Le village de caractère de Vinezac fait partie du piémont du Parc naturel régional des monts d’Ardèche, là où châtaigniers et fayards laissent place aux oliviers, à la vigne et aux chênes verts. Un peu à l’écart de la route d’Aubenas à Joyeuse, à la limite entre le Bas-Vivarais calcaire et la Cévenne, le village de Vinezac, au riche passé, domine un terroir de très ancienne tradition viticole. Vinezac est et a toujours été une zone de culture de la vigne. En 1834, la vigne occupait 48 % du territoire de la commune. On y produit des vins reconnus "coteaux-de-l'ardèche". La commune est également sur le territoire de l’appellation d'origine contrôlée "Côtes-du-vivarais". Les vins de Vinezac jouissent d’une réputation qui dépasse les frontières de l’Ardèche.
L’olivier a aussi sa place sur la commune de Vinezac, De nombreux oliviers sont cultivés sur la commune. Leur utilisation principale est la fabrication de l’huile d’olive. Il n’existe actuellement plus de moulin à huile à Vinezac, mais ils sont nombreux dans les communes avoisinantes. Vignes et oliviers s'affichent partout dans le paysage. Le village est le centre d’un panorama ouvert sur 360°. Bien visible de loin sur son éminence verte, Vinezac recèle de nombreuses curiosités historiques.
Vinezac est un village qui a une très longue histoire. L’histoire de la commune remonte à l’époque préhistorique comme en témoigne la présence de plusieurs dolmens sur son territoire. Les fouloirs rupestres du quartier de la Queirier, dits aussi cuves vinaires, sont plus difficiles à dater, mais pourraient avoir été utilisées dès l’époque gallo-romaine. A cette époque-là, étaient d’ailleurs déjà exploitées, au nord de la commune, au quartier de Merzelet, des mines de fer, comme le montrent des traces de fonderies anciennes à Ailhon.
Le nom de la commune apparaît dans un document antérieur au VIIe siècle, la Charta Vetus : une certaine dame chrétienne, Aspasie donne Vinezac à l’Eglise de Viviers. La seigneurie de Vinezac fut aux mains des Jullien de Vinezac en 1256, cette seigneurie de Vinezac était co-seigneurie de l'évêque de Viviers et la seigneurie de Balazuc. Une partie est vendue en 1256 à Aymar de Julien et Pierre de Laudun, et encore divisée à la fin du XIIIe siècle entre les familles Julien et Testamelhe. En 1348 la seigneurie est portée en dot au mariage de Aigline de Jullien avec Béranger de Loubaresse. Au moment des affrontements entre les Comtes de Toulouse et les évêques de Viviers, Vinezac fait partie, avec Chassiers, Tauriers, Montréal, Brison, des villages fortifiés en hauteur, du système défensif des mines d’argent de Largentière. Joseph-Xavier de Jullien de Vinezac en est l'un des membres de la famille les plus connus.
Vous trouverez, sans aucune difficulté, un emplacement pour stationner votre véhicule. Votre balade dans Vinezac sera l'assurance de faire un voyage dans le temps pour découvrir des vestiges médiévaux tout en appréciant les paysages très variés qui jalonnent ce village ardéchois. Ses pierres calcaires teintées de blanc et d’ocre orangé soutenu avec des toitures en tuiles canal chatoient sous le soleil de midi, inondant de lumière le vert généreux des vignes qui lui servent d’écrin. Nous vous conseillons de flâner à loisir dans le dédale de ruelles voûtées du centre du bourg, l’ancien Vinezac délimité par le rempart, aujourd’hui invisible. Avec un peu d’imagination et le sens de l’observation, la muraille, bien que démolie au XIXème siècle, se devine encore entre les maisons appuyées sur l’un ou l’autre de ses cotés.
Si vous avez choisi de stationner au parking à proximité de l'EHPAD, traversez la rue du bourg, puis engagez-vous dans la rue du puit et prendre la direction du château de Julien du nom d’une des dernières familles qui l’ont possédé, également appelé Château sud. Il prend tout un côté de la rue. Une partie, vers le rempart, a été rachetée par la commune, l’autre partie, avec le donjon, appartient à un propriétaire privé. Le château de Julien auquel appartient le donjon plus ancien est l'un des plus anciens monuments historiques classés en Ardèche.
