A partir de Fayence, empruntez la D56 une petite route sinueuse, dans la montée vers Mons, ne pas rater l'impressionnante roche taillée. C'est d'ici, vers le milieu du Ier siècle apr. J.-C., que partait l'interminable aqueduc de 41 567 m destiné à alimenter Forum Julii (Fréjus) du temps des Romains. Il est toujours en fonction dans son trajet sur la commune de Mons. Pour maintenir une pente constante, les Romains n’ont pas hésité à trancher une énorme masse rocheuse surplombant la Siagnole : la Rochetaillée 50 m de longueur et 8 m de hauteur ! Les gorges de la Siagnole, avec leurs moulins et leurs grottes, sont chargées d'histoire.
Au sortir d'une forêt de chênes et de pins, bâti en hauteur sur un plateau d'altitude, Mons s'offre soudain aux regards admiratifs. En arrivant par la route de Caillans, arrêtez-vous à la chapelle Notre-Dame de Pitié du XVIIe siècle, située au col de Notre-Dame, elle offre une splendide vue sur le village. La beauté des paysages séduira les amoureux de la nature et les amateurs de jolies photos. L'édifice actuel est constitué en deux blocs : une partie "ancienne" à l'arrière (4,8 m de l.) et plus récente en avant (6,50 m de l.) étagées sur deux niveaux principaux. La chapelle Notre-Dame de Pitié est issu de l'agrandissement d'une première chapelle, une possible Notre-Dame de Clivio du XIIe siècle qui constitue la partie arrière. Deux portes sont en façade, une autre dans le premier mur ouest et rebouchée anciennement, pouvait accéder à un petit presbytère, aujourd'hui disparu. Entre 1630 et 1668, un grand auvent puis la construction actuelle ont été faits. Les décorations, notamment celles de coquillages, n'ont pas pu être datées clairement. Les archives consultées ont été assez pauvres en renseignement.
En arrivant au pied du village de Mons, vous pouvez stationner votre véhicule avenue Fors Ville Joseph Jourdan. Vous trouverez également un Parking gratuit place Saint-Sébastien. On se sent un peu au bout du monde dans cet adorable petit village perché sur son éperon rocheux. Ce beau village du Pays de Fayence se dresse toujours fièrement sur son éperon rocheux, sur lequel on peut encore voir des restes d'enceinte et les vestiges du château féodal, du moins la base d'une tour. Au XIe siècle, Mons appartenait à la principauté de Callian, puis fut la propriété du seigneur de Villeneuve, et ceci jusqu’à la Révolution. La grande peste de 1348 ayant décimé la population du village, le seigneur de Mons, Antoine de Villeneuve, encouragea l'implantation de familles venues de la Ligurie voisine, autour de Vintimille, mais aussi de Gênes. Bons maçons, ils participent à la construction de la ville et de ses remparts, mais aussi paysans courageux et travailleurs. Ils vont modeler le paysage rural, en construisant murets, calades et restanques (les faïsses) ; ils ont aussi apporté avec eux, la culture de l'olivier, travaillé à la transformation des figues, d'où leur nom "les Figouns", et développé l'élevage.
La plupart des maisons dans ces vieilles ruelles étroites de ce village de caractère datent des XIe & XIIIe siècle dans le quartier de "Château-Vieux", jusqu'aux "Portes Seigneuriales" entrée de l'ancienne cité médiévale. En 1580, les habitants ont chassés le seigneur et incendié le château. En représailles, le duc de Savoie fait le siège de Mons en 1590, depuis ce site est appelé "Château-Vieux". Montez par la rue du Costillon, sur votre gauche visiter le musée Marine et Monstagne. Oeuvre de Monsieur Robert Audibert surnommé « le marin de Mons », ce passionné expose ici l'ensemble des maquettes de bateaux qu'il a réalisées en allumettes tout au long de sa vie. Parmi les pièces les plus incroyables, ne manquez pas Soleil Royal, avec ses voiles et ses canons : il a en tout nécessité quelque 5 000 heures de travail et 32 000 allumettes.On y découvre aussi la maquette de son village Mons et un auto-portrait de l’artiste.
