Entre la montagne de Lure et le Luberon, la cité s’est développée sur les rives de la rivière Calavon, au cœur d’une vallée fertile. La toponymie provençale, suggère comme origine de son nom une racine ligure HATH correspondant à un oronyme (nom de montagne). Fondée sur ordre de Jules César, son nom latin est "Apta Julia". La ville se nomme At en occitan. L’histoire d’Apt se mêle à celle de la Provence : bâtie sur une petite île du Calavon en 45 avant J.C., elle devient bientôt une importante cité romaine de la Gaule Narbonnaise, sur la Via Domitienne qui relie Rome à l’Espagne. La cité possède un forum, un arc de triomphe, un capitole, un temple, des thermes et un théâtre aussi important que celui d'Orange.
Apt sera pillée par les Sarrasins… La période des grandes invasions poussa les populations à s’installer sur les hauteurs ce qui donna naissance aux villages fortifiés. Puis, au Moyen-Age, les Comtes de Provence firent élever des remparts afin de protéger la cité. Au XIVe siècle, Apt bénéficie directement et indirectement de l’installation de la papauté à Avignon. Au concile régional de 1365 qui se tient dans la ville, assiste le Pape Urbain V. S’ensuit une période trouble avec les guerres de religions et avant l’arrivée d’un nouvel Age d’or au XVII et XVIIIe siècles. Au XIXème siècle, Apt verra l’implantation de nombreuses industries, venant confirmer les activités traditionnelles de la cité : ocres, faïences, chapellerie, cire, fruits confits, fer, soufre.
Vous trouverez à Apt, de nombreux parkings, facilitant l’accès et permettant de se garer au plus proche du centre historique pour y découvrir ses trésors. Des ruelles de la vieille ville émane un charme irrésistible : les fontaines anciennes, les hôtels particuliers et les placettes ombragées dressent un décor pittoresque.
Vous pouvez commencer votre parcours touristique à partir de la place de la Bouquerie, ancienne place du marché au bétail. Elle doit son nom du latin "boccaria" : boucherie. Ce marché se trouvait devant la plus grande entrée de la ville, la Porte de la Bouquerie. Malheureusement, cette porte a été détruite en même temps que les remparts en 1788. C’est au haut Moyen-Âge que la ville se dote de fortifications. A partir de 1258, Apt comme toutes les grandes villes du comté se voit supprimer son consulat. La cité est alors administrée par Pierre Bayle, son prince-évêque qui a la haute main sur le quartier de la Bouquerie, et par un bayle nommé Pétrus (pierre) qui administre le quartier St-Pierre. Les princes-évêques d’Apt furent amenés à jouer un rôle international.
À droite de la Place de la Bouquerie, remarquez une tour de guet carrée du XIVe siècle, avec une horloge et un campanile en fer forgé du XVIe siècle subsistent. La fontaine située sur la place, est constituée d’un bassin rond duquel s’élève un obélisque dont le chapiteau supporte une statue qui pourrait être une allégorie de la République. Elle porte le bonnet phrygien, le glaive de la justice, et la flamme de la liberté. La statue appelée La Mourre est l'œuvre du sculpteur local, Auguste Mourre, en 1882. La largeur du bassin permettait aux bêtes de s'abreuver. Afin d’économiser l’eau précieuse en cette contrée, des robinets à poussoirs ont été installés à chacune des quatre bornes disposées sur le rebord du bassin.
Avec ses cafés et ses restaurants, la Place de la Bouquerie est probablement la plus belle place d'Apt. À remarquer sur la gauche de la place, un témoin de bronze qui commémore la hauteur record de la crue du Calavon en 1925. Engagez-vous dans la rue Calade, puis prendre à gauche la Rue du Jardin de l'Évêché, passer devant la Mairie pour arriver sur la place Gabriel Péri.
