Ce Road trip touristique partira de Toulouse (km 0), ville d'Art et d'Histoire disposant d'un important patrimoine architectural et artistique qui a su être magnifiquement préservé au fil des siècles. Vous ne pourrez peut-être pas tout visiter mais l’histoire de Toulouse ne vous laissera pas indifférent. Toulouse mérite son nom de ville rose à juste titre en raison de la couleur du matériau de construction traditionnel local, la brique de terre cuite. La couleur rosée des édifices et de ses demeures procure à l'ensemble un charme indéniable.
Toulouse, Tolosa, de son petit nom latin, est connue depuis le IIIème siècle avant J.C. Aujourd’hui, peu de vestiges de cette époque sont encore visibles mais quelques uns témoignent encore de l’importance et de l’architecture de cette ville antique. Vous pouvez commencer votre visite par l'amphithéâtre romain de Purpan-Ancely, construit au milieu du Ier siècle. Ce site archéologique se trouve aujourd'hui au carrefour de l'avenue du Professeur-Guy-Espagno et de l'avenue des Arènes-Romaines, entre les quartiers de Purpan et d'Ancely. C'est l'un des seuls édifices romains pratiquement entiers de Toulouse. Ce que l’on sait, c’est que cette zone est occupée depuis le Néolithique.
La cavea de l'amphithéâtre romain est agrandie au IIIe siècle, et des murs rayonnants longs de 7 mètres sont élevés dans l'axe des vomitoires. L'amphithéâtre est abandonné dès le Ve siècle. Quant aux thermes et à la piscine d’Ancely, c’est sous un immeuble d’habitation de la cité qu’on y accède. La piscine, de 13 m x 19 m, était réservée à la natation, et l’ensemble constitue certainement le vestige romain le plus inattendu de Toulouse. De nombreux vestiges ont été découverts. Aujourd’hui, le musée Saint-Raymond en conserve deux : l'amphithéâtre et la piscine ayant appartenu aux thermes.
Dirigez-vous vers la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse où se trouve les bases des murs d’enceinte de la cité. Les vestiges romains sont visibles encore un peu partout dans la ville notamment dans le quartier de la cathédrale Saint-Etienne. En 1973, la démolition de l'immeuble à l'angle de la rue Bida et de la rue Saint-Jacques a permis de mettre à jour la base d'une tour et une partie de la muraille de l'enceinte romaine du Ier siècle de notre ère. On connaît bien le tracé du rempart, qui part de la place Saint-Pierre pour passer par le Capitole, Wilson, Saint-Etienne et le Palais de justice.
Toulouse était protégée par un mur d'enceinte de 3,5 km de long. Cette enceinte était bâtie sur un soubassement de 2,40m de largeur, en pierre renforcé par un chaînage de trois rangées de briques. Toute la partie supérieure était construite en briques et s'élevait entre 6 et 8 mètres de haut. Elle se terminait par des créneaux et un chemin de ronde. L'enceinte était ponctuée de tours espacées tous les 35 à 40 mètres environ pour une longueur totale de 3km. Elle fut la seule, en Gaule, a avoir été construite en maçonnerie de briques. L'enceinte possédait trois grandes portes. D'après les historiens, cette enceinte n'a pas eu de vocation défensive : elle fut construite lors d'une période de paix et était destinée à donner à la ville le titre honorifique de capitale romaine.
Ne manquez pas de visiter la cathédrale Saint-Etienne, sa construction s'est étendue sur cinq siècles, du XIIIe au XVIIe siècle. C'est l'un des monuments les plus curieux de Toulouse car il s'agit en fait d'un collage de plusieurs édifices, au fil des siècles. Peu classique, elle est remarquable pour sa rosace et ses 17 chapelles. Toulouse antique, c’est aussi le musée Antique Saint-Raymond qui est à la fois site archéologique et musée ! En revenant vers la vieille ville, au pied de Saint-Sernin, le visiteur découvre le passé le plus lointain de Toulouse quand la ville rose était encore Tolosa.
