Période gallo-romaine
Vestiges gallo-romains : selon Pierre-Yves Laffont, Joyeuse se trouvait traversée par une voie romaine secondaire joignant Pont Saint-Esprit, Barjac, Joyeuse puis Aubenas d’une part, Luc d’autre part.
Moyen Âge
Les Burgondes, les Wisigoths, les Sarrazins puis les Francs envahissent le territoire de l’Helvie et toute la Septimanie. Ce fut une sombre époque de tueries, pillages, famines, peste où seuls les évêques de Viviers représentent une force, une administration. Le siège du premier évêché était Alba Helviorum, c’est vers l’an 430 que l’évêque Auxionius le transfère à Viviers.
Succédant à l'antique agglomération gallo-romaine de Lavérune où les vestiges d'un important monument avec inscription ont été retrouvés en 1962, la ville de Joyeuse (Gogiatis, Gaujoza puis Gaudiosa) s'est établie au moyen-âge le long d'une arête rocheuse à la défense aisée. Sous Charlemagne Joyeuse fait partie du Comté de Toulouse les terres sont ensuite rattachées aux propriétés royales.
Les Racines Légendaires
La Légende de l’Épée “Joyeuse” et les Origines Médiévales. Selon la tradition, l’histoire de Joyeuse débute en l’an 802, lorsque Charlemagne, de retour d’Espagne, aurait perdu son épée légendaire près de la rivière Beaume. Pour récompenser celui qui la retrouverait, l’empereur aurait promis que ce lieu deviendrait un domaine prestigieux portant le nom de son arme mythique, « Joyeuse, la légendaire épée de Charlemagne ». Ainsi naquit la citadelle qui devint non seulement le fief du soldat récompensé mais également le berceau d’une famille qui marqua sa destinée dans l’histoire médiévale de la région. Cette légende fondateur imprègne la ville d’un charme médiéval et constitue l’un des récits les plus emblématiques de son patrimoine historique.
En 1111, Leodegarius, évêque de Viviers joignit au prieuré de Ruoms, les églises de Rosières, Joyeuse, Comps, Saint-Alban sous Sampzon et Chabrolliéres (Planzolles). Auparavant, Rosières dépendait directement de Cîteaux, et après l’union ci-dessus, elle devint une dépendance de Saint-Saturnin du Port et donc de Pont-Saint-Esprit.
On voit que déjà avant 1111, il y avait à Joyeuse une église (chapelle) relevant de la paroisse de Rosières dépendant elle-même du prieuré de Ruoms, affilié aux Bénédictins de l’ordre de Cluny déjà en l’an 970. Dès le XIIe siècle, Joyeuse s’affirme comme un bourg fortifié au carrefour des vallées de la Beaume et de l’Ardèche. Le château se dresse alors sur un éperon rocheux, dominant la rivière et protégeant habitants et commerçants.
Première mention officielle de Joyeuse en 1218. Bien que les archives spécifiques sur l’impact direct de la période de Raymond VI sur la ville de Joyeuse soient rares, plusieurs éléments permettent de penser que la cité n’a pas échappé aux tumultes qui secouaient le comté de Toulouse à cette époque. Pendant le règne de Raymond VI (1156–1222), le sud de la France était marqué par des tensions féodales et religieuses. Joyeuse, historiquement rattachée aux seigneuries liées aux comtes de Toulouse, partageait en partie la destinée d’un territoire soumis aux mêmes enjeux. La propagation du catharisme et les prémices de la Croisade des Albigeois ont entraîné une instabilité qui a eu des répercussions sur l’ensemble de la région.
Joyeuse dut connaitre les troubles liés à la croisade contre les Albigeois, la présence de Simon IV de Montfort étant attestée le 5 novembre 1213 à Largentière. Même si Joyeuse ne fut pas le théâtre de grandes batailles, comme certaines villes du cœur occitan, elle se trouvait dans le sillage des réformes et des ajustements imposés par une autorité féodale fragilisée et recherchée par l’Église pour son homogénéisation doctrinale.
En raison de son rattachement aux comtes de Toulouse, Joyeuse devait composer avec les répercussions des crises qui affectaient la structure politique et militaire du Languedoc. Ces bouleversements se traduisaient notamment par des renforcements défensifs : La nécessité de protéger les espaces stratégiques face aux incursions et aux tensions religieuses pouvait conduire à des modifications dans l’architecture et l’organisation du bourg, que ce soit par la consolidation des remparts ou par des réajustements dans la gestion des fortifications.
