Histoire d'Annecy (Haute-Savoie 74)
Nichée au bord de son lac aux eaux turquoise et entourée par les montagnes des Alpes, Annecy séduit aujourd’hui par son cadre idyllique et son atmosphère de « Venise des Alpes ». Mais derrière cette image de carte postale se cache une histoire riche, faite de duchés, de religion, d’artisanat et de transformations modernes. Annecy révèle un passé riche et sinueux !
De ses origines celtes à son essor contemporain, la ville a traversé guerres, réformes religieuses et mutations industrielles. L’histoire d’Annecy se lit à travers ses murs, son lac et ses ruelles pittoresques. Chacune des époques qui s’y sont succédé a apporté son empreinte : défense militaire, industrie textile, dynamisme touristique. En découvrant ce passé pluriel, on comprend mieux pourquoi Annecy séduit auteurs, visiteurs et habitants du monde entier.
Classée Ville d’Art et d’Histoire, Annecy conserve fièrement son héritage : le Palais de l’Isle, le Château d’Annecy, les vieilles prisons et les quais bordés de maisons colorées rappellent son passé. En parallèle, la ville est devenue un centre économique et culturel dynamique, accueillant notamment le Festival international du film d’animation.
Cet article propose une plongée dans les grandes étapes qui ont façonné son identité unique.
Histoire d’Annecy : entre héritage médiéval et rayonnement alpin !
La préhistoire
La rive nord du lac d'Annecy est occupée au moins dès 3100 av. J.-C. En effet, le lac d'Annecy possède plusieurs exemples de cités lacustres ou palafittes, villages préhistoriques du Néolithique et de l'Âge du bronze final. Certains sont connus depuis 1856 et d'autres ont été révélés par les recherches récentes du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Ils étaient implantés sur le territoire d'Annecy au bord du Thiou et tout autour du lac : à Sevrier, Saint-Jorioz, Talloires, Annecy-le-Vieux,...
Le niveau du lac était plus bas à l'époque et les pilotis que l'on a retrouvés, notamment non loin de l'île des Cygnes, étaient des pieux enfoncés dans le sol servant d'armature verticale aux cabanes construites au bord de l'eau. Cette hypothèse a été confirmée par la découverte à Sevrier d'un four de potier encore en place au fond du lac. Ces vestiges montrent que des populations occupaient déjà le bord du lac depuis le début du Néolithique.
Dès le VIe millénaire av. J.-C., des chasseurs-cueilleurs sont présents, puis entre -4000 et 900 av. J.-C., ils ont été rejoints par des cultivateurs, des pêcheurs, des artisans bronziers et des potiers. Une salle entière du musée-château d'Annecy leur est consacrée.
L’histoire d’Annecy débute dans l’Antiquité
Les premiers indices d’occupation d’Annecy remontent à l’Âge du Fer, lorsque les Celtes installèrent un oppidum au sommet de la colline du Semnoz.
Les tribus gauloises des Allobroges atteignent très tôt les Préalpes de Savoie et les rives des grands lacs, certainement dès le début du IVe siècle av. J.-C. La tribu celte des Allobroges occupe alors un vaste territoire qui s'étend de Vienne à Genève, limité à la rive gauche du Rhône en amont de Lyon. Leur origine est encore incertaine mais, vraisemblablement, ils sont issus de la tribu des Gesates, connus en Italie dès le début du IV e siècle av. J.-C., eux-mêmes originaires du Bassin des Carpates.
En 218 av. J.-C., à l'occasion du passage des Alpes par le général carthaginois Hannibal, l'historien grec Polybe au IIe siècle avant notre ère évoque pour la première fois le peuple des Allobroges. L'historien grec Polybe a raconté la traversée des Alpes par le général carthaginois Hannibal. Les Allobroges tentèrent de lui interdire le passage lorsqu'il s'engagea dans les premiers défilés, mais ils furent vaincus. Tous les témoignages antiques tiennent ce peuple pour l'un des plus puissants et des plus riches de la Gaule. Grâce à leur territoire qui comptait parmi les plus vastes de la Gaule du sud-est, ils contrôlaient une partie de la vallée du Rhône et se trouvaient au débouché de toutes les voies qui traversaient les Alpes.
Ces guerriers ont laissé assez peu de témoignages de leur présence ; cependant, ils ont eu très vite des contacts commerciaux avec les territoires du Piémont. La voie romaine reliant Milan à Genève traversait ensuite la région, favorisant échanges et commerce. Bien que les traces archéologiques soient fragmentaires, on sait que le lac et ses rives servaient de halte stratégique et commerciale.
En -121, les Allobroges sont vaincus par le consul Quintus Fabius Maximus « allobrogique ». Puis, malgré une forte résistance et des rébellions contre les lourds impôts romains, les Allobroges sont définitivement battus par les légions romaines en -62, ce qui ouvre leurs terres à la colonisation romaine et donne aux Romains le contrôle du passage stratégique au nord des Alpes. Avec l'arrivée des Romains la région se romanise entièrement.
La période gallo-romaine à Annecy
Le territoire d’Annecy entre dans l’orbite romaine après la défaite des Allobroges. Après leur victoire, les Romains s’installent, à partir de -50, dans la plaine des Fins au nord du lac d’Annecy et fondent le vicus de Boutae sur l'emplacement d'un village gaulois qui succède, au Ier siècle av. J.-C., à un oppidum juché sur le roc du Semnoz.
Boutae, est alors une petite agglomération installée sur les voies commerciales reliant Genève à l’Italie. Sous le règne d’Auguste, à partir de 27 av. J.-C., le site de Boutae connaît un véritable essor : le vicus se développe dans la plaine des Fins, à l’emplacement des actuelles avenue des Îles et avenue de Genève. Les Romains aménagent Boutae avec tous les attributs d’une cité gallo-romaine : un aqueduc pour alimenter en eau courante. Deux forums, espaces centraux d’administration et de commerce. Des temples dédiés aux cultes impériaux et locaux. Un théâtre implanté sous l’actuelle place des Romains.
Entre le deuxième et le cinquième siècle, l'agglomération de Boutae regroupe plus de 2 000 habitants sur vingt-cinq hectares. Le vicus, centre artisanal et commercial très actif, dispose entre autres d'un grand et d'un petit forum, d'une basilique (édifice civil), de temples, de thermes, d'un théâtre et de divers entrepôts de marchandises. Ces infrastructures attestent d’une ville structurée et dotée d’un véritable urbanisme romain.
L'économie de subsistance des Gaulois est convertie par les Romains en économie de marché. La cité occupe une position stratégique au carrefour de trois voies romaines : au nord, la voie menant à Genua (Genève) ; au sud, la voie menant à Casuaria (Faverges) ; au sud-ouest, la voie menant à Aquae (Aix-les-Bains). Boutae se trouve aussi sur la voie impériale menant au col du Petit Saint-Bernard qui relie la Gaule et l'Italie, voie attestée par l'Itinéraire d'Antonin, et également non loin de l'axe stratégique permettant de relier Genève à Lyon et à Vienne.
Au IIIe siècle, l’Empire romain se fragilise sous les raids barbares : Boutae est rasée en 251, et ses habitants trouvent refuge dans les grottes du Mont Veyrier. À la chute de l'Empire romain, les grandes invasions engendrent une telle insécurité que la ville dépérit complètement.
Vestiges et redécouverte
Aujourd’hui, les fouilles archéologiques et les parcours urbains (place des Romains, rue du Forum) permettent de retracer cet héritage : vestiges de murs, fragments de colonnes et pièces de monnaie sont exposés au musée-château d’Annecy. Des visites guidées thématiques offrent un véritable plongeon dans la vie quotidienne de Boutae, illustrant la continuité entre l’Antiquité et la ville contemporaine.