La Toulouse médiévale est toute aussi importante. Après la chute de Rome, les Wisigoths s'emparent de Tolosa en 418 et en font la capitale d'un vaste royaume qui s'étend de part et d'autre des Pyrénées. De cité gallo-romaine, Toulouse deviendra capitale wisigothique et le restera jusqu'à la conquête franque. Défaits à la bataille de Vouillé, les Wisigoths sont forcés de se replier vers l'Espagne. Tolosa, échappant à leur contrôle, est pillée et incendiée par les troupes de Clovis en 508. L'ancienne capitale wisigothique tombe ainsi aux mains des Francs et restera durant cinq siècles sous leur domination.
La période médiévale se caractérise par une grande ferveur religieuse qui se manifeste notamment par la multiplication des chantiers d'églises, par les pèlerinages vers les lieux saints ou par le culte des reliques. De nombreux monuments jalonnent le centre-ville de Toulouse et sont les témoins d’un passé extraordinaire dont la basilique Saint-Sernin. Dès le haut Moyen Âge, l’abbaye Saint-Sernin, bâtie en dehors de la cité antique sur le tombeau de Saturnin, premier évêque martyr de la ville, connaît un développement considérable. La Basilique a été bâtie au XIe siècle, c'est le plus vaste ensemble roman au monde et sans doute l'un des plus beaux. Allez jeter un œil aux Augustins, au cloître des Jacobins joyau de l'art gothique languedocien, l’hôpital Dieu Saint-Jacques, le Capitole, l’Hôtel d’Assezat…, on ne sait plus où donner de la tête !
Sortez de Toulouse en direction de Martres-Tolosane, classée "petites cités de caractère", via A64 (65 km). La ville prit le nom de « Martres-Tolosane » en l’honneur de Saint-Vidian ou Vivien d'Aliscans, chevalier de Charlemagne, martyr par la main des musulmans près de Martres-Tolosane. Le village fut fondé au Ier siècle après J-C par les Romains, peu après la création de la somptueuse villa gallo-romaine de Chiragan un siècle auparavant. Durant l’antiquité tardive, elle devient une importante nécropole paléochrétienne autour d’un centre religieux qui deviendra l’église Saint-Vidian.
Lorsque vous arriverez à Martres-Tolosane, vous serez surpris par la forme circulaire de la ville, on l’appelle "circulade". La particularité de ce village médiéval est d’être de forme circulaire. Dans cette petite cité du Comminges, ancienne bastide et capitale de la faïence d'art en Haute-Garonne, les monuments historiques les plus connus du village sont le donjon du XIIIe siècle et le grand presbytère. L'imposant donjon abrite aujourd’hui le musée archéologique. Celui-ci dévoile nombre de vestiges issus de la villa romaine située sur la commune. Chiragan, tel est son nom, a transmis une inestimable collection de sculptures, bustes d’Empereurs, fresques, masques et autres merveilles, exposés au Musée Saint Raymond de Toulouse.
Le boulevard circulaire de Martres-Tolosane remplace les anciens remparts, promenez-vous dans ses petites rues médiévales. les petites maisons resserrées témoignent d'un passé de ville bien défendue. A l'intérieur de la cité, profitez des belles restaurations de maisons à pans de bois dans le coeur ancien, ou les maisons plus bourgeoises qui cernent le boulevard circulaire marquant l'emplacement des anciens remparts. Une série de maisons médiévales constituent l’Office de Tourisme et le Musée de la faïence et du patrimoine.
Vous voici sur la place dominée par l'ancienne église dédiée à saint Vidian, aux origines antiques, où l’on peut découvrir des sarcophages finement sculptés. L'église en brique, massive, a été restaurée au XIXe siècle et renferme de grands trésors antiques. À cet emplacement était établi un antique complexe gallo-romain, qui au fil des siècles s'est transformé en centre paléochrétien, puis en basilique funéraire avec nécropole dédiée à sainte Marie. L'évolution de cette chronologie fut reconstituée avec la découverte de sarcophages paléochrétiens et du Moyen Âge.