Dominant la ville de Joyeuse, le château actuel est établi sur une esplanade d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur la vallée de la Beaume et les monts des Cévennes et du Tanargue à l'horizon. L’actuel château de Joyeuse a été reconstruit à l’extrême fin du Moyen Âge, il occupe l’emplacement du château des XIIe et XIIIe siècles dont il ne semble toutefois rien subsister. Au pied du relief portant le château s’étend un important habitat castral qui s’est formé en trois périodes. Le noyau primitif de l’habitat s’est développé immédiatement au pied du château, dans une basse-cour en forme de demi-lune à proximité même du carrefour routier. Ensuite, à partir de cet ensemble originel, une première extension urbaine s’est formée, sans doute au XIIIe siècle, en direction du sud-ouest le long de la route Aubenas-Alès qui devient alors l’axe de structuration de l’habitat.
Les conflits implicites dans la lutte contre le catharisme et la pression des armées de la Croisade contraignaient parfois les seigneuries à revoir leurs alliances et leurs modes de gouvernance. Ce contexte diplomatique et militaire a probablement influencé la manière dont Joyeuse était administrée et défendue, même si les traces directes restent subtiles. Ces impacts, bien que plus indirects que des événements militaires spectaculaires, ont contribué à forger l’identité de Joyeuse en tant que lieu traversé par les mutations du pouvoir et aux influences culturelles multiples.
Vers 1200 est créée la Maison de Joyeuse. Lorsque Raymond VI, comte de Toulouse, donne à son petit-fils Pierre Bermond, seigneur de Sauve, tous les droits et toute la seigneurie qu’il pouvait avoir sur la terre de Bernard d’Anduze, son grand-père, de Vierne, sa femme et spécialement la part que Bernard d’Anduze tenait du comte de Toulouse dans le castrum de Joyeuse.
En 1230 Bernard d’Anduze rendit hommage au roi Louis VIII pour 21 localités dont en Vivarais ; Joyeuse, Laurac, Largentière et Chassiers. Le 8 Juillet 1237, Bernard d'Anduze et les coseigneurs du Lieu, dans le château de Joyeuse, devant l'église saint-Pierre octroie des libertés aux habitants de la commune. Joyeuse fait alors partie des anciennes communes à charte, la première fut concédée en 1237. Un consulat à 2, 3, voire 4 consuls renouvelable tous les ans, nommé par les consuls sortants et approuvé par une assemblée communale. Le consulat de Joyeuse remonte donc au début du XIIIe siècle.
L'an 1354, une transaction est signée entre les représentants de la ville de Joyeuse et son seigneur. En 1235, Pierre de Barjac, seigneur de Cornillon, vend au Temple de Jalès la moitié de tous les pâturages de Cornillon. Ces pâturages s’étendent du Chassezac au castrum de Joyeuse.
En 1262, reconnaissance faite par Brunel Petit, habitant du castrum de Joyeuse, au profit du précepteur de Jalès, notamment pour sa maison située dans le castrum de Joyeuse confrontant d’une part la porte appelée porte de Jalès, d’autre part la maison qui fut autrefois à Joseph d’Anduze et d’autre part les maisons de Gaucelme Béraud. Acte reçu par Guillaume Raynaud, notaire public du castrum de Joyeuse.
En 1298, reconnaissance et hommage en fief franc par Dragonet de Châteauneuf, seigneur de Joyeuse, fils de Randone d’Anduze et de Guigue de Châteauneuf, à l’évêque de Mende pour tout ce qu’il possède dans l’évêché de Mende.
En 1310, Dragonet de Joyeuse confirme les privilèges et franchises des habitants du castrum et mandement de Joyeuse.
Les descendants des barons d'Anduze et de Châteauneuf-Randon prirent le nom de Joyeuse vers la fin du XIVe.
