Surnommée la Venise du Comtat, L'Isle-sur-la-Sorgue (km 0) sera le point de départ de cette escapade touristique "au fil de l'eau" dans le Vaucluse. L’Isle sur la Sorgue est un petit paradis de verdure traversé par plusieurs canaux alimentés par la Sorgue sur lesquels tournent encore de vieilles roues à aube. Elle a été construite au XIIe siècle sur pilotis dans les marécages.
Déjà au XIIe siècle, les habitants de L'Isle-sur-la-Sorgue, se servent de la Sorgue pour se défendre, la rivière sert de fossé aux remparts qui entourent la ville jusqu'en 1795. Au XVIe siècle, la communauté de L'Isle-sur-la-Sorgue fonda la Confrérie des Pêcheurs pour défendre ses pêcheurs malades. Elle avait son siège à Notre Dame de Sorguette. L'épidémie de 1884 qui fit disparaître toutes les écrevisses fut une véritable calamité pour la ville.
Ses grandes roues à aube moussues alimentaient autrefois les moulins à blé dès le XIIe siècle, puis les moulins à papier et les filatures de laine et la soie. Au XIXe siècle, on comptait 62 roues à aubes dans L'Isle-sur-la-Sorgue, seules 5 fonctionnent encore aujourd'hui. Avec ses rues en calade, ses passages voûtés, c'est une invitation à la promenade. Les flaneries, le long de la Sorgue, sont reposantes et tellement romantiques.
Dans le centre ancien de L'Isle-sur-la-Sorgue, ruelles et canaux s’entrelacent, vous apprécierez tout son charme en vous baladant le long de ses canaux qui se faufilent entre les rues étroites et anciennes. Des rues aux noms évocateurs de la Loutre, de l'Anguille, de la Truite, de l'Ecrevisse. Vous passerez sur de petits ponts et suivrez le travail des grandes roues à aubes entraînées par la Sorgue. De nombreux escaliers descendent aux lavoirs.
Le patrimoine historique de L'Isle sur la Sorgue illustre l'importance de la ville au sein du Comtat Venaissin au XIV° siècle. La Collégiale Notre-Dame-des-Anges avec son intérieur baroque est exceptionnelle, la pharmacie de l'Hôpital, dans son décor d'origine du XVIIIe siècle possède une rare collection de pots en faïence de Moustiers. De magnifiques hôtels particuliers reconvertis en galerie d'art sont à découvrir, parmi eux le célèbre Maison René Char...
Devenue le haut lieu des antiquaires et brocanteurs, la ville s'anime particulièrement le dimanche matin avec son marché et sa foire à la brocante le long de l'avenue des Quatre-Otages. C’est aussi la 3ème place Européenne de la brocante et des antiquités avec plus de 300 antiquaires et brocanteurs permanents. L'Isle sur la Sorgue compte de nombreuses galeries d'art réparties dans toute la ville.
Poursuivre en direction de Fontaine-de-Vaucluse, via la D57 et D25 (9 km). C'est dans ce village et plus précisément au pied d'une haute falaise que se trouve la source de la Sorgue. L'eau jaillit ici d'un gouffre mystérieux, son débit est d'ailleurs connu pour être exceptionnel. Parking obligatoire payant et aménagé à l’entrée du village.
Le site de Vallis Clausa, littéralement Vallée close, inspira le nom actuel de ce village et détermina celui du département. Au bout d’une profonde gorge verdoyante, au pied d’une formidable falaise sculptée par l’érosion, jaillit la plus belle rivière du département : la Sorgue. Cette source est la plus importante résurgence d’Europeen termes de débit, l'eau d’une pureté exceptionnelle jaillit en période de crue.
Les eaux qui bondissent à Fontaine-de-Vaucluse, proviennent de l'infiltration des eaux de pluie et de la fonte des neiges du sud du mont Ventoux, des monts de Vaucluse, de la montagne de Lure, des gorges de la Nesque qui représentent un "impluvium" de 1 240 km² dont l'unique issue demeure la Fontaine. En toutes saisons, les sources secondaires alimentent la Sorgue qui forme un très beau plan d'eau ombragé de platanes séculaires.
Parfois paisible, parfois bouillonnante et impétueuse comme au printemps, la fontaine est un véritable caprice de la nature. Ses eaux vert-émeraude généralement calmes l'été deviennent spectaculaires en période de crue. La beauté de ce site naturel a su émouvoir le cœur de nombreux écrivains et poètes : Pétrarque, Boccace, Chateaubriand, Frédéric Mistral et René Char.
La visite de Fontaine-de-Vaucluse est aussi l'occasion de se promener sur les rives de la Sorgue. Un sentier aménagé longe la rivière et guide vos pas jusqu'à la résurgence. Compter 20 minutes de marche depuis le parking jusqu’au gouffre (1.2km). A son propre rythme on peut se balader dans la fraicheur qui émane de la source, admirer les vestiges et petits monuments historiques. Fontaine-de-Vaucluse s'est enrichi ces dernières années d'un ensemble de musées à l'intérêt certain.
