Depuis les abris-sous-roche, où s'abritaient les hommes préhistoriques en allant vers les habitations gauloises, les monuments romains jusqu'à des constructions plus contemporaines, les pierres qui parsèment l'ensemble de la région sont les témoins de constructions laissant des témoignages sur l'évolution d'un mode d'habitat, toutes
conditions sociales confondues.
En altitude, les masses des églises trapues, les toitures de lauzes, la sculpture austère taillée dans un granit dur s'harmonisent avec un environnement couvert de forêts.
Dans le bas Limousin, qui bénéficie d'un climat plus tempéré, l'architecture est moins rude, moins fruste. Les échauguettes et les tourelles en poivrières des gentilhommières se marient avec bonheur au cœur d'une végétation harmonieuse.
L'évangélisation, dès les premiers siècles de notre ère, est effectuée par un nombre très important d'ermites, de saints et d'anachorètes qui bien souvent ont laissé leur nom là où ils ont vécu. Dans ces contrées, des bâtiments religieux sont construits et s'entourent petit à petit de villes. Saint-Yrieix fonde le monastère de Vigeois, Saint-Rodolphe de Turenne l'abbaye de Beaulieu, Meymac se bâtit sur l'ermitage de Saint-Mammacus.
Malheureusement, il ne reste rien de ces premières architectures. Des abbayes sont construites pourtant au cours des siècles suivants sur les ruines romaines. Le seul vestige de l'époque mérovingienne est le chapiteau de marbre qui ornait la basilique Saint-Martin de Brive. Seule la crypte d'Uzerche témoigne de la construction archaïque, avec son déambulatoire qui tourne autour du pilier central.
L'époque romane.
La grande époque de l'architecture limousine est l'époque romane. Le pape Urbain II vient en Limousin en 1095, prêcher la première croisade. Dès la fin du XIe siècle, les constructeurs s'inspirent du pays et non des régions limitrophes. Ils utilisent alors la pierre du pays : le granit. Des villes murées naissent. Les abbayes bénédictines sont très grandes, pour accueillir les très nombreux moines à loger.
On peut notamment citer l'abbatiale de Chambon-sur-Voueize, en Creuse, qui est l'un des plus vastes édifices de l'art roman avec ses 87 mètres de longueur. Les églises mineures ont différentes caractéristiques. Les chevets peuvent être implantés sur trois absides parallèles souvent communiquant entre elles par d'étroits passages ; le chevet peut ne comprendre qu'une seule abside, les absides peuvent être tracées sur plan polygonal.
A la limite du massif gréseux de Brive, les églises peuvent être colorées. L'insécurité de l'époque est à l'origine de constructions fortifiées (avec fossés, tours...) et offrent des édifices de premier plan à l'image de l'église de Glénic.
L'ornement limousin est très sobre : les moulurations cylindriques épousent le tracé des voussures des porches et des fenêtres, pour retomber sur des colonnettes dont les chapiteaux sont sans tailloir. La sculpture présente des monstres, des animaux fantastiques, des entrelacs végétaux et des scènes sacrées. L'art hispanique trouve quelques expressions dans ce pays placé sur les routes de pèlerinage. Il est à souligner que les clochers-murs sont une spécificité de la région.
Les nombreux trésors des églises sont riches en pièces d'orfèvrerie. Les pièces d'émaux sont incontestablement dues à l'œuvre des ateliers de Limoges. On note aussi les fresques magnifiques dans l'église de Sous-Parsat.
D'autres bâtisses ont un style totalement différent à l'image de la gare des Bénédictins à Limoges. Celle-ci témoigne de la présence du mouvement Art déco et symbolise l'influence des savoir-faire traditionnels de la région tels que la porcelaine ou l'émail. L'art contemporain trouve sa place en Limousin avec un centre sur l'île de Vassivière ainsi qu'à Meymac mais aussi des créations exposées comme cette nouveauté : le Nuage Rouge à La Souterraine en Creuse.
Le Limousin et la Creuse particulièrement, sont très reconnus pour leur technique de taille de pierre et le savoir-faire de leurs maçons, créant même une technique portant le nom de limousinage. Les maçons ont été très actifs à Paris jusqu'au XXe siècle œuvrant grandement à l'édification de monuments historiques français mondialement célèbres comme le Panthéon.
Martin Nadaud, député et ouvrier creusois a ainsi lancé cette fameuse phrase : " A Paris, quand le bâtiment va, tout va ". Les sculpteurs et autres tailleurs de pierre creusois ont participé à façonner le paysage de certains villages comme celui de Masgot avec ses 35 sculptures représentant animaux ou personnages célèbres et attirant chaque année de nombreux visiteurs.
Des édifices métalliques de choix arborent enfin la campagne limousine avec quelques viaducs dont ceux de la Tardes ou de Busseau-sur-Creuse. Ils attirent chaque année de nombreux visiteurs.
Les croix.
Le Limousin est un pays de croix, témoignage ancestral d'une forte dévotion chrétienne sur cette terre de tradition laïque depuis le XIXeme siècle. Croix de procession, croix de carrefour, croix de village, croix de mission, croix de chemin, croix de fontaines... elles sont généralement en granit, taillées et sculptées ; quelques-unes ont été volées ou cassés.
Aujourd'hui, des associations les entretiennent bénévolement pour conserver ce qu'elles considèrent comme un petit patrimoine local. On les croise parfois par hasard sur le chemin d'un sentier de randonnées ou au détour des ruelles d'un village. Parmi elles, citons la croix "fleurdelisée" du bourg de Chaumeil, située en bordure de la petite rue qui descend à la Maison de Pays des Monédières.