Anne de Joyeuse, né en 1560, fut, comme son père, un « chasseur de huguenots ». Il fut remarqué par Henri III dont il devint un des favoris. Honni soit qui mal y pense ! Comme disent nos amis britanniques. Toujours est-il que le roi érigea le vicomté de Joyeuse en duché. Époux de la belle-sœur du roi, une brillante carrière s’ouvrait devant Anne : gouverneur du Mont Saint-Michel à 19 ans, puis grand-amiral de France et gouverneur de Normandie. Elle s’interrompit brutalement à l’age de 27 ans lorsqu’il fut abattu à Coutras en Gironde lors d’une bataille contre Henri de Navarre, futur Henri IV, en représailles du massacre de 800 huguenots commis par ses troupes peu auparavant.
Son frère, François, né en 1562, fit, lui, une carrière ecclésiastique. Archevêque de Narbonne à 19 ans, puis de Toulouse à 21 et cardinal à 22, il se rallia à Henri IV quand celui-ci eut abjuré le protestantisme et obtint du pape Clément VIII la levée de l’excommunication du nouveau roi. C’est lui qui fit annuler le mariage d’Henri avec Marguerite de Valois et qui sacra à Saint-Denis la nouvelle reine, Marie de Médicis.
Frère d’Anne et de François de Joyeuse, Henri, connu sous le nom de « père Ange », mena une vie partagée entre les honneurs de la Cour et le mysticisme monacal, un condensé en quelque sorte de ce que furent ses deux frères. Attiré par eux auprès d’Henri III, il se maria à dix-huit ans. Devenu veuf quelques années plus tard, il se fit capucin et se tailla une réputation de grand prédicateur. Mais il quitta le monastère à la demande du roi pour devenir lieutenant général du Languedoc, puis maréchal de France sous Henri IV. Il reprit enfin la vie monastique avant de mourir à l’âge de 45 ans.
Sa fille, Henriette-Catherine, est connue à double titre. Sur le plan local, c’est elle qui, avec l’aide du cardinal de Bérulle qui avait établi en France l’ordre des Oratoriens, obtint du pape Paul V en 1618 l’érection en paroisse de Joyeuse, qui dépendait jusqu’alors de Notre-Dame de Rosières, et l’établissement des Oratoriens à Joyeuse en remplacement du collège de chanoines qui desservait depuis près d’un siècle la chapelle ducale. En ce qui concerne le royaume, elle fut la grand-mère d’Anne-Marie-Louise d’Orléans, la célèbre Grande Mademoiselle sous le règne de Louis XIV.
Joyeuse, quoique siège d’une baronnie n’eut qu’une chapelle jusqu’en 1620, a cette date débuta la destruction de l'ancienne église, remplacée par le bâtiment actuel. La construction fut interrompue par des épidémies de peste et ne se termina qu'en 1676. 1620, c'est la date de fondation du couvent des Oratoriens, la duchesse Henriette Catherine de Joyeuse dans le même acte finance la création de la paroisse de Joyeuse aux dépens de celle de Rosières. Le curé de Joyeuse fut le directeur du collège des Oratoriens, et ce jusqu'à la Révolution.
En 1670, le tocsin sonne à Joyeuse pour appeler les paysans à soutenir la « jacquerie » dirigée par Anthoine du Roure. Le 12 mai, 4 000 hommes en armes occupent la ville et pillent les commerces. Renouard, natif de Joyeuse, bailli de Montlaur, réfugié au château d'Aubenas serait une des premières causes de cette révolte en raison de sa concussion.
Joyeuse ne fut concernée ni par les dragonnades, ni par la guerre des Camisards. Toutefois, à Joyeuse, dans la nuit du 5 septembre 1735, mille paysans armés et déguisés envahirent la ville, enfoncèrent la porte de François Boissin, consul et collecteur de la commune, brisèrent les carreaux de la chambre où était couché Étienne Laville de Viviers, chargé des anciens droits des Domaines du Roi, Boissin, Laville et leurs familles s'enfuirent. Mille écus de la taille furent volés par cette bande74. Le "fonds Mazon" des Archives de l'Ardèche contient un rapport de Barthèlémy de Laforest rapportant cet événement. Les responsables, pris, emprisonnés à Montpellier, réussirent à s'enfuir. Ils furent condamnés par contumace le 28 août 1738 à être pendus sur la place de la Recluse, et exposés.
