Après avoir été nommé de façon très différentes durant les siècles, le nom actuel de Jaujac est celui d'une famille noble qui s'est installée au XIIe siècle au château du Chastelats, aujourd'hui en ruine. Le château au XIIIe siècle appartenait aux seigneurs de Chastellas, au XVe siècle, aux Roches en Reignier, puis les Levis, au XVIe siècle aux Balazuc et les de Castrevieille et au XVIIIe siècle aux Antraigues. Le château fut détruit au XVIe siècle. Immédiatement au nord du village de Jaujac, au-delà du Lignon, les vestiges du castrum de Jaujac dominent sur un éperon rocheux un méandre de ce ruisseau. Du château du Chastelats ne subsistent que les ruines d’une tour de plan carré construite en gneiss. Seul un angle de cette tour est conservé ; à l’intérieur un bandeau de maçonnerie marque la séparation entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Il s’agit, selon toute vraisemblance, des vestiges d’un donjon des XIIe ou XIIIe siècles. Sur les pentes que domine ce donjon, au sud et à l’est, un hameau perpétue le souvenir du bourg castral médiéval de Jaujac. Le castrum de Jaujac possédait une chapelle dédiée à Saint-Michel mais les habitants du castrum relevaient de l’église paroissiale Saint-Bonnet située au village actuel de Jaujac et sans doute fondée durant le haut Moyen Âge.
Le château du Bruget
Le Châteaux du Bruget n'a pas été le théatre d'événements historiques notables, de crimes ou de faits héroïques. On trouve une famille Bruget ou Bruzet à Jaujac dès 1378. Jean de Monteil, damoiseau de la paroisse de Saint-Cirgues de Jaujac, vint habiter le Bruget après son mariage avec Alix de Bruget (Alaysata de Brugeto). De nombreux propriétaires se suivront. Le château actuel aurait été construit par la famille de La Tour de Beins, sur les restes plus anciens, elle a fini d’être construite à la fin du XVIe siécle. Puis il passa à la famille de Launay. Emmanuel de Launay, le fameux comte d'Antraigues, le vendit en 1780, à un avocat de Jaujac, Aimé Monteil. Ce château fût vendu comme bien national à la révolution et transformé en ferme. Sauvé de la ruine dans les années trente, il est acquis en 1947 par le juge Georges Balaÿ et ses deux sœurs : Edmée Baboin et Suzanne Chevalier. Le château du Bruget appartient à la même famille depuis deux générations. Le Châteaux du Bruget est une maison entretenue par des familles éprises de vieilles pierres qui s’efforcent de le sauvegarder pour leur plaisir et le votre.
Sur la rive gauche du Lignon, un peu en amont de Jaujac, sur une position dominante à flanc de montagne au-dessus de la vallée est perché le château de Bruget ou Bruzet. Le château commandait les routes de Prades, Nieigles, Largentière et Langogne, il jouit d’une vue splendide sur la vallée du Lignon. Le château est construit d'un seul trait, sur les restes d'une ancienne tour féodale qui devait servir de relai visuel au château du Chastelas qui domine Jaujac sur la rive gauche. Son plan de masse est identique à celui du château de Hautségur, situé dans la commune voisine de Meyras : un rectangle, flanqué de deux tours au nord et, au sud, d’une tour ronde engagée dans la façad, comportant l'escalier à vis. Elle est engagée dans la façade sud et donne accès sur chaque étage, à deux appartements séparés par un mur de refend. Cette tour serait peut-être plus ancienne que la façade sud et daterait du XIVe siècle, comme la façade ouest et la tour d’angle nord-ouest. La façade sud orientée vers la vallée est percée de plusieurs fenêtres rectangulaires et de meurtrières.
Une pierre gravée d’armoiries a été trouvée en 1985 au-dessus de la porte d’entrée. Les armoiries sont entourées des marques des maçons sur les petits carreaux entourant le bas relief. Cette pierre a été conservée retournée contre le mur , échappant ainsi à la vue et à la vindicte des casseurs. Un chérubin porte à droite une torche de l'hymen tournée vers le bas, peut-être un signe de veuvage, et à gauche une corne d'abondance, peut être un signe de remariage. On reconnait , à droite les armes de la famille de La Tour de Beins.
