Quimperlé, porte d'entrée d'un voyage artistique
Lovée au confluent de trois rivières, la ville possède un charme discret qui se révèle au fil de la promenade. Ses ruelles anciennes, ses ponts de pierre et ses maisons historiques composent un décor qui a séduit de nombreux artistes entre le XIXe et le XXe siècle. La lumière y est particulière. Le matin, elle se reflète dans les eaux calmes de l'Ellé, de l'Isole et de la Laïta. En fin de journée, elle enveloppe les façades d'une douceur presque picturale.
En flânant dans la vieille ville, il est facile d'imaginer les peintres installés sur les quais, cherchant à capturer ces reflets mouvants qui transforment chaque instant en tableau vivant. Quimperlé porte deux coiffes celle de la haute et celle de la basse ville, celle de la tradition et celle de l'avant-gardisme. A l'écho des sons mélodieux de son bagad, Bagad bro, elle répond de nombreuses expositions d'Art Contemporain. Les peintres sont venus en nombre à Quimperlé entre 1850 et 1950.
Pourtant, la ville de Quimperlé n’a jamais fait l’objet d’étude alors qu’elle a constitué pour de très nombreux artistes une source d’inspiration : le norvégien Frits Thaulow qui fit venir son ami Auguste Rodin,le néo-impressioniste Henri le Sidaner dans les années 1920, qui connut sans doûte la cité des trois rivières par Désiré-Lucas, et tant d’autres encore Maurice Denis, Émile Compard... sans oublier le graveur et peintre Adolphe Beaufrère l’enfant du pays.
Quittez Quimperlé par la D49 vers Le Pouldu en Clohars-Carnoët (14 km), dans le dernier quart du XIX e siècle, le Pouldu, alors petit village tranquille, voit fondre vers lui un grand nombre d'artistes-peintres, fuyant Pont-Aven et sa foule.
Le Pouldu, là où Gauguin réinventa la peinture
À quelques kilomètres de là, Le Pouldu constitue l'une des étapes les plus emblématiques de la Route des Peintres. À la fin du XIXe siècle, ce petit village côtier devient un refuge pour les artistes en quête de tranquillité. Certains souhaitent s'éloigner de l'effervescence croissante de Pont-Aven. D'autres recherchent simplement un environnement plus sauvage.
C'est ici que Paul Gauguin séjourne avec plusieurs compagnons artistes. Face à l'océan, dans une Bretagne encore rude et authentique, il expérimente de nouvelles formes d'expression picturale qui influenceront durablement l'histoire de l'art moderne. Aujourd'hui, les plages du Pouldu conservent ce même caractère inspirant. Le sable clair, les falaises découpées et l'immensité de l'Atlantique composent un paysage dont la beauté semble ne jamais avoir changé.
Prenez la direction de Clohars-Carnoët via la D124 (19 km), le peintre Pierre Jacob, plus connu sous le pseudonyme de Tal Coat, est le fils d'un marin-pêcheur de Doëlan. Le port de Doëlan a été fréquenté par de nombreux peintres.
Dirigez-vous vers Moëlan-sur-Mer via la D24 (24 km), Plusieurs vues de la commune ont été peintes par Émile Jourdan (1860-1931). Mais aussi, Joseph-Félix Bouchor : le Lavoir en Moëlan à voir au Musée des beaux-arts de Vannes, Maurice Asselin et Jacques Vaillant ont fréquenté Brigneau.
Votre prochaine étape sur ce circuit des peintres dans le Finistère sera Riec-sur-Bélon (32 km) en suivant la D24. C’est ici que Mélanie Rouat concocta ses célèbres recettes comme le homard à la crème ou encore les palourdes grillées. Henri Moret à peint : Brume à Riec. C’est à l’occasion de son service militaire à Lorient que Henri Moret découvre la côte Sud de la Bretagne.
Après votre dégustation d'huître Belon, direction vers Pont-Aven via la D783 (36 km), Fréquenté depuis 1860 par des peintres, Pont-Aven a atteint sa célébrité maximum en 1886, la cité de Pont-Aven continuera d’attirer de nombreux artistes-peintres pendant la Belle Époque ou dans l’Entre-deux-guerres.
Pont-Aven, la cité des peintres
Impossible d'évoquer la Route des Peintres sans parler de Pont-Aven. Son nom résonne bien au-delà des frontières bretonnes. Depuis les années 1860, cette petite cité traversée par l'Aven attire des artistes venus du monde entier. Elle devient rapidement l'un des centres artistiques les plus influents de son époque. Le charme opère immédiatement.