Les découvertes archéologiques à Boutae
Les fouilles ont mis au jour les grands aménagements urbains du vicus : aqueduc, deux forums, plusieurs temples dédiés aux cultes impériaux et locaux, ainsi qu’un théâtre situé sous l’actuelle place des Romains. Ces vestiges soulignent une organisation urbaine conforme aux modèles romains classiques, intégrant aussi un réseau viaire à l’intersection de trois axes majeurs.
Deux opérations d’archéologie préventive, menées avenue des Romains (n° 39 et 41), ont dégagé une nécropole datée du Ve-VIIe siècle : Surface explorée : près de 1800 m². Nombre de sépultures : 227 tombes (traditions funéraires germaniques incluses). Fragments d’objets : éléments de châtelaine, peigne en os à double denture et décor zoomorphe. Ces découvertes confirment l’installation d’une population burgonde post-antique au sein même des vestiges romains.
Une fouille préventive de septembre à décembre 2021 a révélé un quartier de Boutae sur 2300 m², avant la construction de deux immeubles : Plusieurs rues et structures domestiques. Environ dix puits, dont un exploré jusqu’à 5 m de profondeur. Richesse et variété des mobiliers et déchets de construction. Ces données offrent une vue inédite sur la vie urbaine quotidienne et les pratiques d’approvisionnement en eau.
Le musée-château d’Annecy présente une collection de plus de 150 ans de trouvailles gallo-romaines : pièces de monnaie, fragments de colonne, céramiques et objets usuels. Jusqu’au 12 octobre 2020, une exposition temporaire a mis en lumière ces découvertes, avec parcours thématiques et supports audiovisuels pour plonger dans l’Antiquité locale.
Les artefacts majeurs découverts à Boutae
Le site de Boutae a livré une diversité exceptionnelle d’objets, révélant tant la sophistication technique que le quotidien des Gallo-Romains à Annecy.
- Horloge hydraulique (clepsydre) manipulée par un esclave, mise au jour dans les thermes romains de Boutae et illustrant la maîtrise du temps et de l’eau dans l’Antiquité.
- Fragments de mosaïques et de tubuli provenant des salles chaudes (caldarium) du complexe thermal, offrant un aperçu de l’art décoratif et des systèmes de chauffage de l’époque.
- Statue et bas-relief du temple de Mercure, vestiges sculptés attestant de la pratique des cultes impériaux et locaux dans le quartier oriental de la cité.
- Inscriptions gravées sur autels et stèles, supports essentiels pour reconstituer les rituels religieux et l’organisation administrative de Boutae.
- Pièces de monnaie, principalement des deniers et antoniniens frappés entre le règne d’Auguste et le IIIᵉ siècle, témoignant du commerce monétaire et des échanges entre Boutae et le reste de l’Empire.
- Céramiques sigillées (importées d’Italie et produites localement), lampes à huile et amphores, révélant l’importance des échanges commerciaux et des habitudes culinaires romaines quotidiennes.
- Fibules, bijoux en bronze et petits ustensiles domestiques (outils agricoles, vaisselle et quincaillerie), restituant la trame matérielle de la vie privée des habitants de Boutae.
- Sections de tuyaux en plomb et fragments de canalisation en opus signinum provenant de l’aqueduc, prouvant la sophistication des infrastructures d’alimentation en eau de la ville.
En complément, des prospections géophysiques récentes laissent entrevoir de nouveaux secteurs à fouiller, promettant la découverte de sanctuaires suburbains et d’ateliers artisanaux qui approfondiront notre compréhension de Boutae au quotidien.
Monuments gallo-romains visibles à Annecy
- Place des Romains – vestiges du théâtre antique : Sur la place des Romains, on distingue au sol l’emplacement de la cavea (gradins) et de la scène du petit théâtre gallo-romain. Des dalles explicatives et des calepinages de couleur matérialisent les contours de cet édifice, autrefois cœur de la vie culturelle de Boutae.
- Rue du Forum – traces du forum municipal : Sous les pavés de la rue du Forum, des fragments de dallages et de maçonneries ont été repérés lors de fouilles. Quelques plaques au sol signalent l’emplacement du forum, centre administratif et commercial de la cité antique.
- Vestiges de l’aqueduc – canalisations souterraines : Plusieurs sections de tuyaux en plomb et de canalisation en opus signinum, issues de l’aqueduc de Boutae, sont encore visibles dans des tranchées restaurées. Elles illustrent la sophistication du système d’alimentation en eau mis en place par les Romains autour du Ier siècle ap. J.-C..
- Musée-château d’Annecy – collections gallo-romaines : Le musée-château conserve une centaine d’objets issus de Boutae : fragments de colonnes, stèles, monnaies et petits ustensiles domestiques. Une salle permanente est dédiée à l’Antiquité locale, offrant un panorama complet du quotidien gallo-romain à Annecy.
- Parcours “Découvrir Boutae” – visites guidées : L’office de tourisme propose un circuit pédestre “Découvrir Boutae” qui relie les principaux points d’intérêt antique (théâtre, forum, aqueduc). Encadrées par un guide, ces visites dévoilent in situ les vestiges enfouis et restituent l’organisation urbaine de la cité gallo-romaine Boutae.
Les grandes invasions et le début du Moyen Âge
Avec l'affaiblissement de l'Empire romain, de nombreux peuples barbares déferlent sur la Gaule. En 259, le vicus subit une importante attaque, est rasé et sa population massacrée. Les survivants se réfugient dans les grottes du mont Veyrier. Reconstruit, Boutae connaît un nouvel essor au siècle suivant, mais, lors des grandes invasions du début du Ve siècle, le vicus est définitivement détruit.
Les Burgondes occupent la région qui est annexée par les Francs au VIe siècle. L'insécurité grandissante contraint les habitants à abandonner la plaine pour les collines voisines, comme l'atteste le domaine agricole de la villa « Anniciaca » (futur d'Annecy-le-Vieux) au VIIIe siècle, qui devient un domaine royal au siècle suivant. Cette transition marque le passage définitif de la cité romaine à la future agglomération médiévale : le nom latin “Anniciaca” devient Annecy au fil des siècles.
A l'ouest du vicus de Boutae, deux opérations de fouille conduites par l'Inrap ont permis de mettre au jour les vestiges d'une importante nécropole. La chronologie des Ve – VIIe siècle, la nature du mobilier et les caractéristiques des tombes tendent à indiquer la présence précoce d’une population burgonde.
La période du Moyen Âge à Annecy
Au sortir des grandes invasions barbares, la vie s’organise de nouveau au VIIᵉ siècle sur les rives du Thiou. La construction de l’église Saint-Maurice marque le point de départ de cette renaissance urbaine. C’est également à cette époque que les premiers aménagements défensifs du château voient le jour, offrant un refuge aux habitants face aux rivalités régionales.
Naissance d’un comté
Il faut attendre le XIe siècle pour voir la ville renaître au pied d'une tour de défense édifiée sur le dernier contrefort du Semnoz. La seigneurie d’Annecy émerge sous l’égide des comtes de Genève, installés dans le château dominant la vieille ville. Un texte de 1107 confirme la naissance d'Annecy-le-Neuf sur les rives du Thiou et fait une première mention écrite d'une église Saint-Maurice sous le château. Ce dernier et la bourgade d'Annecy-le-Neuf se développent sous le comte Amédée Ier de Genève (Amadeus de Gebennis), né vers 1100 et mort en juin 1178, est comte de Genève de 1128 à 1178. La bourgade a alors l'apparence d'un gros village avec de nombreuses étables.
