Bras se développe au XIe siècle, au Moyen-Àge la bourgade se fortifia, Bras est cité en 1015 Brachium ou Castrum de Braz Vel Bracio. Ce site avait une importance stratégique car il dominait la vallée du Cauron et se préservait ainsi des éventuels assauts. Au Moyen Âge, un castrum est un lieu d’habitat aristocratique et paysan clos et fortifié. La motte castrale est le premier mode de protection par une enceinte, apparu au Xe siècle. Le castellum, c’est aussi le château central du castrum : village plus ou moins fortifié sur une hauteur.
En 1241, Raimond Bérenger fit don du fief de Bras à l'évêque de Riez, frère de l’Ordre et Commandeur de Richerenches de 1175 à 1179. Les Templiers s’installent sur le site à la suite d’une donation de Foulques de Bras. Plus tard, le fief devint une seigneurie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem lors de le dévolution des biens de l'ordre du Temple. Les Templiers s’installent à proximité du village dans des bâtiments dont le centre est constitué par la chapelle Notre-Dame-de-Bethléem. Ils vont alors participer à la croissance du bourg. Cette commanderie était en fait une exploitation agricole qui assurait le ravitaillement des établissements templiers d’Orient via le port de Marseille…
Suite à des épidémies de Peste du XIVe et XVe siècle, le site de Saint-Pierre est abandonné au profit d’un nouveau village en contrebas de la colline. Dès le XVIe siècle, des maisons se construisent hors de l’enceinte. Templiers et légendes font partie de l'histoire de ce village tranquille traversé par le Cauron.
Le nom du village viendrait du mot celtique "Braz" qui désigne un trou d'eau. Et le paysage autour du village est en effet caractérisé par la fraîcheur des nombreuses rivières, mais aussi par des étangs profonds et limpides, les "Gours Bénits". Une légende assure que des villageois mécréants furent punis par le ciel et disparurent dans les eaux d'un lac creusé soudainement. Cependant, la science parle plutôt d'origine volcanique pour ces petits lacs et gouffres. Entouré de collines, traversé du Sud au Nord par le Cauron, riche en eaux de source et de rivières, de vestiges médiévaux, de sources mystérieuses et vallons perdus attendent votre visite à Bras.
Rempli d’histoire de par la Chapelle des Templiers, la commanderie de l’Ordre, le village de Bras compte également bon nombre de ponts romains, d’oratoires et de ruines d’un village jadis fortifié. Dirigez-vous vers le parking situé place des Allées, à proximité découvrer le lavoir du Cauron. Le lavoir se trouve au niveau de la rivière, un peu en amont, et fonctionnait jusqu'aux années soixante. Un beau pigeonnier se trouve également près du Cauron, ce grand pigeonnier est le dernier témoin d'un pavillon seigneurial qui existait en bordure de rivière ; les pigeons étaient une viande prisée. Les pigeonniers etaient surtout réservés aux seigneurs et à ceux qui possèdent des terres. En effet, la fiente de pigeon, appelée colombine, produit un engrais d’excellente qualité pour fertiliser les champs, grâce à sa riche teneur en azote et en acide phosphorique.
Au début du XVe siècle, la seigneurie de Bras appartient à la famille des Barras. Sextuis d’Escalis puis sa sœur Claire apportèrent Bras dans la famille des Puget-Barbentane. Ils aménagèrent un pavillon seigneurial en bordure de la rivière et y habitèrent longtemps. Les vestiges ont disparu lors de la construction de la route départementale, mais sur la rive droite du Cauron subsiste ce pigeonnier massif qui signale la proximité de la demeure seigneuriale. Une allée d’arbres menait du pont au pavillon. C’est elle qui donna son nom au site de la leio. Le pavillon occupait un vaste emplacement : le côté ouest s’appuyait contre le flanc de la colline où s’ouvrait le chemin de Brue-Auriac.
Poursuivre vers l'église Notre-Dame-des-Agrenas construite à la fin du XVIe siècle. Constituée d'une nef unique voutée d'ogives à six travées, elle a été érigée alors que la population quittait progressivement le quartier Saint-Pierre. Le chevet est éclairé par deux petites baies ogivales. Un joli petit campanile, et garni d'une seule cloche couronne le clocher carré. Le moine capucin Théophile Minuti, natif de Bras et décédé en 1662, fit parvenir en Europe des manuscrits bibliques écrits en copte et en arabe. Il est enterré dans l'église.
Juste à côté du centre du village se trouve la haute fontaine des gargouilles, la fontaine était autrefois alimentée depuis la source du Raï par un réseau souterrain en terre cuite. Déhambulez dans la rue piétonne typiquement provençale nommée "Farraïoun". Une plaque explique son nom "Farraïoun", le nom provençal du "fer". Ce nom étrange a été attribué au bruit des chevaux ferrés qui empruntaient la rue étroite jusqu'à l'église du village qui se dressait alors au sommet. Les rues de Bras au nord sont la partie la plus ancienne du village. Sur votre chemin remarquez le magnifique portail ancien. Un peu plus loin se trouve un bâtiment qui fut le Château au XVIIIe siècle ; plus tard, il devint l'école du village, puis la mairie et la poste.
En continuant vers le nord, un chemin monte la colline en passant devant les ruines de l'ancien village jusqu'à la petite chapelle Saint-Pierre au sommet. Sur la colline Saint-Pierre se dressent les ruines du castrum médiéval, permettant d'apprécier un joli panorama sur les alentours. La vue panoramique embrasse la vallée du Cauron, le village et le massif de la Sainte-Baume.
Après environ 15 minutes de marche, votre parcours vous mène à la petite chapelle romane des Templiers du XIIe siècle où était installée la commanderie de l'Ordre des Templiers. Elle est dédiée à Notre Dame de Bethléem. La chapelle Notre-Dame de Bethléem est un exemple d'architecture romane rurale, récemment rénovée, la chapelle est marquée de plusieurs croix gravées qui témoignent de sa construction par les Templiers vers 1225. Elle est bâtie par l'ordre des Templiers sur le site de leur commanderie. Sa porte dans la façade nord faisait face à la commanderie et le quartier est nommé quartier de l'Hôpital en souvenir de l'ordre des frères hospitaliers à qui fût confié le patrimoine des Templiers après leur persécution et dissolution en 1312.
A 3 km du village, sur la route de Brue-Auriac, les cascades du Tombereau vous offriront un havre de fraîcheur. Le Cauron et L'Argens se rejoignent sur un site de cascade. Une clairière voisine est propice au pique-nique. Le village s'y retrouve chaque année pour la fête du Tombereau. Le pont San Sumian, vestige de l’époque gallo-romaine, rebâti ultérieurement sur les Gorges de l’Argens, reliait le village de Bras à ceux de Brue-Auriac et de Barjols. Les romains s’étaient implantés dans la région, l’essentiel des chemins ruraux datait de cette époque.
Les amateurs de mystères iront sûrement visiter à l'ouest du village le site des Gourds Bénis, gouffres d'origine volcanique remplis d'eau cristalline - la baignade est très fortement déconseillée en raison des risques de noyades. Cette même eau serait devenue rouge sang lors du tremblement de terre qui ravagea Lisbonne en 1754.