La route débute à Tonnerre, ville ancienne posée sur les rives de l’Armançon, dominée par son éperon rocheux et marquée par une longue tradition hospitalière.
Tonnerre, porte d’entrée d’un voyage dans le temps
Traversée par l’Armançon et le canal de Bourgogne, cette petite cité de caractère possède une élégance discrète qui séduit immédiatement les visiteurs. Derrière ses façades anciennes se cachent des siècles d’histoire et quelques trésors remarquables. Dès les premiers pas dans les rues de la ville, l’atmosphère bourguignonne s’impose. Les maisons anciennes côtoient les hôtels particuliers, les jardins s’ouvrent derrière les murs de pierre et les clochers dominent un paysage vallonné où la nature semble toujours proche.
L’un des joyaux incontournables de Tonnerre est l’Hôtel-Dieu Notre-Dame-des-Fontenilles. Fondé en 1293 par Marguerite de Bourgogne, il est considéré comme l’un des plus anciens établissements hospitaliers de Bourgogne. Sa gigantesque salle des malades impressionne encore aujourd’hui par ses dimensions monumentales et sa spectaculaire charpente en berceau. Longue de près de 90 mètres, elle figure parmi les plus vastes salles hospitalières médiévales d’Europe. La visite transporte immédiatement dans l’univers des soins et de la charité au Moyen Âge. Entre objets médicaux anciens, chapelles et salles historiques, l’émotion est palpable. Les jardins inspirés des anciens jardins de curé apportent quant à eux une touche de sérénité avant le départ vers les châteaux Renaissance.
Découvrez aussi les anciens jardins de curés de l'Hôtel-Dieu Notre-Dame-des-Fontenilles. Ils devaient fournir à un petit nombre de personnes de quoi se nourrir, se soigner et fleurir l'autel pendant plusieurs mois. Mais Tonnerre réserve encore d’autres surprises. La mystérieuse Fosse Dionne, source karstique aux eaux bleu profond, alimente depuis des siècles les légendes locales. Son bassin circulaire bordé de pierre semble surgir d’un conte médiéval. Certains plongeurs ont tenté d’en percer les secrets ; son origine demeure pourtant partiellement énigmatique.
Quittez Tonnerre par la D965 pour Tanlay (10 km) célèbre pour son château de style Renaissance. Quelques kilomètres plus loin apparaît l’une des merveilles du parcours : le château de Tanlay. L’arrivée est spectaculaire.
Tanlay, le rêve Renaissance entouré d’eau
Le Château de Tanlay situé près du canal de Bourgogne, l'élégant château Renaissance de Tanlay des XVIe et XVIIe siècles a appartenu à la famille de l'amiral de Coligny. Propriété de la famille du marquis de Tanlay depuis 1705 jusqu’à ce jour, celle-ci compléta la très riche décoration intérieure. Derrière ses douves parfaitement dessinées, le château déploie ses façades lumineuses dont la blancheur se reflète dans l’eau calme.
La salle en trompe-l’œil et la tour de la Ligue, avec ses fresques surprenantes, sont particulièrement intéressantes. Entouré d'un vaste parc verdoyant, le château aux façades de pierre blanche et aux toits d'ardoise a été bâti sur les lieux d'une ancienne forteresse. La tour de la Ligue, la tour de Coligny et le petit château faisant office de bâtiment d'entrée datent de la Renaissance française, le grand château, qui occupe les trois côtés d'un quadrilatère entouré de douves, ayant été achevé au milieu du XVIIe siècle.
L’histoire de Tanlay est également intimement liée aux guerres de Religion. Le château fut un lieu de rassemblement pour les chefs protestants, donnant à ses murs une dimension politique aussi importante qu’artistique. À l’intérieur, les salles richement décorées racontent l’histoire de familles puissantes et des grands bouleversements religieux du royaume. Les fresques, les trompe-l’œil et les plafonds peints témoignent du raffinement intellectuel de l’époque. À l’extérieur, la promenade dans le parc procure un véritable sentiment d’harmonie. Le chant des oiseaux accompagne le visiteur tandis que les arbres centenaires dessinent d’immenses voûtes végétales. Chaque détour offre une nouvelle perspective sur le château, comme si l’édifice avait été conçu pour être admiré sous tous les angles.
Tanlay est souvent considéré comme l’un des plus beaux exemples de la Renaissance en Bourgogne. Son architecture reflète parfaitement cette période où les influences italiennes rencontrent le savoir-faire français. Le château de Tanlay est un véritable manifeste de la Renaissance française en Bourgogne, il est une étape importante de la Route des duc de bourgogne.
