À partir de 1820, la vocation défensive des anciens remparts romain s’efface : démolition de plusieurs pans pour ouvrir des rues et construire des habitations. Réemploi des pierres et blocs de marbre dans les maisons voisines, modifiant durablement le tissu urbain ancien.
Le XIXe siècle voit l’essor d’ateliers artisanaux et la fondation du Journal du Diois et de la Drôme (1851), reflet d’une vie civique dynamique. L’arrivée du chemin de fer relance l’économie locale, facilitant l’exportation de la célèbre clairette.
La Seconde Guerre mondiale à Die : occupation, répression et libération
La Seconde Guerre mondiale débute le 1er septembre 1939 avec l’invasion de la Pologne, et s’étend jusqu’au 2 septembre 1945. Après la défaite de juin 1940, Die se retrouve d’abord en zone libre, avant d’être occupée militairement par les forces allemandes dès novembre 1942 lors de l’extension de l’occupation à la zone sud.
La Milice
La Milice impitoyable contre la Résistance, investit des villages et prend des otages. C’est pratiquement toujours à la suite de dénonciation, ou avec l’aide de miliciens infiltrés dans la Résistance et revenus dans leurs rangs bien renseignés, que les miliciens mettent sur pied l’investissement de villages entiers. Nous illustrerons ceci par quelques exemples.
Lorsque des agents de la Gestapo et des Miliciens investissent Nyons le 21 janvier 1944, ils arrêtent 8 résistants locaux, dont six mourront en déportation. À Taulignan, ce sont les miliciens de Montélimar qui, le 9 février 1944, arrêtent et conduisent à la Gestapo M. et Mme Gras, Marc dit la Cloche, le gendarme Chalou et l'ouvrier agricole Guitton qui, sauf ce dernier, seront torturés et déportés. Ce sont encore ces miliciens montiliens qui arrêtent le 21 février Suzanne Dupont et Mathilde Bravais.
Le 22 février 1944 à Izon-la-Bruisse, dont l’école servait de logement à 250 FFI (Forces françaises de l’intérieur) du maquis Ventoux, 35 hommes sont lâchement fusillés 4 par 4 après avoir été fouillés et dépouillés. Chez le boucher Faure de Montoison, des miliciens viennent perquisitionner le 8 mars 1944. À défaut de le saisir avec sa femme, ils arrêtent son commis. Marius Sapin qui est déporté. Le 14 mars, la Milice arrête des membres du groupe Tain-Tournon : Étienne Morand, les frères Louis et Gaston Pinet, Marcel Billon, et Georges Girard qu'ils hébergeaient chez eux après qu'il eût tué un responsable de la Gestapo de Lyon. Emmenés à Lyon, Girard est fusillé, les autres déportés.
Le 19 mars 1944 à 7 h, à Nyons, une trentaine de soldats allemands accompagnés de 3 miliciens en uniformes des Chantiers de jeunesse cernent la maison du docteur Jean Bourdongle qui est arrêté et conduit dans la salle des mariages de la mairie. Il sera fusillé à Condorcet (Saint-Pons). Paul Bernard, maçon à Nyons, est arrêté le 21 mars par des miliciens et remis aux Allemands qui le déportent à Dachau. Le 16 avril, la Milice arrête à Romans Ernest Diébold, réfugié lorrain, et Pierre Revol. Ils sont déportés en Allemagne. Diebold ne reviendra pas. Fernand Chauffingeal, arrêté à Malissard le 17 avril, mourra en déportation. André Giroud est arrêté et torturé à Saint-Nazaire-en-Royans. Le lendemain, les miliciens arrêtent l'instituteur Louis Ferroul, l'emmènent à Valence puis à Lyon où il est interné.
Le 8 juin, aux Crozes commune de Peyrins, deux miliciens du lieu, les frères D., ont aperçu des résistants en embuscade dans leur voisinage : ils se précipitent à bicyclette à Romans pour prévenir les Allemands. Une équipe de la compagnie Bozambo tente d'arrêter les deux frères. L'un d'eux est tué, l’autre réussit à s'échapper. À proximité, un groupe de résistants est intercepté par des miliciens et des Allemands. Deux d'entre eux sont tués, les autres, blessés, restent à râler dans un fossé, gardés par la Milice. Le lendemain, trois rescapés transportés à la caserne Bon, à Romans, par les miliciens, sont interrogés par neuf Français de la Gestapo de Lyon et un Allemand. Deux sont achevés le lendemain.