Vous pouvez apercevoir deux châteaux dans le village de Martres-Tolosane, le château Saint-Roch et le château de Thèbe (châteaux privés). À proximité, en bordure de Garonne, sur le lieu-dit Chiragan, existait une immense et somptueuse villa gallo-romaine dont vous pourrez découvrir l’histoire dans l’espace Angonia. Ce nom est également celui de la ville antique. Il s'agit d'une des villae les plus grandes de tout l'Empire romain. Les fouilles pratiquées sur ce site ont livré des sculptures en marbre tout à fait exceptionnelles. Par son importance, elle constituait selon certains archéologues du site, la villa la plus importante d'Europe après la villa d'Hadrien. Elle fut occupée jusqu'à la fin de l'Empire romain, au moment des dévastations du temps des invasions du Ve siècle. Notamment les invasions « barbares », sûrement dû aux Vandales ou aux Wisigoths.
Poursuivre en direction de Montmaurin, via les D10 et D635 (105 km). Cette commune est surprenante par ses traces passées qui ont laissé des vestiges remarquables. Plusieurs sites archéologiques majeurs constituent l'essentiel du patrimoine de la localité. Préhistoriques tout d’abord : dans les gorges de la rivière la Seygouade, des grottes ont été occupées durant la Préhistoire et leurs fouilles ont mis au jour d'importants vestiges. La présence des ossements animaux et la découverte de la Vénus de Lespugue, une petite sculpture, attestent la présence humaine à la période paléolithique, et un écosystème déjà remarquable. Une dent néandertalienne vieille de 70 000 ans a été découverte sur le site ! L'accès aux différentes grottes de Montmaurin, n'est que très rarement ouvert au public.
Antiques ensuite ! Le territoire fut également habité durant l'Antiquité gallo-romaine et deux villas ont laissé de riches témoignages archéologiques. Le fleuron de l'architecture gallo-romaine se découvre au bas de la commune de Montmaurin. La villa gallo-romaine de Lassalles dite aussi de Montmaurin date du Ier siècle, abandonné au IIIe siècle suite à une crue dévastatrice. La villa aurait été reconstruite au IVe siècle, vers la fin de la période constantinienne. L’état luxueux que l’on découvre aujourd’hui serait le témoin de cette dernière période.
La villa princière Lassalles de Montmaurin est l’une des plus vastes connues en France, elle s’étend aujourd’hui sur un hectare et demi, elle témoigne des fastes d'une époque. Comptant pas moins de 200 salles, la résidence seigneuriale (villa Urbana) est la plus grande villa exhumée en France. Les communs (villa Rustica) abritaient le logement de quelque 500 employés. Les pièces bénéficiaient d'équipements de chauffage au sol, de fenêtres vitrées et de décors constitués de marbres et mosaïques. La villa s'étend sur un hectare et demi et comprenait en outre un vaste parc et des dépendances. Cet ensemble avait tout d'une résidence aristocratique, comptant deux péristyles dotés de galeries et des jardins intérieurs.
Les fouilles ont permis de mettre au jour les vestiges du vestibule, du temple, du nymphée, de plusieurs cours et de nombreuses pièces d'habitation. En plus de ses dimensions incroyables, la villa Lassalles possède un espace thermal préservé où bassins, colonnes et parements en marbre proposent encore un cadre enchanteur. Déambulez dans les nombreuses pièces de la demeure pour ressentir le passé fastueux des lieux.
En complément de votre visite, découvrez le site antique de la Hillère. Seconde villa de Montmaurin, la Hillère est un site remarquable, construit à l’entrée des Gorges de la Save. De dimension plus modeste, elle a été aménagée après la première, autour d'une source résurgente de la rivière. Elle avait une vocation thermale et cultuelle en raison précisément de la source, sur laquelle donnait la pièce de réception. Cet endroit est occupé depuis le néolithique , justifié par la présence de l’eau. La dimension spirituelle de ce lieu et les vertus thérapeutiques allouées à cette source ont favorisé l’émergence d’un pèlerinage au Moyen Âge. Plusieurs mosaïques ont été misent au jour sur ce site, dont une de 34 m².
De nos jours, la chapelle Notre-Dame de la Hillère érigée au XIXe siècle, et un cimetière recouvrent en partie le site, qui n’est connu que partiellement. La chapelle abrite désormais une partie des mosaïques trouvées dans les deux villas gallo-romaines et particulièrement la mosaïque polychrome exceptionnelle de la grande salle de réception de La Hillère.