Entre le 21 août 1766 et le 31 décembre, une cour spéciale venue de Toulouse circule dans le Bas-Vivarais, elle fit étape à Joyeuse. Au total elle prononça 15 condamnations à mort, 30 aux galères. En 1783, l'insurrection des masques (ou mascarats) désole la région : les Vans, Payzac Chambonas, jusqu'à Lablachère. Elle semble s'être attaquée essentiellement aux notaires et notables riches. Le jeudi 13 février 1783, une délibération du conseil municipal de Joyeuse prend des mesures préventives : contrôle et fermeture des portes, vérification du fait qu'il ne soit pas possible d'escalader les arbres qui bordent le grand-jeu.
Des troupes interviennent ; elles cantonnent à Joyeuse (200 hommes commandés par M. de Dampmartin, commandant pour le roi à Uzès75) et une commission judiciaire spéciale encore venue de Toulouse siégera à Chambonas. Le 25 octobre trois responsables sont roués place de La Grave aux Vans. Louis XVI usera de son droit de grâce pour les autres prévenus.
La seigneurie de Joyeuse passa ensuite par des mariages successifs aux Rohan-Soubise. Leur dernière représentante la vendit. Entre 1786 et 1788, S.A Marie Louise de Rohan-Soubise, comtesse de Marsan, vend les terres du duché de Joyeuse. L'acquéreur du château sera le comte Cerice de Vogüé, pour la somme de 100 000 livres. Les terres comprenaient outre Joyeuse, Rosières, Saint-Alban et le château de La Selve, Bourbouillet.
Au XVIIIe siècle, période de relative prospérité, d’autres familles, de petite noblesse locale, Pellier de Sampzon, Dalamel de Bournet…, se firent construire de beaux hôtels particuliers dans la cité de Joyeuse.
Révolution française
À l’assemblée générale des Trois-Ordres de décembre 1788 tenue à Privas, Joyeuse était représentée par M. de Gasque, avocat, premier consul (maire). Il fut contraint à la démission ainsi que ses adjoints le 28 août 1789 par le Comité de surveillance de 23 membres mis en place depuis juillet à la suite du mouvement de Grande Peur qui suivit la chute de la Bastille. On note également lors de cette assemblée des Trois-Ordres la présence de deux Laforest de Chassagnes, l'un écuyer, l'autre garde du Roi.
Le comte de Voguë, pour la noblesse représentait la baronnie de Joyeuse (en fait il n’assista pas aux débats). Une Garde nationale fut créée ainsi que des sociétés populaires. Les propositions de cette assemblée furent approuvées par la population de Joyeuse en mars 1789, et aboutirent à la rédaction de cahiers de doléances de la Sénéchaussée de Villeneuve-de-Berg fin mars et début avril 1789, les mêmes députés représentant Joyeuse.
Le 30 juillet 1789, Joyeuse connaît comme la plupart des villes de la région la crainte de brigandages qui constitue ce que l'on appelle la "grande peur". La justice continue à être rendue et dans une affaire de brigandage, un nommé Pierre Montaurel, capturé à Sablières est rompu à Joyeuse en septembre 1789 place de la Grand-font. Il était membre de la bande du brigand Degout=Lachamp et avait participé aux attaques contre la famille d'Almeyras à Brès.
L’Ardèche, correspondant à l’ancienne province du Vivarais, fut en 1790 le département des Sources-de-la-Loire divisé lui-même en sept districts. Joyeuse était un canton du district du Tanargue, conformément aux règles des administrations départementales de 1790. Proclamation du Directoire de l’Ardèche pour interdire les camps de Jalès en 1791.
À l'issue du troisième camp de Jalès le chef contre-révolutionnaire, le comte de Saillans, prend Banne, assiégé dans le fort, il profite d'un violent orage pour prendre la fuite avec quelques partisans, repris, il est massacré sans procès sur la place de la Grave aux Vans. Le fort de Banne fut incendié le 12 juillet 1792 La petite armée (10 000 hommes) du général d'Albignac disperse le reste des contre-révolutionnaires le 11 juillet 1792 (en fait il n'y eut pas de bataille rangée, mais une série d’escarmouches entre Les Vans, Naves, Les Assions, etc. Les autorités ne parviennent pas à protéger les prisonniers qui sont massacrés par le peuple, furieux de cette tentative contre ses acquis récents. La présence du Directoire du district du Tanargue à Joyeuse et celle de Boissy d'Anglas ainsi que de soldats du régiment de Dauphiné le dimanche 13 juillet lors du massacre de l'abbé de La Molette et du chevalier d'Entremau, atteste l'importance stratégique de la ville dans cette affaire.