Les moulins bordant la rivière, les maisons de pierre fleuries, les passerelles élégantes et les galeries d'art créent une atmosphère unique. La lumière y joue avec l'eau, les arbres et les façades, offrant un spectacle constamment renouvelé. Les visiteurs découvrent aujourd'hui une ville où l'art est partout. Les ateliers, les expositions et les musées perpétuent l'héritage de l'École de Pont-Aven, tandis que les paysages demeurent pratiquement inchangés depuis l'époque de Gauguin. On comprend alors pourquoi tant d'artistes ont choisi d'y rester plusieurs mois, parfois plusieurs années.
Votre chemin arrive au Pays de Fouesnant et Bénodet, avec ses plages et son bocage, son climat agréable, sa nature généreuse, grand amoureux du pays, le peintre Emile Simon a immortalisé paysages, scènes du quotidien et personnages au fil de ses découvertes en Cornouaille. A partir de 1943, il habite le manoir de Squividan, qui est devenu un musée.
Direction Concarneau via N165 ( 58 km), autour de la cité moyenâgeuse de Concarneau, ville close protégée sur son îlot, étaient rassemblés tous les motifs pour plaire aux artistes amateurs de pittoresque : un superbe patrimoine architectural, une population active de marins, d’ouvrières et de paysans en costumes traditionnels et une importante flottille.
Concarneau, la cité close et les couleurs du port
Plus à l'est, Concarneau offre un décor totalement différent. Ici, la mer devient le personnage principal. La célèbre Ville Close semble flotter sur l'eau. Ses remparts massifs, ses ruelles animées et ses quais pittoresques ont longtemps constitué un sujet privilégié pour les peintres. Les artistes étaient fascinés par l'activité incessante du port. Les bateaux colorés, les marins au travail, les marchés aux poissons et les costumes traditionnels offraient une multitude de scènes vivantes à immortaliser.
Aujourd'hui encore, les quais de Concarneau possèdent cette énergie particulière qui mêle patrimoine, culture maritime et douceur de vivre bretonne. À l'heure dorée du coucher de soleil, lorsque les derniers rayons illuminent les remparts, la ville semble redevenir un immense tableau impressionniste.
Sortez de Concarneau pour poursuivre votre périple sur la route des peintres vers Fouesnant située au cœur de la côte Cornouaillaise via la D44 (69 km). Avec ses plages et son bocage, son climat agréable, sa nature généreuse, le Pays de Fouesnant attire les célébrités, il est vrai qu’Emile Zola, Sarah Bernhardt, Guillaume Apollinaire, Paul Klee, Marcel Proust y séjournent, ainsi que de richissimes Britanniques.
Le Pays Fouesnantais, royaume de la lumière
Entre plages de sable fin, vergers et criques secrètes, le Pays Fouesnantais constitue l'un des secteurs les plus lumineux du Finistère. Ici, les couleurs explosent. Le bleu intense de l'océan contraste avec le vert profond des pins maritimes. Les dunes blondes répondent aux eaux turquoise des lagons bretons. Cette palette naturelle a inspiré de nombreux artistes, séduits par une lumière douce mais incroyablement changeante.
Pour le voyageur, c'est une invitation permanente à la contemplation. Les sentiers côtiers offrent des panoramas d'une grande diversité, tandis que les plages invitent à ralentir, à respirer et à profiter pleinement du paysage.
Prenez la direction de Quimper labellisée Ville d’Art et d’Histoire, capital de la Cornouaille via la D45 (87 km). Quimper avec sa cathédrale, ses maisons à colombage, le Mont Frugy et l’Odet qui coule à ses pieds, ses auberges, ses cafés, ses hôtels, les lieux pittoresques qui l’entourent, on comprend que Quimper fut un lieu apprécié des peintres.
Quimper, capitale artistique de la Cornouaille
Ville d'Art et d'Histoire, Quimper constitue une étape incontournable. Sa silhouette est dominée par les flèches élancées de la cathédrale Saint-Corentin. Autour d'elle s'étendent des rues pavées bordées de maisons à colombages, des places animées et les berges paisibles de l'Odet. Depuis longtemps, les artistes apprécient cette harmonie entre patrimoine architectural et nature urbaine.
Chaque quartier semble raconter une histoire différente. Le matin, les marchés colorés animent les rues. Le soir, les lumières se reflètent dans la rivière, offrant des scènes empreintes de poésie. Les musées de la ville permettent également de prolonger la découverte en admirant les œuvres inspirées par toute la Bretagne.
Rendez-vous maintenant vers Pont l’Abbé et le pays bigouden via la D785 (107 km), le Pays bigouden, plus à l’ouest, ne connaît pas un engouement aussi important des peintres, au XIXe siècle, Pont l’Abbé et Penmarc’h ne disposant pas des mêmes infrastructures hôtelières. L’ambiance va changer avec la construction des premières villas de la bonne société parisienne, fin XIXe, le long de la rivière de Pont l’Abbé et à Loctudy.
