Après avoir stationné votre véhicule, dirigez-vous vers l'Office de Tourisme Destination Le Tréport-Mers, Place Guillaume le Conquérant. Pour faciter votre visite de la ville, un document sur le circuit du patrimoine d'Eu est disponible dans l'office de Tourisme en Français, Anglais, Allemand et Néerlandais. Le centre historique d'Eu mérite que l'on s'y attarde un peu, entre les maisons anciennes de la cité royale, ses pittoresques rues étroites, la chapelle du Collège Jésuites, l’Hôtel-Dieu, son église seul vestige de l'Abbaye d'Eu détruite lors de la Révolution Française, la collégiale Notre-Dame-et-Saint-Laurent, les jardins à la française, le parc du château ou encore le superbe théâtre à l’italienne…, c’est ainsi tout un patrimoine qui se révèle. Tout au long de votre parcours, vous serez guidés par un fléchage : Ferdinand d'Orléans à cheval que vous retrouvez sur la couverture du Circuit.
Pour commencer, dirigez-vous la collégiale Notre-Dame-et-Saint-Laurent O’Toole : chef d’œuvre de l’art ogival du XIIIe siècle, elle suscita l’admiration de Viollet-le-Duc : « J’ai vu plus grand, j’ai vu plus haut, mais je n’ai jamais vu plus beau ». L’église de l’abbaye des chanoines de Saint-Victor, détruite sous la Révolution, fut construite entre 1186 et 1240. L’édifice, haut de 21 m, s’étend sur 80 mètres de long et 17 de large. Sa collégiale renferme de très nombreuses œuvres remarquables. Descendez dans sa crypte du XIIe siècle de la collégiale Notre-Dame-et-Saint-Laurent O’Toole qui abrite les gisant de la famille d’Artois et le tombeau le plus ancien de France, celui de Saint-Laurent O’Toole, archevêque de Dublin qui mourut en 1180 à Eu et qui y fut canonisé. Dans le transept, vous pourrez observer le reliquaire d’argent dans lequel le crâne de l’archevêque est contenu.
Prendre le Passage Robert de Saint-Léger, en direction de la Place Saint-Laurent pour profiter d'un très beau point de vue. Il y a 1 000 ans, fut construite, en ce lieu, l’abbaye Ste-Marie, détruite à la Révolution. Profitez de l'agréable panorama sur la ville et la Chapelle Saint-Laurent. Continuez vers la Place Isabelle d'Orléans où se trouve les communs du château étaient animés d’une vie intense et variée. De vastes cuisines et logements étaient réservés aux ministres et aux invités du roi. Pavillon des bains et salle de musique du milieu XIXe siècle complétaient les équipements. Les poneys avaient leurs écuries et les stalles des chevaux étaient ventilées...
Toujours sur la Place Isabelle d'Orléans, admirez le Théâtre municipal du Château-scène construit sous Louis-Philippe. En 1844, le roi Louis-Philippe fait construire un groupe de sept bâtiments à proximité du château. Le bâtiment, qui n’est pas encore le théâtre, est alors un garde-meuble. Après la chute du régime en 1848 et la mort de Louis-Philippe, les bâtiments sont vendus. À cette époque, la municipalité eudoise cherche à quitter son hôtel de ville, jugé vétuste. Elle achète les sept bâtiments appelé la Smala, nom donné en souvenir de la smala d’Abd-el-Kader prise par le duc d’Aumale en Algérie, fils de Louis-Philippe. Véritable écrin de rouge et d’or, Théâtre municipal du Château-scène est ouvert à la visite aux horaires d’ouverture de la billetterie.
Engagez-vous dans l'allée du Cheval en direction du Château d’Eu - Musée Louis Philippe. Le château d’Eu occupe l’emplacement de l’ancienne forteresse féodale. La construction actuelle, commencée par Henri de Guise en 1578, était loin d’être achevée quand Mademoiselle de Montpensier en prit possession en 1661. Elle y séjourna souvent, continua la construction et les aménagements du domaine, et y réunit une belle collection de peintures. Pendant la Révolution, le Château d'Eu servit d’hôpital, puis devint sous l’Empire la résidence du titulaire de la sénatorerie de Rouen ; ce fut alors qu’on détruisit une grande partie des bâtiments. Louis-Philippe le fit remanier de fond en comble par l’architecte Fontaine. Il fut encore une fois dépouillé de ses meubles et de ses œuvres d’art sous l’Empire, et a été restauré depuis par le comte de Paris. C’est un vaste bâtiment en briques rouges, à pilastres de pierre, dont la façade a plus de 90 m de long. La chapelle a de beaux vitraux modernes, d’après Chenavard et Paul Delaroche. Désormais propriété de la ville d’Eu, il abrite le musée Louis-Philippe. A voir également la Statue équestre du duc d’Orléans. Sculptée par Marochetti en 1845, 4 tonnes de bronze reposent sur deux sabots en porte à faux. Les deux bas-reliefs représentent des faits d’armes auxquels le prince royal prit part.
