Dès l'âge néolithique, la présence d'un habitat est attesté, notamment grâce aux fouilles de Chanqueyras. Pour la petite histoire, Die doit son nom à une déesse, la cité était alors la capitale des Voconces et portait le nom de Dea "déesse" Antarta. Une fois conquise par les romains, elle fut rebaptisée Dea Augusta Vocontioriom au IIIe siècle. Puis seul le nom de Dea subsista qui se transforma en Dia, puis devint...Die. Dea Augusta Vocontiorum compte alors de nombreux monuments et acquiert un statut de capitale romaine, remplaçant Luc-en-Diois dans cette fonction pour le peuple des Voconces. La présence des remparts romains de la fin du IIIe siècle témoigne de cette occupation.
Die devient le siège d'un évêché au IVe siècle. Les comtes-évêques, en lutte constante contre les comtes de Valentinois, dirigent le diocèse. Ce territoire recouvrait plus d'un tiers du département actuel. Au XVIIe siècle, une grande partie du Diois adhère à la Réforme et Die abrite une académie protestante. La révocation de l'Edit de Nantes va priver les protestants de leur liberté de culte ; face aux exactions, ils sont nombreux à fuir en Europe du nord.
Très appréciée des visiteurs de passage dans la vallée de la Drôme, aujourd'hui, la ville de Die est l'occasion d'admirer un riche patrimoine historique s'étalant sur plusieurs siècles. Perdez-vous dans le lacis des ruelles de sa vieille ville, plusieurs archétypes historiques se trouvent dans la cité. les Remparts gallo-romains, un grand mur de 2 km de long et 3.60 mètres de haut. Ensuite, il existe pareillement la Porte Saint-Marcel établie vers le IIIe siècle, la Cathédrale Notre-Dame, un monument à la fois religieux et emblématique... Sans oublier le Musée de Die et du Diois, musée archéologique consacré à la ville de Die.
Situé à l'orée du centre historique de la petite cité gallo-romaine, le Musée de Die et du Diois occupe aujourd’hui l’Hôtel de Florent, du nom du marquis qui en était propriétaire. Joseph Reynaud, ancien maire de Die et sénateur de la Drôme à l’origine du musée. Le musée a été créé en 1905 par Joseph Reynaud, pour recevoir des collections archéologiques provenant des fouilles d'Albert Gayet sur la nécropole copte d'Antinoë, en Égypte. Ces collections avaient été exposées à Paris, au Petit Palais, et ont été distribuées dans les musées régionaux, ainsi qu'à Die.
Très vite, des vestiges romains et médiévaux de l'antique cité de Die vont venir compléter les collections du musée naissant. Un trésor monétaire datant des guerres de religion y fait bientôt son entrée, découvert en 1883 route d’Ausson. Ce « trésor d’Ausson », datant des guerres de Religion, est d’abord présenté à l’école municipale. Dès 1924, Joseph Reynaud songe à léguer à la ville son hôtel particulier, pour installer ces objets de plus en plus imposants. Suite à sa mort et selon sa volonté, sa veuve lègue à la ville l’édifice, en vue d’y accueillir les collections du musée. L’établissement culturel, dans son nouvel écrin, est inauguré en 1949 par Maurice Vérillon, maire de Die de l’époque.
Cet hôtel particulier du XVIIIe siècle a gardé ses caractéristiques et ses atouts d’un logement urbain bourgeois. Situé entre rue et jardin, il se déploie en trois corps de bâtiment disposés en U et s’élève sur trois niveaux. L’escalier monumental d’honneur, auquel on accède par le vaste vestibule d’entrée et le passage couvert, affiche d’emblée le pouvoir des occupants. Le bureau du maitre des lieux, le salon, la salle à manger et la salle de réception s’ouvrent largement sur le jardin. Les espaces en retrait, tels que les espaces privés des chambres, la cuisine, les couloirs dérobés, l’escalier de service ou les écuries, reprennent la disposition typique de l’hôtel particulier. Ainsi, ses tomettes, ses parquets en bois massif et ses voûtes cintrées d’origine, de même que sa distribution des pièces inchangée, en font un bâtiment authentique, à l’architecture emblématique. Il constitue un intérêt à part entière du musée.
En 1967, la ville de Die opère une importante acquisition pour son musée : une collection archéologique patiemment rassemblée localement entre 1820 et 1930 par le docteur Jean-Denis Long et ses successeurs va doubler le volume des objets présentés au musée. Le Musée de Die et du Diois s'agrandit à nouveau sous la direction de son conservateur, Henri Desaye. Celui-ci va arpenter le Diois, infatigable, pour étudier et si possible, faire entrer au musée les vestiges archéologiques permettant de retracer l'histoire de Die, de Luc-en-Diois : l'autre capitale romaine des Voconces et de l'ensemble de ce territoire alpin de la Drôme. En 1992, une découverte fortuite oblige à augmenter encore les présentations du musée : il s'agit d'un menhir néolithique exceptionnel tant par sa taille (4 m) que par les gravures qu'il porte, le mettant directement en relation avec les grands menhirs de Bretagne ou d'Île-de-France. Avec ce menhir, la préhistoire fait en 1996 une entrée remarquée au musée.
La visite du Musée de Die et du Diois, labellisé Musée de France, est un véritable voyage dans le temps, avec des collections présentées sur 8 espaces. Vous serez accueilli par la pièce maîtresse du musée pour cette période : une statue-menhir monumentale néolithique, exceptionnelle par ses gravures, unique dans tout le quart sud-est de la France par sa taille avec ses 4m de haut et sa datation. Puis, vous plongerez dans cet univers préhistorique grâce aux reconstitutions de la grotte néolithique des Trous Arnaud et d’une habitation du village des Gandus datant de l’âge de bronze.
Dans une enfilade de salles, de petits objets, lampes à huile, vaisselles, urnes et vases funéraires, fibules et statuettes rappellent que les Romains ont conquis le territoire voconces au IIe siècle avant J.-C. Ils s’y sont installés et ensemble, ils ont partagé leur mode de vie. Après une pause dans le jardin archéologique, vous déambulerez à travers le temps, dans les salles lapidaires romaines, médiévales et modernes. Issues du rempart romain ou du vandalisme des guerres de Religion, ces pierres étaient vouées à l’oubli. Entre autels tauroboliques dédiés à la déesse Cybèle, mosaïques, colonnes et chapiteaux, stèles funéraires, et bien d’autres monuments encore, vous prendrez toute la mesure de cette collection qui fait la renommée du musée.
Dans le cabinet des curiosités, le Musée de Die et du Diois sort du champ archéologique pour aller vers le champ ethnologique et patrimonial. L’agriculture, notamment la culture de la vigne avec la Clairette, la sériciculture (élevage du ver à soie) et la bourrellerie (travail du cuir), en tant qu’activités marquantes du Diois aux XIXe et XXe siècles, ont intégré le musée par l’intermédiaire de machines ou de photographies. Autour des outils, c’est tout un passé qui se transmet entre générations.
La ville projette de déplacer le musée dans l’ancien palais épiscopal de Die, où se trouve la mosaïque des quatre fleuves, ce qui agrandirait considérablement sa superficie et ajouterait de nombreux objets aux collections actuelles.