En 1132, une maison forte est édifiée sur l'île au milieu du Thiou, socle du futur château comtal. La cité se dote alors de remparts et de portes fortifiées pour se protéger des incursions savoyardes (1128–1178). En 1170 : instauration du marché du mardi, l’un des plus anciens marchés hebdomadaires encore en activité en France. En lutte permanente avec les évêques de Genève, les comtes de Genève finissent, à la fin du XIIe siècle, par se réfugier à Annecy où ils occupent le manoir de Novel au fond de la plaine des Fins, puis le château qu'ils agrandissent au XIIIe siècle.
Les ruelles étroites, les canaux et les arcades témoignent encore de cette période médiévale où la cité devient un centre administratif et défensif majeur.
Essor féodal et naissance de la ville
Sous l’autorité des comtes de Genève, Annecy se dote d’une enceinte fortifiée agrémentée de tours et de portes (Porte Royale, Porte Saint-Clair). Les seigneurs y tiennent foires et marchés, attirant artisans et marchands. Cette phase voit la formation de deux noyaux : Annecy-le-Vieux, sur la colline, berceau de l’ancien vicus romain. Annecy-le-Neuf, au pied du Semnoz, centre du nouveau bourg castral. Le découpage en paroisses et la création de confréries renforcent le sentiment d’appartenance civique et spirituelle.
À partir du XIIIe siècle, Annecy gagne en autonomie et en prospérité, grâce aux foires et à son rôle de place forte entre France et Savoie.
Annecy, capitale du comté de Genève (XIVᵉ – début du XVᵉ siècle)
À partir de 1350, les comtes de Genève choisissent Annecy comme résidence principale après avoir fui leurs terres établies autour de Genève. Installés dans le manoir de Novel puis dans le château, ils transforment la cité en capitale du comté de Genevois.
Agrandissement et fortification du château, construction de tours et logis seigneuriaux. Le 27 avril 1340 : incendie majeur détruit une grande partie de la ville et du château, suivi de vastes travaux de reconstruction jusqu’en 1344. En 1356 : aménagement de la maison forte de l’Îsle, adaptation des défenses aux techniques de siège modernes. En 1367 : Amédée IV de Genève confirme les franchises du bourg, consolidant les privilèges urbains.
Le XIVe siècle est marqué par le long règne du comte Amédée III de Genève de 1320 à 1367, date à laquelle les franchises d'Annecy sont confirmées. La comtesse Mahaut de Boulogne, épouse du comte, donne naissance au dernier des comtes de Genève, Robert, au château d'Annecy. Celui-ci provoque le Grand Schisme d'Occident en devenant le pape Clément VII, en résidence à Avignon. En 1394, Robert de Genève fait ériger l'église Notre-Dame-de-Liesse, nécropole des comtes de Genève, en une collégiale qui, devenant le centre d'un pèlerinage très populaire, confère à Annecy un immense prestige.
En 1401 : acquisition du comté de Genève par Amédée VIII de Savoie, amorce de la suzeraineté savoyarde sur Annecy.
En conclusion, le Moyen Âge forge la physionomie et les institutions d’Annecy : des premières églises et fortifications jusqu’à l’affirmation comme capitale comtale, chaque pierre du centre historique garde la mémoire d’une époque où se dessinent les fondations de la cité moderne.
Les Ducs de Savoie à Annecy
En 1401, Amédée VIII, futur premier duc de Savoie, achète le comté de Genève, incluant Annecy, et y impose progressivement sa suzeraineté. Cette acquisition marque le passage d’Annecy du domaine des comtes de Genève à celui des ducs de Savoie, ouvrant une nouvelle ère politique et culturelle dans la cité alpine.
Acquisition du comté de Genève et intégration d’Annecy
Après le décès de Clément VII en 1394, le comté de Genève est acquis en 1401 par le comte de Savoie Amédée VIII. Le comté de Genève se trouve démembré en un comté de Genève proprement dit (avec la ville et ses environs qui conservent une grande autonomie) et un comté de Genevois avec Annecy pour capitale.
Amédée VIII de Savoie aide la ville d'Annecy à se reconstruire après le terrible incendie du 3 février 1412 qui la détruit entièrement et au cours duquel même le château est touché. En 1422, le cardinal de Brogny, originaire du comté, fait édifier la grande église Saint-Dominique qui deviendra l'église Saint-Maurice.
Pour rallier les habitants, qui ne voient pas d'un bon œil leur rattachement à la maison de Savoie, le duc crée en 1434 l'apanage de Genevois et Faucigny qu'il confie à son fils cadet, Philippe de Savoie. Cet apanage disparaît à la mort sans postérité de ce dernier en 1444. Un deuxième incendie ravage la ville le 13 mai 1448, causant des dommages importants aux maisons et aux deux églises. L'apanage est reconstitué de 1460 à 1491 au profit de Janus de Savoie, fils de Louis Ier de Savoie, qui fait d'Annecy sa résidence officielle alors qu'il est comte de Genevois, baron de Faucigny, seigneur de Beaufort-Ugine-Faverges-Gourdans.
De nouveau capitale d'apanage, Annecy bénéficie de la sage administration de Janus de Savoie et des fastes de sa cour. C'est à ce moment-là que sont établis les principaux organes du gouvernement du comté : conseil comtal, chambre des comptes, procureur fiscal, juge mage. À la mort de Janus, Annecy est de nouveau rattaché à la Savoie de 1491 à 1514. En 1514, Charles III de Savoie inféode le Genevois et les baronnies de Faucigny et de Beaufort à son frère Philippe. Annecy est alors de nouveau le centre d'un apanage allant du Genevois à Ugine.
Philippe (duc de Nemours en France en 1528) est le premier prince de la dynastie des Genevois-Nemours qui se prolonge jusqu'en 1659 (à la mort d'Henri II, dernier duc de Genevois-Nemours, le 14 janvier). En fait, c'est Jacques de Savoie-Nemours qui devient le premier duc de Genevois, le comté ayant été érigé en duché en 1564 par Emmanuel-Philibert qui entend s'attacher et surveiller ce prince trop français à son gré qu'est Jacques de Nemours, fleur de toute la chevalerie selon Brantôme.
L'administration du bourg d'Annecy est alors de la responsabilité d'un conseil général, assemblée des bourgeois de la ville, qui élisent des syndics pour trois ans. À partir de 1491, un conseil étroit dit des Douze, comprenant les quatre (puis, deux) syndics et des conseillers, prend en charge les affaires de la ville.
Rattachement au duché de Savoie en 1665
Le Genevois et sa capitale, Annecy, sont rattachés au duché de Savoie en 1665, date du mariage du duc Charles-Emmanuel de Savoie avec Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie, duchesse de Genève et d'Aumale, (1644-1724), fille de Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours, (1624-1652), dernière héritière de l'apanage de Genevois.
Monuments du Moyen Âge visibles à Annecy
Plusieurs édifices et vestiges visibles aujourd’hui dans la vieille ville témoignent directement de l’influence et des aménagements menés par les ducs de Savoie entre le début du XVᵉ et la fin du XVIᵉ siècle.
Le Château d’Annecy
- Logis Perrière (1445) : Construit sous Amédée VIII, c’est le premier logis ducal conçu pour accueillir la cour et l’administration.
- Tour de la Reine : Consolide l’accès nord du château, pour surveiller et défendre l’entrée principale.
- Logis Neuf (1571) : Édifié par Emmanuel-Philibert de Savoie, il prolonge le logis médiéval et reflète les canons de la fortification à l’épreuve des armes à feu.
- Chemin de ronde et courtines restaurées : Parcours accessible qui permet de mesurer l’évolution des défenses savoyardes face aux progrès militaires de la Renaissance.
