonné le territoire et les activités qui s’y sont développées. Ils ont permis d’entretenir des relations commerciales avec les territoires en aval, comme Marseille pour l’Huveaune ou le littoral du Var avec le Gapeau et les affluents de l’Argens.
Quand le massif de la Sainte Baume devient un Parc régional naturel. Le Parc naturel de la Sainte-Baume est né le 21 décembre 2017 avec pour vocation de dynamiser les activités économiques du territoire tout en protégeant les paysages, la nature et en mettant en valeur le patrimoine culturel. Il rejoint les autres Parcs naturels régionaux de la région. On compte de nombreux Parcs Naturels Régionaux en France dont les Alpilles, la Camargue, les Volcans d’Auvergne, le Golfe du Morbihan, le Luberon, le Marais Poitevin, les Caps et Marais d'Opale, la Chartreuse, les Grands Causses, les Monts d'Ardèche, la Touraine, le Cotentin, les Pyrénées Ariégeoises, le Massif du Queyras, le Périgord, les Gorges du Verdon, le Vercors...), ainsi que les Parcs Naturels Régionaux de Corse, de Guyane et de Martinique.
Le Parc naturel régional de la Sainte-Baume s'étend sur 84 200 hectares à cheval entre le département du Var et des Bouches-du-Rhône, il s'articule principalement autour de la longue falaise calcaire de la Sainte-Baume. Il rassemble 26 communes de l’arrière-pays du Var et des Bouches-du-Rhône dont Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (au nord), Brignoles (à l’est), Auriol (à l’ouest) et Le Castellet (au sud). La topographie du massif ordonne l’espace et compose les paysages du territoire : la montagne domine les plateaux, eux même perchés par rapport aux plaines périphériques. Le karst est omniprésent avec son cortège de structures de falaises, dolines, collines, grottes, avens, ravins, résurgences, tufs...
Mais la véritable magie du massif de la Sainte-Baume, qui fascine les visiteurs venus du monde entier, c'est son histoire religieuse. Les lieux sont étroitement liés à la tradition chrétienne et les pèlerins qui s'y rendent aujourd'hui placent leurs pas dans les traces de rois, d'archevèques, de princes et de simples hommes animés par une fois ardente. Une longue histoire et de nombreux secrets se cachent au coeur du Parc Naturel Régional de la Sainte-Baume.