Outre les sites eux-mêmes, un musée relevant du Centre des monuments nationaux met en valeur ce riche passé. Le musée, situé au centre de Montmaurin, est doté de 3 salles d'expositions permanentes avec une muséographie moderne et pédagogique. Il présente les objets exhumés de la villa gallo-romaine de Lassalles et de la Hillère mais aussi ceux trouvés dans les grottes préhistoriques et abris sous roches des alentours : squelette de lion des cavernes, pierres taillées, mandibule des premiers hommes et bien sûr un fac-similé de la célèbre Vénus de Lespugue.
La prochaine étape de votre Road-Trip sera Montréjeau, via la D633 (126 km), à travers la campagne commingeoise. En occitan gascon, Montréjeau veut dire « MontRoyal », en arrivant vous en comprendrez sa signification. Dans un site superbe, véritable belvédère face aux sommets, Montréjeau est une ancienne bastide royale, créée en 1272 avec ses arcades sur la place centrale de la cité. Quel que soit votre parcours, les vestiges des premières constructions que vous apercevrez ici et là vous plongeront dans l’histoire de l’urbanisme de l’époque qui initia les bastides, ces plans architecturaux du Moyen-Âge. Aujourd'hui, Montréjeau vous offre la richesse de son patrimoine architectural qui témoigne d'une histoire illustre.
Admirez l'église Saint-Jean-Baptiste de Montréjeau construite au XIIe siècle, elle connaît une campagne de reconstruction au XIVe siècle suite à l'incursion des troupes anglo-gasconnes du Prince Noir, fils d'Édouard III d'Angleterre. Au XVIIe, puis au XVIIIe siècle, elle subit plusieurs modifications dont la construction de son clocher octogonal qui la caractérise aujourd'hui. A l'intérieur, il est possible d'admirer un retable du XVIIIe siècle et de très beaux vitraux réalisés par Henri Guérin.
En vous baladant dans la commune, découvrez l'hôtel de Lassus de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il présente notamment un clocheton du XVIIe siècle ainsi qu'une orangerie inspirée du petit Trianon de Versailles. Vous pourrez admirer aussi deux autres sites, l'ancien hôtel du Parc du XIXe siècle et la Halle Le Maresquier de 1939 classée Patrimoine du XXe siècle. Montréjeau vous offre de jolis points de vue sur la chaîne des Pyrénées, dans le centre bourg, profitez de la table d’orientation pour répérer les sommets : Mon Sacon, Mont Aspet, Nez de Nopoléon… Non loin, la chapelle Sainte-Germaine mérite également un arrêt pour admirer son incroyable architecture.
Ne râtez pas le château de Valmirande en sortant de Montréjeau vers Lannemezan. Classé aux Monuments Historiques, le château de Valmirande a été édifié à la fin du XIXe siècle par le baron Bertrand de Lassus. De style néo-Renaissance, il est réalisé en pierres grises dures de calcaire de Lourdes pour les soubassements, avec un complément de pierres blanches. Non loin, une tour médiévale a été construite pour accueillir un calorifère à vapeur, et au château est rattachée une charmante chapelle avec de très beaux vitraux et marbres. Le parc, figurant sur la liste des parcs et jardins remarquables, fut confié aux frères Bülher. Les parterres à la française sont dessinés par René Édouard André. L'ensemble peut être visité, mais le château, habité, est inaccessible.
Engagez-vous sur la D26 vers Saint-Bertrand-de-Comminges (135 km). Surplombant la vallée de la Garonne, Saint-Bertrand-de-Comminges, est un véritable point d'orgue d'un ensemble historique et architectural exceptionnel. Ici se côtoient les époques, les savoir-faire, les vestiges et d’impressionnant édifice. Faites un voyage dans le temps. Antiquité, Moyen-Age, Renaissance, toutes les époques s’ouvrent à vous. La jolie cité de Saint-Bertrand-de-Comminges est un lieu de visite incontournable, labellisé parmi les Plus beaux villages de France. Si la ville fortifiée témoigne de ses heures de gloire à l'époque médiévale, le lieu n'oublie pas qu'il a aussi abrité une colonie romaine.