L'édifice actuellement utilisé comme sous-préfecture est l'ancien palais épiscopal d'Apt, siège de l'ancien évêché. Le bâtiment a été reconstruit en 1754, à la demande de Félicien Bocon de La Merlière, par l'architecte Jean-Baptiste Franque. sa belle façade classique, est dotée d'un superbe escalier à double révolution qui mène au perron. Remarquez la porte d'entrée à plein cintre ornementée, encadrée de pilastres doriques; au-dessus des pilastres ioniques et de belles fenêtres classiques. Sur le fronton, un écusson baroque dans lequel étaient gravées les armoiries épiscopales, effacées à la Révolution, notamment celles de Monseigneur Eon de Cély, dernier évêque d'Apt.
Devant le palais, deux fontaines dites "les enfants au dauphin", œuvres du sculpteur Aptésien Elzéar Sollier. Dans les jardins et, à l'angle, se trouve l’ancienne tour des remparts dite "Tour de l’Evêché" datant des Xllle et XIVe siècle. Prendre le boulevard Maréchal Foch, et tournez à gauche dans la Rue Cély pour admirez la Chapelle Sainte-Catherine, édifice religieux datant du XVIIe siècle. Construite par la volonté et les finances personnelles de Monseigneur Jean de Gaillard est de style baroque, à nef unique. La nef est ornée de gypseries représentant les scènes de la vie de Saint Augustin, oeuvre de J. André en 1792. Sur le mur les armes de l'évêque.
La Chapelle Sainte-Catherine possède un retable remarquable du XVIIe siècle en bois doré, un fronton à balustrade, le buste de Sainte Anne, des angelots, un tableau représentant le mariage mystique de Sainte Catherine dû au peintre aixois Gilles Garcin. Entre des piliers, les statues probables des premiers évêques d'Apt : Saint Auspice et de Saint Castor. Sur la façade Est subsiste une rosace du XIVe siècle, vestige de l'église primitive. À côté, la Chapelle des Pénitents Blancs (transformée en cinéma) s'appuie sur une muraille, vestige du rempart médiéval, le long duquel le second bras du Calavon s'écoulait.
Poursuivre sur la droite dans la Rue René Cassin, au bout de cette rue ; la Tour de l'Hôpital, datant du XIVe siècle est l'un des rares vestiges de l'enceinte médiévale. Située sur le Boulevard National, elle est désormais protégés par une toiture moderne. Une partie du rempart et du chemin de ronde demeurent également visibles à cet endroit. Surnommée "la tour de l'Hô" par les habitants de la ville, elle est la plus célèbre des deux tours restantes des anciens remparts. Datant de 1376, elle se dresse au point culminant du tracé des remparts et était bordée, jusqu'au milieu du XIXe siècle, par les jardins de l'hôpital. Son nom et sa préservation sont dus à sa proximité avec ces jardins, dont elle constituait une partie intégrale de l'enceinte.
Tournez à gauche dans la rue des Suisses, traversez la place Saint-Martin, puis la Place Ripert de Monclar. Vous voici devant l'ancien couvent des Carmes. L'ancien couvent des Carmes, fut initialement fondé au XIIIème siècle à l'extérieur des remparts de la ville, avant d'être déplacé à l'intérieur de celle-ci durant la deuxième moitié du XIVème siècle. L'église du couvent a connu une première phase de construction à la fin du XIVe siècle ou début du XVe, qui fut suivie par des embellissements à la fin de l'époque médiévale. Au XVIIe siècle, le couvent des Carmes entreprit une troisième période de travaux, avec la création de chapelles, l'élévation du clocher, l'ajout d'une tribune et la réalisation du voûtement de la nef. Le XVIIIe siècle fut marqué par la reconstruction du cloître dans un style classique, témoignant de l'évolution architecturale de ce complexe conventuel. Lors de la Révolution, le couvent et l'église furent vendus puis divisés en plusieurs lots entre des propriétaires privés. Aujourd'hui, ce site historique demeure un témoignage précieux de l'histoire et du patrimoine régional.
