Moyen Âge et féodalité
Au fil des siècles, le village devint le témoin privilégié des grandes dynamiques politiques, tantôt fortifié, tantôt centre économique lors du Moyen Âge. Propriété des comtes de Flandre, la ville de Cassel se développe au Moyen Âge, notamment avec la construction d'un premier château dans le courant du Xe siècle. Maintes fois conquise, incendiée ou détruite, elle fut le théâtre de nombreuses batailles au fil des siècles, notamment entre Flamands et Français.
Le castellum médiéval
En 880, les Vikings détruisent Cassel, Esquelbecq, Bergues... Au IXᵉ siècle déjà, on parle de “Castellum”. Les premiers comtes de Flandre, Baudouin 1 er et Baudouin II règnent à partir du IXe siècle et fondent véritablement la puissance flamande. Pour lutter contre les invasions venues de la mer du Nord ils font fortifier toutes les villes et les villages de la côte, et à Cassel les murs d'enceinte de la ville sont remaniés, la population s'est accrue, la ville s'étend. Le château est une création des comtes de Flandres qui en firent le centre d'une châtellenie.
Au Xe siècle, Baudouin III de Flandre institue la première foire. La motte castrale en bois est remplacée au XIIe siècle par une forteresse de pierre. Par la suite, le secteur de Cassel sera le théâtre de nombreuses batailles, Cassel est régulièrement disputée entre Flandre, France et Autriche :
En 1071 : bataille de Cassel, victoire de Robert Ier de Flandre dit Robert le Frison, comte de Flandre, sur son frère. Robert le Frison est le fils de Baudouin V, et c'est son frère aîné, Baudouin VI qui hérite du comté de Flandre. Mais Baudouin VI meurt et c'est son jeune fils, Arnould, qui devient comte de Flandre à son tour. Robert est le tuteur de Arnould, Mais la mère d'Arnould, Richilde, veut gouverner la Flandre pour son fils. Seulement Richilde vexe continuellement les Flamands par des exactions et des impôts exorbitants ; ceux-ci appellent alors à leur secours Robert, fils de leur ancien comte qu'ils aimaient tant. Richilde fait appel au roi de France, Philippe 1er. Les armées se rencontrent au pied du Mont Cassel le 20 février 1071, et Robert le Frison, victorieux, devient le dixième comte de Flandre, puis fonde la collégiale Saint-Pierre sur l'actuelle terrasse du château.
Victoire de Philippe VI de Valois sur les communes flamandes en 1328.
Une deuxième bataille a lieu au pied du Mont Cassel, vingt-six ans après la bataille de Courtrai, dite des éperons d'or, elle est dans la continuité de celle-ci, les Flamands se sentant floués par le traité avec la France, qui lui enlevait les villes de Lille, Douai et Béthune décident de se soulever, avec Nicolas Zannequin à leur tête. Le comte de Flandre, affolé, demande l'aide du roi de France, Philippe de Valois. Celui-ci arrive près de Cassel avec 50 000 hommes, les Flamands, au nombre de 15 000, sont sévèrement battus, puis la ville de Cassel est mise à feu et à sang, les habitants sont assassinés, les survivants pendus. Cassel est pillée, incendiée et comme toutes les villes flamandes révoltées soumise à de fortes amendes.
En 1667, Louis XIV réclame tous les Pays-Bas espagnols, plusieurs raisons à cela : la frontière passe dangereusement près de Paris, et il veut briser l'hégémonie du commerce Hollandais. Il prend Douai en juillet, Lille en août, puis en 1677, C'est le frère de Louis XIV, Philippe d'Orléans, qui arrive à Saint-Omer. Guillaume d'Orange (futur roi d'Angleterre) qui est le stadhouder ou gouverneur des Pays-Bas, accourt et campe à Sainte Marie Cappel. Le 10 avril, les deux armées sont en présence de chaque côté de la rivière Peene (Peene becque), entre Noordpeene et Zuytpeene. Les Français réussissent à encercler les Hollandais, et le 11 avril la bataille est terminée, les châtellenies de Cassel, Bailleul et Ypres deviennent possessions françaises, ainsi que Saint-Orner.