À l’intérieur du château de Bruget, vous pouvez surtout admirer de belles cheminées, en particulier celle de la grande salle du premier étage, avec son entablement mouluré soutenu par de fines colonnes à chapiteaux décorés. Cette cheminée a été remontée au cours des restaurations récentes et les dalles de pierre ont été récupérées à la suite de la réfection d’une chapelle d’Aubenas. Cinq cheminées monumentales ornent les appartements. Le château devait nourrir son monde : il fallait donc les grandes cheminées mais aussi de l'eau pour les hommes et les bêtes.Une bonne source captée dans la montagne y pourvoyait, complétée , pour l'irrigation des prés et des vergers par un système de béhaliéres maintenant disparu.
L’escalier à vis aux magnifiques dalles de pierre se termine par une voûte en ombelle dite sarrasine. De là, une petite porte mène dans le grenier où la charpente d’origine est remarquable. De nombreux signes maçonniques sont dispersés dans l'édifice, les maçons ont signé leurs œuvres de signes entrelacés. L'énigme du Bruget réside dans l'interprétation de son blason et surtout des symboles de campagnonage fixés un peu partout dans les pierres : serpents entrelacés, étoile à cinq pointes, chaîne, double V ; certains concluent que le château a été construit par un Grand Initié à la Franc-maçonnerie.
Des places de parkings sont mises gracieusement à disposition, si le temps le permet vous pouvez monter à pied à partir de chemins balisés du village de Jaujac.
Le château de Castrevieille
Situé à l'entrée du village, le château de Castrevieille est un grand corps de bâtiment flanqué de tours et entouré d'un vaste clos. Le site fut d'abord connu comme possession des Castrevieille, co-seigneurs de Naves. D’après le vicomte de Montravel, les Castrevieille, coseigneurs de Naves, sont venus, on ne sait en quelles circonstances, mais très anciennement, au château de Castrevieille. Le plus ancien connu est Pierre, vivant en 1303. Quelques siècles plus tard, il passe par héritage à Emmanuel de Launay, comte d'Antraigues. Comme il avait émigré, ses domaines furent vendus comme biens nationaux. Le château et le domaine de Castrevieille furent donc adjugés en avril 1797, par l’intermédiaire d’un prête-nom, à la comtesse de Viennois, soeur de l’émigré. Plusieurs propriétaires se succèdent ensuite.
Il devint ensuite la propriété de l'abbé Monteil, puis de Madame Hély, sa parente. Il fut enfin acquis par la commune de Jaujac le 26 septembre 1880, afin d'en faire une école publique. Quelques années plus tard en 1890, les communs furent rasés pour construire à la même place l'école des garçons et ensuite l'école des filles dans la cour nord du château, les personnels enseignants étant logés au château. À partir de 1960, l'école des filles fut surélevée et des logements aménagés pour les enseignants au rez-dechaussée. Plus récemment, la commune de Jaujac a entrepris des travaux de restauration pour aménager des gîtes. Aujourd'hui, le château abrite la salle des fêtes, le club des jeunes, ainsi que plusieurs gîtes ruraux. Avec son pittoresque escalier de pierres, il représente un bon exemple d'investissements d'un bâtiment féodal.
Caractéristique des bastides du Sud de la France, le château de Castrevieille est un bâtiment de dimensions imposantes, un quadrilatère de 32 mètres sur 15. Sur le côté ouest, il est flanqué de deux tours rondes de facture différente, celle du nord-ouest est en assez bel appareil, alors que celle du sud-ouest est bâtie en pierres de rivière jusqu’aux deux tiers, puis en pierres volcaniques noires. À l’est, la tour carrée est de structure militaire du XIVe siècle. La façade sud est celle qui présente la plus belle ordonnance. Au rez-de-chaussée, au milieu du bâtiment, une entrée classique donne accès aux étages par un escalier monumental Henri IV à arcades et balustres, construit en pierres de grès au début du XVIIe siècle ; sur la droite en entrant, une salle voûtée montre une grande et très belle cheminée.
Le château de Rochemure
La Maison du Parc est installée dans le château de Rochemure, ancienne ferme édifiée au XVIIIe siecle et fortement remaniée au XIXe par le Comte de Rochemure. Cette transformation architecturale permit de réunir sur un même lieu un espace de travail agricole et un lieu de résidence confortable. Le manque d’entretien du bâtiment à partir du milieu du XXème siècle avait conduit à une forte dégradation du bâtiment lorsque la commune de Jaujac puis le Parc des Monts d’Ardèche devinrent propriétaires du bâtiment. Il est d'un esprit très romantique avec ses encorbellements aériens.