Au sud du massif des Bauges, en Combe de Savoie, s'étend la vallée de l'Isère. Endiguée au cours du 19e siècle, le large lit de la rivière a laissé place à une vaste plaine rythmée par quelques boisements humides témoins d'un passé ancien où les crues et inondations apportaient leur lot de limons et de galets arrachés aux montagnes du Beaufortain, de la Vanoise ou de la Lauzière.
Des conditions qui permettent aujourd'hui à l'agriculture de profiter de sols fertiles, profonds et bien alimentés en eau. Des conditions qui ont poussé l'Homme à s'installer un peu plus haut dans la pente sur le flanc des Bauges. Ainsi passant par la route historique du versant, on traverse tous les villages du vignoble de la Combe de Savoie.
En continuant à grimper dans la pente, c'est d'abord les pelouses sèches, leurs orchidées printanières et le chant des grillons, sauterelles et cigales qui accompagnent votre ascension. Plus haut, alors que la pente se redresse et devient plus rocailleuse, la forêt de chênes et de buis prend place, rappelant sa filiation méditerranéenne.
Voilà les falaises blanches parfois vues comme les défenses d'une forteresse. L'envie vient alors d'aller voler avec les parapentistes au côté des aigles, faucons et autres circaètes. Il faudra quitter la douceur de ce coteau ensoleillé pour trouver une nouvelle facette du Massif des Bauges. Cheminant vers le cœur des Bauges, vous passez forcément par des paysages de « balcons ». L'envie de vous y arrêter est insoutenable.
Comment résister aux paysages printaniers des vergers en fleurs avec en trame de fond les montagnes des massifs voisins de la Chartreuse, de Belledonne, du Beaufortain, des Bornes, des Aravis, ou plus lointain de la Haute chaîne du Jura ou du Mont Blanc.
Pourquoi ne pas en profiter pour changer de point du vue sur les vallées et leurs lacs. L'équilibre subtil entre l'espace habité, l'espace cultivé et l'espace forestier rappelle ici la force de l'Homme dans la construction du paysage et sa responsabilité dans son maintien.
Comment ne pas regarder ces grandes taches bleues. Les deux plus grands lacs naturels de France baignent les pieds du massif des Bauges et offrent à chaque saison leur lot d'impressions : brumes mystérieuses enveloppant le château de Duingt, roselières à la fois paysages graphiques sur les lacs et abris naturels des canards, zones humides secrètes et impénétrables, plages invitant au rafraîchissement...