Au Moyen Âge, la seigneurie de Blaye est confiée à la famille des Rudel qui fait bâtir un château fort sur le promontoire, dont les vestiges sont encore visibles à ce jour. C'est au Moyen Age que Blaye devient une des plus fameuses étapes sur la route de Compostelle : il n'existe pas en effet de pont sur la Garonne, et le seul moyen de rejoindre Bordeaux et d'entrer en Gascogne est de passer la Gironde en bateau. Le passage d'un grand nombre de pélerins est à l'origine du développement de l'hôpital qui se trouve encore aujourd'hui sur la route de Saintes.
Clé militaire de la défense de l'Aquitaine, Blaye est, durant la Guerre de Cent ans, plusieurs fois prise et reprise par les belligérants. Elle finit par être définitivement conquise par les Français en 1452, après un siège mené par les troupes levées par le futur Louis XI. La prise de Blaye ouvrit la porte de l'Aquitaine aux troupes françaises, victorieuses l'année suivante à Castillon. Après une courte période de paix, durant laquelle la prospérité revient grâce à l'activité portuaire et au négoce du vin, Blaye et sa région sont à nouveau ravagées au XVIe siècle par les guerres de religions. Le XVIIe siècle voit le retour de la paix.
Au XVIIe siècle toujours, sous le règne de Louis XIV, Vauban y supervisera la reconstruction de la célèbre Citadelle à l'origine de la destruction de l'église carolingienne de Saint-Romain, et des maisons des faubourgs situées trop près des remparts. Autant dire que Blaye possède de beaux atouts pour le visiteur, qui ne se lassera pas de découvrir ses charmes. Située à une heure de Bordeaux, entre la Garonne et les vignobles, la ville fortifiée de Blaye mérite un arrêt lors de vos visites de la région bordelaise.
Votre parcours pour vous rendre à Blaye traverse un terroir viticole atypique et discret, qui s’aborde par deux routes du vin remarquables : l’une terrestre : la route des côteaux, l’autre fluviale. Ce sont des vignes à perte de vues, de petits vallons ou sont érigés de jolis châteaux ou des maisons en pierre de taille, de cette pierre du Bourgeais, irisant d’une couleur blonde leurs façades, tranchant avec le vert de la campagne et des vignes. En arrivant à Blaye, le plus simple est de suivre les panneaux indicateurs "Citadelle" et on arrive sur la longue esplanade : cours de la République, cours De Lattre de Tassigny, cours Vauban, place de la Citadelle, cours du Port qui sépare la ville de la citadelle. Des parkings aménagés y sont disponibles.
Pour cette visite de Blaye, il y en a pour tous les goûts : pour les amateurs d'art militaire qui admirent l'intelligence de cette construction où chaque mur en protège un autre, pour les amoureux de sites majestueux où les eaux de cette petite mer qu'est l'estuaire viennent lécher le bas des murailles, ou tout simplement pour ceux qui aiment se perdre dans le dédale des fortifications. Après avoir stationné votre véhicule, commencez votre visite par la Chapelle Sainte-Luce. Cette église doit sa fondation à une donation effectuée par Claude de Rouvroy, duc de Saint-Simon, gouverneur de Blaye, en 1660. Elle reste longtemps le siège de la confrérie des tailleurs avant d'être désaffectée, la Chapelle Sainte-Luce est en attente de rénovation.
Restaurée en 1783 et en 1901, le sanctuaire est également l'objet d'un culte à Notre-Dame-des-Roses jusqu'au milieu du XXe siècle. À l'intérieur, le chevet plat accueille un vitrail du maître-verrier Gustave Pierre Dagrant représentant Notre-Dame-des-Roses, ainsi qu'un retable du XVIIIe siècle et plusieurs sépultures.