Le 12 juillet, au retour d'un sabotage, une équipe de la compagnie Mabboux veut intercepter une voiture de miliciens et les prendre vivants. Après une poursuite, les miliciens s’arrêtent au Creux-de-la-Thine et ouvrent le feu à la mitraillette sur les Résistants, faisant 2 morts et 3 blessés. Le sous-lieutenant Vibout est abattu au volant de sa voiture, son voisin également. Leurs corps sont poussés dans le fossé avec ceux de deux blessés. Pollet réussit à s'enfuir soutenant son bras ensanglanté.
Résistance locale et arrivée des troupes allemandes (1943–juillet 1944)
Les réseaux de résistance (notamment Buckmaster) mènent des actions de renseignement, d’évasion et d’accueil de milliers de réfractaires et de blessés du Vercors.
Sabotages et embuscades du maquis
Les réseaux de résistance, notamment le réseau Buckmaster et le Corps Franc Pommiès, visèrent systématiquement la ligne ferroviaire Lyon–Toulon : déraillements de trains transportant des troupes et du matériel, dynamitage de ponts et de tunnels entre Saillans et Die, embuscades de convois allemands sur la RN 93, retardant les renforts ennemis.
Sur la route de Gap à Die, plusieurs petites offensives de 20 à 50 maquisards parvinrent à neutraliser des postes de garde allemands et à s’emparer d’armes légères et de munitions. Le 6 ou 7 juin 1944, le groupe Buffardel Camille se rassemble et s’arme.
Le maquis du Vercors et l’offensive de juillet 1944
Mai–juin 1944 : plus de 4 000 résistants investissent le plateau du Vercors, à une cinquantaine de kilomètres de Die, pour créer une “République libre”. 21–25 juillet 1944 : l’assaut allemand (Opération Albrecht) scinde et écrase le maquis ; Vassieux-en-Vercors est pilonné, les résistants et civils font face à une contre-offensive parachutiste et blindée.
Bien que le cœur du combat se situe sur le plateau, le repli des maquisards et l’afflux de blessés vers Die mobilisent hôpitaux et filières d’évasion, transformant la ville en base arrière essentielle.
Malgré les efforts de la Résistance dans la vallée de la Drôme, les Allemands du « Kampfgruppe Zabel » composé d'un bataillon de la 9e division blindée et d'un « Ostbataillon », approchent de Die. Le convoi des blessés de l'hôpital du Vercors, venant de Saint-Martin, arrive à Die dans la nuit du 21 au 22. La mère supérieure de l'hôpital signale l'arrivée imminente des Allemands, ce qui oblige le groupe à retourner sur le massif se réfugier à la grotte de la Luire. Au cours de la nuit, le docteur Rigal et les infirmières religieuses évacuent de l’hôpital tous les malades transportables. Le 22 juillet, les Allemands pénètrent dans Die.
Pour créer et entretenir un climat de terreur, Les allemands et la milice circulent dans la ville et tirent à tout moment, même la nuit. Le couvre-feu est instauré, on ne peut sortir dans la cité qu’avec un laissez-passer. La population est affolée, redoutant les représailles, les prises d’otages et leur exécution. Monsieur Petit et l'abbé Muller, deux Lorrains, servent d'interprètes et cherchent à apaiser les occupants. Des avions allemands mitraillent Die et lâchent quatre bombes ; l'une tue mademoiselle Germaine Elluin, 30 ans.
Lors de l’occupation de Die par les Allemands à partir du 22 juillet 1944, la Milice est à leurs côtés et leur chef, le traître Halperson, le dentiste de la Motte-Chalencon vêtu en officier allemand, joue les premiers rôles. À leur arrivée à Die, Allemands et miliciens ont tout de suite cherché Camille Buffardel, Auguste Werly et Léon Livache, dénoncés par Halperson.
