Cette itinéraire touristique pour des vacances pleines de découvertes peut commencer à Saint-Gaudens (km 0). Capitale du Comminges postée au pied des Pyrénées, Saint-Gaudens s'étale entre plaine, rivière et coteaux. Peuplée dès l'Antiquité, et initialement appelée Mas-Saint-Pierre, la ville tire son nom actuel du martyre Gaudens, jeune berger victime des Wisigoths à la fin du Ve siècle pour avoir refusé de renoncer à sa foi. Une église et un monastère sont construits vers le VIIIe siècle, les religieux suivant les règles de vie de saint Chrodegand.
Saint-Gaudens possède un riche passé et un beau patrimoine, les amateurs d’histoire et d’architecture ne s’y tromperont pas, ils commenceront leur visite par l’Eglise collégiale, dédiée à saint Pierre et saint Gaudens, véritable chef-d’oeuvre de l’art roman, édifiée entre le XIème et XIIème siècle. L’édifice a été remanié au XIXe, avec son clocher carré de style roman, son cloître provenant de l'ancienne abbaye de Bonnefont à l’intérieur duquel on peut admirer de magnifiques chapiteaux du XIIe et son portail de style gothique flamboyant.
La Collégiale Saint-Pierre et Saint-Gaudens est réputée pour être l’une des plus belles églises sur la route des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. L'édifice est l’un des symboles de Saint-Gaudens. Depuis le parvis de la collégiale de la capitale du Comminges, la vue sur le pic du Midi (2 877 m), les sommets ariégeois et le pic du Cagire (1 912 m) est époustouflante ! Flânez dans les rues du coeur de ville rénové, une visite s'imposera au musée Arts et Figures des Pyrénées pour tout savoir sur le patrimoine et l’histoire des Pyrénées centrales.
A présent, prendre la direction de Saint-Bertrand-de-Comminges (19 km). Surplombant la vallée de la Garonne, Saint-Bertrand-de-Comminges, classé "Plus beaux villages de France", possède un patrimoine architectural exceptionnel, cette belle cité mérite le détour… C'est par les Vestiges de l'antique cité romaine de Lugdunum Convenarum, la cité des Convènes que débute votre voyage dans le temps. Temple, forum, théâtre, thermes et marché bourdonnent encore de l'effervescence d'une ville de 30 hectares peuplée dans la première moitié du IIe siècle après JC. Difficile d’imaginer qu’ici se dressait une capitale de l’empire romain !
Reprenez votre véhicule, il est temps pour vous de reprendre la route, direction le Moyen-Age ! Au détour d’un virage la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges se découvre au sommet de sa colline. Entrez dans Saint-Bertrand-de-Comminges par l'une de ses trois portes. Depuis la porte Cabirole, les ruelles médiévales vous conduisent au pied de l’imposante cathédrale gothique. L'imposante cathédrale Sainte-Marie mérite une attention toute particulière avant de prendre le temps de flâner entre les vieilles maisons.
La cathédrale Sainte-Marie était le centre d'un enclos fortifié, le "scepte", composé du palais épiscopal, des maisons canoniales, d'un cimetière, du cloître et de quatre maisons de chanoines. Le cloître de cathédrale Sainte-Marie est tout simplement remarquable, construit au XIIIe siècle, il prit sa forme actuelle sous l’influence du pape Clément V. Le cloître de la cathédrale est composé de quatre galeries, dont trois de style roman et une de style gothique. Des sarcophages situés dans la galerie du Nord, ainsi qu'un pilier sculpté représentant quatre évangélistes y sont également visibles. La cathédrale abrite également le tombeau de l'évêque Bertrand de l'Isle canonisé au XIIIe siècle.
Au gré de vos déambulations, admirez le pilier des Évangélistes, les chapiteaux à décor ornemental, les tombeaux des chanoines, ou encore les élégants mais puissants contreforts de la cathédrale. Réputée pour son cloître, la cathédrale romano-gothique l'est aussi pour ses splendides boiseries qu'elle renferme. Le choeur des chanoines est en effet particulièrement somptueux avec son jubé, sa clôture et ses 66 stalles en bois sculptées. Pourquoi un monument aussi gigantesque pour un tout petit village ? Il faut se rappeler que pendant 13 siècles, Saint-Bertrand a abrité le siège de l’évêché du Comminges. C’était une importante cité médiévale où les pèlerins affluaient en masse.