L'eau de la Sorgue a joué un rôle primordial pour l’économie de ce territoire. En utilisant sa force, des moulins à papier ont fait leur apparition au xve siècle. Fleuron de l'industrie locale, la papeterie et en particulier les Papeteries Navarre et son usine de Galas assura jusqu'en 1950 la prospérité du lieu avant d’être dépassée par la modernité et remplacée localement au profit du tourisme et de l'artisanat. Il reste aujourd'hui une papeterie au village.
Le village de Fontaine-de-Vaucluse est dominé par les ruines romantiques du château des évêques de Cavaillon du XIVe siècle. Ainsi que deux habitations troglodyte dont l'une, la Bastide de la Beaume, est presque aristocratique. Saint Véran est l'autre personnage central de Fontaine-de-Vaucluse. Une église du même nom lui est dédiée, de style roman provençal datant du XI° siècle, édifiée sur les ruines d’un temple païen.
Le visiteur y pénètre par une porte surmontée d'un oculus. Deux magnifiques colonnes cannelées d'origine romaine sont le clou de la visite. A l'extérieur, le regard croise, médusé, un étrange bestiaire dans une partie supérieure avoisinant des masques énigmatiques et des têtes humaines jumelées. Dans la "Cella" se trouve la tombe de Saint Véran. Petit autel tabulaire de l'époque mérovingienne, statue du Saint terrassant la "couloubre" ferment la marche d'une visite promise à mille surprises.
A voir les Roues à aubes à la hauteur de la Vallis Clausa et près du pont de la place de la Mairie. Indissociable du nom de ce village, François Pétrarque est l'une des attractions phares de Fontaine-de-Vaucluse. Une hâlte au musée bibliothèque qui lui est dédié, vous permettra de découvrir cet immense auteur de la littérature italienne. Sans oublier les vestiges d’un canal romain construit le long de la rive gauche de la Sorgue.
Rejoindre Saumane-de-Vaucluse, via la D25 et la D57 (14 km). Ce village médiéval perché se situe juste au-dessus de la vallée de la Sorgue, au milieu d'un cadre verdoyant. Saumane-de-Vaucluse possède un patrimoine architectural riche et intéressant pour les amateurs de vieilles pierres et d'histoire. Dans le village, les visiteurs découvrent avec plaisir les vieilles pierres, ruelles caladées, maisons typiques de la région et vestiges de remparts très bien conservés.
En vous promenant dans les toutes petites et très charmantes ruelles de Saumane-de-Vaucluse, vous découvrirez quelques jolies fontaines, des lavoirs ainsi que le donjon de l'antique castrum "Salmana" datant du XIIe siècle. L'église romane Saint-Trophime, pur joyau d'art roman provençal, mérite le coup d'oeil avec son imposant clocher-arcade à double baie et sa cloche du XVe siècle.
Tout en haut du village, domine un impressionnant château-forteresse construit au XIIe siècle, le château de Saumane-de-Vaucluse est perché au sommet d’un éperon rocheux. Il fut autrefois l'ancienne propriété de l'oncle du célèbre marquis de Sade. Il a connu de nombreux aménagements, notamment entre les XIVe et XVIIe siècles. Aujourd'hui propriété privée, il se visite sur réservation ou encore tout l'été. On appréciera la vue sur la plaine de la Sorgue riche en pins et autres oliviers.
Ne quittez pas Saumane-de-Vaucluse sans être aller faire un tour au lieu-dit "La Crémade" pour visiter le petit musée d'archéologie et le santonnier qui crée juste à côté de superbes petits sujets de crêche provençale. Aux alentours du village, quelques belles bories présentent leur architecture si particulière.
La prochaine étape sera La Roque-sur-Pernes, via la D57 (21 km), perché sur les monts de Vaucluse à proximité du Beaucet. Au cœur du Luberon, le charme pittoresque du village lui confère un visage de carte postale. Le village perché se dévoile en prenant un peu de recul sur la route de la colline Saint-Antoine. La vue de La Roque-sur-Pernes est alors magnifique.
Accroché à la roche, la découverte du cœur historique de La Roque-sur-Pernes peut être l'opportunité d'une agréable balade à travers les ruelles pittoresques étroites et tortueuses au détour desquelles, près des anciens remparts, se présentent de magnifiques points de vue sur la plaine. Le village a été restauré et son patrimoine est mis en valeur, ce qui ravit les visiteurs en quête d'authenticité.
La place du village de La Roque-sur-Pernes est accueillante et ombragée, avec la Fontaine du Renard, un escalier étroit mène à l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de style roman, édifiée au XIe siècle et remaniée aux XVe et XIXe siècles. A l'intérieur, est abrité un buste de saint Antoine, patron du village, sculpté au XVIIe siècle par Comtadin Bernus. Par ailleurs, plus récemment, un triptyque a été installé qui rappelle la dramatique épopée des réfugiés du Banat.