Votre voyage débute à l’Antiquité au pied de Saint-Bertrand-de-Comminges, pour découvrir les ruines de la cité romaine de Lugdunum Convenae, fondée il y a plus de 2000 ans… Déjà à l’époque, la cité est prisée pour son emplacement idéal au pied des Pyrénées, entre plaines et montagnes ! Fondée au 1er siècle avant JC dans la plaine de Valcabrère, la cité fut prospère jusqu’aux invasions barbares, en 585. Lugdunum Convenae fut une cité de plusieurs milliers d’habitants au centre d’un important réseau de communication. Elle possédait les attributs d’une cité romaine d’importance : théâtre antique, temple, forum, thermes et la place à portique. La florissante cité romaine se développe encore au Vème siècle autour d’une basilique paléochrétienne.
A proximité, la basilique Saint-Just-de-Valcabrère s’élève au milieu des prés. C’est l'une des plus belles églises romanes de l’Occitanie. Edifiée sur une nécropole païenne et un cimetière paléochrétien, la basilique vous émerveillera par sa pureté, sa simplicité et son magnétisme. La basilique Saint-Just de Valcabrère est un édifice de style roman des XIe et XIIe siècles. Elle est dédiée au martyr espagnol saint Just. L'accès à la basilique s'effectue en pénétrant d'abord dans le cimetière dont le portail d'entrée est du XIIIe siècle. L’utilisation de pierres issues de la cité antique dans sa construction ajoute à sa singularité. En effet, des pierres provenant de la ville romaine de Lugdunum Convenarum ont servi à sa construction et l'on trouve çà et là des bas-reliefs, des colonnes et chapiteaux de l'époque romaine qui ont été réutilisés. Ne manquez pas la basilique paléochrétienne, une des plus anciennes églises chrétiennes de la Gaule méridionale.
Surplombant le site antique et la vallée, grimpez vers Saint-Bertrand-de-Comminges ceinturé par des remparts qui se confondent avec le rocher. Les tronçons de l’ancien rempart gallo-romain peut encore être admiré dans certaines rues du village. Vos pas nous mènent à travers la ville basse aux rues étroites bordées par d’anciennes fermes à l’architecture si particulière. Un escalier de pierre permet de gravir la colline pour accéder à la ville haute. La vieille ville est un adorable dédales de ruelles. Les portes médiévales succèdent aux magnifiques maisons à colombages, typiques de Saint-Bertrand-de-Comminges.
Depuis la porte Cabirole, les ruelles médiévales vous conduisent au pied de l’imposante cathédrale gothique. La construction de la cathédrale Sainte-Marie est entreprise à la fin du Xème siècle, à l’initiative de l’évêque Bertrand de l’Isle qui meurt en 1123. Poussez les portes de ce chef-d’oeuvre de l’art romano-gothique et admirez les nombreux trésors qui se trouvent à l’intérieur. Elle fut continuellement enrichie jusqu’au XVIe siècle d’éléments décoratifs, comme le chœur de stalles en bois et le magnifique buffet d'orgue Renaissance. Un chef d’œuvre à ne pas manquer !
Saint-Bertrand-de-Comminges et Valcabrère sont devenues des lieux touristiques emblématiques. A ce titre, elles sont distinguées par le label grands sites de la Région Occitanie Pyrénées Méditerranée, le label sites patrimoniaux remarquables. Elles sont également inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco pour les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Après vous êtes pris pour un citoyen romain en arpentant les pierres témoins de toutes les époques de l’Antiquité à nos jours ! Rendez-vous à présent, à Saint-Gaudens via la D8 (153 km). Avant d’arriver à Saint-Gaudens, un petit tour par la villa gallo-romaine de Valentine s’impose.
La villa gallo-romaine de Nymfius à Arnesp, commune de Valentine date de l'époque constantinienne (fin IIIe - début IVe siècle). On connait le nom de son propriétaire par son épitaphe, conservée au Musée Saint-Raymond de Toulouse : il s'appelait Nymfius, un important personnage de sa cité. La construction d'un canal d'amenée des eaux à la petite centrale hydraulique de Valentine a fait subir au site des dégâts irrémédiables, ainsi que le prieuré médiéval d'Arnesp qui lui est attenant.