A la suite de votre visite du Château d’Eu, profitez du jardin d’agrément à proximité. Le jardin attire les regards par sa beauté, sa diversité et son caractère reposant. Ce type de jardin, conçu pour le plaisir des sens et l’évasion, se distingue par une harmonie unique entre nature et architecture paysagère. L’ancien castrum normand conserva sa vocation militaire jusqu’en 1665, date à laquelle la Grande Mademoiselle, comtesse d’Eu, remblaya l’enceinte pour créer un jardin d’agrément. Rosiers, rhododendrons et statues ont été introduits par le roi Louis-Philippe. Au bout de l'allée des Guise se trouve une curiosité : la glacière du châteaux. Aujourd’hui, devenu un restaurant, il comporte deux salles dans lesquelles était entreposée la glace importée de Norvège par bateau.
Déambulez dans le Parc du château. L'histoire du parc est intimement liée à celle du Château. Installé à flanc de coteau, il est aménagé en terrasses. Au XIXe siècle, des essences exotiques et des conifères de collection sont introduits. Les hêtres qui constituent la majorité du boisement actuel en font le "marchepied" de la forêt d'Eu si proche. La Grande Mademoiselle (1627-1693) devint propriétaire du domaine d’Eu en 1660. Un certain nombre des aménagements faits à sa demande sont encore visibles. Le cœur de cet espace, le jardin français, serti de puissants murs de grès, est implanté à cette époque. Située au pied de celui-ci, la pièce d’eau longue date probablement également de l’époque de la Grande Mademoiselle. Si le parc doit beaucoup à la Grande Mademoiselle, c'est toutefois l’époque où le domaine connaît probablement le plus grand nombre de modifications. Viollet-le-Duc, à la demande du comte de Paris, construit un puits artésien , une usine à gaz , des turbines mécaniques , un émissaire des sources et le pavillon des fontaines Le KIMIG : KIosque à poissons MIGrateurs.
Contournez le château en suivant l'allée du Bastion, puis engagez-vous dans la Rue des Fontaines. Plus loin sur votre chemin, faites un saut au Jardin des Fontaines. Laissez-vous aller à la flânerie dans ce petit jardin, où un bras de la Bresle se déverse. Agréable pause sur votre promenade, poursuivez ce bras de la Bresle qui continue vers l’Hôtel Dieu. Cet ancien monastère de l’ordre de Saint-Augustin, a été construit pour accueillir des sœurs hospitalières. Ensemble hospitalier en forme de U, fait de briques, de pierres et à pans de bois du XVIe siècle. Il abrite un cimetière couvert tout à fait unique en son genre, lieu de repos éternel des sœurs. Seule la partie où est aménagée la bibliothèque est ouverte. Joli jardin calme traversé par “La Teinturerie“. La cour intérieure, vous ouvre ses portes avec sa petite aire de jeux, idéale pour les jeunes enfants qui souhaitent se dépenser au cours de leur visite.
Prendre la rue de l’Hospice, puis tournez à gauche dans la Rue du Collège vers la Chapelle du collège des Jésuites. Après avoir hérité du comté d’Eu en 1564, Catherine de Clèves, comtesse d’Eu, épousa en secondes noces Henri de Lorraine, 3ème duc de Guise. Ils décidèrent en 1580 la construction du collège des Jésuites afin de faire face à l’avancée de la religion protestante dans le comté d’Eu. Les travaux sont retardés par l'assassinat de Henri de Guise et les guerres de religion. C’est donc seulement en 1613 que l’inconsolable veuve décide de faire construire la chapelle en mémoire de son époux. Les travaux s’achevèrent en 1628, permettant alors aux étudiants de ne plus utiliser la chapelle de l’ancien hôpital normand. Le collège est fermé en 1762 lorsque le Jésuites sont bannis de France.
C’est durant cette construction, en 1624, que Catherine de Clèves demanda l’érection de deux cénotaphes magnifiques. L’un lui était destiné et un second visait à perpétuer la mémoire de son époux assassiné à Blois en 1588 et dont les cendres avaient été jetées sur ordre du roi dans la Loire. Le corps de Catherine de Clèves, quant à lui, sera profané durant la Révolution. L'ancienne Chapelle du collège des Jésuites est caractéristique de l’architecture du temps en brique et pierre, mélange des styles Renaissance et Louis XIII. La chapelle sert aujourd’hui de lieu d’expositions.
La façade de Chapelle du collège des Jésuites, symétrique, s’organise en trois travées : un corps central et deux ailes, divisés par des chaînages et des corniches en pierre de taille. Le portail est surmonté d’un arc cintré et flanqué de colonnes toscanes, puis au-dessus vient un grand bas-relief, encadré de colonnes ioniennes, où deux anges supportent un cartouche ovale, enfin un grand oculus circulaire et des pilastres et chapiteaux corinthiens. Le tout est surmonté d’un fronton triangulaire, puis d’un grand fronton semi-circulaire avec oculus, et ailerons latéraux. Les corps latéraux présentent chacun une porte, une fenêtre en plein cintre et un aileron. Une tourelle octogonale, coiffée d’un toit en dôme, complète l’ensemble.
