Le comte Genés, gouverneur de la ville de Volvic lui abandonna d’immenses richesses pour la fondation de monastères et d’asiles pour hommes et femmes à Chamalières, ainsi que pour la fondation d’hospices pour les pauvres à Royat où les malades trouvèrent des soins, des médecins et de la nourriture. Saint Priest fonda de nombreux monastères surtout pour les femmes, comme le couvent de bénédictines à Marsat. Il avait dans l’abbaye de Mozac un cousin germain appelé Godon, seigneur du château situé à Bessat, au dessus de Volvic. Godon fut aussi prieur de Volvic.
À la mort de Saint Priest en 674, son successeur Avil II décide de construire un oratoire autour de son tombeau. De nombreux miracles attirent les pèlerins à Volvic, un monastère de 20 à 30 moines bénédictins richement doté est construit près de l'église. L'importance du culte à Saint Priest permet le développement de la cité, une enceinte de 5 hectares forme l'enclos monastique. Le transfert des reliques de Saint Austremoine d'Issoire à Volvic se fera en présence de Roalde, abbé du monastère de Volvic. Volvic devient un haut lieu de pèlerinage avec les reliques de Saint Austremoine.
En 755, le roi Pépin le Bref, de passage en Auvergne vint à Volvic, il s’agenouilla devant les reliques du Saint. Il fit ouvrir le tombeau et partagea les reliques entre plusieurs églises et monastères. Le bourg prend de l'importance grâce à l'existence des religieux et à l'installation de grandes maisons nobles : Les Aguins de Volvic en 1016, les Théodat de Volvic en 1080, Les Monlespon, les Culzac, les Bosredon ... Cette notoriété entraine la jalousie d'Issoire et de l'évêché de Clermont. En 1905, le monastère de Volvic devient prieuré de l'abbaye de Mozac, abbaye placée sous la mouvance de la grande abbatiale de Cluny en Bourgogne. Par ce rattachement à Mozac, on peut donc affirmer que le prieuré de Volvic est bien clunisien. Plusieurs moines et prieurs de Volvic deviendront abbés ou prieurs de l'abbaye de Mozac, une sorte de période probatoire pour ces religieux volvicois.
La première église Saint-Priest fut pillée au VIIIe siècle par les Sarrasins et les Normands. De cette période il ne reste que deux dalles carolingiennes scellées à l’intérieur de l’église. Aujourd’hui seul le chœur de l’église romane du XIIe siècle, avec ses trois chapelles rayonnantes, son déambulatoire important ont été préservés. À l'entrée du chœur, deux énormes têtes bouclées servent de culots aux colonnes engagées des piliers du transept. Le chapiteau de l'usurier se situe au sommet de l'une d'elles, celui de l'autre est à feuillage.
Sur le barlong on peut admirer une superbe statue de Saint-Priest en pierre de lave. Le pignon de la chapelle nord du déambulatoire est surmonté d’une antéfixe carrée avec des motifs de feuillages découpés selon les diagonales : cet ornement de grès qui annonce des antéfixes de l’époque romane pourrait être un autre vestige de l’église carolingienne dont le chevet du XIIe siècle est bien conservé. La nef et les bas-côtés ont été reconstruit en 1868, en style néo-roman, par l'architecte diocésain Aymon Mallay. La partie romane est en arkose, tandis que la façade et les autres parties du XIXe siècle sont en pierre de Volvic. Les chapiteaux romans sont en calcaire de Glénat Chaptuzat. A l'intérieur de l'église Saint-Priest la chapelle axiale abrite les reliques et le gisant de Saint-Priest, fermée par une grille du XIIème siècle. Un déambulatoire important est agrémenté de chapiteaux représentants des animaux fantastiques : aigles, centaure, minotaure, sirène ...
Le chapiteau dit de l'usurier : au sommet de l'une des colonnes engagées, sculpté sur 3 faces, ce chapiteau présente, sur la corbeille centrale, le dit usurier maintenu genoux à terre par un homme en bliaud, occupant l'arête droite. Il dispute un lièvre au personnage placé sur l'arête gauche. Une corde entoure le cou de ce dernier, elle longue le tailloir et elle est saisie par l'homme de droite. Côté nef apparaît une tête plate très barbare, dont la signification est obscure. Au-dessous on peut distinguer un trône vide. Le chapiteau du donateur : une inscription "Incipit donalia sanct Pre(je)cti que fecit Guillemes de Bez pro anima sua et conj(jugis" : Ici commence la liste, des dons faits à Saint Priest par Guillaume de Bezac pour le salut de son âme et de celle de son épouse.
Le chapiteau des vertus : sur un fond de godrons (cannelures en relief) se détachent quatre personnages : Temperentia (la tempérance) un jeune chevalier, tête nue, est vêtu d'un haubert. il porte une lance dans la main droite et pose la main gauche sur un bouclier. Fortutido (la force), ce personnage âgé tient en main le livre de la sagesse, la tranche dirigée vers le haut. Umilitas ( l'humilité, un homme jeune avec son épée levée et son poignard s'inspire du combat armé des vertus contre les vices. Justicia (la justice), reconnaissable à sa balance.
Le chapiteau des Évangélistes, le thème des anges est fréquemment utilisé dans l'art roman auvergnat, mais celui des quatre anges évangélistes est unique en France. Leurs noms figurent sur les phylactères (banderoles) qu'ils tiennent en main : Mateus, Marcus, Iohannes et Lucas. Les chapiteaux à feuillage du chœur : ils reproduisent les corbeilles corinthiennes. Ils sont ornés de feuilles d'acanthe, de pommes de pin, d'entrelacs, de fleurs épanouies. des têtes surgissent parfois de ce décor : personnage âgé et barbu, fin visage voilé. Les chapiteaux du déambulatoire dans la galerie sud, on trouve successivement : des sirènes relevant leurs nageoires terminées par des rinceaux d'acanthe, des têtes ressemblant à des masques, des porteurs de brebis, des échassiers adossés ou affrontés, deux centaures. Dans la galerie nord, on peut voir des griffons, des aigles, des décors végétaux.
Une vitrine située a droite au fond de l'église Saint-Priest abrite une épée en fer de l’époque Carolingienne. Calices, ciboires, patènes et reliques sont exposés dans cette vitrine. Une dalle carolingienne en arkose à brins est très certainement un fragment d'un autel. Sur le bas côté nord est exposé un sarcophage en pierre de Volvic. Un temps liée à l'abbaye de Mozac, elle-même dépendance de l'ordre de Cluny, l'église est voisinée par une croix de mission en pierre de Volvic, récemment restaurée par le sculpteur Thierry Courtadon. Les moines de Cluny furent à l’origine de l’émergence de centaines de bourgs et de villes. Chacun d’entre eux est détenteur d’une parcelle de cet héritage culturel européen unique. Le réseau des sites clunisiens est un grand itinéraire culturel du Conseil de l’Europe, dont fait partie Volvic.