L'histoire de Bagnols-en-Forêt débute très tôt, précisément en 31 avant J.C, au moment où l'empereur romain Octave décide de développer le port de Fréjus pour y amarrer ses navires. Après la création de Fréjus de nombreux romains s'installent près du nouveau port agrandi sous l'empereur Octave. La présence de marécages, mal assainis, à Fréjus, poussent une importante colonie romaine à s'installer dans les hauteurs et installent leurs fermes dans la plaine de Bagnols-en-Forêt. Les romains développèrent la culture, l’élevage, les forêts et construisirent des "villae", des thermes et bains alimentés par les nombreuses rivières, ruisseaux et sources environnantes. C’est probablement de là que vient l’origine du nom Bagnols, "Balneolis". Quelques vestiges de leurs villae ont donné lieu à de nombreuses fouilles.
Au Ve et VIe siècle débute une longue période de troubles au moment des invasions barbares Wisigoths, puis Ostrogoths. Durant cette période de guerre et d’incertitudes les habitants se réfugient sur les hauteurs de Bayonne et aménagent les pentes avec retenues de pierres pour les cultures. Pendant les années qui suivirent, l'histoire de Bagnols-en-Forêt reste dans l'ombre. C'est en 1042 une charte de l’Abbaye de Lerins le cite comme « Castrum de Banholis » qui se situait à Bayonne.
En 1392, des pillards sévissent dans la région de Fayence. La même année, Raymond de Turenne, seigneur de Haute Provence, à qui l'on avait confisqué des terres forma une armée "punitive" qui descendit dans le Sud en passant par Bagnols-en-Forêt. Le village sera rasé. La vie reprend grâce à Urbain de Fiesque, nommé évêque de Fréjus par le pape Sixte IV, qui fait repeupler Bagnols en y installant des familles venues d'Italie. Ces familles vont développer l'agriculture et l'élevage, ainsi que de nombreuses activités artisanales telles que la bouchonnerie, la verrerie ou l’élevage de ver à soie.
La chapelle Notre-Dame est construite en 1560 sur les restes d'une villa gallo-romaine du Ier siècle, une fresque du XIe siècle retrace le repeuplement du village. La chapelle Saint-Antoine est construite en 1660 sur un emplacement appelé « les Thermes ». Une source irrigue le quartier environnant. La chapelle Sainte-Anne est construite en 1654 par Jean Vigneron en remerciement à Louis XIV pour avoir été naturalisé français. L'église paroissiale de Saint-Antonin est construite en 1704 sur une ancienne chapelle consacrée à ce saint et se trouve au sommet du village. À cause d'une chute d'une grande partie de la voûte, elle est achevée en 1707. Telle est l’histoire de la fondation de Bagnols-en-Forêt.
Pour vous rendre à Bagnols-en-Forêt, depuis l'autoroute A8, prendre la sortie 38-Fréjus et suivre la direction de Bagnols-en-Forêt sur la D4. Le village se situe en limite de l'Estérel occidental et de la forêt du Tanneron. Son nom, à lui seul, évoque sa situation à proximité de splendides forêts propices à de nombreuses et jolies promenades, et de merveilleux points de vue dus aux reliefs variés. Bagnols-en-Forêt forme un plateau au-dessus de la vallée de l’Argens et domine une plaine qui conduit aux gorges du Blavet. Superbe site naturel, les gorges du Blavet sont encadrées par le massif du Défends et celui de la Colle du Rouet aux belles falaises roses.
Bagnols-en-Forêt, à lui seul, vaut un petit détour, comme étape dans un périple varois des villages de l'arrière-pays. Ses rues pittoresques, ses passages voûtés, ses places ombragées et ses fontaines dominent la plaine de Fréjus, le Massif de l'Estérel à l'Est et celui des Maures à l'Ouest. En arrivant la route remonte dans le village : c'est la rue principale, devant la Mairie. Vous pouvez stationner votre véhicule au parking gratuit du Château, puis dirigez-vous vers le bureau d'Information Touristique de Bagnols-en-Forêt, situé Grande Rue. Le Chemin de Mémoire « Lou Camin de nostre memori » photos datant de la fin du XIXe, début XXe vous guide dans les ruelles du village. Ce parcours de reproductions de photos anciennes, placées sur les façades des maisons, vous offre un « avant-après » parlant.
Remontez la rue principale, tournez à gauche dans la rue de la Pompe jusqu'à la Mairie où trône la fontaine de la Siagnole ornée d'une statue-copie de "L'enfant à l'oie", dont l'original du IIIe siècle av. JC se trouve au Vatican Galerie du Candélabre. La première copie de 1904, a été dérobée en 1993. A l’époque, elle présentait un enfant dont l’attribut masculin avait été remplacé par une feuille de vigne au XIXème siècle. La fontaine de la Siagnole est l'une des 4 fontaines anciennes du village. Vous trouverez pendant votre promenade plusieurs fontaines, elles se trouvent dans la partie basse de la Grande rue, Place du Rond et Placette du Gros mur, et celle du Square Francis Poulenc.
