Vacances gastronomiques en Charente : un festin entre terre et mer
La Charente-Maritime voisine influence fortement les assiettes charentaises. On y savoure des huîtres de Marennes-Oléron, réputées pour leur goût subtil et leur affinage en claires. Les marchés locaux, comme celui de Royan ou de La Rochelle, regorgent de poissons frais, parfaits pour une cuisine simple et savoureuse.
Coutumes culinaires en Charente
La Charente puise son identité gastronomique dans un terroir généreux et des traditions qui se transmettent de génération en génération. On y célèbre l’art de l’apéritif, les déjeuners conviviaux, la saisonnalité des produits et la simplicité du dîner dans chaque village et chaque famille.
L’apéritif : Pineau et Cognac
L’apéritif charentais repose avant tout sur deux icônes locales : le Pineau des Charentes et le Cognac. Le Pineau, ce vin muté au sucre naturel du raisin, se goûte à l’heure dorée, accompagné de quelques olives et toasts de beurre Charentes-Poitou. Le Cognac, distillé à partir d’Ugni blanc et vieilli en fûts de chêne, se déguste sec ou en cocktail, souvent lors de dégustations organisées dans les chais historiques de Jarnac et Cognac.
Le déjeuner : moment de partage et de gourmandise
Le déjeuner reste le repas phare, rythmé par les produits du terroir. On y sert souvent :
Un plateau de charcuteries locales (jambon de pays, saucissons fumés)
Des escargots « en cagouille » braisés ou à la vinaigrette
Des mojettes fondantes, ces haricots blancs mijotés aux herbes Les familles se retrouvent autour de ces assiettes généreuses, accompagnées d’un verre de vin ou d’un Pineau bien frais.
Le dîner : simplicité et terroir
Le soir, on privilégie la légèreté : salades composées, omelettes au fromage de chèvre, petits gratins de légumes de saison. Cette simplicité reflète parfaitement l’âme charentaise : une cuisine à la fois authentique et raffinée, centrée sur le goût brut des ingrédients et le partage en toute convivialité.
Plats typiques de la Charente
La cuisine charentaise puise son identité dans les traditions des anciennes provinces d’Angoumois, d’Aunis, de Saintonge et du Limousin. Au fil des siècles, les habitants ont adapté les influences voisines (poitevine, limousine, gasconne) à leur terroir, entre terres céréalières, marais salants et vignobles de Cognac. Plonger dans la gastronomie charentaise, c’est aussi découvrir les histoires et rituels qui accompagnent chaque recette.
Charcuteries : Le grillon charentais : à base de cochon, plat rissolé et confite dans sa graisse. Le grillon charentais est exclusivement cuisiné avec du porc : du maigre et de la graisse.
Saveurs iodées : entre huîtres et poissons de rivière
Le caviar : en accord parfait avec le cognac : Jadis réservé à une élite, le caviar s’invite désormais à la table d’un plus large public. Alors que depuis 1982 l’esturgeon sauvage fait l’objet de mesures de protections draconiennes, des élevages se sont développés en Charentes. A Gensac-la-Pallue et à Saint-Genis-de-Saintonge, des élevages où priment patience, savoir-faire et pratiques respectueuses vous proposent un caviar d’une grande qualité : dégustez-le à la charentaise, accompagné d’un cognac frappé à -18° !
Encornets farcis : Calamars locaux garnis de chair à saucisse, herbes et aromates, puis braisés doucement pour développer leurs saveurs.
Huîtres chaudes & tartare d’huître au chèvre chaud : Innovations autour de l’ostréiculture marennaise : huîtres gratinées au four ou servies en tartare sur lit de chèvre chaud.
Mouclade charentaise (ou éclade de moules) : Moules de bouchot gratinées dans une sauce crémeuse au curry doux ou cuites à la braise de pignes de pin, selon la tradition ostréicole locale. Autrefois, les pêcheurs organisaient l’éclade directement sur la plage, utilisant les pignes de pin récoltées en forêt d’Oléron pour griller leurs moules. Le crépitement des aiguilles parfumées et le rituel de casser la braise à la pelle créent un véritable spectacle festif.
Née sur la côte d’Aunis au XIXᵉ siècle, la mouclade tire son nom de la conserve « moule » : les pêcheurs de Marennes-Oléron y faisaient braiser les coquillages dans les braises de pignes de pin, avant d’ajouter crème et curry. Ce plat simple s’est hissé au rang de spécialité locale grâce à la qualité des moules de bouchot.
Crevette impériale des marais : Crevettes tigrées élevées en claires, à la chair fine, juteuse et légèrement iodée, disponibles de fin juillet à novembre.
Civet d’anguille : Ragoût rustique d’anguille découpée, mijotée longuement au vin rouge, bouillon de poisson et herbes aromatiques. Chaque pêcheur de la Charente possède sa propre recette de civet d’anguille transmise de génération en génération. Le passage incontournable ? Une nuit de macération aux échalotes et au vin, pour attendrir l’anguille et révéler ses notes légèrement iodées.