Cette victoire mène à la paix de Nimègue en 1678, et Cassel devient donc définitivement française. Un monument souvenir de cette bataille fut érigé au dix-neuvième siècle, entre les communes de Noordpeene et Zuytpeene, monument qui fit polémique puisque c'était une victoire française et une défaite flamand.
Mais en dehors de ces batailles, Cassel fut plusieurs fois attaquée, conquise, ruinée et/ou incendiée : saccage, incendie et massacres par les soldats de Philippe-Auguste en 1213, par ceux de Philippe le Bel en 1297, par ceux de Louis XI enfin en 1477. Comme toute la Flandre, Cassel se situe au cœur de l'affrontement entre la France de Louis XIII et Louis XIV et l'Espagne pour la main mise sur cette riche région.
Charles Quint devient comte de Flandre à l'age de 15 ans, il obtient, par le traité de Madrid en 1526, que François 1er renonce à toute suzeraineté sur l'Artois et la Flandre, incorporés aux XVII Provinces qui composent alors le « Cercle de Bourgogne ». En 1523 il impose, comme en Espagne, une inquisition interdisant possession, diffusion et lecture de livres interdits. Il abdique en 1555, fatigué de ses voyages incessants pour diriger son empire, et c'est son fils, Philippe II d'Espagne, qui lui succède.
Mais Philippe II, contrairement à son père, est né en Espagne et n'éprouve pas de sentiment pour les Pays-Bas, il augmente encore la pression exercée sur la population, il suffit d'être soupçonné de ne pas être catholique pratiquant pour être cruellement exécuté. Mais plus la répression est forte, plus les conversions à la religion réformée sont nombreuses et c'est ainsi une escalade de violence qui aboutit à un climat de terreur où les saccages des édifices religieux répondent aux exécutions publiques. En juin 1583, l'église de Cassel est ravagée, de profondes inscriptions gravées les flamand sur les poutres du chœur central lors de la reconstruction rappellent ces évènements.
A notre époque, les fortifications entourant la terrasse du château sont encore existantes ainsi que la collégiale Saint-Pierre, et le château, dont la tour grise du comte qui, disait-on, servait de repère aux vaisseaux dans la rade de Dunkerque, on l'éclairait la nuit. Le moulin est à peu près toujours au même endroit aujourd'hui.
Après avoir souvent changé de mains aux XVIe et XVIIe siècles, Cassel devient définitivement française par les traités de Nimègue de 1678. Au XVIIᵉ siècle, Colbert confie à Vauban la modernisation de la citadelle : fossés réaménagés, portes fortifiées.
Au cours de cette période, plusieurs établissements religieux se sont établis à Cassel : on a pu ainsi y trouver un ancien collège de jésuites, dont les locaux ont été occupés par les Récollets de Cassel, lorsque les jésuites ont été expulsés de France en 1764. La chapelle de l'ancien collège des jésuites a survécu. À la suite de la Révolution française, le bâtiment est vendu au général Vandamme, général d’empire natif de la ville, pour devenir un lieu de stockage du fourrage pour les animaux. La ville en est actuellement propriétaire. La façade est classée au titre des monuments historiques.
En août-septembre 1792, Cassel sert de quartier général à l'armée du Nord durant les opérations qui conduisent à la bataille de Hondschoote. S'y trouvent le grand Carnot et le général Houchard. En 1802-1803, pour les transports, Cassel bénéficie d'être située sur le parcours de la diligence reliant quotidiennement Dunkerque à Lille, et retour.
L'année 1803, rappel de la splendeur passée de Cassel, se tient encore dans la ville une grande foire annuelle pour toutes marchandises avec foire à bestiaux le 1er jour; cette année là, elle a eu lieu du 11 au 19 vendémiaire (début du mois d'octobre). S'ajoutent à cela deux francs marchés (marché où les ventes sont dispensées de taxes) aux bestiaux en nivôse (janvier), pluviôse (février), ventôse (mars), germinal (avril), et un en brumaire (novembre), frimaire (décembre), prairial (juin) et thermidor (juillet-août). Enfin se tient chaque décade (période de dix jours du calendrier républicain) un marché pour grains, petits animaux et légumes. À cette époque, Cassel est toujours une place fortifiée.