Après cette visite poursuivez votre route vers L'Abbaye Notre Dame de Quincy via la D56 (14 km). Ancienne abbaye cistercienne fondée en 1133 par des moines venus de l'abbaye de Pontigny.
L’abbaye Notre-Dame de Quincy, la beauté du silence
La route poursuit son chemin à travers les paysages vallonnés du Tonnerrois jusqu’à l’abbaye Notre-Dame de Quincy. Fondée en 1133 par des moines cisterciens venus de Pontigny, l’abbaye apparaît au fond d’un vallon verdoyant, presque cachée du monde. Ici, tout semble inviter au recueillement. Les bâtiments conservés témoignent de la sobriété de l’art cistercien. Pas de décorations ostentatoires, pas d’exubérance architecturale. Seulement l’équilibre des proportions, la pureté des lignes et l’omniprésence de la lumière.
Les pierres anciennes racontent huit siècles de spiritualité et de travail monastique. L’hostellerie, les bâtiments conventuels et le logis abbatial Renaissance constituent un ensemble harmonieux qui a traversé les siècles avec une remarquable authenticité. Le visiteur se surprend à ralentir naturellement. Ici, le temps semble suspendu. Le bruissement du vent dans les arbres et le parfum des herbes sauvages remplacent le tumulte du quotidien.
Dans un vallon retiré du Tonnerrois, l’abbaye a gardé toute son authenticité : l’hostellerie, une partie des bâtiments claustraux des XIIe et Xve siècle., le logis abbatial Renaissance témoignent de la sobriété et de la rigueur de l’art cistercien. Ouverte à la visite depuis 1998.
Puis vient l’une des étapes les plus étonnantes de tout l’itinéraire. Prenez la direction de Cruzy-le-Châtel pour visiter le Château de Maulnes via la D56 et D12 (28 km).
Le mystérieux château de Maulnes
Au cœur d’une forêt discrète surgit le château de Maulnes. Difficile de comparer ce monument à quoi que ce soit d’autre. Construit entre 1566 et 1573, ce château pentagonal est considéré comme une œuvre unique en France, voire dans le monde. Dès l’approche, le visiteur ressent une étrange fascination. Les tours élégantes, les toitures d’ardoise et les perspectives géométriques composent un décor presque théâtral.
Pourquoi cette forme géométrique parfaite ? Pourquoi cet escalier central ? Pourquoi ce puits alimenté par plusieurs sources naturelles ? Depuis des siècles, Maulnes intrigue historiens, architectes et voyageurs. À l’intérieur, chaque pièce semble participer à un vaste jeu de symétries et de perspectives. Les fenêtres ouvrent sur la forêt environnante tandis que la lumière circule de manière presque scénographique.
Le château possède quelque chose de profondément moderne malgré son âge. Il évoque autant la science de la Renaissance que les grandes utopies architecturales. La magie du lieu tient aussi à son environnement. Les bois qui l’entourent renforcent son caractère mystérieux. Lorsque la brume matinale enveloppe les arbres, Maulnes semble flotter entre rêve et réalité.
Le château de Maulnes est un château de style Renaissance construit au xvie siècle. Il présente plusieurs particularités qui le rendent unique. Ce château ne connait pas d'équivalent en France, sinon dans le monde. Ainsi, construit d'une seule traite entre 1566 et 1573 sur un plan pentagonal, il a été très peu occupé. Il est bâti autour d'un escalier central et d'un puits alimenté par trois sources, il a conservé une part de mystère et de poésie qui continue aujourd’hui de nourrir notre imaginaire. Il est ouvert au public depuis 2005.
Revenez vers Cruzy-le-Châtel, en poursuivant sur la D12 rendez-vous au Château d'Ancy-le-Franc (45 km). Le Château d’Ancy-le-Franc est un étonnant palais de la Renaissance sur les terres des Ducs de Bourgogne, au bord du canal.
Ancy-le-Franc, le palais italien de Bourgogne
S’il ne fallait retenir qu’un seul chef-d’œuvre sur cette route Renaissance, beaucoup citeraient le château d’Ancy-le-Franc. Conçu par l’architecte italien Sebastiano Serlio, appelé à la cour de François Ier, ce palais constitue l’un des plus beaux témoignages de l’influence italienne en France. La première vision du château est saisissante. L’architecture se distingue par sa parfaite symétrie. Les lignes sont équilibrées, les proportions harmonieuses et l’ensemble dégage une impression de noblesse tranquille.