Le civet, d’inspiration médiévale (à l’origine un ragoût de gibier mijoté au vin), a été transposé à l’anguille par les pêcheurs de la Charente dès le Moyen Âge. L’abondance de ce poisson dans le fleuve a favorisé sa cuisson longue, à la fois rustique et subtile, qui concentre ses saveurs iodées.
Soupe de poisson charentaise : Potage de poissons locaux, parfois relevé de safran ou de piment doux, servi avec des croûtons grillés et de la rouille.
Cagouilles à la charentaise : Escargots petits gris mijotés au beurre persillé, vin blanc, tomate, aromates et une pointe de cognac. Dans de nombreux villages, la fête patronale rime encore avec concours de cagouilles. Les familles exposent leur plus gros escargot dans une coquille décorée : une tradition conviviale où l’on mesure la taille de la bête… et l’ingéniosité de son écrin.
Foie gras de canard ou d’oie : cuisinés rôtis, braisés ou en terrine.
Viandes de terroir et foie gras : Veau de Chalais, bœuf Limousin
Le veau de Chalais : le veau de Chalais est exclusivement nourri de lait, il a une chair blanche et goûteuse. Très tendre dans nos assiettes !
Poulet de race Barbezieux : Vous préférez la volaille ? Alors offrez-vous le nec plus ultra de la volaille charentaise, la rolls du gallinacé : la poule de Barbezieux ! Cette imposante volaille – qui a été sauvée de l’oubli par une poignée de passionnés – arbore un plumage noir aux reflets verts, une crête rouge vif et de jolis oreillons blancs. Des règles très strictes régissant son alimentation et son élevage en font un produit d’excellence : la chair est fine, ferme, moelleuse et elle offre une saveur incomparable.
Le chapon Barbezieux : c'est une grosse volaille au plumage noir et à oreillons blancs. Sa chair est fine.
Mojettes charentaises : Haricots blancs fondants cuits lentement avec ail, oignon et bouquet garni, servis en accompagnement de viandes ou charcuteries. Selon une vieille légende charentaise, offrir un plat de mojettes lors d’un repas porte bonheur : leurs grains blancs seraient vus comme des perles, symbole de prospérité. Les hôtes les servent encore aujourd’hui pour accueillir dignement les invités.
Les mojettes, ces haricots blancs fondants, sont apparues dans la région au XIXᵉ siècle, après l’introduction des haricots venus du Nouveau Monde. Cultivées dans les sols légers du Pays dacquois, elles sont rapidement devenues un accompagnement hivernal incontournable des tables paysannes.
Tourteau fromager : gâteau-sandwich aérien à base de fromage de chèvre frais monté en mousse sur une croûte sablée, cuit au bain-marie. La tourteau fromager doit son nom à sa ressemblance avec le crabe local, appelé « tourteau ». Au XIXᵉ siècle, les boulangers angoumoisins ont imaginé ce gâteau-sandwich pour valoriser le surplus de fromage de chèvre et surprendre les convives en mariant croustillant et mousse légère.
Apparue au milieu du XIXᵉ siècle à Angoulême, la tourteau fromager est l’invention astucieuse de boulangers locaux. Pour valoriser le surplus de fromage de chèvre, ils ont créé une mousse légère posée sur une pâte sablée, dessinant un faux crabe (tourteau) devenu signe distinctif du plat.
Le Manslois, un fromage frais 100% charentais ! Fromage 100% charentais, le p’tit Manslois comme on l’appelle ici est un fromage frais “au torchon” fabriqué artisanalement à partir de lait entier (de vache ou de chèvre) depuis 3 générations. Sa pâte est onctueuse et douce, son goût fin et crémeux. Il se déguste aussi bien salé (en tartes, soufflé ou simplement mélangé à des herbes) que sucré : on l’utilise notamment pour confectionner un délicieux gâteau fromager accompagné d’une note de fleur d’oranger (un vrai régal !).
Les desserts de Charente, paradis des “becs sucrés”
La Charente offre son lot de douceurs
Caillebottes et milla : Desserts traditionnels à base de pâte cuite (caillebottes) ou de semoule et farine de maïs (milla), généralement dégustés tièdes avec un filet de crème.
Qu'est-ce que le millas ? Il s'agit tout simplement un gâteau originaire de Charente et d'Aunis. Mais attention, pas n'importe quel gâteau. C'est un flan à base de farine de maïs, plus ou moins apparenté à la polenta italienne. Son ancêtre était une bouillie au lait de millet, d'où le nom de " millas ". Longtemps poêlé et servi épais, il est à présent souvent préparé sur un fonds de pâte brisé ou feuilleté. En plus de la farine de maïs, les actuels pâtissiers charentais utilisent de la farine de froment, rendant le millas moins " étouffe-chrétien ". oeufs, lait, beurre, cognac, sel et sucre sont les autres ingrédients de la recette. En Aunis, on utilise aussi de l'eau de fleur d'oranger..