Le château d’Annecy fait partie intégrante de la “Route des Ducs de Savoie”, itinéraire touristique réunissant une douzaine de châteaux et abbayes du duché. Ce parcours met en lumière l’influence politique, religieuse et artistique exercée par les ducs sur la région, à travers leurs résidences et leurs commanderies.
Les Remparts et portes fortifiées
- Porte Royale : Aménagée au XVᵉ siècle, elle s’ouvrait dans la courtine sud pour contrôler l’accès des marchandises et des pèlerins.
- Porte Saint-Clair : Garde l’angle nord-ouest de l’enceinte, avec tour de guet et herse d’origine savoyarde.
Vieille Ville et rues ordonnées
- Arcades de la rue Sainte-Claire : Après l’incendie de 1424, le duc de Savoie ordonne la reconstruction en pierre : ces galeries sur colonnes datent grosso modo de la seconde moitié du XVᵉ.
- Façades à colombages et en pierre taillée : Plusieurs maisons bourgeoises du XVe et XVIᵉ siècle conservent des éléments sculptés (blasons, linteaux) marqués du sceau ducal.
Palais de l’Île
- Bien que d’origine plus ancienne (XIIᵉ siècle), ce « bateau de pierre » subit sous les ducs de Savoie plusieurs aménagements pour servir de prison ducale, de grenier à sel et de douane fluviale. Classé Monument Historique, il reste l’emblème pittoresque de l’autorité savoyarde sur la Thiou.
Musée-Château d’Annecy
- Installé dans l’ancienne résidence comtale et ducale, le musée conserve des plans, maquettes et objets (archives, maçonneries, mobilier urbain) illustrant le rôle et le train de vie de la cour savoyarde à Annecy.
En flânant dans les ruelles de la vieille ville et en montant sur les remparts du château, on mesure encore l’assise du pouvoir des ducs de Savoie, tant dans l’urbanisme que dans les pierres mêmes de la cité.
Période des guerres de religion à Annecy
En France, les guerres de religion désignent huit conflits civils opposant catholiques et protestants entre 1562 et 1598, ponctués d’édit de pacification et de phases de reprise des hostilités.
Annecy, carrefour des exils catholiques
Annecy devint refuge pour les évêques et religieux chassés de Genève après l’adoption du calvinisme en 1536. La ville abrita des séminaristes et du clergé expatrié, renforçant son rôle de capitale religieuse savoyarde. En effet, lors du triomphe de la réforme calviniste à Genève, les chanoines de la cathédrale Saint-Pierre s'installent à Annecy ainsi que des ordres religieux catholiques comme les clarisses.
L'évêque y séjournera habituellement à partir de 1568. À cette époque, une série de beaux monuments sont construits comme le logis de Nemours au château, la cathédrale Saint-Pierre, la maison Lambert et le clocher de la collégiale Notre-Dame-de-Liesse…
À partir de 1560, la Savoie du Nord et Annecy, placés en un point stratégique sur la ligne de partage des confessions, deviennent une citadelle avancée de la Contre-Réforme. Si le premier évêque de Genève à résider de façon permanente à Annecy est Ange Giustiniani (1568-1578), les débuts de la Réforme catholique datent effectivement de son successeur, Claude de Granier (1578-1602). La présence des Jésuites, installés dès 1564, visait à contrer l’essor protestant par l’éducation et la prédication. Un séminaire diocésain, inspiré des décrets du Concile de Trente, se structure à Annecy pour former un clergé conforme aux réformes catholiques.
Au XVIᵉ siècle, Annecy occupe un rôle clé dans l’histoire religieuse européenne. Après la Réforme protestante, l’évêque de Genève, François de Sales, s’y installe, faisant d’Annecy un bastion du catholicisme face à la Genève protestante. Saint François de Sales (1567–1622), originaire de la région, fit d’Annecy son point d’appui pour la reconquête spirituelle du Chablais. Il développa un vaste réseau de missions rurales, églises réformées et confréries destinées à restaurer la ferveur catholique.
La ville devient alors un haut lieu spirituel, marqué par de nombreux couvents, églises et institutions religieuses.
Fortifications et enjeux militaires autour d’Annecy
Sous l’influence des ducs de Savoie, Annecy subit au XVIe siècle une modernisation militaire : bastions, retranchements et poudrières sont édifiés pour répondre aux nouvelles techniques de siège. Sous Emmanuel-Philibert de Savoie († 1580), le château et les remparts furent consolidés pour prévenir toute incursion huguenote depuis le Dauphiné. Parallèlement, la Réforme protestante entraîne un afflux de réfugiés qui fortifient le tissu économique local, notamment dans le tissage et la ferronnerie.
Les milices urbaines, encadrées par des officiers ducaux, multiplièrent les exercices de défense et patrouilles le long de la frontière.
Conflits spécifiques à Annecy pendant les Guerres de Religion
Raid du baron des Adrets (septembre 1562)
Des bandes huguenotes menées par le baron des Adrets franchissent la frontière savoyarde depuis le Genevois. Elles tentent un coup de force sur la Porte Saint-Clair à l’aube, espérant surprendre la garnison. Rapidement alertés, les miliciens ducaux repoussent l’attaque après plusieurs heures d’escarpement.
Incursion à Cran-Gevrier (été 1571)
Profitant du déplacement des troupes ducales vers Chambéry, un petit groupe de protestants armés s’infiltre dans le faubourg de Cran-Gevrier. Ils pillent et incendient quelques fermes avant d’être désorganisés par les habitants mobilisés en milice citadine.
Échauffourées de la Ligue à Annecy (1589–1590)
À la mort d’Henri III, Annecy, bastion catholique, est le théâtre de heurts entre ligueurs et partisans d’Henri IV. Dans le quartier Saint-François, on dresse des barricades improvisées, on échange des coups de feu et on procède à des arrestations de nobles suspectés de sympathie protestante.
Chacune de ces escarmouches, modeste à l’échelle du royaume, a profondément marqué la vie urbaine : contrôle renforcé des portes, patrouilles de nuit, fouilles de demeures et suspicions permanentes entre voisins. En toile de fond, la justice d’Annecy instruit aussi des procès pour hérésie : registres d’interrogatoire, confiscations de biens et exils forcés figurent parmi les archives municipales.
Héritages dans le patrimoine local
- Les chapelles capucine et jésuite témoignent encore de l’essor des ordres contre-réformateurs.
- Les archives municipales conservent des registres de milice et de réfugiés, illustrant l’impact social et démographique du conflit.
- Les aménagements défensifs du château, toujours visibles, rappellent la nécessité de protéger Annecy d’une propagation des troubles religieux.
Au-delà des pierres et des archives, cette période forgea l’identité catholique de la cité, préfigurant son rôle central dans la réforme catholique d’Europe centrale.
Au XVIIe siècle, Annecy est toujours un centre pré-industriel actif où, la production des armes blanches ayant périclité, la coutellerie et le moulinage de la soie prennent un nouvel essor tandis que s'impose la fabrication des armes à feu. Par ordre de poids : pistolets, arquebuses, mousquets, fauconneaux...
À partir de 1728, le philosophe Jean-Jacques Rousseau vient demeurer pour quelques années à Annecy où, le 21 mars 1728, il fait la connaissance de Madame de Warens qui s'y est installée de 1726 à 1730.
Révolution française à Annecy
En juillet 1792, une unité française dite Légion des Allobroges franchit la frontière savoyarde et engage l’occupation du duché de Savoie.
Prise de la Savoie par le général de Montesquiou (septembre 1792)
Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, l’Armée des Alpes, forte de 15 000 hommes, placée sous le commandement du général Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac, franchit sans déclaration de guerre la frontière du duché de Savoie. Les avant-gardes, compacts et bien organisés, pénètrent le territoire tandis que les garnisons sardes se replient vers le Piémont sans combattre, ouvrant la porte à l’occupation française. L’invasion s’opère sans effusion de sang : les habitants acclament les soldats français ; « La marche de mon armée est un triomphe », note Montesquiou dans ses carnets de campagne.
