Venant d’Aubenas pour aller à Jaujac, il faut prendre la grande route du Puy qui suit la vallée de l’Ardèche, puis l’abandonner après quelques kilomètres, à l’entrée de Lalevade et suivre la route qui borde la vallée du Salyndre. Sur la gauche, dans la direction de Prades, on remarque un chevalement, vestige de l’exploitation du bassin houiller qui s’étendait sous les communes de Prades, Saint-Cirgues-de-Prades, Nieigles, Jaujac et allait même jusqu’à La Souche où l’on voit encore des affleurements de charbon sur les bas-côtés de la route qui remonte la vallée du Lignon et conduit à la Croix de Bauzon. L'altitude du territoire communal varie de 332 à 1 207 mètres, entre la vallée du Lignon et les serres du Tanargue et de la Croix de Bauzon. La localité de Jaujac comprend le col de la Croix de Millet, situé à 776 mètres d'altitude.
Les sept derniers kilomètres en suivant le long d'une vallée calme et très attractive entre des anciens sommets volcaniques, traverse un environnement boisé de chataigners et de pins où coule le Lignon, rivière dont les eaux claires glissent au pied de coulées basaltiques parmi les plus belles d'Europe. Les hameaux autour du village de Jaujac sont nombreux, plus de 30, et portent des noms enchanteurs : Senentilles, les Amareyres, le Monteil, la Vigne, Fougeyrolles, Vallat de Pereyres...Ces grappes de maisons enchevêtrées et les faysses à l'assaut des pentes sont les restes d'une agriculture particulière et, depuis toujours, respectueuse de la nature. Les châtaigneraies, les vergers luttent vaillamment contre le maquis de chênes verts et de genêts ou la pinède.
Le bourg principal de Jaujac est bâti sur les pentes d'un ancien volcan éteint depuis plus de 12000 à 16000 ans environ couvert d'une châtaigneraie. Les chaussées basaltiques issues de ce volcan sur six kilomètres sont parmi les plus imposantes d'Europe et forment une chaussée des géants. Après avoir été nommé de façon très différentes durant les siècles, le nom actuel de Jaujac est celui d'une famille noble qui s'est installée au XIIe siècle au château du Chastelats, aujourd'hui en ruine. Dirigez-vous vers l'office de Tourisme Sources & Volcans afin de récolter un maximum d'information pour votre visite de ce village de caractère. Le village de Jaujac, en forme d'étoile, avec ses ruelles et ses maisons anciennes, s'articule autour d'une place centrale bordée d'arbres et ornée d'une fontaine "à eau jaillissante". La place dénommée le "Champs-de-Mars" est un lieu de marché, de rencontre, de fêtes et d'animations... Jaujac a été profondément transformé au dix-neuvième siècle alors que les habitants fournissaient le bois aux scieries et usines de tanin de Lalevade. De très nombreuses maisons anciennes ont été malheureusement détruites à cette époque.
Prendre la direction du château de Rochemure, siège du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche (PNR). Cet ancienne ferme édifiée au XVIIIe siecle et fortement remaniée au XIXe par le Comte de Rochemure est bâti sur la coulée basaltique de l’ancien volcan et domine le village au-dessus de Castrevielle. De sa terrasse, au milieu de la verdure du parc, on aperçoit les maisons du village et les montagnes du Tanargue au delà du Lignon. Au loin, on aperçoit les rochers de Ladenne et de Courcousat, à droite on devine le volcan du Souilhol qui surplombe la station thermale de Neyrac. Près de la Coupe de Jaujac, dans le Domaine de Rochemure,se trouve la mare aux libellules.
Poursuivre vers l'église Saint-Bonnet, la première église de Jaujac dédiée à saint Sauveur fut acquise en 1255 par le chapitre de Viviers à l’évêque de Viviers. En 1275, elle se mettait sous la protection de saint Bonnet. Le plus ancien curé connu est messire Bonnet du Pré, témoin au mariage de Pons de Castrevieille le 8 février 1449. Pendant les guerres de Religion, elle fut détruite par les huguenots et rebâtie deux fois. L’église actuelle a été construite de 1848 à 1852, alors que la population de Jaujac s’élevait à 2 800 habitants, ce qui explique ses dimensions imposantes, cinquante-deux mètres de long sur vingt-quatre mètres de large. L’architecte avait conçu un édifice de style néoclassique caractérisé par une nef voûtée, deux collatéraux, un transept.
On pénètre dans l’église Saint-Bonnet par un narthex sur lequel repose une tribune. La nef comporte quatre travées et est caractérisée par des arcs doubleaux en anse de panier. Les collatéraux sont surmontés de voûtes d’arêtes. Le chœur est légèrement surélevé. Les vitraux représentent la naissance de Marie, sa présentation au temple, son mariage avec Joseph et l’Annonciation. Dans le décor du choeur on remarque les trois vertus, la foi, l’espérance et la charité. Au sommet de la voûte, une imitation du célèbre tableau de l’Assomption de la Vierge de Murillo. Enfin, l’église possède un orgue de 23 jeux. Le clocher est une grande tour carrée fort large, avec deux cloches l’une de sept, l’autre de vingt quintaux.