En 1808, on trouve à Cassel un dépôt de sûreté, où on enferme les petits délinquants avant leur transfert en maison d'arrêt à Dunkerque, ou à Hazebrouck.
La ville est desservie par le Chemin de fer (ligne Lille - Dunkerque) en 1848. Toutefois, le bourg étant éloigné de la gare de Cassel, le tramway de Cassel est mis en service en 1900. Son exploitation cessera en 1922. Entre 1900 et 1934, un tramway a circulé à Cassel pour relier la gare à la ville.
Première Guerre mondiale : Guerre de 1914-1918
La première guerre mondiale marqua un retour de la ville comme poste de défense. Durant la guerre de 1914-1918, Cassel était toute proche du front. Le maréchal Foch y installa son quartier général entre 1914 et 1915 pour coordonner les opérations dans le nord. C'est aussi un quartier général de l'armée Britannique depuis lequel la branche nord du front de l'ouest est dirigée. En septembre 1917, une escadrille d'avions anglais est stationnée à Cassel : le 10 septembre l'un d'entre eux se pose à Bissezeele, est démonté puis acheminé vers Cassel.
Entre les deux guerres mondiales, on construit au nord du mont Cassel neuf casemates destinées à être intégrées au dispositif français de défense contre une éventuelle invasion par l'Allemagne : voir le secteur fortifié des Flandres, partie intégrante de la ligne Maginot.
Seconde Guerre mondiale
La Seconde Guerre mondiale a presque entièrement détruit Cassel, qui retrouva un visage humain en développant le tourisme, notamment grâce à sa position, à ses vieilles pierres, au moulin et au panorama impressionnant dans ce plat pays. En mai 1940, Cassel renoue avec la guerre et cette fois de façon beaucoup plus sanglante car la ville sera pendant l'opération « Dynamo », au coeur d'une course terrible. Une réunion a lieu au « Casino », à la terrasse du château où étaient présents les généraux Fagalde, Blanchard, et Koeltz, qui représentait Weygand. C'est lors de ce débat qu'est décidé comment il faut organiser le retrait des troupes britanniques vers Dunkerque.
Les légionnaires Anglais basés à Cassel avait ordre de tenir les lieux trois jours afin que leurs compatriotes puissent rejoindre Dunkerque et embarquer. Ils ont tenu huit jours pendant lesquels Cassel est bombardée nuit et jour par l'aviation allemande. 245 maisons sont détruites entièrement, dont l'hôtel de ville, et 455 partiellement endommagées, même le cimetière est bombardé. Après la guerre, les pompiers de Cassel reçurent une fourragère pour leur comportement.
Epoque moderne
Coupée de son rôle militaire, Cassel se tourne vers l’agriculture, puis le tourisme dès la fin du XIXᵉ siècle, avec l’arrivée du chemin de fer à Hazebrouck. Les héritages de ces périodes se ressentent encore aujourd’hui, tant dans l’urbanisme que dans les traditions locales.
Aujourd’hui, visiter Cassel vous permettra de découvrir une charmante cité paisible, qui s’élève dans le paysage des Flandres françaises. Son centre ville permet de faire des petites balades à la découverte de ses vestiges du passé. De plus, le village offre un beau cadre pour de nombreuses activités en pleine nature. Cassel est connue pour son importante activité touristique autant sur son patrimoine architectural, historique que culturel.
Cassel, sommet historique de la Flandre, marie subtilement vestiges médiévaux, traditions flamandes et paysages à couper le souffle. Que l’on vienne pour comprendre son passé stratégique ou profiter de ses panoramas inédits, la « perle montante » du Nord ne manque jamais de charmer ses visiteurs. Planifiez votre escapade, chaussez vos souliers de randonnée et laissez-vous surprendre par l’âme authentique de ce village perché ! Alors, prêt pour un voyage dans le temps au cœur de l’un des plus beaux villages du Nord ?