Sillonnez les rues à forte pente qui partent à l'assaut de cette citadelle hors du temps, les petites rues tortueuses et pentues vous entraînent à la découverte du patrimoine médiéval enrichi de remplois romains. En effet, quantité de pierres et de sculptures ayant appartenu à la cité antique ont été recyclées et utilisées lors de l'édification de la cathédrale et du développement de Saint-Bertrand-de-Comminges au Moyen Age. Les maisons à colombages des XV-XVIe siècles témoignent encore de la grandeur de la cité épiscopale. Les tronçons de l’ancien rempart gallo-romain peut encore admirer dans certaines rues du village. Dernière étape de votre passage à Saint-Bertrand-de-Comminges : les Olivetains, un ancien couvent transformé en office de tourisme et centre culturel.
En contrebas de Saint-Bertrand-de-Comminges, votre balade culturelle se poursuit jusqu’à la Basilique Saint-Just de Valcabrère, l’une des plus belles églises romanes de la région. Isolée au milieu des champs, est particulièrement insolite. Construite à l’emplacement d’une nécropole païenne et un cimetière paléochrétien, elle est bâtie en grande partie avec des pierres de réemplois provenant de cette même nécropole. La cathédrale et la basilique Saint-Just-de-Valcabrère, ainsi que la basilique paléochrétienne et la chapelle Saint Julien, situées en ville basse, sont inscrites à l’UNESCO au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Les amoureux d’architecture seront ravis de pouvoir admirer ce parfait exemple de sobriété et vous profiterez d’une vue à couper le souffle sur la ville haute, la Cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges, et les Pyrénées en arrière-plan. A juste titre, l’ensemble du site Saint-Bertrand-de-Comminges - Valcabrère compte parmi les Grands Sites d’Occitanie.
Poursuivez votre parcours touristique vers l'ancienne station thermale de Barbazan (24 km). Aujourd’hui encore, elle dotée d’un casino où se rendaient les vedettes du début du XXe siècle en villégiature. Si l'actuel établissement thermal a été bâti en 1901, ce sont d'abord les Romains qui ont découvert les bienfaits de la région : Pompée serait même venu à Lugdunum Convenarum (Saint Bertrand de Comminges à l'époque des Romains) en 72 avant Jésus Christ. Le lac de Barbazan est d'origine glacière, le lac constitue un cas rare de lac d'origine glacière à cette altitude (450 m).
La Mairie de Barbazan a été construite en 1892, sous la IIIème République. Chef lieu de canton depuis la fin du XIXe siècle, la commune de Barbazan a eu pendant de nombreuses années un juge de paix. A l'intérieur sont conservées des cartes postales anciennes et un tableau d'Arnault-Guilhem de Barbazan datant du Moyen-Âge. Le baron Arnault-Guilhem de Barbazan a été surnommé au XVe siècle "le Chevalier sans reproche" mais également "le Restaurateur du royaume et de la couronne de France" par Charles VII en 1432. En effet, il resta toujours fidèle à la monarchie, même pendant la démence de Charles VI, et remporta de nombreuses batailles contre le duc de Bourgogne et les Anglais. Il combattit également aux côtés de Jeanne d'Arc et participa à la libération d'Orléans.
Profitez du kiosque buvette avant de rejoindre Génos, blotti entre montagnes et vallées verdoyantes, via la D9 (34 km). À la miellerie-musée de Génos, on vous révélera tous les secrets de la fabrication du miel. Poursuivre vers Saint-Pé-d'Ardet (36 km), le village possède un patrimoine naturel et historique remarquable. Jusqu'à la Révolution française, bien que située dans le Comminges, Saint-Pé-d'Ardet était une des onze enclaves languedociennes du Petit-Comminges, un des diocèses civils du Languedoc.