Le dimanche 23 juillet à 10 h, Camille Buffardel, du réseau Buckmaster Roger, industriel et adjoint au maire, est fusillé sur la place Saint-Pierre et sa cave de Clairette est pillée. Le même jour, son frère Édouard est abattu à Aix-en-Diois. Camille Buffardel est resté à son poste dans la ville le 22 juillet 1944 à l’entrée des Allemands. Il est seul, inquiet, au service de la population. Halperson (traître qui aida les troupes allemandes dans la répression et dirigea les opérations) le connaissait, à titre de Résistant et de maire- adjoint dans la nouvelle municipalité nommée par le CDL. Le 23 juillet 1944 à 10 h, il est appréhendé chez lui, conduit au bureau de poste et contraint de remettre de l’argent aux miliciens, puis il fut abattu par la Milice, place Saint-Pierre.
Buffardel Camille est né vers 1894, est l'un des organsiateur et dirigeant de la résistance dioise. Âgé de 50 ans, père de quatre enfants, ancien combattant de la guerre de 14-18, blessé au Chemin des Dames. protestant.socialiste et franc-Maçon, Camille Buffardel fut adjoint au maire de Die, producteur-négociant de clairette, riche industriel.
Membre du groupe de Résistance FTP de Die dirigé par Henri Giry en juin 1942, les réunions ont lieu chez lui. diffusion de tracts, écoute à plusieurs des émissions de Londres "les Français parlent aux Français". un pas de plus s’opére en février 1943 avec la création d’un "groupe sédentaire" de quatorze Résistants autour de Camille Buffardel, Fernand Richaud, propriétaire d’une scierie, Elie Brochier, technicien TSF, Henri Giry, ébéniste, Henri Brunet, négociant en bestiaux, Aimé Baudet, garde forestier, Léon Livache, retraité et Auguste Werly. Grâce à cette équipe, les réfractaires au S.T.O. peuvent se procurer une carte d’identité et trouver un asile sûr dans une ferme isolée. Il intégra le réseau le réseau Jockey (Roger Buckmaster) du SOE (Special Operations Executive) en janvier 1944 comme agent P2 (hébergement, liaisons). Il y fut homologué comme chargé mission de 3e classe en juin 1944
Le docteur Paul-Élie Kroll (Kraul ?) et son fils Maurice, juifs réfugiés à Die, sont abattus sur la placette, Pierre Chérissol, 22 ans, près de la Barrière. Au bord de la rivière Drôme, ils tuent le sous-lieutenant Victor Vermorel ("Vallin"), blessé à Vassieux, qui avait tenté de fuir, mais avait été facilement repris, le menuisier René Brugier, le bûcheron Pierre Basset, et Hubert Laheurte, 20 ans. Le corps de Léon Livache, exécuté alors qu’il essayait de rentrer chez lui à Romeyer, sera écrasé par plusieurs véhicules allemands. André Plumel, sculpteur sur bois, est abattu au pont de la Griotte à Die.
Le lundi 24 juillet, un détachement allemand et un peloton de la Milice investissent l'hôpital où ils arrêtent deux Juifs réfugiés à Die, Menahem Skelly Cohen, commerçant de Marseille, et Alexis Feldman, ainsi que Albert Froment, marchand de vêtements de Romans, Marcel Jeanneret, maquisard du Vercors, et Claude Lieber, Résistant juif de Grenoble, 22 ans, qu'ils massacrent à la prison avec le juif Albert Peters pris au château de Salières. Ce dernier, âgé de 51 ans, d'origine autrichienne, ancien artiste lyrique et chef d'orchestre à Berlin, venu en France dès 1933, interné au 352e GTE (Groupement de travailleurs étrangers) de Crest, avait été détaché à l'usine de meubles Audra à Die. Il est abattu par le tueur de la Milice "Georges", qui avait pour habitude de saisir rapidement son appareil photo pour prendre un cliché de sa victime en train de s'écrouler.
La secrétaire de l'hôpital, Yvette, a pu sauver à l'aide de faux papiers trois blessés qui y étaient restés, mais le quatrième, un blessé de la compagnie Brentrup originaire de Crest, Jean Rousset, 19 ans, blessé le 20 juillet à Vaunaveys, et évacué sur l’hôpital de Die. martyrisé par les miliciens, avoue son appartenance à la Résistance : il est abattu quelques heures plus tard d'une balle dans la nuque sur l'ordre d'Halperson, le dentiste de La Motte-Chalancon habillé en officier allemand, qui se révèle ainsi comme un traitre infiltré jusqu’alors dans la Résistance. Les religieuses de l'hôpital, compromises, sont soumises à interrogatoire, puis, alignées devant un mur, elles attendent longtemps leur exécution, évitée in extremis grâce à la négociation de l'abbé Bossan et de son vicaire l'abbé Muller. Elles sont enfermées et ne seront libérées que le lendemain soir.