Cette Villa était installée sur la terrasse dominant le lit mineur de la Garonne, à l'abri des inondations. On accédait à la villa par une voie qui la reliait à la voie romaine principale qui longeait les collines pyrénéennes par Valentine et Labarthe-Rivière. Des vestiges de cette voie romaine ont été retrouvés, sur le site, sous le chemin vicinal actuel. Des éléments de cette voie romaine ont été repérés sur le site sous le chemin vicinal actuel. Une façade monumentale avec un portique et deux postes de garde permettait d'accéder au domaine. Elle donnait accès à une cour d'honneur de 52 mètres de long sur 21,50 mètres de large, bordée de portiques à piliers de bois et fermée au nord par une galerie ornée d'une abside semi-circulaire à chacune de ses extrémités. Cette galerie monumentale commandait l'ensemble des éléments de prestige de la villa. Le grand hypocauste de la Villa de Valentine est un des plus beaux exemples de ce système de chauffage dans le sud de la Gaule romaine.
Rendez-vous ensuite dans le centre-ville de Saint-Gaudens. Peuplée dès l'Antiquité (âge du fer, époque romaine), et initialement appelée Mas-Saint-Pierre, la ville tire son nom actuel du martyr Gaudens, jeune berger victime des Wisigoths à la fin du Ve siècle pour avoir refusé de renoncer à sa foi. Une communauté religieuse se crée alors en son nom. Une église et un monastère sont construits vers le VIIIe siècle, les religieux suivant les règles de vie de saint Chrodegand. Par la suite la cité s'épanouit autour de l'église romane du XIe siècle. Ville franche en 1202, puis capitale du Nébouzan, entourée de solides remparts, important marché régional, Saint-Gaudens devient la capitale économique du Comminges.
Empruntez le "sentier ocre" pour découvrir la ville le coeur de la vieille ville de Saint-Gaudens, où un monument impressionne par ses dimensions et par son clocher imposant. Les amateurs d’histoire et d’architecture ne s’y tromperont pas : l’Eglise collégiale, dédiée à saint Pierre et saint Gaudens, est un véritable chef-d’oeuvre de l’art roman, édifiée entre le XIème et XIIème siècle. Réputée pour être l’une des plus belles églises sur la route des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, elle est l’un des symboles de Saint-Gaudens.
N’hésitez pas à jeter un œil à son cloître pour admirer de magnifiques chapiteaux du XIIe et son portail de style gothique flamboyant. A l’intérieur de la collégiale restaurée récemment, vous y découvrirez de magnifiques tapisseries d’Aubusson dont celle du martyr Gaudent parti avec sa tête sous le bras. Depuis le parvis de la collégiale de la capitale du Comminges, la vue sur la chaîne de montagnes s’étend presque à perte de vue. Le pic du Midi (2 877 m), les sommets ariégeois et le pic du Cagire (1 912 m) est époustouflante. Les Pyrénées offrent un spectacle magique !
Flânez dans les rues de Saint-Gaudens, puis continuez la route touristique "Épopée historique en Haute-Garonne" en direction de Proupiary, via la D921 (176 km). L'histoire du village est couplée à celle de l'abbaye cistercienne de Bonnefont. Petite sœur de Cîteaux, l’abbaye de Bonnefont a connu une grande prospérité. Fondée en 1136 sur des terres offertes par Flandrine de Montpezat et ses fils, l’abbaye cistercienne de Bonnefont a joué un rôle dans le Comminges tant au point de vue religieux qu’artistique, agricole, économique et même politique. Ainsi, l’abbaye a prospéré en essaimant d’une part de nouvelles abbayes : Abbaye de Villelongue, Abbaye de Boulbonne, Abbaye de Pérignac, Abbaye de Nizors et deux abbayes en Espagne Fontclar et Labaix; et d’autre part en construisant des bastides : Boussens, Carbonne, Plaisance du Touch, Lestelle de Saint-Martory... et des granges.
Si le déclin progressif de la communauté s’est amorcé à partir du XIVe siècle, c’est la Révolution qui mit un terme à l’activité des moines. L’abbaye fut alors vendue comme bien national et son nouveau propriétaire, puis ses descendants s’occupèrent de la démanteler. Ses éléments se retrouvent ainsi dispersés : portail de la salle capitulaire à Saint-Martory, façade de l'abbatiale à Touille. Une grande partie du cloître a été remontée dans un jardin public de Saint-Gaudens, le reste se trouve aux États-Unis au musée des cloîtres de New York. Le gisant de Bernard, comte de Comminges a été racheté par le Musée des Augustins de Toulouse en 1823.