Mais c’est à l’intérieur que l’émerveillement atteint son sommet. Les appartements, les galeries et les salons abritent l’une des plus importantes collections de peintures murales Renaissance conservées en France. Les plafonds peints, les décors mythologiques et les fresques monumentales transforment chaque pièce en œuvre d’art. Le château rivalise souvent avec les grands palais de la vallée de la Loire tant la richesse artistique est remarquable. À l’extérieur, les jardins prolongent le charme de la visite. Entre les perspectives à la française inspirées du classicisme et les espaces paysagers plus romantiques, la promenade devient un véritable voyage esthétique.
Lorsque le soleil décline sur les façades de pierre claire, Ancy-le-Franc prend des airs de palais toscan posé au cœur de la Bourgogne. Découvrez les trésors d’Ancy le Franc, Le plus vaste ensemble de Peintures Murales de la Renaissance fait d’Ancy-le-Franc le rival direct de Fontainebleau. Chef-d’œuvre de l’architecte italien Sebastiano Serlio, appelé par François 1er à sa cour, maître de la symétrie et de l’architecture du XVIe siècle.
Appartements richement décorés, parc et les nouvelles créations de jardins, et toutes les actualités lors d’une visite à votre convenance, qu’elle soit guidée, en libre, en famille, lors d’un événement ou bien en groupe. Idéal pour flâner, le parc du château est un superbe lieu de promenade, avec ses parterres à la française dessinés par Le Nôtre, et son jardin à l'anglaise où une folie du XVIIIe siècle trône au milieu d'un étang romantique.
Après cette pause bucolique sur cette route touristique de l'art et les châteaux renaissance en Tonnerrois, prenez la direction de Ravières par la D489 (53 km). Pays de la pierre, avec des vestiges de nombreuses carrières, il est à ce jour possible de visiter une carrière encore en activité. La pierre de Tonnerre, à l’origine de la beauté des châteaux Renaissance en Tonnerrois.
À Ravières, le plus gros site de transformation de Tonnerre est installé au pied de la carrière Saint-Nicolas. Les blocs de pierres arrivent des lieux d’extractions avoisinants et sont sciés en tranches plus ou moins épaisses. Elles sont ensuite façonnées, en dallage ou revêtement de façade.
Ravières est un ancien village fortifié possédant encore de nombreuses traces de cette époque (fin XVe, début XVIe siècle). Ravières dispose en son sein d'une superbe église classée auprès des monuments historiques (XIIe, XVIe), d'un lavoir en réfection datant de 1828, de maisons des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, d'un petit château appartenant aux héritiers de la famille Davout et de vestiges d'un château ayant appartenu aux Clermont.
Suivra pour la prochaine étape de ce parcours touristique le Château de Nuits-sur-Armançon via la D953 (55 km).
Nuits-sur-Armançon, entre élégance et défense
A la limite de la Champagne et de la Bourgogne, ce lieu stratégique était l’enjeu de luttes sans merci entre rois et ducs, puis entre catholiques et protestants. Sur la rive de l’Armançon, le Château de Nuits contrôlait la vallée, lieu de passage favori des bandes armées. Le château de Nuits-sur-Armançon rappelle que la Renaissance fut aussi une époque de tensions politiques et religieuses. Construit au XVIe siècle, l’édifice combine harmonieusement les codes du château d’agrément et ceux de l’architecture militaire.
Ses tours, ses fortifications et sa position stratégique témoignent des incertitudes de l’époque. Pourtant, derrière cette apparence défensive, les intérieurs révèlent une demeure raffinée où le confort et l’esthétique occupaient une place essentielle. La visite permet de comprendre comment vivaient les grandes familles aristocratiques de la Renaissance française. À travers les meubles, les décors et les objets du quotidien, c’est toute une société qui reprend vie.
Le château de Nuits est un château de style Renaissance du XVIe siècle, remarquable témoin de cette époque, Nuits allie le charme et l’élégance d’une demeure d’agrément aux nécessités défensives d'un édifice militaire. Les intérieurs du château, qui témoignent de la vie quotidienne de ses occupants successifs, offrent une promenade originale à travers les siècles. Depuis les abords du château, les vues sur la vallée de l’Armançon rappellent pourquoi cet emplacement était si convoité au fil des siècles.

Votre escapade continue vers le Prieuré de Vausse via la D905 et la D68 (72 km). Au cœur de la forêt domaniale de Châtel-Gérard, au milieu d'une clairière défrichée par les moines au XIIIe siècle et cultivée depuis, une apparition pleine de charme sur la route de vos vacances dans l'Yonne : le prieuré de Vausse, est un monastère cistercien.