Joyeuse participe aux levées de volontaires de 1792-1793. Joyeuse et Banne forment en juillet 1792 la première compagnie de volontaires nationaux de l’Ardèche enrôlés dans le 2e bataillon du 38e régiment qui va réprimer l’insurrection de Saillans, puis rejoindre l’armée des Pyrénées (cinq sont originaires de Joyeuse : Jean-Louis Moulin, François Armand, Joseph Bérard, Jean-Baptiste Bourdal et Jean-Antoine Astier). Le 22 juillet 1792, la patrie est déclarée en danger.
Le 13 décembre 1792, quatre soldats originaires de Rosières, des Salelles et de Sablières sont incorporés pour le canton de Joyeuse et partent pour Mayence avec le 3e bataillon. Le 19 août 1793, Joyeuse fournit 20 hommes à la 3e compagnie (Antoine Maigron est capitaine et Hyacinthe Pavin, futur maire de Joyeuse, lieutenant et plus tard officier de santé). Le 23 août, la levée en masse est décrétée, sur réquisition des Représentants du Peuple, Joyeuse a fourni 10 hommes intégrés à la 4e compagnie. Un nommé Lèbre de Joyeuse est noté comme fournisseur de souliers aux armées.
La révolution fut une période agitée, particulièrement à Joyeuse qui fut un moment déchue du siège du district du Tanargue, obligeant son maire Dusserre et les représentants du district à monter chercher à Paris le soutien d'un représentant en mission, un ancien noble, ancien capitaine au régiment d'Artois, est nommé représentant en mission par le comité de salut public. Il se nomme Alexandre Paul Guérin de Tournel de Joyeuse de Chateauneuf-Randon. Député montagnard de la Lozère à la Convention, il participe activement aux votes sur la mort de Louis XVI. Il installe à Joyeuse le siège du district du Tanargue. Ce siège sera quelque temps transféré à Jaujac avant de revenir à Joyeuse, la municipalité Dusserre suspendue est remplacée par un exécutif provisoire avec comme maire Crouzet. La guillotine fonctionne à la Grand-Font en 1793. Châteauneuf-Randon sera remplacé en mars 1794.
Une partie du château fut très endommagée (sa destruction ne sera effective que vers 1830). En 1794, la flèche du clocher de Joyeuse fut détruite et remplacée par un toit plat en tuiles. Les archives du château furent brûlées à La Brèche.
Albin Mazon encore, fait état d'une véritable chouannerie à Largentière et aux environs, entre 1796 et 1800. À Joyeuse, fin décembre 1796 : assassinat de M. de Vézian (de Laurac) ; le 3 janvier 1799 : 8 brigands pillent la caisse publique ; dans la nuit du 21 au 22 juillet 1800, des brigands envahissent et pillent Joyeuse. Cette chouannerie se confond souvent avec du brigandage pur et simple et il faudra l'intervention des troupes des généraux Nivet et Monchauffé pour rétablir l'ordre . Monchauffé lui-même est assassiné à Aubenas le 20 janvier 1800. L'installation d'un préfet dans chaque département par l'administration de Bonaparte permet de ramener le calme progressivement dans l'ensemble du pays.
C’est à la fin de ce siècle, pendant la Révolution, et sous l’Empire que deux Joyeusains se distinguèrent. Le colonel Pierre Chabert, futur maréchal de camp et baron d’Empire, serait aujourd’hui bien oublié si sa vie, fort romancée, n’avait pas été immortalisée par Balzac. Le citoyen Boissel, révolutionnaire avant l’heure, né à Joyeuse en 1728, était, lui, bien tombé dans l’oubli quand un historien local le redécouvrit récemment. Il fut avocat au Châtelet et au Parlement de Paris et est considéré comme un précurseur des idées communistes avant Babeuf. Deux généraux d'Empire sont nés à Joyeuse : Pierre Chabert et Joseph-Guillaume Davisard.