A proximité se trouve le château de Castrevieille, c’est un bâtiment de dimensions imposantes, un quadrilatère de 32 mètres sur 15. Sur le côté ouest, il est flanqué de deux tours circulaires, de facture différente, celle du nord-ouest est en assez bel appareil, alors que celle du sud-ouest est bâtie en pierres de rivière jusqu’aux deux tiers, puis en pierres volcaniques noires. À l’est, la tour carrée est de structure militaire du XIVe siècle. La façade sud est celle qui présente la plus belle ordonnance. Au rez-de-chaussée, l'entrée donne accès aux étages par un escalier monumental à arcades et balustres, élevé en pierres de grès au XVIIe siècle; sur la droite, une salle voûtée montre une très belle cheminée. Le plus ancien de la famille Castrevieille connu est Pierre, vivant en 1303. Après sept générations le château échut par héritage à Emmanuel de Launay, comte d’Antraigues. Comme il avait émigré, le château fut vendu comme bien national. Le domaine fut donc adjugé en avril 1797, par l’intermédiaire d’un prête-nom, à la comtesse de Viennois, soeur de l’émigré. Le château de Castrevieille devint la propriété de l’abbé Monteil, puis de Madame Hély, sa parente. Il fut acheté par la municipalité en 1880, qui y installa l'école dans les dépendances, et logea les maîtres dans le château. Puis il abrita pendant quelques temps, la colonie de vacances de Bobigny. Aujourd'hui, le château abrite la salle des fêtes, le club des jeunes, ainsi que plusieurs gîtes ruraux. Avec son pittoresque escalier de pierres, il représente un bon exemple d'investissements d'un bâtiment féodal.
A présent dirigez-vous vers le quartier médiéval du Chastelas, mémoire historique de Jaujac. Ce vieux quartier s'étage sur la colline au dessus de la rive gauche du Lignon : rues tortueuses, vielles maisons restaurées, les vestiges de tour, le château fut rasé au XVIe siècle. Au XIIe siècle une famille un peu riche vint, s'installa et prit le nom du lieu : les "De Jaujac". Ils firent construire un donjon dont il ne reste q'un pan de mur au sommet du quartier du Chastelas. Le nom de Jaujac viendrait de l'habitude des Romains à donner aux lieux le nom de celui qui y bâti son domaine, ici un certain Gaudiacus. Au coeur du quartier du Chastelas après l'ascension d'une centaine de marches, donne accès à un magnifique point de vue sur le village et le volcan.
En partant de Jaujac prendre la route qui mène aux Blachis pour admirez le Pont de Ranc Grand situé entre le Rond Point Gustou et le Pont de Virelune. C’est un vieux pont sur le Rieuclar, le ruisseau qui franchit également le Pont Romain puis plonge dans une superbe marmite de géant avant de se jeter dans le Lignon. Uniquement utilisable à pied, éventuellement accompagné par des animaux de bâts, ce pont conduisait au hameau de Ranc Grand et au mas de Pignède. C’était par lui, avant que le pont de Virelune ne soit construit, que l’on rejoignait également les mas de La Vignasse, ancienne maison Tourvieille, du Rassis, du Chastagnier, de Clauzade, et pour finir de Chambelasse.
Village de caractère, Jaujac est aussi un site majeur du volcanisme ardéchois. Le village est installé sur une des coulées de lave du dernier volcan éteint du Vivarais, appelé la Coupe de Jaujac. Il faut donc absolument voir les coulées basaltiques du Lignon, parmi les plus belles coulées d'Europe qui ont adopté, en se refroidissant, une structure en forme de prisme. Ainsi ces beaux orgues de basalte bleu sont visibles le long de la vallée du Lignon entre Jaujac et Pont-de-Labeaume.
Vous pouvez reprendrevotre véhicules pour emprunter la route étroite et pittoresque qui, du pied du Chastelas, mène au château du Bruget. Le château occupe une position dominante à flanc de montagne au-dessus de la vallée. Son plan de masse est identique à celui du château de Hautségur, situé dans la commune voisine de Meyras : un rectangle, flanqué de deux tours au nord et, au sud, d’une tour ronde engagée dans la façade renfermant l’escalier. Cette tour serait peut-être plus ancienne que la façade sud et daterait du XIVe siècle, comme la façade ouest et la tour d’angle nord-ouest. La façade sud orientée vers la vallée est percée de plusieurs fenêtres rectangulaires et de meurtrières. Une pierre gravée d’armoiries a été trouvée au-dessus de la porte d’entrée ; il s’agirait des armes de la famille de La Tour de Beins. De nombreux signes maçonniques sont dispersés dans le bâtiment. Du château, on peut profiter d'une très belle vue sur la vallée du Lignon ainsi que sur le massif du Tanargue.
Les jeunes volcans sont une invitation à la découverte d'un patrimoine exceptionnel. En prenant la route en direction de Saint-Cirgues-de-Prades, il est possible d’observer le côté extérieur du volcan sur le site de l’ancienne carrière d’extraction de Laulagnet. Le flanc de la montagne donne à voir les différents produits émis lors des éruptions sous forme de strates : scories, lapilli rouge). La source du Peschier, présente au pied du volcan, désaltère le promeneur de son eau fraiche et riche en fer.