Plusieurs hôtels particuliers de Blaye ont été construits au XVIIIe siècle, dont la maison de Saint-Simon situé au 8 Cour du Général de Gaulle. Cet hôtel est réputé être celui du duc Claude de Rouvroy de Saint-Simon, gouverneur de Blaye au XVIIe siècle, qui l'aurait habité de 1689 à sa mort en 1693, ainsi que par son fils, le mémorialiste, gouverneur de Blaye à la suite de son père, selon une plaque apposée sur la façade. A ce jour, aucun élément historique probant ne vient confirmer cette tradition. Elle est dotée d'un fronton monumental et de pilastres ioniques. La demeure est aujourd'hui devenue une maison d'hôtes. Les chambres sont décorées dans un style d'époque et offrent une vue sur la rivière.
Dans la rue Saint-Sauveur, vous trouverez plusieurs demeures bourgeoises établies au XIX siècle, dotées de frises sculptées, dont l'actuel hôtel de la sous-préfecture. Etabli sur la place de la victoire, l'hôtel des Postes, est érigé en 1903 sur des plans de l'architecte Aurélien Nadaud. Il remplace l'ancienne abbaye Saint-Sauveur, détruite en 1896. Poursuivre vers l'église Saint-Romain de Blaye, situé 4-3 Av. Paul Tardy. Elle succède à l'ancienne basilique Saint-Romain après la destruction de cette dernière au XVIIe siècle.
Cet édifice de style néo-classique, basé sur un plan en forme de croix latine, est précédé d'une façade ornée de pilastres surmontée d'un fronton triangulaire. L'église Saint-Romain accueille plusieurs œuvres d'art, dont une chaire en acajou et des grandes orgues. L'intérieur de l'édifice est éclairé par des vitraux réalisés en 1890 par le maître-verrier Dagrant. Parmi les œuvres d'art que recèle l'église se trouvent un Christ en bois du XVIIe siècle, une chaire en acajou et plusieurs tableaux représentant la Sainte Famille, Moïse et Saint Romain.
Autres vestiges emblématiques de la cité, la basilique Saint-Romain, aujourd’hui détruite. La basilique Saint-Romain fut édifiée dans la seconde moitié du IVe siècle afin d'abriter le tombeau de saint Romain de Blaye. Ce premier martyrium formant une basilique à deux niveaux devient ultérieurement la nécropole des rois d'Aquitaine Caribert II et de son fils Chilpéric, assassinés en 632. En 788, la basilique accueille selon la tradition le tombeau du comte Roland, seigneur de Blaye et neveu de Charlemagne, tué par les vascons à Roncevaux. Au IXe siècle, les restes de saint Sichaire sont transférés dans la crypte, qui devient dès lors un lieu de pèlerinage important sur la route de Saint-Jacques de Compostelle.
Fortement endommagée lors des guerres de religion, la basilique Saint-Romain est remaniée à la fin du XVIe siècle, tandis que la présence de pèlerins périclite. Le sanctuaire est finalement sacrifié pour laisser la place au glacis de la citadelle de Blaye au XVIIe siècle, ses ruines sont redécouvertes dans les années 1960.. Des fouilles archéologiques entamées en 1969 permettent de redécouvrir les fondations de la basilique. Au cours de celles-ci ont été notamment redécouverts plusieurs chapiteaux datés du VIe siècle au XIe siècle, aujourd'hui exposés au musée archéologique de la ville de Blaye.
Le XIXe siècle voit la création de la prison, aujourd'hui désaffectée, et du palais de justice, dont la première pierre est posée en 1841. En 1895 sont inaugurés la "fontaine du Saugeron", ornée de sculptures romantiques et couronnée d'une statue de bronze, et le kiosque à musique qui lui est attenant. Ces deux ornements s'élèvent face à l'hôtel de ville Cour Vauban, de style néo-classique, reconstruit après un incendie en 1835. Enfin, la ville de Blaye conserve un élément de mobilier urbain datant du début du XXe siècle : les vespasiennes de la place Maxime-Chasseloup, surmontées de motifs décoratifs formant deux cloches emboîtées et percées de quatre chiens assis.