Au XIXe siècle
Rien de notable n'est signalé pour la Restauration de 1815 ni pour la Révolution de Juillet 1830. Le développement de la sériciculture apporte un regain de prospérité à la ville qui devient un grand centre de commerce de la soie. En 1831, le conseil municipal décide d’agrandir à peu près du double la place de la Peyre et d’y construire une salle de pesage des soies en encorbellement au-dessus du ruisseau du Bourdary. Le déclin de cette activité portera à Joyeuse, comme à de nombreuses autres agglomérations ardéchoises, un coup fatal.
La Révolution de 1848 est accueillie sans enthousiasme. Le maire Arsène Ménier fait venir l'eau de la fontaine du Fada au centre-ville, restructure le centre-ville en créant la place de la Peyre et sa fontaine ainsi que les escaliers du Portalet.
En 1851 Joyeuse est l'une des onze communes du Vivarais cévenol où la densité de population dépasse 150 habitants/km2 - plus que dans le Vivarais de la vallée du Rhône. Au xviie siècle les Hautes Cévennes sont plus peuplées que les plaines des Basses Cévennes, peut-être grâce à la présence du châtaignier dans les hauteurs où il se plaît mieux. Dans les plaines plus basses, c'est le développement du mûrier dès le début du XVIIIe siècle qui a accompagné la croissance démographique commencée au XVIIe siècle.
La Campagne 1870-1871 et les Gardes Mobiles de l’Ardèche
Quatre noms figurent sur le monument aux morts de Joyeuse pour cette campagne, il ne s'agit pas de mobiles mais de soldats de l'armée régulière: Court Jean Isidore (Capitaine au 35e de ligne), Gascou Justin (Soldat au 48e de marche), Jaujat Joseph Henri (sergent au 94e de ligne), Lèbre Émile. Un cinquième nom figure sur la plaque commémorative de l'église : celui de Martin Joseph Étienne, décédé à l'Isle sur Doubs le 27 janvier 1871. Pendant la campagne 1870-1871, l’Ardèche lève le 41e régiment provisoire d’Infanterie sous le commandement de Adolphe Thomas de Largentière, lieutenant-colonel. Ce 41e régiment de mobiles participa a de nombreux combats.
Les hommes du canton de Joyeuse formaient la 3e compagnie du 1er bataillon (capitaine Oscar Sugier des Vans, lieutenant Albert Pontier de Joyeuse). Le comte Théodore de Tardy de Montravel était capitaine de la 1re compagnie. Jules de Gigord était capitaine de la 8e compagnie. Tous deux étaient originaires de Joyeuse. Un monument aux morts situé à Vernon dans l'Eure et un monument à Privas perpétuent le souvenir de ces mobiles de l'Ardèche.
Le Second Empire ne semble pas avoir bouleversé la vie locale. Le journal L'indépendance de l'Ardèche signale dans son numéro du 1er octobre 1882 sous le titre « JUSTICE » que le président Jules Grévy a signé le décret accordant des pensions aux victimes du coup d'état de 1851. Parmi celles-ci Regourd François de Joyeuse perçoit 400 francs.
Les conflits liés à l'éducation et à la laïcité semblent avoir été parfois vifs. Une usine électrique est inaugurée en 1895.
Seconde Guerre mondiale
La cité de Joyeuse n’a pas été le théâtre de combats majeurs ou de bombardements intenses durant la Seconde Guerre mondiale, contrairement à certaines zones stratégiques ou urbaines de plus grande taille. Même si Joyeuse se trouvait à l’écart des grands axes de combat, l’Occupation allemande et l’engagement dans la Résistance ont sans doute modifié le quotidien des habitants. Comme dans de nombreuses localités rurales, des réseaux de solidarité et de résistance se sont organisés pour faire face aux exigences de l’occupant. Les archives locales pourraient révéler que plusieurs citoyens se sont mobilisés, soit en rejoignant les maquis, soit en participant à des actions de soutien à la Résistance, participant ainsi à l’effort collectif de libération.
Comme dans la plupart des communes françaises, Joyeuse a érigé un monument aux morts pour commémorer les sacrifices consentis par ses habitants. Ce monument illustre le coût humain de la guerre, en affichant les noms des soldats tombés, dont 6 sont recensés pour la période 1939–1945. Cette commémoration montre que, même en l'absence de destructions massives dues à des bombardements ou des combats ouverts, la guerre a touché le cœur de la cité sur le plan sentimentale et collectif.