Le prieuré de Vausse, un havre de paix au cœur des bois
L’une des plus belles surprises du parcours se cache au milieu de la forêt domaniale de Châtel-Gérard. Le prieuré de Vausse surgit soudain dans une clairière, comme une apparition. Cet ancien monastère cistercien possède un charme exceptionnel. Le lieu inspire immédiatement le calme. On comprend pourquoi les moines avaient choisi cet environnement isolé pour mener leur vie spirituelle.
Le prieuré de Vausse, dépendant de l'abbaye du Val des Choues, a été fondé au début du XIIIe siècle par Anséric de Montréal. Protégé par les seigneurs de Montréal puis par les ducs de Bourgogne, il reçut de nombreuses donations et a bénéficié d'une grande prospérité jusqu'au xve siècle. On peut visiter le cloître roman intact et profiter de la sérénité du jardin clos qui s'anime parfois de concerts et d'expositions.
À la Révolution, le prieuré a été vendu et transformé en faïencerie. En 1835, il vit naître Ernest Petit, qui deviendra historien de la Bourgogne et qui fera du prieuré son cabinet de travail. Le cloître roman, remarquablement conservé, constitue le cœur du site. Les galeries de pierre encadrent un jardin paisible où fleurissent roses anciennes, plantes aromatiques et arbres fruitiers. Aujourd’hui encore, concerts, expositions et événements culturels viennent animer ponctuellement ce décor chargé d’histoire.
Direction à présent Noyers-sur-Serein via D101 (89 km), Village Médiéval faisant partie des "plus beaux villages de France". Entre colombages et pierres taillées, colonnettes et pinacles sculptés, petites ruelles et successions de placettes, tours léchées par les méandres du Serein, votre balade sera complète après la visite du site du Vieux Château.
Noyers-sur-Serein, un décor de conte médiéval
Impossible d’achever cette route sans faire étape à Noyers-sur-Serein. Ce village semble avoir traversé les siècles sans perdre son âme. Derrière les anciennes fortifications, un véritable labyrinthe de ruelles pavées attend les visiteurs. Les maisons à colombages se succèdent, les balcons débordent de fleurs et les petites places invitent à s’attarder à la terrasse d’un café. Chaque façade raconte une histoire.
Le site de l’ancien château seigneurial des Miles de Noyers est une promenade archéologique, historique et culturelle. Découverte paysagère avec la sauvegarde et la mise en valeur des espèces végétales et animales de Basse Bourgogne, parcours des Belvédères avec vue panoramique sur la ville et la vallée du Serein. Passez voir le Musée des Arts Naïfs et populaires, il propose des collections d’arts naïfs, brut et populaire, sur trois étages et 1500 m2 d’exposition. Un Musée fait de passion, de culture, de curiosité et de surprise.
Pour finir cette itinéraire, direction Béru via la D86 (107 km) où vous attend une demeure historique au milieu des vignes surplombant l’un des plus beaux coteaux du Chablisien : Le Château de Béru.
Béru et les vignobles du Chablisien, l’élégance bourguignonne
Pour conclure cette aventure, la route rejoint les paysages viticoles du Chablisien. Les collines se couvrent progressivement de vignes parfaitement alignées. La lumière se fait plus douce. L’air porte parfois des parfums de terre chaude et de raisins mûrs. Au sommet d’un coteau apparaît le château de Béru.
Le château de Béru est une demeure historique du XIIIème siècle, remaniée à la Renaissance puis à la fin du règne de Louis XIV. On peut y voir un rare cadran solaire et lunaire du XVIème siècle ainsi qu’un colombier médiéval de 1000 cases. découvrez cette belle demeure qui domine le vignoble de Chablis. Propriété des Comtes de Béru, le Château de Béru est un domaine familial depuis plus de 400 ans ! Il se situe au milieu des vignes surplombant l’un des plus beaux coteaux du Chablisien, au cœur du village de Béru et d’un terroir unique : Le Clos de Béru. Son célèbre Clos de Béru fait partie des grands noms du vignoble local.
La visite du domaine permet de découvrir non seulement un patrimoine architectural remarquable mais également l’art de vivre bourguignon dans ce qu’il a de plus authentique. Le rare cadran solaire et lunaire Renaissance, le colombier médiéval et les vues sur les vignes composent un décor inoubliable. C’est ici que le voyage trouve naturellement son épilogue. Un verre de Chablis à la main, face aux coteaux baignés de lumière, le visiteur mesure toute la richesse de ce territoire où histoire, patrimoine et gastronomie se rencontrent avec une élégance rare.
Retour sur Tonnerre par la D965 ( 118 km).