L’abbaye aujourd’hui partiellement en ruines présente les vestiges suivant : Le bâtiment des Convers, La Porterie, Le lavabo, Des vestiges aux sols de l’église abbatiale, du cloître et de la salle capitulaire. Dans le centre du village de Proupiary, vous découvrirez l'église Sainte-Catherine datant du XIVe siècle. Aucune modification n'a été apportée à l'édifice depuis sa construction.
L’itinéraire touristique conseillé s’arrrêtera à Rieux-Volvestre, via la D62 (211 km). Rieux-Volvestre a fait partie de l'association "Les Plus Beaux Villages de France", aujourd'hui la cité médiévale fait partie de l'association "Les Plus Beaux Détours de France". Davantage connu pour son histoire médiévale, le Volvestre était déjà habité durant l’Antiquité. Et pour mettre en valeur cette période, « le Village Gaulois » à Rieux-Volvestre, archéosite dédié à nos ancêtres gaulois, permet de découvrir la vie quotidienne des peuples Volques Tectosages dans un village grandeur nature reconstitué.
Les Gaulois de la région de Toulouse, les Volques Tectosages ont laissé de nombreuses traces tout le long de la Garonne jusqu'à Tolosa, correspondant aujourd'hui à Vieille-Toulouse. Le Village Gaulois de Saint-Julien est la construction d'une vingtaine de maisons et bâtiments en bois, terre et chaume. Des artisans (poterie, tanneur, boisilleur, dinanderie, teinturerie, tissage, tabletterie, vannerie, orfèvrerie, forgeron...) investissent le lieu et présentent les savoir-faire déjà connus au deuxième âge du fer, aussi appelée période gauloise (-450 à 50 apr. J.-C.).
Vous pouvez également, au fur et à mesure de votre déambulation d'autres traces remarquables du passé et mille autres détails qui témoignent de l'histoire de la ville, s'offrant au touriste curieux en balade. Ce village de Rieux-Volvestre au passé médiéval invite à la découverte. Ancien évêché, sa cathédrale gothique domine les ruelles. Edifiée au XIVe siècle, la cathédrale de la Nativité-de-Marie : ancienne cathédrale Sainte-Marie,, l’une des trois cathédrales que compte la Haute-Garonne, est un exemple d’architecture méridionale. Sa position défensive en bord d’Arize, son clocher octogonal, et son trésor épiscopal de 66 pièces en font un site remarquable.
Rieux fut le siège d'une judicature royale où, en 1560, eut lieu le procès de l'affaire Martin Guerre. Les rues pleines de vie du centre historique de Rieux-Volvestre sont jalonnées d'un grand nombre d'édifice du patrimoine historique. Au cœur du centre ancien, la halle à la charpente en bois a été édifiée au XVe siècle est située. Découvrez les maisons médiévales à colombages, dont trois situées place de Lastic dont la maison à pans de bois datant du XVe siècle est notable par sa façade dont les motifs en losanges et en arêtes de poissons témoignent de sa prospérité médiévale. La tour médiévale "la Tourasse" du XIIIe siècle abrite encore des geôles et un théâtre à l’Italienne. Les Jacobins, ancien couvent des Dominicains, situé dans le parc du même nom a été transformé en école au XIXe siècle.
Le pont Lajous, qui enjambe l’Arize, reliait la cité de Rieux-Volvestre au château seigneurial sur l’autre rive. Au Moyen Age, ce pont de brique était pourvu de portes à ses deux extrémités manquant ainsi son rôle de péage. Depuis le Pont Lajous, prenez une photo digne d’une carte postale avec la cathédrale Sainte-Marie en fond d’écran et le pont enjambant l’Arize au permier plan ! Ne manquez pas également le Pont d'Auriac, avec sa chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Garde, édifiée au-dessus de la pile centrale. Rare construction, la chapelle Notre-Dame de Bonne Garde date des guerres de religion, elle était censée protéger la cité des invasions de Huguenots (protestants), venus de Montesquieu et de l’Ariège.