Vous voici sur la placette du château communal, et sur votre droite la place Saint-Sébastien, ombragée par de superbes marronniers, où trône une fontaine moussue. Une table d’orientation vous attend sur cette place Saint-Sébastien, le villages culmine à 814 m d'altitude offrant à vos yeux une vue superbe et surprenante, où la mer est presque toujours visible, avec les Iles de Lérins devant Cannes et Fréjus-Plage. La nuit on peut voir la lumière périodique du phare du Cap Camarat, près de St-Tropez. Certains jours, le regard atteint même jusqu’aux montagnes Corses. A l'extrémité de la place, la chapelle des Pénitents blancs Fondée en 1604 possède un retable baroque daté de 1713, une grande partie de cette chapelle a été transformée en mairie en 1969.
Mons raconte l’histoire des anciens métiers au travers de 35 jolies enseignes en fer forgé, placées au gré des ruelles et traverses. Elles rappellent le passé médiéval de la commune et vous invite à cheminer à travers le temps, les vieux murs du village racontent leurs histoires. Les petites ruelles sont étroites encerclées par les vieilles maisons en pierre dont certaines ont gardé des traces médiévales et mas provençaux. Engagez-vous dans la calade du rempart du Midi, remontez place du Cordier, puis la rue Jean Vardon. Des arcades, des porches conduisent d'un quartier à l'autre, avec des ruelles aux noms évocateurs et charmants : impasse du vieux trou du muletier, porte bouffante, "carriero roumpe-cuou", calade du Boucher, Rue du Taillandier, la place du Tisserand. Elles nous rappellent l'importance de la mémoire histoirique des noms du rues et des ruelles pittoresques. Des fontaines ornent les placettes romantiques du village. De pas en pas le visiteur découvre porches, arcades, portes sculptées fenêtres renaissance, lavoirs.
Continuez en direction de la Rue Pierre Porre, sur la droite se trouve le Musée de La Maison Monsoise. La Maison Monsoise est une des rares maisons du village dans laquelle tous les éléments architecturaux de la vie d'autrefois ont été conservés : le potager, le bugadier, la vieille cheminée et son foyer en pierre. Fruit de la collaboration de tous les monsois, cette vieill maison est devenue : un lieu de sauvegarde du patrimoine, un lieu de mémoire, un lieu d'échange et de création. Poursuivez dans Rue Pierre Porre, au niveau de l'angle de la rue Clément Rolland, le grand four à l'origine de cet immeuble appartenait à la commune de Mons. L'acte d'habitation datant de 1468 évoque le don du four à pain par le seigneur de la communauté, Antoine de Villeneuve, en échange du prélèvement d'un pain ou d'un gâteau sur 40, au titre du droit de fournage. Ayant cessé de fonctionner à la fin de la Grande Guerre, le bâtiment a depuis été réhabilité et présente un modeste éco-musée. Renseignez-vous auprès du bureau d'information touristique de Mons, ou de l'office de tourisme du Pays de Fayence, si vous souhaitez visiter le grand four "Lou Fournas".
Suivre la Rue Pierre Pore, montez la calade vers la placette du Vieux-Château, puis la place Vieille. A proximité admirez la porte Bouffante du Chaudronnier Ambulant, et la terrasse de la Chapelle du Seigneur avec un très beau point de vue. Admirez également la maison renaissance avec ses fenêtres à meneaux. Continuez votre balade par la Rue des Portes Seigneuriales jusqu'à la Place de l'église. L'église Notre-Dame de l'Assomption fut commencée en 1260, et agrandie à diverses époques, en particulier aux XVe et XVIIe siècles. L'église présente un très rare ensemble de six magnifiques retables baroques du XVIIe siècle, ainsi que deux croix processionnelles et une exposition de 91 santons habillés, ornent l'intérieur de cet édifice. Le campanile et les cloches sont parmi les plus anciennes du Var : Vénus (1488), Marie-Anne Sauveterre (1501) et Musane (1535). Au XIIe siècle, une église consacrée à Sainte Victoire, fut construite dans l’enceinte du château, aux XIVe et XVe siècles le village se développa malgré les épidémies de peste.
Pendant votre promenade, il faut prendre le temps de se promener dans les belles rues caladées, d'admirer les beaux assemblages de pierre calcaire, utilisée pour les frontons des portes anciennes ou les escaliers dans ce village de caractère. Vous remarquerez que les remparts et certaines portes fortifiées sont bien conservés. Au retour, via la route de Saillans, arrêtez-vous à la chapelle Saint-Roch, bâtie sur un piton rocheux. La chapelle du XIIIe remaniée au XVIIe siècle est de petite dimension, elle est dédiée à Saint-Roch, né à Montpellier qui est fêté le 16 août.