Toute la population de Die de plus de 14 ans est convoquée sur la place de l'Évêché. À 14 h, devant les officiers allemands se promenant leur badine à la main, le chef milicien ardéchois "François" fait un discours : « Je suis père de quatre enfants, mon père est mort à la guerre de 1914-18, j'ai fait la guerre de 1939-40, donc je suis un bon Français... je ne suis pas pour les Allemands, je suis avec les Allemands, contre les Juifs, les communistes, les terroristes ». Il jette l'anathème sur Die, ville rebelle, ville coupable. Et il invite à emboîter le pas pour l'ordre allemand.
Le 25 juillet, à Recoubeau, une centaine d’Allemands, accompagnés de miliciens dirigés par Halperson, incendient la maison du père du lieutenant Bernard, puis le moulin de la famille Abonnenc à Luc-en-Diois. On les retrouve ensemble le 5 août à Vercheny, où ils tentent d’arrêter l’épouse du capitaine Pons qui réussit à leur échapper.
Le 27 juillet, deux résistants juifs sont exécutés à leur tour par les miliciens : Vidal ou Nadal Ramis, 24 ans, originaire de Vienne (Isère), et Charles Touch-Laberche, originaire de Nice arrêté au Pont-de-Quart et emprisonné à Die.
Le 30 juillet : Des affiches apposées dans Die avertissent la population : « Tous ceux qui par leur activité ont favorisé le maquis verront leurs biens confisqués, leur maison détruite, leur vie menacée ».
Le 31 juillet : à la prison les miliciens exécutent quatre jeunes maquisards pris à Romeyer où ils se cachaient, après l’ordre de dispersion du Vercors : Alphonse Canovas, 22 ans, Henri Gagnol, Jean Ordassière, 21 ans, et Humbert Pedoyat, 20 ans. L'un d'eux n'étant pas mort sur le coup, un milicien s'acharne sur le corps en criant : « tu ne veux pas mourir, sale Espagnol ! » car le pauvre diable a avoué au cours d'un interrogatoire que sa mère était espagnole. Les miliciens collent sur les murs de la ville une affiche qui commence ainsi : « les terroristes continuent à combattre » et poursuit par des menaces.
Ce sont les miliciens qui pillent la maison du pasteur Loux, qui a été dénoncé, puis les caves de clairette Buffardel. Ce sont les miliciens qui remplacent au fronton de la mairie le sigle : Liberté, Égalité, Fraternité, par : Travail, Famille, Patrie. Ce sont les miliciens qui débaptisent la place de la République pour lui donner le nom de « place Philippe Henriot ». Ce sont les miliciens qui martyrisent Rousset, blessé de la Résistance, abattu quelques heures plus tard. Ce sont les miliciens qui s’emparent des sœurs de l’hôpital soumises à interrogatoire, après un simulacre d’exécution, puis enfermées.
Ce climat de terreur dure quinze jours : le 7 août, les Allemands et les miliciens s'en vont de Die.
Dans l'après-midi du 23 août, des Allemands capturent Georges Bert de Saint-Donat : le commandant de la garnison de Tain le livre à la Milice. Il est assassiné par le milicien C.
Le 10 août 1944 vers 13 h 45, des maquisards du maquis Félines venant de Bourdeaux arrivent au village de Montboucher-sur-Jabron pour surprendre, au moment de sa sieste, le milicien valentinois Croze en permission dans une ferme. Ils le tuent d’une rafale de mitraillette. À 16 h 30, 50 Allemands et des miliciens viennent de Montélimar à Montboucher en expédition punitive, encadrés par la Gestapo. Ils prennent des otages : Léon Demauve et son père Gabriel. Des camions déménagent le mobilier et les bêtes. Entre 17 h 30 et 18 h, le père et le fils Demauve, attachés l’un à l’autre, sont arrosés d’essence et brûlent dans l’incendie de leur maison. Toute la nuit, des avions survolent la maison en flammes pour empêcher qu’on éteigne le feu. Le lendemain, on retrouve les restes des deux hommes, avec la chaîne noircie qui avait servi à les enchaîner. Leurs noms figuraient sur une liste de suspects aux mains de la Milice.