Votre déhambulation, vous emmènera au Couvent des Minimes ensemble monastique établi dans le périmètre de la citadelle de Blaye, construit sous Henri IV pour servir de lieu de culte aux garnisons, l'autel du couvent a été déplacé dans la chapelle de l'hôpital de Blaye. Sous la terreur, le couvent est transformé en prison, tandis que la chapelle devient un magasin de fourrage. Le cloitre attenant laisse apparaître sous ses arcades une charpente conservant des traces de polychromie. Restaurée, elle sert de cadre à des expositions temporaires. Sous le dallage de la nef se trouvent près de 80 sépultures d'ecclésiastiques et de militaires. Partie intégrante de la citadelle, le Couvent des Minimes fait partie du périmètre classé et inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco au titre du Réseau des sites majeurs de Vauban.
La citadelle de Blaye reste incontournable pour votre visite, magnifique construction qui culmine sur un promontoir rocheux au dessus de la Gironde. Elle vous invite à découvrir de magnifiques panoramas sur le plus vaste estuaire d'Europe.
Elle compose, avec le Fort Pâté sur une île de la Gironde et le Fort Médoc sur la rive gauche, Le Verrou Vauban, qui empêchait les bateaux l'ennemi anglais ou hollandais d'accéder à Bordeaux. Marquée par l’histoire de France, elle conserve intact le système de défense mis en place par l’architecte du XVIIe siècle : remparts, portes, souterrains, prison, casernement, poudrière et bâtiments nécessaires au fonctionnement d'une garnison.
La Porte Royale et son fronton ouvragé orné du soleil, emblème de Louis XIV, vous accueillent. Flanez dans ses charmantes ruelles, flânez dans les boutiques d’artisans d’art avant de rejoindre la place d’Armes pour profiter d’un exceptionnel panorama sur l’Estuaire et ses îles. Profitez en pour visiter le musée d’Art et d’Histoire du pays Blayais, ouvert toute l’année. Autrefois prison civile et militaire, puis transformé en boulangerie au XIXe, le musée abrite aujourd’hui 7000 ans d’histoire de la citadelle et de la ville de Blaye.
Pour finir cette partie de visite, cheminez jusqu'au château fort des Rudel, illustre famille de Blaye. La position stratégique de la ville de Blaye explique l'établissement d'un château-fort dès le début du Moyen Âge : celui-ci est l'une des résidences du jeune roi d'Aquitaine Caribert II au VIIe siècle. Ce château médiéval, plusieurs fois remanié au cours des siècles est finalement intégré à la citadelle par Vauban afin de servir de logis au gouverneur militaire de la place. Il est toujours visible de nos jours, quoique fortement endommagé. Sa structure originelle, triangulaire, comprend six tours : la tour des Rondes, la tour de Diane, la tour de la Cloche, la tour des Archives, la tour de la Porte et le donjon. Trois corps de logis encadrent une cour centrale abritant un puits.
Blaye est aussi un port de commerce. Le port est situé au sud de la ville. Il est précédé par l'embarcadère du bac qui permet la traversée de l'estuaire et de débarquer dans le Médoc, à Lamarque. Au cœur du plus vaste estuaire d’Europe surgissent les îles d’un archipel girondin longtemps oublié : Patiras, Bouchaud, Nouvelle, Fort Paté, Verte, Nord, Cazeau, Margaux, et Macau, qui témoignent d’un dialogue très ancien entre l’homme et le fleuve. Ici l'estuaire prend toute sa place et dessine une ville pleine de surprises
Par ailleurs, la ville de Blaye est entourée par 6000 hectares de vignobles. Vous pourrez ainsi en profiter pour visiter quelques producteurs des appellations locales : les AOC Blaye Côtes de Bordeaux et Côtes de Bourg… Pour conclure votre escapade, la route de la Corniche célèbre l’union entre la pierre avec laquelle sont construites les maisons troglodytes qui la longent, et le fleuve qui nourrissait les pêcheurs qui les habitaient. Depuis, ces derniers sont en retraite, mais il règne sur ces 12 kilomètres de route une atmosphère presque tropicale.