Grâce à son bon positionnement favorable, mais aussi grâce au point d'eau, les hommes s'installent au fil des siècles, et construisent des édifices que l'on peut encore voir. L'archéologie a permis de retrouver un grand nombre de réemplois gallo-romains de grande taille et de pièces en grande qualité, qui permettent d'affirmer que sur le parvis actuel de l'église devaient s'ériger au Ier siècle av. J.-C. un temple, un oppidum et un forum. Les auges cinéraires et les colonnettes extraites du parvis de l'église Saint-Pierre témoignent de cette époque.
L'église Saint-Pierre de Saint-Pé-d'Ardet a donc été construite en style roman du XIe siècle érigée sur l'emplacement d'un temple païen de l'époque gallo-romaine et incorporée à une enceinte fortifiée (une tour sert de clocher). Cette église est un amoncellement d'architecture : à l'intérieur, il y a des monuments gallo-romains aussi bien que mérovingiens ou encore de l'époque contemporaine. L'édifice etait entouré de remparts dont quelques vestiges subsistent. Le joli lac d'origine glaciaire de Saint-Pé-d'Ardet se situe à la sortie du village, la beauté de la nature vous subjuguera et avant de rejoindre Antichande-Frontignes, un espace aménagé équipé d’une table d’orientation offre un panorama sur la vallée et les sommets.
La prochaine étape de cette route touristique sera Saint-Béat (48 km), via Fronsac. Saint-Béat prend place au pied du pic du Gar, au cœur des Pyrénées. A l'Antiquité, le site de Saint-Béat était connu comme un Passus Lupi, ou passage du loup. Ancienne place forte qui commandait la vallée de la Garonne, le village était alors surnommé la Clé de la France. Mais c'est surtout pour ses carrières de marbre blanc qu'il est connu dans le reste du pays. Ne manquez pas de parcourir la carrière de marbre blanc, appelée brèche romaine, exploitée depuis l'époque romaine. Elle permet également l'extraction de marbre bleu turquin.
Saint-Béat dispose également d'un riche patrimoine architectural et historique. En vous promenant dans la commune, vous pourrez apprécier l'église Saint-Béat-Saint-Privat de style roman du XIIe siècle, elle présente un tombeau abritant les reliques de saint Béat et de saint Privat. Les vestiges préhistoriques, le château fort du XIIe siècle accompagné de sa chapelle, la chapelle de Géry, la chapelle de Ladivert, la chapelle troglodytique Saint Roch ou encore la maison natale du maréchal Gallieni.
Quittez cette vallée étroite creusée par la Garonne, par la D44 en direction du col de Menté (58 km). Depuis Saint-Béat, les coureurs du Tour de France savent bien que le col de Menté (1 346 m) les attend… Puis vient le village de Boutx dominé par les falaises du pic du Gar (1 785 m) et les sommets du Luchonnais. Poursuivre en direction d'Aspet (79 km), après le col de Menté, le gouffre de Henne Morte, l’un des plus longs réseaux souterrains de France (117 km et jusqu’à 1 000 m de profondeur), est là sous vos pieds.
Le territoire d’Aspet est surnommé « le territoire des Trois Vallées », découpé par trois cours d’eau. Dominé par le pic de Cagire (1 907 m) qui surplombe la vallée, le magnifique petit village de Aspet vous livre les trésors de son patrimoine. Plusieurs seigneurs d’Aspet participent aux Croisades, en particulier Arnaud II, qui s’embarque avec Philippe-Auguste à Gênes en 1190. Au début du XVe siècle, la baronnie passe à la famille de Coarraze, dont la dernière représentante sera dame Catherine, à qui l’on doit, selon la légende, la fontaine qui orne encore la place principale de la ville. Raymond-Arnaud II de Coarraze participe, aux côtés de Jeanne d’Arc, à la prise d’Orléans. Dame Catherine meurt en 1492 et la baronnie passe ensuite à la maison de Foix. Son dernier baron sera Henri III de Navarre, qui deviendra Henri IV. C’est sous son règne que la baronnie sera rattachée à la Couronne.