Cette place du village s'appellait la place Saint-Sébastien, du nom de la chapelle Saint-Sébastien (1480) qui se trouvait sur l'emplacement de l'actuelle mairie et qui a été achetée au clergé par la municipalité en 1905. Engagez-vous dans la rue du Mitan, prendre la première ruelle sur votre gauche, tournez à droite dans la Grande Rue, une nouvelle fois à gauche dans la rue du Portail et enfin, la rue du Lavoir. Nommé "le bassin neuf", le lavoir est le plus grand lavoir du village. Dans la rue du Lavoir se trouvent les plus anciennes maisons du village du XVe et XVIe siècle. Engagez-vous dans la rue en calade, c'etait le principal accès au village au Moyen-Age en venant de Fréjus. L'accès etait sécurisé par un portail d'où son nom : passage du Portail. Le nom des rues et ruelles rappellent l'histoire du village.
Après cette déhambulation dans la calade, continuez vers la rue de l'Abbé Bruno. L'abbé Bruno est une figure emblématique du village, arrivé d'italie avec sa mère en 1923, il a exercé tout son sacerdoce à Bagnols. Prendre l'escalier, côté Grande rue et le passage voûté, côté église. L'église de Saint-Antonin a été crée entre 1704 et 1707 sur l'emplacement d'une ancienne chapelle dédiée à Saint Antonin, au sommet du village. Les dimensions de l'église et sa lumière étonnent tous ceux qui y pénètrent : d'une longueur de 30 mètres et large de 10. Le style architectural dominant est Roman-Renaissance. L'église de Saint-Antonin est constituée d'une seule nef divisée en 3 travées par des pilastres soutenant des arcs-doubleaux. Les fenêtres sont hautes et larges, d'où la lumière omniprésente. Les grands retables et les 2 premiers autels sont de style Louis XIII. Le sanctuaire se caractérise par un ensemble de 6 toiles qui constituent une sorte de catéchèse par l'image sur la Cène, la Passion, la Résurrection. Une de ces toiles représente Saint-Domnin, évêque de Digne au IVe siècle, patron de Bagnols. Le joyau de la paroisse est la statue de la Vierge Marie en bois polychrome datant de 1659, dont l'ostension est réservée aux jours de très grande fête.
Sur la place de l'église se situait le premier cimetière du village de Bagnols-en-Forêt. Contournez l'ancien cimetière et engagez-vous dans le chemin de l'aire de Sainte-Anne. Deux moulins à vent en ruine, attendent patiemment leur restauration : dans le quartier du Moulin et à l'aire de Sainte-Anne. Admirez la chapelle Sainte-Anne construite sur un ancien habitat Gallo-Romain. Des fouilles effectuées en 1982 du coté ouest ont mis au jour des fragments de poteries datant du IIème et IIIème siècle, ainsi que du VIIe et VIIIe siècle. La Chapelle a été construite en 1654 en remerciement de Jean Vigneron à Louis XIV pour l'avoir naturalisé Français, alors qu'il était Espagnol. Il finança également l'autel, ses ornements et les objets du culte. Très dévot à Sainte Anne, il lui dédia cette chapelle. A l'origine elle mesurait 6 mètres de long et possédait un porche ouvert sur 3 cotés. Pour l'agrandir, le porche a été muré et le clocher actuel octogonal a été rajouté ensuite à une date inconnue.
La commune de Bagnols-en-Forêt possède quatre autres chapelles, elles se situent aux quatre points cardinaux, Saint-Denis (11ème siècle) à l'Ouest, Notre-Dame (1650) au Sud, Saint-Antoine (1660) à l'Est et Sainte-Anne construite en 1654 au Nord. L'église Saint-Antoine est de style roman-renaissance, elle a donc été construite en 1660, sur un édifice plus ancien. Elle fut agrandie en 1677, le portail néo-roman a été rajouté au XIXe siècle. Ici aussi, des traces d'une habitation Gallo-romaine ont été retrouvées. Richement décorée, l'église possède, entre autre, 2 retables de style Louis XIII. On y célébrait les 24 Juin la fête de la St Jean, tradition qui se perpétue jusqu'à nos jours. Aujourd’hui cette chapelle abrite des expositions temporaires durant les mois de juillet et août. D'après les anciens, ce lieu s'appelait "Les Thermes" et aurait eu 7 sources. De fait, aujourd'hui coule une source dont le débit permet l'irrigation de tous les terrains du quartier. Il n'est pas impossible qu'un lieu de culte chrétien se soit établi à cet endroit.
