Situé dans le Morbihan, dans la petite cité balnéaire de Carnac, c'est le lieu du mégalithisme mondial, sorte de Mecque des amoureux des " grosses pierres ", l'endroit recèle dans un périmètre de quelques kilomètres carrés la plus forte concentration de mégalithes au monde. De toutes sortes et de tout genre. Mais c'est surtout pour ses alignements que Carnac est célèbre : Les chiffres bruts donnent le vertige !
Quelque 3 871 pierres levées, menhirs ou peulvens selon l'ancienne appellation, répartis dans les quatre grands groupes du Ménec, de Kerzerho, de Kerlescan et de Kermario, très proches les uns des autres, auxquels on peut ajouter encore celui du Petit Menec qui comporte une centaine de pierres réparties sur huit rangées. Le paysage est à ce point marqué par la présence des pierres qu'il a donné son nom à la commune.
Carnac tire en effet son nom de carn, mot commun à toutes les langues celtiques qui désigne un tas de pierres. Sur les alignements on a dit à peu près tout et le contraire de tout.
Des théories de Royer de la Sauvagère qui, en 1755, y voyait les vestiges d'un camp romain à celles de ces GI's américains qui, en 1944, les prirent pour des lignes de défenses antichars allemandes, en passant par les délires ophiolâtriques du Docteur Stukeley en 1824, on pourrait faire une encyclopédie du bêtisier mégalithique carnacéen.
Il fallut attendre la seconde moitié du XIXe siècle et, dans les années 1860, les premières fouilles scientifiques organisées sous les auspices de la Société Polymathique du Morbihan, pour se rendre enfin compte, à la vue du mobilier qui y fut découvert, que les dolmens à couloirs étaient en réalité des sépultures, datant du néolithique, c'est-à-dire antérieur d'au moins 2 000 ans à l'arrivée de " nos ancêtres les Gaulois " !
Quant aux alignements, ils continuent à faire couler beaucoup d'encre. Et leurs constructeurs n'ayant pas laissé davantage de traces écrites que leurs successeurs celtiques, on débat encore sur leur signification. La plus couramment admise aujourd'hui cependant, veut qu'ils aient constitué des sortes de temples astronomiques orientés dans le sens du lever du soleil au solstice d'hiver.
Pour de nombreux auteurs comme Jacques Briard ou Gwenc'hlan Le Scouézec, Carnac, par sa monumentalité, aurait constitué à son époque, un grand centre religieux où des foules immenses se rassemblaient pour célébrer des cultes saisonniers.