La baronnie d’Aspet fut, au Moyen-Age, la seigneurie la plus importante de la région après le comté de Comminges. Aspet a conservé peu de vestiges de ces temps. On sait que la cité a été entourée de « clausuras = clôtures », vraisemblablement au XIVe siècle, qu’elle avait trois portes, dont la Porte Saint-Martin, dominée par le clocher de l'Église Saint-Martin qui abrite un carillon célèbre de 16 cloches. Derrière le chevet actuel de l’église on voit encore la chapelle seigneuriale, de style gothique, dont la clef de voûte est ornée des armes des Coarraze. Le plan de la ville témoigne encore de ce passé médiéval.
Lors de votre visite du village d'Aspet, partez à la découverte des petites rues moyenâgeuses avec un grand nombre d'habitations à pans de bois possédant des galeries aux étages mais aussi, plutôt en périphérie, des hôtels particuliers en pierres et briques plus récents. Dans le centre encore, on remarque des galeries dotées de gardes corps en bois sculpté ou en fer forgé, donnant aux maisons un caractère précieux et pittoresque.
Pour ce qui concerne le patrimoine religieux, l'Église Saint-Martin, se visite et renferme une sublime fresque du XVe et XVIe siècle. Après un incendie, en 1955, l'intérieur de l'église a été repeint. Cependant, lors des travaux, cette fresque représentant l'Annonciation a été mise au jour au niveau du maître-autel. À noter cependant que le clocher se révèle en fait l'ancien donjon carré de la vieille ville fortifiée qui dominait et protégeait la porte principale. Par ailleurs, la petite porte qui donne accès à l'escalier de ce clocher daterait du XIVe siècle. On remarque le portail d'entrée de style néo-gothique. Il est encore possible d'admirer l'ancienne chapelle seigneuriale du XVe siècle reconvertie un temps en sacristie. On y accède au niveau du chœur de l'église. Elle présente un décor sculpté de qualité.
Sur le plan religieux encore, prenez de la hauteur et rendez-vous à la Chapelle de Miègecoste et la Tour du Chucaou qui dominent Aspet et la vallée. L'église du hameau de Gouillou a été reconstruite en 1865. On remarque son clocher mur et le portail néo-gothique. Elle abrite une statue en bois haute de 97 cm représentant Sainte Eugénie, datant du XVIIe ou XVIIIe siècle. Trois vases précieux du XIXe siècle en porcelaine de Valentine sont également conservés. Enfin, sur le hameau de Girosp, l'église reconstruite tout au long du XIXe siècle est ornée à l'intérieur de peintures au pochoir de bel effet. De superbes point de vue s’offrent à vous !
Votre prochaine étape de cette route touristique sera Arbas, via la D34 (91,5 km). Ce petit village plein de charme qui tient son nom de Arrevacci, une tribu gauloise présente sur place lors de l'invasion romaine, est peuplé depuis la Préhistoire. Il faut cependant attendre le XIIIe siècle et l'établissement de religieuses de l'abbaye de Longages pour qu'il prenne son essor. Vous voici dans le pays de l’ours ! En effet, la commune est connue pour avoir accueilli la réintroduction d'ours slovènes dans la nature.
La commune d’Arbas s’organise autour de deux vastes places ; au centre de l’une d’elles se trouve la mairie en brique et galet, cet édifice à arcades est unique dans la région. En vous promenant à Arbas, ne manquez pas d'aller admirer l'église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge avant d'emprunter les différents sentiers de randonnée balisés proposés, notamment dans le massif d'Arbas. Ce petit édifice de style roman du XIIe siècle a connu un important agrandissement au XVIe siècle, notamment avec la création d'une grande nef avec chapelles latérales et d'un clocher-mur. Ce dernier a été remplacé par un clocher-tour en briques et pierres de style néo-roman au début du XXe siècle suite au rehaussement de l'église. Les visiteurs peuvent notamment y admirer un bénitier en pierre du XIIe siècle, un retable du XVIIe en bois doré avec autel polychrome Louis XV, ou encore une Vierge à l'Enfant en bois doré. L'église contient d'autres mobiliers remarquables.
Profitez de votre présence au cœur de la vallée sauvage d’Arbas, pour découvrir des petits villages typiques au pied des Pyrénées. Les amoureux du patrimoine bâti trouveront également leur bonheur dans cette vallée avec les différentes ruines de châteaux médiévaux. Retour à Saint-Gaudens, via la D5 (119 km).