Le 22 octobre 1792, les députés des communes savoyardes se réunissent à Chambéry puis à Annecy sous l’appellation d’Assemblée des Allobroges. L’Assemblée des Allobroges” envoie des délégués annéciens à la Convention nationale pour réclamer la pleine annexion de la Savoie et l’octroi des droits civiques.
À Annecy, des clubs et sections jacobines voient le jour, devenant des foyers de propagande révolutionnaire. Instituteurs, artisans et petits commerçants fondent des sections jacobines où se réunissent régulièrement : lecture et discussion des journaux parisiens, débats publics sur la propriété, l’égalité et la laïcité, organisation de fêtes civiques (Journée de la Fédération, bannissement de la royauté).
À la fin de l’année, le territoire est officiellement intégré à la République : il devient le département du Mont-Blanc, avec Chambéry pour chef-lieu et, comme lui, Annecy placé sous administration française. Cette période marque la fin de l’autorité sarde et l’adoption rapide des institutions républicaines. Sur le rapport de l’abbé Henri Grégoire, la Convention nationale vote, le 27 novembre 1792, un décret déclarant que « la Savoie fait partie intégrante de la République française », en vertu du « vœu libre et universel » de ses habitants.
La mise en place d’une municipalité révolutionnaire entraîne : la suppression des privilèges féodaux restants, la vente des biens nationaux (anciens domaines seigneuriaux), l’adoption du calendrier républicain dans les registres de la ville. Parallèlement, le Palais de l’Île, qui abritait déjà prisons et douanes ducales, voit son rôle renforcé et transformé sous la nouvelle administration.
La nouvelle municipalité adopte le calendrier républicain et introduit le système métrique dans tous les registres. Le département du Mont-Blanc est découpé en cantons et municipalités, avec des représentants élus selon les lois révolutionnaires. Des fêtes civiques, comme les Journées de la Fédération, sont organisées sur la place de l’Hôtel-de-Ville et dans l’enceinte du Palais de l’Île pour affirmer les idéaux de liberté et d’égalité.
La levée en masse de 1793 suscite plusieurs refus de conscription : des jeunes paysans et ouvriers annéciens s’insoumettent et passent devant les tribunaux révolutionnaires. La mise en circulation des assignats provoque des émeutes de la faim et des boutiques d’État sont parfois pillées. Parallèlement, la lutte anticléricale se traduit par la fermeture et la vente des biens du clergé, la profanation de certaines églises et la répression des prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé.
Flux d’émigrés et accueil à Annecy
Au même moment, Annecy voit transiter de nombreux émigrés français, notamment des aristocrates et ecclésiastiques fuyant la Terreur à Paris et à Lyon, parmi lesquels on compte notamment la duchesse d’Angoulême. Ces exilés y trouvent relais et appui avant de poursuivre vers l’Italie. La population locale, familiarisée aux idées révolutionnaires par ses loges maçonniques, se déchire entre sympathisants de la Révolution et opposants traditionnels de l’Ancien Régime.
Pour approfondir
- Les actes municipaux des premières années (Archives municipales d’Annecy)
- Les rapports des représentants en mission (Archives départementales de la Haute-Savoie)
- Les cahiers de doléances annéciens, conservés à la Médiathèque Bonlieu
- La correspondance du général Montesquiou, 1792–1795 (BnF-Gallica)
- Le mémoire de JP Déplante « Présence militaire en Savoie de 1792 à 1860 »
- Les archives départementales de la Haute-Savoie : dossiers de l’Assemblée des Allobroges et décrets révolutionnaires
Du rattachement à la France à l’essor moderne
Annecy reste longtemps sous domination savoyarde avant d’être annexée par la France en 1860, en même temps que l’ensemble de la Savoie. Le développement industriel (textile, soierie, coutellerie) et l’ouverture vers le tourisme redessinent son économie.
Le Premier Empire
Le Premier Empire est, pour Annecy, une période de pacification intérieure, de consolidation sociopolitique et de relative prospérité économique.
Après la première abdication de Napoléon Ier, le traité de paix de Paris du 30 mai 1814 partage la Savoie : Chambéry, Annecy et Rumilly demeurent français tandis que le Chablais, le Faucigny et l'arrondissement de Genève, ex-chef-lieu du département du Léman de 1798 à 1813, ne sont pas encore attribués. Ainsi, les Savoyards du Nord, qui songent à perpétuer l'expérience bénéfique du département du Léman, manifestent le désir de s'unir à la Suisse. Mais, à cette époque, les Genevois calvinistes sont réticents à incorporer des territoires peuplés de catholiques et les puissances catholiques s'opposent à la cession de fidèles à la « Rome protestante ».
Après la seconde abdication de l'Empereur, un second traité de Paris est signé le 20 novembre 1815 entre les mêmes parties. Il ramène la France à ses frontières d'avant ses conquêtes révolutionnaires et napoléoniennes. Entre autres, il lui ôte les villes d'Annecy et de Chambéry.
L’essor de la soierie
Le XVIIIe siècle voit l’apogée de la production de soie. Des manufactures locales associent savoir-faire artisanal et investissements bourgeoise. À partir de 1795, l'industrie textile se développe fortement grâce à des Genevois comme Jean-Samuel Farzy qui charge son compatriote Poncet d'établir une fabrique d'indiennes à Annecy. En 1811, la manufacture de coton emploie un millier d'ouvriers...
Annecy devient aussi un centre intellectuel avec l’arrivée d’écrivains et de philosophes attirés par la beauté du lac et l’air pur des montagnes.
La Restauration sarde
En 1815, une grande fête célèbre la réintégration d'Annecy au sein du royaume de Piémont-Sardaigne (les ducs de Savoie étant devenus rois de Sardaigne vers 1720). En 1822, la ville, capitale de la province du Genevois, recouvre son siège épiscopal avec un diocèse en son nom propre : Annecy et non plus Genève-Annecy. En 1842, Annecy accueille l'une des deux intendances générales du duché de Savoie. En 1860, juste avant l'annexion de la Savoie à la France, la ville compte environ dix mille habitants.
Le royaume de Piémont-Sardaigne prenant la tête du mouvement vers l'unité italienne alors que la France se trouve sous le Second Empire, les libéraux savoyards songent de nouveau à un rattachement de la Savoie du Nord (plus exactement les provinces du Chablais, du Faucigny et du Genevois) à la Suisse. Celle-ci, plus proche du régime libéral piémontais que du régime conservateur français, se montre intéressée et, aussitôt qu'est connue, en janvier 1860, la volonté de Napoléon III d'entamer le processus de cession de la Savoie à la France en échange des services rendus au Piémont dans sa campagne d'Italie contre l'Autriche, Berne exprime son souhait de voir la Savoie du Nord rattachée à la Confédération suisse.
La période sarde de 1815 à 1860 est marquée par de grands travaux d'urbanisme (assainissement, percement et pavage de rues, de places, construction de ponts, de quais et d'immeubles, notamment l'hôtel de ville en 1848, aménagement de la rive du lac : création du Jardin public, de l'île des Cygnes, du pont des Amours, de l'avenue d'Albigny et du champ de Mars...), par une modernisation certaine (eau potable, éclairage au gaz...) et par un important essor économique (en 1850, institution de la Banque de Savoie ; en 1858, la manufacture de coton emploie deux mille personnes...) : Annecy devient un des plus grands centres manufacturiers du royaume...