Le château Jullien, très complexe car édifié à différentes époques, est composé d'un donjon carré du XIIIe siècle, d'une tour ronde du XVe siècle et de deux corps de logis réalisés au XVIIe siècle. Il fait partie intégrante, avec le château de Montréal, le château de Brison, château de Chassiers, Château de Tauriers et le château d'Uzer, de la couronne castrale de Largentière, qui assurait la garde des mines argentifères. Le donjon carré est en partie caché par le reste du bâtiment et a été modifié au cours du temps. Il conserve cependant quelques éléments de son appareil défensif, une bretèche et une meurtrière. Entre le XVe et le XVIIe siècle, le donjon a été réhabilité en demeure seigneuriale. Propriété privée, ne se visite pas, visible de l'extérieur.
Au XVIIe siècle, fut construit un vaste corps de logis résidentiel adossé à l’ancien rempart, de même style que le château Charbonnel, avec notamment ses fenêtres à meneaux formés de simples blocs de grès soigneusement taillés. Un escalier monumental en pierre de quatre volées, orné d’une rampe à balustres, dessert les deux étages du bâtiment et à la terrasse. Au rez-de-chaussée, le salon est orné de gypseries datant du XVIIIe siècle : des cariatides à gaine représentant les quatre saisons. On peut aussi apprécier les peintures aux murs : guirlandes et danseurs à tambourin. Cette partie du château Jullien, appartenant à la commune, abrite à présent une épicerie multi services et un café.
Dans la rue du Puits, subsiste aussi une petite tour circulaire, qui appartenait sans doute à des bâtiments du xve siècle, aujourd’hui disparus. On remarque des bouches à feu à sa partie inférieure, qui se trouvent presque au ras du sol actuel, celui-ci ayant été surélevé de 1,50 à 2 mètres par rapport à son niveau ancien. La présence d’oubliettes suggère qu’elle a servi à certaine période de prison seigneuriale.
Poursuivez votre parcours par un dédale de ruelles sinueuses, parfois voûtées ou bordées de maisons remarquables qui se serrent les unes contre les autres constitue l'essentiel du bourg. Certaines d'entre elles portent des noms originaux et pittoresque : Rue Noire, Rue du Chantou, Rue du Paradis, Rue Étroite ou encore Rue chaude qui contrairement à ce que l'on pourrait penser est la rue qui menait aux écuries où la chaleur des bêtes était fort appréciable l'hiver. Ces noms, patrimoine historique, sont les témoins du passé !
En longeant les maisons, admirez l’encadrement d’une porte en grès de Vinezac, décoré de deux spirales et d’autres motifs et, un peu plus loin, le porche barbacane dont l’avancée est enserrée entre les maisons modernes. C’était l’ancienne entrée principale du village. Les traces de la herse et des canonnières sont encore visibles. À votre droite, la petite rue couverte, rue Noire, dont la voûte basse est formée de gros blocs de grès rustiques, nous persuade que nous sommes vraiment dans le rempart, ou barry .
Vous arrivez maintenant devant l'Église romane Notre-Dame de l'Annonciation. On ignore l'origine exact de cette église, "la charta vetus" fait mention d’une église à Vinezac dès le VIIIe siècle et c’est l’église et non le château qui est à l’origine du village. L’église actuelle a été reconstruite en grès local à l’époque romane, puis modifiée au cours du temps. La partie la plus ancienne constitue le centre de l’édifice. Le clocher aux tuiles vernissées est surmonté de deux girouettes confectionnées par un forgeron vinezacois dans les années 1950. L’église Notre-Dame de l’Annonciation vaut une halte pour son architecture, le clocher carré à gargouilles, la qualité de ses peintures du XVIIIe siècle, les chapiteaux de ses colonnettes romanes sculptés alternant la figuration animale et les motifs floraux.
