Après avoir été séparée de la couronne de France pendant plus de cinq siècles, l’Angoumois y fut définitivement rattachée par Philippe le Bel en 1308.
La Renaissance permet le développement de l'art roman, et de nombreux monuments sont construits : on compte 154 édifices à l'architecture exceptionnelle. Durant la période qui s’étend du Xème au XIIIème siècle, l’influence de l’Église se développa dans la province. La cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême et l’abbatiale de Saint-Amant de Boixe sont les plus beaux témoignages de cet âge d’or de l’art roman.
Pendant le XIVème siècle et la Guerre de Cent Ans, les Anglais et le Roi de France l’Angoumois se disputèrent l’Angoumois et Angoulême fut occupée deux fois par les Anglais en 1345 et 1361.
En 1494, naquit à Cognac François, petit-fils de Jean le Bon, Comte d’Angoulême, qui devint François 1er roi de France. En ce début du XVIème siècle, la vie intellectuelle était particulièrement brillante en Angoumois. La sœur de François 1er, Marguerite d’Angoulême qui a marqué les belles lettres Françaises (L’Heptaméron) s’entoura, au château d’Angoulême, actuel Hôtel de Ville, de poètes et de lettrés.
Le développement de l’imprimerie avec la naissance des forges et moulins à papier, introduite à Angoulême à la fin du XVème siècle, accompagna cette renaissance avec de nombreux châteaux de l’époque dont celui de la Rochefoucauld. François 1er, roi de France, né à Cognac, contribue énormément à la reconstitution de la région et à son développement artistique et culturel.
L'Angoumois fut aussi touché par les guerres de religion au XVIe siècle. La Réforme pénétra l’Angoumois qui fut touché par les guerres de religion. Calvin, poursuivi comme hérétique, se réfugia en Angoumois à deux reprises en 1532 et 1534. Au cours de ses séjours, il a converti à sa doctrine de nombreux contemporains dont la comtesse de La Rochefoucauld qui travailla à répandre cette nouvelle religion dans ses domaines.
C‘est ainsi que la ville de La Rochefoucauld qui était une des principales villes de la province par son commerce et son industrie, fut l’une des premières à embrasser la Réforme. Les guerres de religion ont marqué la région puisque Angoulême fut saccagée par les réformés en 1562 et 1658
Après la mort d’Henri IV, assassiné par un Angoumoisin, Ravaillac, Marie de Médicis vint se réfugier à Angoulême auprès du Duc d’Epernon, gouverneur d’Angoumois sous les règnes d’Henri III, Henri IV et Louis XIII.
Les règnes de Louis XIII et Louis XIV furent marqués dans la région par la révolte des croquants contre les impôts puis par la Fronde. Malgré ces événements et la peste, qui sévissait encore de façon endémique, le XVIIe siècle fut une période assez brillante pour l’Angoumois, notamment par la présence de Guez de Balzac, le restaurateur de la langue française et de François VI de la Rochefoucauld, auteur des célèbres Maximes.
Le tournant du XVIIIème siècle transforma la région et la rendit prospère. La distillation du vin et l’eau de vie entraînèrent la création des premières maisons de commerce de Cognac, alimentant, avec le bois et le sel, le commerce sur la Charente. Ce dernier fut encore renforcé avec la création par le marquis de Montalembert, en 1750, de la Fonderie de canons de marine de Ruelle et le développement de l’industrie papetière.
L’intendant Turgot fit réaliser la route Ruffec-Angoulême-Barbezieux et aménager la route Angoulême-Limoges prolongée jusqu’à Cognac. Angoulême devint ainsi un important carrefour de routes. Les intendants qui se succédèrent à la tête de la province furent aussi à l’origine d’importants travaux d’urbanisme. Certaines grandes villes deviennent de vrais carrefours pour ce commerce, tout comme le fleuve lui-même, sur lequel flotte grand nombre de gabarres.
Le département de la Charente a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789. Il a été formé autour de l'Angoumois et de son ancienne capitale, Angoulême. Pendant la Révolution, la Charente reçut le contrecoup des grands évènements se déroulant à Paris et aux frontières en évitant les abus et les dérèglements.
Les différents régimes qui se succédèrent au cours du XIXème siècle furent acceptés sans beaucoup de difficultés, malgré un courant bonapartiste qui se maintint pendant tout le siècle. Alfred de Vigny séjourna souvent dans ce pays au Maine Giraud et Honoré de Balzac vint trois fois à Angoulême, ce qui lui inspira certains passages de son roman « Les illusions perdues ».
L’édification du réseau ferroviaire au tournant de ce siècle changea complètement la physionomie économique du pays entraînant le déclin des ports gabarriers charentais. L’agriculture et le commerce subirent une crise grave à la suite des ravages du phylloxéra. Le vignoble fut reconstitué en 1890 et les maisons de Cognac se développèrent.
La Charente fut maintenue à l’écart des guerres de 1870-1871 et de 1914-1918. Le département de la Charente a vu passer de nombreux soldats pendant les deux Grandes Guerres mais le département lui-même n'a pas était réellement touché.
Cependant, lors de la dernière guerre mondiale, la Charente vécut l’occupation allemande car elle était coupée en deux par la ligne de démarcation. Angoulême, Cognac et le sud du département furent occupés alors que la Charente limousine resta en zone libre. Le département fit preuve de résistance puisque de nombreux maquis issus notamment des confins de la Charente et du Limousin ont participé à la lutte contre l’occupant et à la libération d’Angoulême qui intervint le 31 août 1944.
À l’issue de la seconde guerre mondiale, le département participa à l’effort de reconstruction. Les préoccupations d’un nouvel urbanisme se manifestèrent avec la prospérité économique du moment.
Depuis, la Charente a toujours été en reconstruction : elle développe sans cesse son économie, son industrie et son tourisme. C'est une terre d'accueil, avec un patrimoine historique impressionnant et une lumière océane que vous ne trouverez nulle part ailleurs.