Les XVIᵉ et XVIIᵉ siècles voient se succéder grands travaux, crises et privilèges royaux.
1458 : Inscription sur la plus ancienne cloche datée du Var. 1507 : une terrible épidémie de peste fauche 149 vies en un mois et demi. 1508 : sur l’emplacement de l’église primitive datant du XII° siècle, l’église paroissiale de la Cadière est reconstruite et agrandie. La reconstruction de l’église paroissiale Saint André Apôtre (la croix de Saint André figure sur les armoiries de la ville) symbolise l’essor du village.
1540 : le conseil décide l’achat de métal « per fayre lo reloge ambe lo campane », pour fabriquer l’horloge avec sa cloche. Construction de Notre-Dame de pitié (l’actuelle maison du patrimoine). Aménagement de la Fontaine de Candis (située au-dessous du chemin du stade) pour alimenter la fontaine du village.
1547 : la commune achète le moulin à vent « plus loin de ville » (situé au nord de la route du stade) et construit peu après le moulin à vent « le plus près de ville » (situé sur le terrain communal dit les « Pins de Bringuier »). Elle décide aussi d’acheter les moulins à eau de la Serre et de la Roque (actuelle cave coopérative). 1551 : construction de la « tour de l’horloge ».
Vers 1554 – 1555, conformément à un bref apostolique, la communauté et les consuls partagent et vendent à divers habitants les terres de Saint-Côme et Saint-Damien, de Saint- Cyr, et du Plan de la Mer, dont la mise en culture est commencée. Les 4 et 5 novembre 1564, le Roi de France, Charles IX séjourne à La Cadière, participant à la mise en valeur de la Provence dans le cadre de son « tour de France » et accorde à la commune le droit de tenir deux foires annuelles et un marché tous les samedis. Près de la porte Mazarine était bâtie la maison où logea le Roi Charles IX accompagné de plusieurs personnages de la Cour, de la Reine-Mère et du jeune Henri (futur Henri IV) lors de leur passage à la Cadière en 1564.
Les remparts sont agrandis pour répondre aux besoins d’une population croissante, et de nouvelles portes s’ouvrent dans l’enceinte médiévale, témoignant de l’expansion du bourg pendant la Renaissance.
En 1566 s’établissent les Pénitents Blancs, en 1567 : construction de la chapelle Sainte-Madeleine pour les pénitents blancs sur l’emplacement du château en ruine. Le 23 novembre 1584, une cloche de « dix quintal » est commandée à Jehan Ardisson, fondeur à Marseille pour être posée en haut de la tour.
1592 : Le siège de La Cadière-d’Azur par le duc de Lesdiguières.
Au cœur des guerres de Religion, La Cadière-d’Azur, alors acquise au parti de la Ligue, subit l’assaut des troupes du duc de Lesdiguières, chef protestant de Dauphiné et fidèle lieutenant d’Henri IV. À la fin du XVIᵉ siècle, la Provence est le théâtre de la lutte entre Ligue catholique et partisans du roi protestant, Henri IV. La Cadière-d’Azur, en majorité ligueuse, refuse de reconnaître l’autorité royale tant que le roi n’est pas converti au catholicisme. Pour reprendre pied dans le Var et neutraliser les bastions ligueurs, le duc de Lesdiguières mène plusieurs opérations punitives, parmi lesquelles le siège de La Cadière.
Pendant l'été 1592, durant plusieurs jours ; Lesdiguières encercle le castrum avec son infanterie et quelques pièces d’artillerie. Les bouches à feu tirèrent des boulets de fer de calibre moyen pour briser les remparts. Plusieurs projectiles n’enfoncèrent pas complètement la pierre et restèrent fichés dans le mur sud, formant les impacts visibles aujourd’hui. Un blocus est mis en place : approvisionnement coupé, sortie des villageois rendue impossible. Lace à la menace d’un pillage violent, les consuls entament des pourparlers pour épargner les habitants.
Pour lever le siège, La Cadière doit verser une rançon conséquente et racheter les cloches saisies par les assiégeants. L’endettement est tel qu’en 1604–1605 la commune vend ses moulins à vent et à eau pour éponger la dette contractée lors de ces échanges financiers. La presse aux grains et certains domaines se trouvent cédés à de puissants seigneurs régionaux, affaiblissant durablement l’économie locale.
Aujourd’hui, on relève des impacts de boulets dans le mur sud de la Porte de la Colle (rue des Anciennes Écoles), vestiges muets du blocus. Ces impacts de boulets constituent une marque laissée par l’histoire : Ils rappellent la violence du siège et la tension religieuse du XVIᵉ siècle. Les digues de tranchées et les batteries d’artillerie légère furent installées autour de la Porte de la Colle. Les archives communales conservent les « lettres de rémission » signées au nom du duc de Lesdiguières, rétablissant la paix après paiement de la rançon. Chaque année, lors des Journées du Patrimoine, un parcours « Siège et rançon » relate ce conflit, montrant cartes et tabliers de la transaction.