Déambulez jusqu'au bout de la Rue du Collège, tournez à droite dans la Rue de la Grande Mademoiselle. Au n°4, un Hôtel particulier est construit en 1615. Les Ursulines y élisent domicile protégées par Catherine de Clèves. Cette demeure n’est pas celle originelle, simple maison à pans de bois, celle-ci date de 1670. Prendre à gauche jusqu'au n°92 de la Rue Paul Bignon. Ancien Hôtel particulier de M. Paul Bignon, maison bourgeoise cossue, typique de la belle époque. Au n°87, magnifique Hôtel particulier édifié en 1573 : l'Hôtel Dampierre. Soubassement et Rez-de-Chaussée en brique et silex. L'étage est en pans de bois.
Tournez à droite dans la Rue Georges Clémenceau, puis de nouveau à droite dans la Rue Sainte-Anne. L'ancien Hôpital Saint-Anne, aujourd'hui Hôtel des finances d'Eu, a été fondé par la duchesse de Montpensier en 1664 pour y accueillir les "pauvres valides" et assurer grâce aux bons offices de 12 soeurs de la charités, l'instruction des enfants. L'ancien Hôpital Saint-Anne fût tour à tour, orphelinat, puis caserne d'artillerie. Dirigez-vous vers la Place Saint-Jacques. Sur cette place ce tenait un marché au lin mais également le marché aux porc. Admirez les nombreuses maisons à pans de bois autour de la place.
Engagez-vous dans la Rue Stéphane Longchamp, ancienne rue des Soeurs Grises de l'Ordes de Saint-François de Paul. Prendre à gauche dans la Rue du Maréchal Foch. Au n°27, les soeurs possédaient un couvent destiné à fomer et elever des filles de qualité requise dans la fonction de leur institut. Au n°17, admirez une belle maison comme autrefois avec une entrée de la cave à l'extérieur. Au n°11, a voir une belle porte de type renaisssance. Au n°2, une maison à encorbellement (saillie sur un mur et soutenue par des corbeaux), elle a encore conservé son corbeau, celui-ci représentant une tête d'homme. Cette balade vous donnera aussi l'occasion d'apercevoir les très belles maisons, toutes construites de la même manière , avec un porche donnant souvent accès à de jolis jardins.
Fin du circuit du patrimoine d'Eu : retour soit place Guillaume Le Conquérant ou vers votre véhicule. Avant de quitter Eu, nous vous conseillons de poursuivre par une visite au Musée du Verre Traditions Verrières, Rle Semichon (accès par la D1015, direction Gamaches). Présente depuis le XVe siècle sur la forêt d’Eu et dans la Vallée de la Bresle, l’activité verrière perdure. Au Moyen-âge, les ateliers de verre faisaient l’objet de concessions accordées par les comtes d’Eu. Les souffleurs de verre se servaient de la grande forêt pour alimenter leurs fours en bois de chauffe et profitaient des fougères dont les cendres fournissaient la potasse indispensable à la fusion du sable. A l’origine caserne de cavalerie de Louis-Philippe, le musée des Traditions Verrières d’Eu invite à découvrir l’histoire du verre de ses origines à nos jours, en développant le flaconnage, spécialité de la région.
Autre incontournable, la Chapelle Saint-Laurent érigée sur le haut de la colline dédiée à Saint-Laurent. A 80m d’altitude, elle offre une vue imprenable sur l’estuaire de la Bresle, la Ville d’Eu, Le Tréport et Mers-les-Bains. Point de vue en accès libre, ouverture exceptionnelle à l’occasion des Journées du Patrimoine et pour la Neuvaine, chemin des pèlerins.
Idéalement situé entre mer et forêt, la ville d'Eu peut être le point de départ de nombreuses randonnées aux paysages riches et variés. Plus de 100 kilomètres de chemins se déploient au fil des itinéraires pour les randonneurs à pied, à cheval ou en VTT. La forêt d'Eu, ancienne forêt royale vous propose de belle balade bucolique. Ses hêtraies majestueuses révèlent des trésors mystérieux tels que la pierre bise qui devient fumante quelques heures avant la pluie… A partir des points hauts de la forêt, vous pourrez aussi découvrir de très beaux panoramas sur les vallées de la Bresle et de l’Yères. Au cœur de la forêt d'Eu, dans le Massif du triage, près de la commune de Saint-Pierre-en-Val, les ruines de monuments gallo-romains rappellent l'existence de la petite ville de Briga. Des campagnes de fouilles s'y déroulent chaque année à la découverte des vestiges de cette bourgade des Ier et IIIe siècles de notre ère et de la vie qui l'animait. Au cours de la visite, l’observation du travail des archéologues sur leur chantier sera pour vous une source de curiosité que ces derniers se feront un plaisir de vous commenter.