Derrière l’église Notre-Dame de l’Annonciation, remarquez une croix en grès céramique, avec des personnages. C’est la reproduction datant de 1827, d’une croix du XVe siècle. Elle indiquait l’ancien emplacement du cimetière. Resserré dans l’ancien rempart autour de l’église romane classée, le vieux centre médiéval prend, lorsqu’on le voit au sud de la route de Volpilliaire, une allure de barque dont le château sud serait la proue. Les maisons du village ont subi de nombreuses modifications ; quelques-unes sont pourtant encore homogènes, dont une en grès taillé située derrière l’église, où l’on remarque des moellons à bossage en remploi ; elle est agrémentée d’une terrasse, de colonnettes… Les ruelles étroites et courbes typiquement méridionales, avec leurs maisons mitoyennes en pierre où l’on peut lire l’histoire du village, sont accueillantes au visiteur.
Poursuivre dans la rue du Chantou, ce mot qui signifie "chantier" vient de chanterius, désignant un espace vide entouré de murs. Vous arrivez à présent sur une grande place, surprenante au cœur d’un village ancien. Elle n’existe en fait que depuis 1960, les maisons qui occupaient cet emplacement ayant été détruites car elles menaçaient de tomber en ruines. Ces destructions ont eu l’avantage de dégager quelques belles constructions, dont en particulier le château Charbonnel. Construit vers la fin du XVIIème siècle, il est remarquable par son style Renaissance. On l’a construit tout près de l’entrée principale du village, un imposant porche barbacane enserré dans les maisons du rempart. La Commune l’a racheté alors qu’il menaçait de s’effondrer. Il a fait alors l’objet d’une restauration scrupuleuse, respectant les matériaux d’époque. Le bâtiment est à présent loué à un hôtel restaurant de charme, La Bastide du soleil.
L'édifice, face la rue etroite, comporte de belles fenêtres à meneaux, et à l'intérieur se trouve un escalier monumental en grès. Remarquez près de l’entrée les armes des Charbonnel associées à celles des de La Motte ainsi que le cerf des Servissas, autres co-seigneurs. On peut avancer la date de construction vers 1640, au moment du mariage de Marie, fille de Louis de Charbonnel de Chauzon, avec Louis de Jullien, capitaine Labaume. Par dot, la seigneurie de Vinezac revient à nouveau à la famille de Jullien qui la gardera jusqu'à la Révolution.
Arrêtez-vous à l’emplacement de la tour ouest de l’enceinte d’où partait la route de Largentière. Un vaste panorama s’offre à nos yeux avec, en fond de décor, le massif du Tanargue, la Cham du Cros et, plus proches, les villages entourant Largentière : Chassiers, que l’on repère par son clocher, Tauriers, Montréal avec ses tours, et naturellement la tour de Brison qui domine tout le Bas-Vivarais. Le rempart oriental du village existe toujours, mais il est curieusement inclus dans des maisons : les plus anciennes s’appuient sur lui à l’intérieur, les plus récentes. En perçant la muraille, on a fait communiquer ces bâtiments, accroissant ainsi les surfaces habitables.
La découverte de tout ce patrimoine vous conduit à l’emplacement d’une des anciennes portes du village médiéval. Quant au château Nord dit de la Motte, à l’extrémité du village, il n'en reste que quelques vestiges. En effet, du château de La Motte, construit sur l’enceinte des remparts du village au moment de la guerre de cent ans, ne restent que quelques pierres de réemploi dans le village. À partir des archives, on peut l’attribuer aux de la Motte, coseigneurs de Chassiers et Vinezac au XIIe - XVe siècles. La tour carrée figurant sur un document de 1789 est maintenant incluse dans un ensemble de maisons très remaniées, avec remploi d’éléments anciens. Remarquez les pierres bien taillées de couleurs variées, ainsi que quelques éléments sculptés dans le grès qui subsistent, un petit corbeau par exemple.
Pour conclure votre passage à Vinezac, baladez vous à travers les vignes. Sur les chemins, ils peuvent découvrir les traces du travail séculaire des habitants, capitelles : Sur les chemins, ils peuvent découvrir les traces du travail séculaire des habitants, capitelles, faïsses, et sur les bords de la rivière Lande, moulins et filature. Allez voir les vestiges préhistoriques : dolmens, pierres levées et cuves à vin, à 1500 mètres du village à Laquerie : la Kéyrié ou la Queirier. Les paysages, entre montagne et plaine, enchantent les randonneurs par leur diversité. La balade au belvédère naturel de Mezzelet permet d'avoir un panorama exceptionnel sur 8 communes et sur les montagnes du Gard et de Lozère.