Après le rattachement de la Savoie à la France
En 1866, le train à vapeur arrive pour la première fois à Annecy. Ce progrès dans les transports permet, entre autres, au tourisme de se développer et de prendre un nouvel essor.
Un syndicat d'initiative est créé en 1895 afin d'organiser de nombreux événements.
À la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris, une immense tour carrée servant de clocher renferme, entre autres cloches, la plus grosse cloche de France. Baptisée la Savoyarde, elle a été fondue à Annecy-le-Vieux en 1895 par les frères Paccard. Elle mesure 3 mètres de diamètre et pèse 18 835 kg. Quant à son support, il pèse 7 380 kg. Le marteau qui la frappe pèse quant à lui 1 200 kg. Elle fut offerte à la basilique par les quatre diocèses de la Savoie, et arriva sur la butte le 16 octobre 1895, ce qui fut un événement parisien.
Durant la première moitié du XXe siècle, la ville grandit lentement. Sa situation géographique, ses voies de communication et son rôle administratif contribuent au développement de nouveaux quartiers : les quartiers des Balmettes, de la Prairie et de Vovray...
En 1901, est inauguré le premier tunnel sous le Semnoz, appelé « tunnel de la Puya ». Il mesure 900 mètres et part depuis la zone de Vovray, au bout de l'actuelle rue de la Cité, pour sortir à Sevrier, derrière l'hôtel Beaurivage. Il s'agit d'un tunnel ferroviaire qui a été exploité jusqu'en 1940, pour acheminer du fret et des voyageurs d'Annecy jusqu'à Albertville.
La Première Guerre mondiale profite à l'industrie annécienne, qui voit de nombreuses entreprises, notamment suisses, venir s'y installer. L'implantation la plus notable est celle, en 1918, de l'usine de roulements à billes SRO (devenue SNR) . Elle s'installe là en raison de la disponibilité de forces électrique, de la proximité des industriels de la vallée de l'Arve et d'Ugine, et de la disponibilité de terrains jouxtant la gare.
Après 1936, l'apparition des congés payés permet aux classes populaires de venir découvrir Annecy, son lac et ses montagnes.
La Seconde Guerre mondiale à Annecy
La mobilisation et défense passive est organisées par la municipalité (Joseph Blanc), tandis que la ville s’adapte au conflit dès septembre 1939. Le 67e BCA d’Annecy est engagé dans l’expédition de Norvège (opération de Namsos), qui se solde par un rembarquement au printemps 1940. en Mai–juin 1940, alors que le Blitzkrieg frappe le nord, les chasseurs alpins du 27e et du 67e BCA, casernés à Annecy combattent sur l’Aisne, avec de lourdes pertes.
L'état-major du Secteur défensif du Rhône installé à Annecy (général Michal), environ 4 500 hommes déployés de la frontière suisse à Aix-les-Bains. Les 179e et 189e BAF se positionnent le long du Rhône pour tenir les franchissements et retarder toute progression ennemie. Au château d’Annecy, on équipe en urgence les dernières recrues du 141e régiment régional, signe d’une préparation défensive accélérée à l’échelle locale.
Des combats de couverture et destructions de ponts ont lieu par la compagnie d’Annecy à Seyssel. Combats attestés dans les derniers jours de juin 1940; des réfugiés seysselans repliés sur Annecy témoignent de la résistance locale sur le Rhône. Le 24 juin 1940, les Allemands entrent à Rumilly, mais n’avancent pas sur Annecy: les ponts menant à la ville ont été détruits pour bloquer leur progression, ce qui évite des combats urbains à Annecy même.
Le 25 juin 1940 : l’armistice met fin aux opérations. Annecy échappe à des combats directs sur son sol à ce moment-là et se retrouve en zone non occupée jusqu’en novembre 1942, date à laquelle la situation évoluera avec l’occupation totale du territoire. Après la défaite française, l’armée italienne prend le contrôle dès le 18 juin 1940, puis, à la capitulation de l’Italie en septembre 1943, les troupes allemandes installent leur administration jusqu’à la libération de la ville le 19 août 1944. Ces différentes occupations bouleversent la vie quotidienne et renforcent la présence militaire dans les usines stratégiques, notamment l’usine SRO (ex-NTN-SNR) spécialisée dans les matériaux réfractaires utilisés par les forces armées allemandes.
Après l’occupation allemande de la zone italienne en septembre 1943, la Feldgendarmerie prend en main la répression à Annecy. Les familles juives assignées à résidence à l’hôtel des Marquisats deviennent des cibles directes des arrestations et déportations ordonnées par l’occupant. Sur le quai Jules Philippe, la plaque sur la façade de l’école rappelle l’arrestation de six enfants le 16 novembre 1943.
À l’aube, la Feldgendarmerie investit l’hôtel des Marquisats où sont assignées des familles juives; 13 femmes et enfants sont arrêtés et transférés à la prison du Pax à Annemasse. Le même jour, devant l’école du quai Jules Philippe (à côté de l’Hôtel de Ville), 6 enfants juifs sont arrêtés. Au total, 20 personnes, des femmes et des enfants sont raflées à Annecy ce jour-là et déportées vers les camps nazis.
La mère de Samuel Pintel, assignée à résidence à Annecy, est arrêtée lors de la rafle. Elle pousse son fils vers une amie non juive qui le met à l’abri; il est pris en charge par l’OSE, puis orienté vers la filière d’Izieu avant d’échapper à la rafle d’avril 1944. Son parcours est devenu l’un des témoignages marquants associés à Annecy.
À partir du 24 janvier 1944, ce fut l'intendant de police Georges Lelong (P.C. à la villa Mary, avenue du Parmelan) qui eut autorité sur les forces de l'ordre vichystes de la Haute-Savoie (Groupement du maintien de l’ordre) : gendarmerie départementale (rue de la Préfecture, à côté de la maison d'arrêt) ; garde mobile et groupe mobile de réserve (GMR) de la police au quartier Dessaix (avenue de la Plaine) ; police de sûreté et Renseignements généraux avec le SRMAN (Service de répression des menées antinationales) à l'Intendance, à côté du quartier de Galbert (avenue de Genève) ; Sécurité publique et Franc-Garde permanente de la Milice française (PC et trentaine d’Annecy à la Commanderie, aux Marquisats, et cohorte renforcée, au Casino-théâtre, sur le Pâquier, au moment du maquis des Glières).
Quant aux forces allemandes en 1944 (outre environ sept cents soldats hospitalisés à Annecy dans les lycées de garçons et de filles, et le collège technique), elles comprenaient un état-major de liaison auprès de la préfecture de Haute-Savoie (Verbindungsstab, V.S. 988) à l'hôtel Splendid (quai Eustache-Chappuis) avec une trentaine de Feldgendarmen à l'hôtel du Lac ; en janvier, mars et début avril, le Reserve-Gebirgsjäger-Bataillon I./98, puis trois sections du Reserve-Grenadier-Regiment 157, au quartier de Galbert ; un commissariat de police frontalier (Grenzpolizeikommissariat ou Greko) de la police de sécurité (Sicherheitspolizei ou Sipo) à la villa Schmidt (avenue d'Albigny) ; la 12. Kompanie du III./SS-Polizei-Regiment 28 Todt, puis, à partir d'avril 1944, la 13. Kompanie (régimentaire) du SS-Polizei-Regiment 19, de la police d'ordre (Ordnungspolizei ou Orpo), à l'école Saint-François (rue de la Gare), plus, en avril 1944, la 1. Kompanie du I./SS-Polizei-Regiment 19 au quartier de Galbert, sans oublier l'état-major et la section de commandement des bataillons successifs à l'hôtel du Mont-Blanc (rue Vaugelas).