En partant de Rieux-Volvestre, faites un détour jusqu’à Montesquieu-Volvestre (226 km), bastide construite en 1238, elle cache de véritables trésors comme sa halle ou l’intérieur de son église richement décoré. La présence avérée d’une forteresse (le Castéra) construite à la romaine avec des pieux en bois laisse supposer que le Volvestre était un « pagus » (pays) carolingien voire même un « fundus » gallo-romain. Si le site est déjà connu et habité durant l'Antiquité romaine, c'est en 1238 que le comte de Toulouse Raymond VII décide de créer la bastide de Montesquieu dans une boucle de l'Arize. Conçue selon un plan géographique qui forme toujours le centre de la ville, la bastide devient rapidement une capitale politique et économique du Volvestre.
Son patrimoine caractéristique lié à son passé de bastide justifient cette étape lors de votre Road Trip dans la région. Dans le centre historique de la bastide de Montesquieu-Volvestre, l'église Saint-Victor peut constituer le point de départ d'un parcours découverte. Bâtie au XIIIe siècle, elle affiche au niveau de sa façade un aspect massif et fortifié : logique, puisque l'édifice faisait partie du système de défense de la cité. On remarque par ailleurs son clocher haut de 32 mètres, formé au niveau supérieur de trois étages aux ouvertures gothiques. L'église conserve de nombreuses œuvres d'art sacré. Le joyau en est la sculpture représentant la Mise au Tombeau.
Autre édifice médiéval, la halle de Montesquieu-Volvestre, contemporaine de la création de la bastide, au XIIIè siècle. A l'origine, le sol était en galets et les piliers en bois. Sous la halle, on avait bâti des mesures à grains très utiles pour le négoce, creusées dans la pierre et posées sur une tribune en maçonnerie et à laquelle on accédait par quelques marches. Cet édifice a subi, au cours des siècles, les outrages du temps. Prenez plaisir à observer les édifices autour de la place qui ont conservé des galeries couvertes à arcades en rez-de-chaussée.
Outre les charmantes ruelles étroites de Montesquieu-Volvestre, à signaler encore le heurtoir de l’ancienne maison des œuvres de la rue des Olières en forme de coquille Saint Jacques. La rue de l’Hospice et le bâtiment de l’Hôpital Saint Jacques du XVII ou XVIIIe. Le Moulin sur l'Arize Moulin de Barrau des XVe, XVIe, XVIIe et XVIIIe, un des rares moulins encore en activités. Profitez des panoramas depuis la table d’orientation du Castéra. Enfin, au sud-est du bourg, se situe le château de Palays. Une tour et un castrum contrôlent déjà la confluence du ruisseau du Pas-du-Rat avec l'Arize quand, juste à la frontière entre comtés de Toulouse et de Foix, le domaine est acquis en 1444 par Jean de Massot qui devient "seigneur de Palays". Se dresse ensuite une forteresse en forme de quadrilatère, aux remparts couverts de briques, avec chemins de ronde, fossés et tours aux angles.
Maintenant, retournez jusqu'à Rieux-Volvestre, puis partez en direction de Carbonne (240 km). Le plus ancien document mentionnant le nom de Carbonne date de 1145, il décrit la donation de terres faite par le baron de Tersac à l'abbaye de Bonnefont. De ces terres défrichées par les moines, un village se crée à l'intérieur de la presqu'île, dans la boucle du méandre protecteur de la Garonne. En 1244, les troupes de Simon V de Montfort pillent le village qui ne reprend vie qu'en 1256, lorsqu'est construite la première bastide par Alphonse de Poitiers. De cette époque subsistent encore le clocher pignon et la tour adossée à l'église dédiée à saint Laurent.
Carbonne abrite le musée du grand sculpteur André Abbal dont le jardin bucolique avec ses œuvres monumentales invite au romantisme. Le musée créé en 1972 sur l'atelier du sculpteur offre au visiteur un espace composé de trois secteurs : le parcours muséographique constitué de plusieurs salles dédiées aux sculptures et dessins d'André Abbal ; les salles d'expositions temporaires qui accueillent des créateurs contemporains ; le jardin avec des oeuvres monumentales.
Vous pouvez revenir sur Toulouse, via A64 (287 km).