À 3 km au sud-ouest du bourg des Vans, le site de Naves domine sur un éperon rocheux le confluent des ruisseaux du Bourdaric et de la Malarce. Au abords de Naves, votre route offre des paysages qui présentent une grande variété géologique causée par la présence de la faille d’Orcières, également appelée faille de Brahic. Celle-ci, longue d’environ 6 kilomètres, est le prolongement de la faille Nord du mont Lozère. Elle met directement en contact la montagne cristalline et schisteuse avec des terrains sédimentaires du secondaire. Ce contexte donne à Naves et ses environs une importante richesse paysagère. On passe en effet en quelques kilomètres d’un paysage typiquement méditerranéen, aux paysages caractéristiques des Cévennes et du massif central.
Bien que les premières sources historiques sur Naves datent du XIIe siècle, des traces d’occupation protohistoriques sont attestées à l’ouest du village sur le plateau de Grizel. Au Moyen Age, le village était le siége d’un mandement, c’est-à-dire d’une circonscription seigneuriale où fonctionnait une cour de justice. Avant la Révolution, Naves faisait partie du Diocèse d'Uzés. Un acte de parèage vers 1273 entre le roi Philippe le Hardi et les seigneurs locaux fit de Naves un des premiers liens entre le pouvoir central et le Vivarais. Naves connaît son heure de gloire au XIXe siècle avec le développement de la sériciculture et de l’élevage du ver à soie. Les muriers blancs encore présents ainsi que les couradous en témoignent. L'activité de la sériciculture déclinant peu à peu, le fait tomber dans l’oubli.
Naves avait autrefois un rôle défensif, le village aurait possédé successivement 3 châteaux. Seul le troisième du XIIe siècle construit au sud-ouest, à l’écart du village résistât plus longtemps et on peut apercevoir de nombreuses traces de vestiges. Il était composé d’un anneau de maisons reliées par un mur d’enceinte, la plus grande était celle des seigneurs de Naves. Le village a été bâti sur une hauteur, et tout au long de son histoire, il a été malmené par des glissements de terrain. Aujourd'hui, le village, son église et ses vieilles ruelles ont fait l’objet d'importantes rénovations.
Les maisons ont été restaurées avec goût ; mur pignon, fenêtre à meneaux avec ou sans chanfrein. Les ruelles repavées, les fils électriques enterrés. Naves a réussi à conserver son âme médiévale, vous pouvez flâner à travers ses ruelles étroites et pavées faites de calades et de passages voûtés, de jardins en cascades, et découvrir une cheminée cévenole. C’est un plaisir de parcourir les petites ruelles pittoresques de ce village, cette dédale de petites ruelles bordée de belles maisons de pierre anciennes mènent jusqu’à une magnifique place ornée d’une grande croix.
Admirez le très beau vieux four communal où l’église Saint-Jacques-le-Majeur de Naves, l’une des plus anciennes du pays des Vans. Elle est l’expression de l’art roman primitif. Il est fait mention de l’église de Naves en 1096 dans un acte de cession de l’évêque d’Uzès à l’abbé de Saint-Ruf d’Avignon. Elle fut rétrocédée en 1201 par l’abbé de Saint-Ruf à un autre évêque d’Uzès. Les guerres de Religions n'épargnent pas l'église : en 1570, les protestants détruisent les voûtes et laissent l'édifice en ruine pendant près de 40 ans, avant sa restauration au début du XVIIe siècle. Détruite plusieurs fois, elle fut en partie reconstruite au XVIIe siècle avec son clocher en pierres de taille de grès. Elle comporte un riche mobilier dédié à Saint-Jacques le Majeur et son pèlerinage, un tableau et une statue du XIXe siècle de Saint-Jacques. De beaux vitraux modernes dédiés à saint Jacques le Majeur et son pèlerinage.
Construite sur une pente propice aux glissements de terrain, L'église Saint-Jacques-le-Majeur a été récemment restaurée alors qu'elle menaçait de s'effondrer. La reconstruction de l’église romane, grâce à l’association de sauvegarde créée pour la sauver, a vraiment symbolisé le renouveau du village. Si aujourd’hui elle n’a pratiquement plus d’ornementation, elle a bien fière allure avec son clocher en pierres de taille en grès. L'église Saint-Jacques-le-Majeur précède le décor vertigineux d’une nature accidentée, profitez d'une belle vue sur le vallon du Bourdaric et Les Vans.
Naves a bien du charme avec ses ruelles étroites et ses maisons resserrées qui rappellent un riche passé médiéval. Sur les trois châteaux qui y ont été bâtis, seul le dernier, qui avait la tour de mandement, est toujours debout, les deux autres ont été ruinés par les mouvements du sol. De ce château primitif subsistent principalement les ruines d’un petit donjon quadrangulaire, sans doute du XIIe siècle, déjà ruiné au XVIIe siècle, ainsi qu’une citerne et quelques pans de mur. Propriété privée, visite des extérieurs uniquement.
Naves est le point de départ vers de nombreuses excursions dans le Vivarais cévenol et la vallée du Chassezac. Les plus spectaculaires balades mènent au village de Thines (15km au nord par la D901, la D13 et la D513), perché au-dessus d'un torrentet qui possède une église construite en grès de couleurs différentes, à celui de St Jean de Pourcharesse (18km au nord par la D10) d'où la vue sur les "becs" de la Banelle et le Guidon du Bouquet est saisissante. On peut aussi, par la D113, remonter la vallée de la Borne, très encaissée, jusqu'aux Beaumes.
Non loin du village des Vans, le Hameau de Chassagnes est surplombé par l’ermitage Saint-Eugène bâti sur une falaise calcaire. L’ermitage, a fait l’objet d’une restauration en 195640 qui lui a permis de retrouver, après plus de deux siècles d’abandon, sa destination originelle. Le vieux hameau de Brahic est niché sur le flanc sud du serre de Barre avec ses maisons rustiques en pierre, le panorama surplombe toute la vallée. À découvrir absolument à quelques kilomètres des Vans, le Bois de Païolive, ce chaos calcaire s'étend sur un peu plus de 15 km carrés sur les deux rives du Chassezac.
Par un chemin vieux qui part des Vans, vous arriverez sous le village de Naves, chemin qui était emprunté au Moyen Âge par les muletiers. Vous découvrirez sur ce chemin le cirque de Naves. Au fil d’un itinéraire riche en points de vue et en panoramas surprenants, le géosentier des Cirques de Naves permet de découvrir des paysages superbes et préservés, entre les pentes des Cévennes et les garrigues méditerranéennes. Près des sources de la Bourdaric, les randonneurs découvriront la grotte de la Beaume Bâtie, qui fut au XVIIIe siècle un ancien refuge pour 9 prêtres réfractaires.