Les membres en uniforme des unités de police d'ordre (Ordungspolizei ou Orpo) allemandes n'étaient pas des Waffen-SS (des soldats SS) ni même des SS au sens strict. En effet, si, en 1936, les forces de police allemandes passèrent sous la direction de la SS, tous les policiers ne devinrent pas des SS et, dans la police d'ordre, seuls certains cadres le furent (les runes SS argentées sous la poche gauche de poitrine et le grade dans la SS adjoint au grade dans la police indiquant l'appartenance personnelle à la SS). Certes, en février 1943, les régiments de police furent renommés régiments de police SS (comme les SS-Polizei-Regiment 28 Todt et SS-Polizei-Regiment 19), mais ce changement fut purement nominal en vue de remonter le moral des troupes, et ne concerna ni le recrutement (policiers de moins de vingt ans ou de plus de quarante), ni l'entraînement, ni l'armement (armes individuelles et fusils-mitrailleurs tchèques modèle 1926 ; pas d'armes lourdes ni de blindés).
Le siège local de la SPAC (Section politique anticommuniste), dit “Intendance d’Annecy”, est utilisé en 1943–44 pour interrogatoires et détentions; il illustre la judiciarisation répressive de la guerre intérieure. Annecy fut, entre autres, le siège d'une trentaine, puis d'une centaine de personne de la Milice française : 72 francs-gardes en avril 1944. La ville compta de nombreuses prisons où beaucoup de résistants furent enfermés et trouvèrent parfois la mort sous la torture, mais aussi un centre actif de la Résistance.
Le développement de la Résistance
Dès 1941–1942, des réseaux de résistants cohabitent avec des pétainistes et des soldats italiens, puis allemands à partir de 1943.
L’Auberge du Lyonnais devient un foyer du mouvement Combat : Flora et Jean-Marie Saulnier y organisent le passage d’agents, la diffusion de tracts et l’accueil de réfractaires au STO. L’Auberge du Lyonnais, tenue par Flora et Jean Marie Saulnier (mouvement Combat), sert de plaque tournante pour liaisons, renseignements et passages, jusqu’au durcissement de la répression fin 1943. Flora Saulnier est arrêtée quelques jours avant Noël 1943, internée puis déportée à Ravensbrück. Au printemps 1944, on compte treize lieux de détention sur le territoire annécien, signe de l’intensité des activités résistantes, de la riposte ennemie et de la répression accrue de la Gestapo.
L'Auberge du Lyonnais situé au quai de l’Évêché, sert de façade légale à un nœud de liaison du mouvement Combat. Sa position en vieille ville, très fréquentée, permet de masquer des rendez vous courts et la circulation discrète d’informations. Messages déposés/récupérés sous couverture de la clientèle; relais entre cadres locaux, émissaires de Lyon et maquis environnants. Acheminement d’aliments, vêtements, médicaments et matériel vers les groupes du secteur (notamment Thorens–Glières), avec collecte auprès d’appuis urbains.
Réception et diffusion de journaux (Combat, tracts), collecte de cotisations, mise en main de consignes d’action. Mise à l’abri de transit pour agents de liaison ou réfractaires en route vers des planques; orientation vers des filières sûres (hébergements, ateliers de faux papiers partenaires). Observations sur patrouilles, contrôles, mouvements en ville; recoupement d’alertes pour sécuriser les rendez vous et prévenir les coups de filet. Fixation de points et d’horaires, messages codés simples (couvertures, mots de passe), et dispersion rapide des contacts pour limiter les risques.
Chaque interlocuteur ne connaît qu’un maillon; les échanges se font debout au comptoir, à voix basse, quelques minutes tout au plus. Le flux régulier de clients (chauffeurs, commerciaux, habitués) dilue les allées et venues des agents de liaison. Variations d’horaires et de personnes pour éviter les filatures et repérer les surveillances.
Les parachutages d’armes au plateau des Glières fournissent munitions et souffle stratégique à la Résistance savoyarde. Ces apports permettent d’organiser la libération du département, dont Annecy, en concentrant les efforts pour isoler et faire tomber les garnisons allemandes ville par ville.
Annecy a vu émerger des chefs FFI, des agents de liaison et des combattants de terrain qui ont pesé sur la libération de la ville et, plus largement, de la Haute-Savoie. Voici les figures locales les plus marquantes, avec leurs rôles et ancrages précis.
Nizier : Joseph Lambroschini, dirigeant de l’Armée secrète (AS) locale. Nizier consolide l’Armée secrète (AS) autour d’Annecy, impose des règles de sécurité (cloisonnement, liaisons sûres) et une discipline opérationnelle qui réduit les coups de filet ennemis. Il met en place des circuits de décision courts entre renseignement, sabotage et action, ce qui permet d’agir vite sur les cibles utiles (communications, dépôts, points de contrôle). Sous son impulsion, la ville devient un nœud logistique (relais, caches, liaisons), en appui des maquis environnants et des passages vers la Suisse.
Le rôle de Nizier a été décisif pour transformer une mosaïque de groupes en une force capable de libérer la ville. Nizier cofonde l’état-major FFI haut-savoyard le 17 juin 1944 pour coordonner l’action avec les FTP, isoler les garnisons allemandes et préparer les redditions successives menant à Annecy.
Après juin 1944, Nizier (AS) s’unit à “Grand” (André Augagneur, FTP) au sein des FFI, pour une conduite coordonnée des opérations dans toute la Haute Savoie. Leur ligne est claire: isoler les garnisons allemandes, couper routes et transmissions, user de l’ennemi plutôt que chercher des affrontements frontaux coûteux. Il exploite les apports en armes et l’élan moral hérités du plateau des Glières pour passer d’actions de harcèlement à une séquence de libérations locales convergeant vers Annecy. Nizier fait occuper les accès d’Annecy, neutralise les points sensibles (ponts, centrales, dépôts), et crée un rapport de force qui rend la position allemande intenable.
Nizier organise la réunion de reddition du 19 août 1944 à l’hôtel Splendid afin d’éviter un bain de sang. Sa priorité est la sécurité des habitants: éviter les représailles, empêcher la mise à feu de charges, et garantir une transition ordonnée. À l’aube, il convoque les autorités d’occupation à l’hôtel Splendid pour négocier. L’acte de reddition est signé dans la journée, évitant combats de rues et destructions d’infrastructures.
Nizier organise la récupération des armes, le cantonnement des unités FFI, la garde des services vitaux (eau, électricité, télécoms) et la prévention des exactions. Il facilite le passage du pouvoir aux instances civiles (Comité de Libération, Préfecture), en maintenant la discipline des troupes et le respect des procédures. Continuité militaire Sous sa houlette, des éléments FFI d’Annecy sont intégrés à des unités régulières (dont la reconstitution du 27e BCA) et participent à la poursuite des combats en Savoie et dans l’Ain.
Son nom reste associé à une libération exemplaire, où la Résistance a su gagner militairement tout en protégeant la ville et ses habitants.
Grand : André Augagneur, chef des FTP en Haute-Savoie, il s’unit à Nizier au sein des FFI pour harmoniser sabotages, encerclements et négociations de capitulation. Leur stratégie conjointe, appuyée par les parachutages des Glières, accélère la libération d’Annecy et du département à la mi-août 1944.
François de Menthon : figure fondatrice du mouvement Combat et originaire du lac d’Annecy (famille de Menthon Saint Bernard), il sert de pont entre les orientations nationales de Combat et l’armature des réseaux haut savoyards, facilitant leur structuration autour d’Annecy et leurs liens politiques avec la France libre.
Flora Saulnier : membre du mouvement Combat et tenancière de l’Auberge du Lyonnais : plaque tournante de la Résistance à Annecy).
Jean Marie Saulnier : coresponsable de l’Auberge du Lyonnais, il doit se faire de plus en plus discret au cours de l’année 1943 face au durcissement des opérations de la Gestapo.