Galette charentaise : Biscuit rond fourré de beurre doux parfumé à la vanille ou au rhum, spécialité du Pays Montmorillonnais. Dans le Pays Montmorillonnais, la galette charentaise figurait autrefois sur les tables de mariage. On disait que la douceur du beurre et la rondeur de la pâte étaient un gage de bonne fécondité : plus la galette était généreuse, plus la descendance était nombreuse.
Cette galette fourrée au beurre parfumé aurait été servie dès le XVIIIᵉ siècle lors des mariages dans le Pays Montmorillonnais. Son succès vient de l’excellence du beurre Charentes-Poitou et de la simplicité de la recette, qui se transmet de génération en génération comme porte-bonheur de fertilité.
La Cornuelle : Délicieux biscuit triangulaire en pâte sablée constellé de grains d’anis roses et blancs. Originaire de Villebois-Lavalette (Charente), ce gâteau charentais est traditionnellement consommé en période des Rameaux : le trou au centre du biscuit servait d’ailleurs à glisser le brin de buis que l‘on faisait bénir à la messe. Et si vous ne pouvez pas assister à la traditionnelle Fête de la Cornuelle à Villebois-Lavalette le dimanche des Rameaux, rassurez-vous : les pâtisseries de cette Petite Cité de Caractère® vous en proposent désormais toute l’année !
Les kroumirs : la spécialité sucrée de Confolens. Un bonbon en pâte d'amande trempée dans un bain de sucre d'orge au chocolat.
Fruits :
Azéroli anisé - Mazoréli : elle est cultivée dans le sud de la Charente. Idéale au four (pomme).
Reinette de Saintonge : se conserve très longtemps (pomme).
Duchesse d'Angoulême : très répandue, cette poire a une chair sucrée et onctueuse.
Guin des Charentes (cerise)
Belle de Brunetières (Charente Limousine).
Produits du terroir : entre tradition et gourmandise
Le beurre Charentes-Poitou AOP : crémeux et parfumé, il est la base de nombreuses recettes locales.
Les mojettes : ces haricots blancs fondants accompagnent souvent les viandes ou les poissons.
Le fromage de chèvre : notamment le Chabichou, qui se déguste frais ou affiné.
La truffe de Charente
La truffe a toujours fait bon ménage avec la vigne et son parfum se retrouve d’ailleurs dans la palette des arômes du cognac. De nombreuses truffières se sont développées sur les terres charentaises qui offrent aujourd’hui une belle production de la précieuse Tuber Melanosporum, plus connue sous le nom de truffe noire du Périgord. Ouvert à tous, le célèbre marché aux truffes de Jarnac se tient tous les mardis de décembre à février et réunit les trufficulteurs de la région. Après le passage des experts qui “canifent” et certifient chaque truffe, le marché ouvre officiellement au son de la trompe : une expérience unique et … parfumée !
Cognac : l’or liquide de la région
Impossible de parler de gastronomie charentaise sans évoquer le célèbre Cognac. Ce spiritueux raffiné, élaboré depuis des siècles, se déguste dans les maisons emblématiques comme Hennessy, Martell ou Rémy Martin. Les visites de chais, souvent ponctuées de dégustations, sont une immersion dans l’art de la distillation et du vieillissement.
Venir en Charente, c'est découvrir les prestigieuses maisons de Négoce et les secrets de fabrication de ces alcools hors norme, connus à travers le monde entier. Le Cognac règne en maître sur la gastronomie de la région. Cette liqueur des Dieux est issue d'une double distillation. L'aire de production du Cognac s'étend sur ce département mais aussi sur le département de la région de la Charente-Maritime. Les étendues de vignoble sont divisées en 6 crus : Grande Champagne, Petite Champagne, Fins Bois, Borderies, et Bois ordinaires. Le raisin provient uniquement de cépage blanc. Il doit avoir un titre alcoolémique de 40 % au minimum en volume. Plusieurs dénominations sont inscrites sur les étiquettes, selon l'âge de vie en fait la plus jeune, entrant dans l'assemblage : XO, VSOP, Napoléon...
Astuce : optez pour un atelier de mixologie pour apprendre à sublimer le cognac dans des cocktails modernes.
Les pineau : Ils se boivent en apéritif ou en cocktail. Le Pineau blanc est utilisé en cuisine dans les sauces par exemple. Le Pineau rosé servira à accompagner les viandes, les fromages, et certains desserts.
Bières : Quelques bières sont réputées en Charente dont l'Océane, BAO, et XO BEER, fabriquée à Angoulême : bière aromatisée au Cognac.
Boissons locales
Le Poitou Cola, embouteillé à Bressuire, s'est développé dans les départements limitrophes à la Charente : Vienne, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire... Ce Cola a un goût d'angélique mélangé à des saveurs de caramel.
Dans le même esprit, on peut trouver l'Obo, dans les grandes surfaces : créée en 2010 par deux entrepreneurs d'Angoulême, cette boisson est énergisante.