A proximité dans la Rue Louis Rousset se trouve la chapelle des Récollets datant du XVIIe siècle. Les Récollets sont un ordre religieux fondé en Espagne au XVe siècle, avant de s'étendre en Italie et en France. Beaucoup des Récollets devenaient missionnaires pour les Indes et le Canada ou aumôniers pour les régiments. En 1897, les Récollets fusionnent avec les Franciscains, un ordre très proche. Au XVIe siècle deux courants s'opposent dans l'église : les Conventuels veulent continuer à bénéficier des privilèges accordés aux moines par les papes au fil du temps. Ils sont donc opposés aux Réformés (futurs Protestants) et aux Observants (Récollets et Franciscains) qui exigent rigueur et retour aux bases. Cette chapelle a été saisi comme bien national durant la Révolution française. Tombé dans le domaine privé, la chapelle n'est pas modifiée au XIXe siècle sinon l'adossement d'une maison sur son chevet supprimant l'accès à la clôture. La chapelle est acquise par la commune en 1990. Le fronton de facture classique est surmonté d'une statue de Saint Joseph.
Dirigez-vous le jardin public d'Apt situé Place Lauze de Perret. Réalisé en 1903, le jardin public évoque ces parcs citadins du XIXe siècle, incitants au voyage. Les arbres et les arbustes de France ont été rigoureusement sélectionnés : noyers, platanes, acacias, conifères. Au détour d’un sentier ombragé, on ne compte plus les fontaines et les petites grottes qui ponctuent le paysage et qui confèrent à ce jardin un charme inégalé. Pour un moment en famille, ou bien pour flaner après un bon repas entre amis, rien de tel que de se promener dans ce parc public situé dans le centre ville d'Apt.
Après cette pause bucolique, à l'entré de la Rue Saint-Pierre, la Porte de Saignon, remonte au XIVe siècle, c'est l'une des six portes historiques qui marquaient les points d'entrée de la ville à l'époque où celle-ci était fortifiée. Elle s'ouvrait sur l'actuelle rue Saint-Pierre nommée alors rue des Briards. Cette porte a été modifiée au XVIIIe siècle, et en partie reconstruite en 1823. On remarque la voûte plein cintre bordée de refends et l'écusson, en hauteur le vestige de la courtine médiévale, un simple bloc occupé par une horloge à aiguille unique, surmonté d'un campanile. À droite de la porte, s'élevait le "poids de la farine", ancien droit d'octroi. En observant attentivement en hauteur sur le côté de la porte, on peut encore apercevoir une portion de l'ancienne courtine, ce chemin qui reliait autrefois les portes et les tours entre elles.
La configuration actuelle du centre-ville d'Apt témoigne de cet héritage lié aux remparts d'antan. Ces derniers furent détruits entre le XVIIIe et le XIXe siècle afin d'améliorer la circulation urbaine. Aujourd'hui, les boulevards encerclant le centre-ville correspondent à l'emplacement de ces anciennes murailles. Tournez à gauche dans la Rue de la Merlière, prendre ensuite la Rue Saint-Georges, pour déboucher sur la Place Jean Jaurès. Au coeur du centre ville d'Apt, la Maison du Parc du Luberon vous accueille dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle récemment rénové. Ouvert toute l'année au public, des salles avec des expositions vous permettant de découvrir le Luberon, les caractéristiques du Luberon qui font de ce territoire un espace d’exception labellisé parc naturel régional et reconnu réserve de biosphère et géoparc mondial par l’Unesco.
Poursuivre en direction du Musée d'Apt, installé dans l’ancienne usine de fruits confits Marliagues, ce musée vous présente les trois industries majeures du pays d’Apt : l’ocre, les fruits confits et la faïence depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Il conserve la mémoire du travail des hommes et des femmes de la région. Plusieurs musées sont à visiter sur Apt. Ces musées exceptionnels vous permettront de découvrir le patrimoine culturel et l'histoire de cette région. Après cette visite, l'étape prochaine sera la cathédrale Sainte-Anne, qui date du XIe siècle, sans doute le monument le plus remarquable de la cité. Elle a été construite sur une île entre deux bras d'une rivière complètement sèche aujourd’hui.