Un peu à l'écart du village se trouvent les autres chapelles de Bagnols-en-Forêt : la chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié, les fouilles effectuées en 1982 ont établi que cette chapelle, située dans la plaine de Bagnols-en-Forêt, a été construite sur les ruines d’une Villae Gallo-Romaine, édifiée au début du 1er siècle. Des fragments de poteries de cette époque ainsi qu’une céramique sigillée "Le Gladiateur" datant de l’an 49 ont été découverts à proximité de la chapelle. Ils sont exposés au dépôt de fouilles au premier étage de l’Office de Tourisme. Les archives établissent que la chapelle fut construite en 1560 mais ne permettent pas de reconstruire son histoire avant cette date. Depuis 1729, une procession en l’honneur de Notre Dame s’y tient tous les 15 Août. La chapelle Saint-Denis qui fut construite au XI° siècle, elle abrite des fresques réalisées au XVe siècle.
Revenir vers le coeur du village en passant par la rue des Clos, au passage arrêtez-vous à la Table d'orientation pour profitez d'un point de vue à 180° du Pic de la Gardiette à la Colle du Rouët, en passant par les vallons et sommets des contreforts de l'Estérel. Dans la rue de l'ancienne mairie du n°13 au n°55 se trouvaient 2 bouchonneries dont celle de "Gandolphe" ainsi que divers ateliers où travaillaient principalement des femmes. L'école des garçons se trouvait à l'étage de l'ancienne mairie puis elle fut transférée ensuite dans le bâtiment de l'office de tourisme. Les douches municipales remplacèrent la mairie jusqu'en 1960, l'eau y était chauffée au charbon.
Le village possède une histoire très longue, c'est pourquoi un musée a été construit pour la mettre en valeur. Le musée de Bagnols-en-Forêt comporte deux espaces. Dans le premier sont entreposées les découvertes résultant des fouilles effectuées entre 1967 et 1988 par Guy Désirat. On y trouve des poteries et des objets datant de la Préhistoire ainsi que des objets vestiges de l’ère Gallo-romaine. Le second espace est consacré à l’artisanat et aux richesses passées du village. Pour les plus courageux, face à l'oppidum celto-ligure de la Forteresse, et au Pic de la Gardiette dans l'Estérel, le village constitue le point de départ de nombreuses randonnées ; la colle du Rouet, le Col de la Pierre du Coucou, l'Ancienne voie romaine, les Gorges du Blavet et la falaise de Colle Rousse et les anciennes tailleries de meules, entre autres.
L'oppidum de la Forteresse est situé à 380 m d'altitude, orienté Est-Ouest, relié à la vigie de la Gardiette à L'Est et à l'oppidum de Bayonne. Il domine et contrôle le col de la Pierre du Coucou, sur la voie antique reliant Puget-sur-Argens et la vallée de l'Argens avec l'arrière pays et le Haut Pays varois. Le site a été occupé de la période du Bronze Ancien jusqu'à la fin de l'âge du Fer. Sur le site la vue est superbe avec Bagnols-en-Forêt au premier plan et au loin on peut voir Fayence, l’Audibergue, Montauroux...A l'est s'étire le massif boisé du Tanneron. En arrière plan, les sommets de Caussols et de l'Audibergue annoncent les Alpes toute proches.
Sur la commune de Bagnols-en-Forêt, il existe trois gisements principaux de taillerie de meules ou meulières dont le plus important est celui de la Forteresse. Le début de l'activité remonte au début de l'âge de fer et s'est poursuivie jusqu'au Moyen-âge, interrompue probablement à partir de 1393, date où toute vie a cessé à Bagnols, suite aux épidémies, aux destructions et pillages jusqu'en 1477. Elle a cessé dans le courant du XVIIIe siècle. A cet endroit sont éparpillées des dizaines de meules de toutes les dimensions, des excavations qui demeurent les témoins du travail des hommes ayant extrait des roches destinées à animer quelque moulin à huile ou à farine. Les meules étaient extraites de la roche mère de l'Estérel qui a la particularité d'être très abrasive. Cette roche dure etait une aubaine pour les peuples préromains puis gallo- romains pour qui le broyage du grain est un souci constant.
Les passionnés partiront à leur recherche et pourront constater de nombreux échecs dans cette taille si particulière. Pourquoi tant de meules ont-elles été laissées sur place après des heures de labeur ? Parce qu'en son cœur, la pierre présentait des fissures qui ne garantissaient pas l'usage de la meule. D'autres se sont brisées lors de leur descente. En effet, les accidents n'étaient pas rares lorsqu'il fallait emprunter le sentier menant au plan de Bagnols pour descendre à bras d'homme des pièces de près d'une tonne.