Louis Armand : chef de la Résistance ferroviaire à la SNCF, il impulse la doctrine de sabotage raisonné des voies et installations. Son influence contribue à la protection des infrastructures clés autour d’Annecy tout en entravant les mouvements allemands dans le bassin annécien.
Lionel Martin : maquisard puis combattant FFI, il participe aux opérations qui conduisent à la libération du département et à la reconstitution du 27e BCA. Les archives d’Annecy le présentent comme l’un des “héros malgré eux” associés à la libération de la ville le 19 août 1944. Lionel Martin incarne ces chefs de groupe opérationnels dont l’action converge vers la libération du chef lieu et l’intégration de résistants aux unités régulières ensuite.
Jean Jacques Fuchs : résistant local honoré par les archives municipales dans le triptyque de “héros de l’ombre” liés à la libération d’Annecy, figure de ces anonymes qui contribuent décisivement aux jours d’août 1944. Jean Jacques Fuchs est représentatif de ces cadres de terrain qui, sans notoriété nationale, ont pesé concrètement sur les journées de la Libération à Annecy.
Claudius Lyard : autre “héros malgré lui” signalé par les archives, représentatif des volontaires engagés dans les colonnes FFI qui entrent dans Annecy libérée après la reddition signée à l’hôtel Splendid. Claudius Lyard témoigne du rôle des commandants de proximité dans la stabilisation de la ville après la reddition.
Lieutenant Tom Morel : chef charismatique du maquis des Glières, il donne en 1944 un élan moral et militaire aux résistants haut savoyards. Sa capacité à fédérer et à obtenir des parachutages d’armes rejaillit sur les groupes du secteur d’Annecy en amont de l’été 1944.
Capitaine Maurice Anjot : successeur de Tom Morel aux Glières, il prolonge l’effort organisateur malgré l’épreuve militaire du plateau. La continuité du commandement et des liaisons permise par Anjot soutient la montée en puissance des FFI qui culminera dans la séquence de libérations d’août 1944, incluant Annecy.
Les bombardements alliés
Le site industriel de l’usine SRO constitue une cible majeure pour les bombardiers alliés : Annecy, a été bombardé à trois reprises par les Alliés (11 décembre 1942, 11 novembre 1943, 9/10 mai 1944) qui visaient l'usine de roulements S.R.O. Le 11 décembre 1942 (Usine SRO) : Bombardement à haute altitude « à l’aveuglette » ; quartiers de La Prairie, Les Balmettes et Loverchy touchés ; 5 morts, de nombreux blessés, plus de 70 bombes non explosées retrouvées au cimetière de Loverchy.
Le 11 novembre 1943 (Transformateur de l’usine SRO) : violente explosion à l’aube, dégâts dans l’enceinte industrielle et aux alentours, bilan humain et matériel significatif. Ces frappes visent à perturber la production de roulements pour les panzers allemands, mais causent d’importantes pertes civiles et endommagent l’habitat annécien .
Libération d’Annecy le 19 août 1944
La Haute Savoie est le premier département de France libéré par ses seules forces résistantes, le 19 août 1944. Annecy, chef lieu, tient une place symbolique centrale dans cette séquence de victoires locales coordonnées par les FFI.
Après avoir verrouillé les accès de la ville pour éviter un bain de sang. Les négociations commencent dans la nuit du 18 août à Veyrier du Lac avec le commandement FFI, qui ouvrent la voie à l’acte de reddition allemande le lendemain à l’hôtel Splendid le 19 août 1944. Siège de la Kommandantur; le 19 août 1944, le colonel allemand (Meyer/Mayer) signe la reddition d’Annecy. Des prisonniers allemands sont conduits sous bonne garde dans la ville, et de grands convois FFI entrent dans Annecy libérée. Cet épisode constitue l’action la plus marquante de la Résistance dans la commune même.
Cette libération intervient après la chute des garnisons voisines (Évian le 16 août, puis Thonon, Saint Julien, Annemasse, Cluses, Le Fayet), résultat d’une stratégie FFI visant à isoler et faire capituler chaque place forte avant de conclure à Annecy. Annecy et les associations mémorielles organisent chaque 19 août des cérémonies (notamment place du Souvenir, devant le monument aux combattants), rappelant la reddition négociée et le retrait de la Wehrmacht des murs de la ville.
Le 4 novembre 1944, le général de Gaulle effectue une visite triomphale à Annecy, saluant la population et les combattants de la Résistance. Après la guerre, la maison des Marquisats devient un centre de mémoire où se réunissent associations de résistants et de déportés pour entretenir le souvenir des événements.
Après la libération de la ville en 1944 et jusqu'au 30 septembre 1947, un vaste camp de prisonniers allemands sur 7 hectares fut établi sur les terrains de Novel auparavant occupés par des champs. Ce camp avait été construit dès le début de la guerre en prévision des nombreux prisonniers que l'armée française pensait alors faire. À partir de juin 1941, le camp fut en partie occupé par les Compagnons de France, la Milice, puis par les élèves du collège Sommeiller.
XXe et XXIe siècle
Après 1945, l’urbanisme se transforme : nouveaux quartiers, routes et ponts. Le tourisme naissant redonne à Annecy sa vocation de station lacustre, tandis que la vieille ville retrouve ses canaux et ses façades pastel. Au XXᵉ siècle, Annecy profite de sa situation exceptionnelle entre lac et montagnes pour devenir une destination privilégiée. Ses canaux pittoresques, ses marchés traditionnels et son patrimoine médiéval restauré contribuent à sa renommée.
En 1953, commence la restauration du château et des quartiers historiques. Moins de dix ans plus tard est installé le collecteur du tour du lac qui retrouve sa pureté. Un peu plus de dix ans après, est créée la zone piétonne et, encore dix ans plus tard, Annecy est relié à Paris par le TGV. À partir des années 1960 se développement le nouveau quartier de Novel sur un territoire de champs et de terres de l'ancien manoir et maison forte de Novel du XVe siècle et un camp militaire des années de guerre.
Aujourd’hui, Annecy se distingue par la qualité de son cadre de vie : accessibilité des montagnes, préservation du patrimoine et attractivité économique. Les Jeux mondiaux de la jeunesse en 2018 et le label “Venise des Alpes” soulignent son rayonnement international. De nouvelles initiatives culturelles et écologiques façonnent l’avenir de la cité.
L’histoire d’Annecy est celle d’une petite cité alpine devenue capitale spirituelle, puis joyau touristique mondial. Ses ruelles médiévales, son patrimoine religieux et son lac légendaire font d’elle une ville où le passé dialogue en permanence avec le présent.
Passionné par l’Histoire locale ? Prochainement, nous explorerons le rôle de la Réforme protestante à Annecy et l’évolution de son patrimoine religieux.
Nos coups de cœur à Annecy
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Par respect pour les habitants et l'environnement, merci de respecter les panneaux signalétiques et consignes. Merci de respecter le droit de propriété et de ne pas pénétrer sur les terrains privés :
- Observez le code de la route en tous lieux et en toutes circonstances, et soyez courtois avec les autres usagers que vous pourrez croiser sur votre chemin.
- Camping et Feux interdits (pas de barbecue)
- La nature est fragile et des chutes de pierres sont parfois fréquentes.
- Veuillez ramasser vos déchets avant de partir.
- Plus que les sacs plastiques ou les pailles, ce sont les mégots de cigarettes qui pollueraient le plus les océans. les filtres à cigarettes se dégradent très lentement. Deux ans en moyenne.
- L'un des "petits gestes élémentaires" à accomplir : ne plus jeter ses mégots par terre. Pensez boite à mégots !
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