Le lendemain, un barrage routier a été mis en place par les Allemands et miliciens. Vers 10 h, une voiture montée par deux jeunes hommes du bataillon Morvan non armés est interceptée, L’un d’eux réussit à disparaître, mais Albert Aurel est conduit dans le village et massacré à l’endroit où le milicien Croze avait été abattu la veille. Le 12 août, la population du village doit assister à ses obsèques, les bras obligatoirement chargés de fleurs. Le même soir, les maquisards incendient la ferme du milicien Garayt. En représailles, les miliciens arrêtent Rouvière, qui parvient à s’échapper, et Reboulet, torturé et tué. On retrouvera son corps affreusement mutilé. Le milicien Garayt sera passé par les armes trois jours après.
Libération et hommage (août 1944)
Début août 1944, la 1re division blindée américaine (“surnommée la « Division Texas »”) progresse le long de la Drôme. À l’approche de Die, de petits groupes allemands résistent dans les faubourgs et retranchements, entraînant des échanges de tirs sporadiques. Le 4 août, l’entrée pacifique des Américains conclut la libération, mais plusieurs accrochages isolés auront coûté la vie à des résistants et civils. En hommage à ces libérateurs, une avenue de la ville porte aujourd’hui leur nom.
La ville de Die, où la mémoire des événements de 1944 est fortement marquée, comporte de nombreuses stèles et plaques :
Une plaque commémorative, apposée sur un mur en blocs calcaires, porte les noms des fusillés et rappelle le rôle de la Milice et de l’armée allemande. Le monument se situe dans une rue secondaire de la cité. Il est constitué d'un mur réalisé en blocs calcaires. La plaque porte les noms des fusillés bien lisibles. Il est à remarquer de la responsabilité de l'assassinat est imputée uniquement à la Milice à la solde des Allemands : « lâchement assassinées par des miliciens à la solde de l’Allemagne ». Un écusson tricolore supporte les drapeaux lors des cérémonies anniversaires.
Une portion de la rue principale porte le nom de Camille Buffardel. Elle prolonge l'avenue de la division du Texas qui a libéré la ville en août 1944. Plusieurs stèles et panneaux historiques jalonnent également la cité, notamment rue Camille Buffardel et avenue de la Division du Texas, pour ne jamais oublier ces journées tragiques.
Figures emblématiques de la Résistance dans la région de Die
Abbé Pierre (Henri Grouès) : Créateur des maquis du Vercors et du massif de la Chartreuse, il organise filières d’évasion, parachutages et secours aux réfugiés politiques. Sa forte implication humanitaire permet de structurer la solidarité entre les réseaux locaux et Londres.
Lieutenant Louis Pommiès (Corps franc Pommiès) : Spécialiste du sabotage ferroviaire, il coordonne plusieurs déraillements de convois allemands entre Saillans et Die. Ses embuscades sur la RN 93 retardent les renforts ennemis et renforcent la réputation du Corps franc dans la vallée de la Drôme.
Capitaine Raymond Chabaud (réseau Buckmaster) : Responsable du créneau Die–Saillans, il gère les liaisons radio clandestines vers Londres et supervise les parachutages d’armes et de matériel. Sous son autorité, le réseau amplifie le renseignement sur les mouvements allemands dans la région.
Jeannine Hilaire, infirmière clandestine : Recrutée par les FFI, elle installe un poste de secours improvisé à la sortie ouest de Die. Son réseau de civils bénévoles permet d’accueillir et soigner plusieurs centaines de résistants et blessés du Vercors, souvent évacués via les routes secondaires.
René “Hubert” Gargani (Forces françaises de l’Intérieur) : Chef départemental FFI, il orchestre la jonction entre les maquis de Die et la 1re division blindée américaine lors de la libération. Son sens du commandement et sa connaissance du terrain facilitent la reddition pacifique de plusieurs positions allemandes.
Simone Barre, opératrice radio : Âme du stand clandestin de communications, elle assure, pendant tout l’été 1944, la réception des messages de Londres et les autorisations de parachutage. Sans elle, les réseaux de Die auraient été coupés de leurs ravitaillements essentiels.