S’il est certain que la cathédrale Sainte-Anne s’est insérée au cœur de la cité antique, entre le théâtre et le forum, il est difficile de dater avec précision l’installation du premier édifice de culte chrétien. Même si les données archéologiques récentes confirment la présence d’un édifice public important sur la scène du théâtre antique au IVe siècle, les premières attestations réelles de l’existence, à cet emplacement, de deux églises dédiées respectivement à sainte Marie et saint Castor remontent au VIIIe siècle. De style baroque sur une infrastructure romaine, le bâtiment comporte des phases architecturales successives allant du 1er siècle jusqu’au Xle siècle. Elle renferme de nombreuses pièces rares de grande valeur. Tant par sa richesse historique que par sa beauté singulière, la cathédrale Sainte-Anne d'Apt est un véritable trésor qui suscite l'admiration et incarne, avec élégance et sérénité, l'âme de cette région provençale.
Continuez vers le Musée d'histoire et d'archéologie du Pays d'Apt, situé Rue de l'Amphithéâtre. Aujourd'hui entièrement fermé au public, le musée d'histoire et d'archéologie d'Apt prenait place à l'origine dans un ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle bâti sur les vestiges du théâtre antique. Les collections archéologiques de l'ancien musée sont aujourd'hui en partie visibles sur réservation ou lors de visites guidées dans l'Annexe Apta Julia. Votre visite du centre-ville d’Apt vous conduira très certainement jusqu’aux ateliers des artisans. Les terres argileuses et les ocres ont permis le développement des activités de potiers. Aujourd’hui, les faïences d’Apt dotées d’une « marbrure aptésienne » sont connues et reconnues dans le monde.
Non loin du Musée, sur la charmante Place du Septier, l'Hôtel Colin d'Albertas, est admirablement préservé. Érigé au milieu du XVIIe siècle à la demande du Consul d'Albertas, ce palais est un chef-d'œuvre de l'art baroque provençal. Ce monument historique d'exception, unique en Provence, se distingue par la richesse de ses décors intérieurs baroques. Les gypseries opulentes, la splendeur des fresques et des plafonds peints, la chaleur scintillante de l'or et l'habileté dans la réalisation des motifs décoratifs font de cet édifice un incontournable parmi les plus beaux palais baroques français et européens. Sur la place du Septier, près de la fontaine, on remarque encore quelques vestiges de l'Hôtel de Saporta (façade), de l'Hôtel de Fontbelle (porte) et de l'hôtel de Tournon-Simiane (ferronerie). Finissez cette promenade par la Place Carnot. Créée en 1880, la place recouvre une partie de l’ancien amphithéâtre romain. L’imposant bâtiment côté sud était l’ancienne Halle aux Grains.
Lors de cette étape, nous ne saurons que trop vous conseiller de vous rendre au marché, classé Marché d’exception pour son ambiance et la qualité de ses produits, afin d’apprécier les couleurs et les parfums qui émanent des étals des producteurs locaux. Profitez-en pour déguster les spécialités de la région et vous initier à la cuisine locale. Apt est considérée comme la capitale du fruit confit. Ces fruits cristallisés, artisanalement ou par des méthodes plus industrielles, ont fait le renom d'Apt et lui ont valu d'être labellisé "Site Remarquable du Goût". Avis aux gourmets éclairés... vous êtes içi dans un pays où l'on mange bien !
A 8 km à d'Apt sur la route de Bonnieux , ne manquez pas le pont Julien, l’un des ponts romains les mieux conservés. Situé sur la Via Domitia, il était emprunté pour faire route vers Narbonne d’un côté ou vers Turin en Italie de l’autre. Long de 80 m et large de 6 m, il se compose de trois arches. Au fil des années, il n’a subi que quelques réparations ponctuelles. Aujourd’hui, il n’est plus adapté au trafic. Il fait donc partie des attraits touristiques de la destination, mais un autre pont a été construit pour permettre aux véhicules de franchir le Calavon, entre Apt et Bonnieux.
Si le temps vous le permet, rendez vous au sentier des Ocres de Roussillon ou au Colorado Provençal à Rustrel pour une balade dépaysante. Vous pourrez en profiter pour visiter les villages aux alentours comme Saint Saturnin les Apt ou bien le village de Gargas.