1604 et 1605 : la commune, ruinée par la rançon payée après le siège et le rachat des cloches revend ses moulins pour faire face à son endettement. Nous savons qu’en 1615, le Capitaine Boyer est possesseur d’une grande étendue de terre ainsi que des îles dans le territoire de Bandol. Ces terres sont érigées en arrière-fief. 1619 : création d’une chapellenie à la chapelle Sainte-Croix située sur la crête du Défends et rénovée par la Municipalité en 2001. 1621 : construction du moulin de la Font d’Abeille par Phélip Rostang. Il est situé près de l’actuel cimetière. Il a été acquis par la commune en 1999.
1633 : construction de la Miséricorde (actuel Espace Culturel) pour la confrérie des Pénitents Noirs. Les cahiers de doléance de la commune y seront rédigés en 1789 au cours d’une réunion des « chefs de familles ». Diverses chapellenies sont aussi fondées dont celle de Sainte-Catherine, etc.. (d’où l’origine du quartier de la Capelanié).
1649 – 1650, alors que la peste fait des ravages dans les villes voisines, plusieurs familles de ces centres viennent chercher asile dans le terroir de La Cadière que le fléau n’atteint pas, grâce aux précautions sanitaires et à la vigilance des magistrats qui assignent à ces émigrants les huttes de la Madrague pour y purger la quarantaine.
1657 : Ouverture de la porte Mazarine avec l’autorisation de Mazarin. Le 17 novembre, le Cardinal Mazarin, alors abbé de Saint-Victor donne l’autorisation d’ouvrir dans les remparts une nouvelle porte (la porte Mazarine). 1673 : construction d’un premier réservoir « pour tenir les eaux qui viennent de la fontaine de Candis et pour se rendre de la serve à la fontaine qui coule en dessous de la place ». En 1666, Pierre de Puget, évêque de Marseille, limite les prérogatives de la Maison du Saint Esprit.
Une délibération des Consuls, en 1680, règle l’organisation des processions aux chapelles rurales. A cette époque grâce aux nombreux ecclésiastiques prédicateurs éminents et moines, le village devient un centre intellectuel pour la région. C’est en 1686 qu’une transaction entre la famille de Boyer de Bandol et l’Abbé de Saint Victor pour la création d’un bourg et son érection en paroisse. C’est le prélude à la naissance de Bandol.
1715 : La Cadière est amputée d’une partie de son territoire pour créer la commune de Bandol. L’acte de fondation de Bandol date de 1715. (Il est question pour la première fois des vins de Bandol). Ce quartier rural, dans tous les textes anciens, porte successivement différentes dénominations dont : Bendorinum 1343 – Bendorin 1414 – Bendor 1613 – Bandol 1715. En 1749, Bandol est séparé définitivement de la commune de La Cadière et acquiert son indépendance.
1720 – 1721, la peste qui ravage la Provence atteint Bandol, mais une nouvelle fois épargne l’agglomération de La Cadière. En 1742, l’autorisation est donnée par le Seigneur Abbé de Saint Victor de construire un cimetière au quartier rural de Saint-Cyr. 1763-1767 : construction d’un deuxième réservoir d’eau. 1770 (ou quelques années avant) : construction du « moulin des aires », il a été acquis par la commune en 1985, il est situé sur l’actuel terrain de jeu de « La Tour ». Le dernier Abbé de Saint Victor et en même temps le dernier seigneur temporel et spirituel de La Cadière, est un prince de Lorraine, mort en 1788.
Révolution et naissance du conseil municipal
En 1790, la cohabitation cléricale et seigneuriale cède la place à une municipalité élue : la première élection (7–8 février) instaure le conseil municipal moderne et le rôle du maire élu pour la commune naissante.
1793 – 1794 – 9 Floréal, 9 Ventose An II de la République : les biens de l’Église et des émigrés deviennent biens nationaux. Le procès verbal de l’inventaire des vases sacrés et autres argenteries des chapelles de La Cadière est dressé, et ceux-ci sont vendus au district du Beausset.
L’église de Saint-Cyr est érigée en paroisse en 1808 et en 1825, les hameaux de Saint-Cyr et des Lecques forment une commune indépendante.
Époque contemporaine : entre modernisation et renouveau
Les XIXᵉ et XXᵉ siècles sont marqués par l’aménagement de l’eau, l’éducation et la vie associative : Quatre réservoirs édifiés entre 1673 et 1852 assurent l’alimentation en eau.
1825 : Saint-Cyr-sur-Mer se détache, réduisant le territoire communal. Les associations de Pénitents, supprimées en 1790, sont réorganisées à La Cadière en 1825. Les corporations de métiers existent dans l’agglomération depuis le XVI° siècle.
1852 : décision de construire le quatrième réservoir ; les réservoirs sont encore utilisés actuellement. 1889 : l’école primaire s’installe dans les nouveaux locaux de la rue Paul Bert. 1935 : les jeunes de la commune réalisent le terrain de football et créent l’Union Sportive Cadiérenne. 1976 : construction du Foyer Logement sur l’emplacement de l’ancien hôpital Sainte-Marthe etc…
1889 : installation de l’école primaire dans la rue Paul Bert. 1935 : création du stade et de l’Union Sportive Cadiérenne.