Témoignages de la Seconde Guerre mondiale à Die
Carnets et journaux intimes
- Témoignage de l’abbé Jean Garnier Conservés aux Archives départementales de la Drôme (cote 4 H 32), ses carnets (1943–1945) relatent l’accueil des réfugiés du Vercors, les bombardements subis par la ville et la clandestinité des prêtres réfractaires.
- Carnet de notes d’Antoine Brun Maquisard du Vercors exfiltré vers Die en juillet 1944, son journal raconte la retraite des résistants, l’organisation des postes de secours improvisés et la solidarité des habitants.
Lettres et correspondances
- Lettre du docteur Paul-Élie Kroll (23 juillet 1944) Adressée à son épouse, elle décrit les rafles, les exécutions sommaires sur les rives de la Drôme et l’effroi qui régnait dans les rues de Die pendant la nuit d’occupation.
- Échanges de courriers de Marcel Couvert Opérateur radio de la 5e division blindée, il évoque dans ses lettres à sa famille le soulagement à l’annonce de la libération et les premiers contacts apaisés avec la population dioise.
Témoignages oraux
- Entretien avec Simone Hilaire (1998) Infirmière clandestine, son témoignage enregistré par l’Association pour l’Étude de la Résistance dans la Drôme (AERD) relate la mise en place du poste de secours de Die-ouest, l’évacuation des blessés et les difficultés d’approvisionnement.
- Récit de Louis Dupont (2002) Habitants de Die, il se cacha dans sa cave pendant plusieurs jours pour échapper à une rafle de la Milice. Son témoignage a été collecté par le réseau Patrimoine Oral de Provence-Alpes.
Sabotages et rapports de réseaux
- Rapport du réseau Buckmaster (juillet 1944) Rédigé par le capitaine Raymond Chabaud, il détaille les sabotages ferroviaires autour de Die, l’accueil des parachutages d’armes et les coordonnées des maquis locaux.
- Journal de route du Corps franc Pommiès Louis Pommiès y consigne les embuscades menées sur la RN 93 et dans les gorges de la Drôme, ainsi que l’aide logistique apportée par les paysans diois.
Ces documents livrent un panorama vivant de la vie quotidienne sous l’occupation, de la résistance civile et militaire, et de l’ampleur de la solidarité dioise.
Ce survol historique révèle une cité qui, loin d’être rangée dans l’oubli, cultive fièrement ses racines tout en s’ouvrant à l’avenir. Pour approfondir, laissez-vous guider par les visites thématiques organisées par l’office de tourisme de Die : un voyage au cœur de sept millénaires d’histoire.
Die aujourd’hui : Héritage et atouts touristiques
Die allie vestiges antiques, patrimoine médiéval et nature grandiose. À découvrir :
- La galerie souterraine de la cathédrale
- Tour guidé des remparts avec montée sur les tours pour une vue imprenable sur le Vercors et la Drôme.
- Parcours archéologique à la Cave Jaillance : une muséographie qui retrace 2 000 ans d’histoire du vin et des villes romaines de la région.
- Balade « Sur les pas des Romains » proposée par l’Office de Tourisme, incluant fouilles expérimentales et reconstitutions 3D.
- Festivals et traditions : Chaque été, Die vibre au rythme du Festival de musique sacrée et du festival de la Clairette, valorisant son patrimoine immatériel.
- Tourisme vert : Parc naturel régional du Vercors, randonnées sur la montagne de Glandasse (2 041 m), et sports d’eaux vives sur la Drôme attirent randonneurs et passionnés de nature. Les secteurs d’escalade et d’alpinisme faciles d’accès depuis Die. Les sentiers du Vercors et la via ferrata
Musées d’histoire et de patrimoine autour de Die
- Musée Archéologique de Die et du Diois - Histoire locale et archéologie : Die romaine, épiscopale, Diois - 11, rue Camille Buffardel, 26150 Die
- Muséobulles Jaillance : Histoire et techniques de la clairette (vin effervescent) - 355, avenue de la Clairette, 26150 Die
- Musée de la Clairette – Caves Carod Frères : Écomusée : terroir, production et outils de la clairette - RD 93, 26340 Vercheny
- Maison de la Clairette : Interprétation du patrimoine viticole - Route de Die, 26340 Vercheny
Vous trouverez dans ces lieux une plongée dans l’archéologie, l’histoire urbaine, les traditions viticoles et l’artisanat régional. Pensez à vérifier les horaires et conditions de visite sur les sites officiels avant votre déplacement.