Remanié et restauré, l'ancien château médiéval a été soigneusement restauré et transformé en une maison d'hôte de luxe et ne visite pas. Le site, vous offre des panoramas splendides sur la Vallée du Rhône et le Mont Ventoux. En revanche, sur la place de la Fontaine du Portail Haut, on remarque les vestiges de l'ancien moulin à huile communal, dénommé le moulin à sang. D'autres fontaines et lavoirs jalonneront ce parcours : la fontaine du Portail Bas, le lavoir et la fontaine de la Fontvieille.
Situé au milieu de La Roque-sur-Pernes, la Maison de l’Histoire Locale avec les vestiges du moulin à huile est un petit musée qui présente une collection d'objets qui attestent de la présence d'humaines à l'époque préhistorique et racontent la vie de la Roque sur Pernes jusqu'à nos jours.
Prendre la direction de Pernes-les-Fontaines, via la D121 (26 km). Ancienne capitale du Comtat Venaissin, également appelée "La Perle du Comtat", Pernes-les-Fontaines, classé parmi "Les plus beaux détours de France", se situe au pied du Mont Ventoux, adossée aux Monts de Vaucluse. Pénétrez au coeur du centre ancien encore ceinturé de remparts et d'imposantes portes fortifiées… La porte Notre-Dame ornée de deux tours est un très beau vestige.
Pernes-les-Fontaines présente la particularité de posséder quarante fontaines de styles très variés. Ces fontaines ont vraiment de quoi combler les amateurs. Le "Circuit des Fontaines" permet de toutes les découvrir. La ville de Pernes-les-Fontaines offre également d'autres trésors comme la tour Ferrande où vous découvrirez le plus précieux des trésors historiques de la ville : des fresques du XIIIe siècle magnifiquement conservées.
Empruntez la petite calade ombragée et tortueuse jusqu'au sommet de la tour de l'Horloge et profitez du panorama exceptionnel sur la plaine du Comtat et sur le Mont Ventoux. De sa collégiale romane aux 14 anciens hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècle, en passant par les petites chapelles, faites un voyage dans le temps d'une visite à une autre, à votre rythme.
Vous croiserez aussi le donjon de les ruines de l'ancien château des Comtes de Toulouse, la halle couverte du XVIIe siècle, ses nombreux jardins, ses ruelles de calades, ses placettes ombragées et sa campagne environnante parée de vignes et de vergers… Pernes-les-Fontaines est également labellisé "Ville & métiers d’Arts", ce n’est pas moins de 25 artisans d’art que vous allez pouvoir retrouver dans leurs ateliers mais également au sein de l’Office de Tourisme où un espace leur est dédié.
Le Thor sera la dernière étape de cette Route touristique "Au fil de l'eau" dans le Vaucluse, via D1 (40 km). Le cœur ancien de la cité est établi entre les deux bras de la rivière, et son territoire fut longtemps constitué dans sa partie nord par des zones marécageuses. Le Thor, reconnue comme la capitale du raisin chasselas, a préservé un patrimoine historique très riche, notamment au sein de son enceinte fortifiée entre les bras de la Sorgue.
Une promenade dans les ruelles anciennes et ombragées permet ensuite de remarquer de jolis édifices tels que l'Hôtel des Consuls où se réunissaient sous l'Ancien régime les dirigeants de Le Thor alors que l'assemblée des habitants avait lieu sous le porche de l'église, des maisons ayant conservé une poutre sculptée en angle de charpente, rue de Verdelin, ou encore le château Courtet du XIIIe siècle, ne se visite pas.
On y découvre également au niveau de l'ancienne porte de Douzabas dite aussi de Notre-Dame une tour-porche remaniée en 1846, dotée d'une plate-forme avec mâchicoulis et d'un beffroi haut de 7 m dont les deux faces sont ornées de cadrans. En 1847, une flèche de 25 m fut installée sur le campanile. Dans le centre ancien, toujours, l'église Notre-Dame-du-Lac construite au XIIe siècle est considérée comme un chef-d'œuvre de l'art roman provençal.
Les anciens remparts, le moulin à roue de la Garancine, le couvent des Dominicains, la très étroite rue des Muets, l'étroite rue Cavalerie au pavage typique sont aussi à découvrir, présentant un aspect évoquant la proche cité de L'Isle-sur-la-Sorgue, avant de conclure par les jardins de la Mairie qui abritent deux statues en pierre de Molière et Corneille du XIXe, autrefois installées devant l'Opéra d'Avignon.
Au nord de la "vieille ville" de Thor, sur une colline, le château de Thouzon édifié dès le XIe siècle, cerné d'une double enceinte, abritait un monastère, deux chapelles romanes et des bâtiments conventuels. La colline de Thouzon abrite des grottes fabuleuses. Le site offrent un panorama exceptionnel sur les monts de Vaucluse et le mont Ventoux.
Retour à l’Isle-sur-la-Sorgue (46 km).