Votre périple arrive à Pont-Croix via la D2 (138 km), la cité propose une magnifique étape de la Route des Peintres. Dès le milieu du XIXe siècle, de nombreux peintres ont été attiré par les quartiers pittoresques de la Cité de Pont-Croix : Paul de Lassence, Lionel Floch, Paul Sérusier, Sydney L. Thompson, Max Jacob, Matisse …
Le Pays Bigouden, entre traditions et grands horizons
En poursuivant vers le sud-ouest, le voyage traverse le célèbre Pays Bigouden. Ici, l'identité bretonne s'affirme avec force. Les ports de pêche, les chapelles, les longues plages et les villages de caractère composent un paysage profondément attachant. Les peintres ont longtemps été attirés par la singularité culturelle de cette région.
Les coiffes traditionnelles, les fêtes locales et la vie maritime constituaient autant de sujets fascinants. Aujourd'hui, le territoire séduit par son authenticité et son immense ouverture sur l'océan. À la Pointe de la Torche ou le long de la baie d'Audierne, les horizons paraissent infinis.
Direction Douarnenez et le le Cap Sizun via D765 (155 km), les artistes trouvent bon accueil auprès des bourgeois de Douarnenez et d’une société savante qui leur offre parfois le gîte et le couvert. De Douarnenez suivant votre planning, continuez le long de la côte découpée du Cap Sizun : de magnifiques panoramas vous attendent.
Douarnenez et le Cap Sizun, l'appel du large
À Douarnenez, l'atmosphère change encore. La ville respire la mer. Son histoire est intimement liée à la pêche, aux conserveries et aux grandes aventures maritimes. Les artistes y trouvaient un univers riche en personnages et en récits. Puis vient le Cap Sizun. Les falaises plongent brutalement dans l'océan. Les vagues viennent frapper les rochers avec une énergie spectaculaire.
La nature y apparaît dans toute sa puissance. Ce paysage grandiose continue aujourd'hui de fasciner les voyageurs autant que les artistes. Beaucoup considèrent encore cette partie du Finistère comme l'une des plus belles de Bretagne.
Avant de quitter la route des peintres de Cornouaille direction Locronan via la D7 (165 km), classé "plus beaux villages" et "petit village de caractère de Bretagne". Véritable terre d’inspiration pour les artistes, peintres, écrivains, sculpteurs ou cinéastes, le charme de ce petit écrin breton ne laisse jamais indifférent. Cette cité médiévale de granit bleuté possède de très belles demeures merveilleusement conservées.
Locronan, un décor hors du temps
Classé parmi les plus beaux villages de France, Locronan semble appartenir à une autre époque. Ses maisons de granit, parfaitement conservées, entourent une place majestueuse où le temps paraît suspendu. Les artistes, écrivains et cinéastes y trouvent depuis longtemps une source d'inspiration inépuisable. Chaque ruelle offre un jeu subtil d'ombres et de lumières. Le village invite naturellement à ralentir et à observer les détails : une façade sculptée, une fenêtre fleurie, une vieille enseigne ou le reflet du soleil sur les pavés.
Retrouvez tous les détails de ce parcours sur notre page : Circuit de la route des Peintres de Cornouaille
Après avoir parcouru une partie de la route des peintres de Cornouaille, suivez la direction de Camaret-sur-mer et la presqu'île de Crozon pour un festival de paysages, via la D63 (44 km). À partir des années 1880, Camaret-sur-mer est plébiscité par les artistes. On y retrouve entre autres Henri Rivière, André Breton, Maxime Maufra, l’homme de théâtre André Antoine, les écrivains Gustave Toudouze et Saint-Pol Roux.
La presqu'île de Crozon et Camaret-sur-Mer, le spectacle des éléments
Lorsqu'on atteint la presqu'île de Crozon, le voyage prend une dimension spectaculaire. Les falaises abruptes, les criques sauvages et les panoramas maritimes composent l'un des plus beaux ensembles paysagers d'Europe. Camaret-sur-Mer devient dès la fin du XIXe siècle un lieu de rencontre privilégié pour les artistes. Peintres, écrivains et poètes viennent y chercher l'inspiration dans un environnement d'une beauté saisissante.
Les couchers de soleil y sont particulièrement mémorables. Le ciel se teinte alors de rouge, d'or et de violet tandis que les silhouettes des bateaux se découpent à l'horizon.
Continuez votre parcours des peintres du Finistère vers Brest via la N165 et D791 (112 km), sa rade et son arsenal. Brest la blanche avec ses lumière inimitable sur la rade. Tout cela cache une vie culturelle très intense et une mentalité unique, celle des Tizefs, les Brestois de Brest-même … Ce sont les peintres de la marine qui sont à l’honneur au fil des ans dans Brest, la Blanche.
Brest, la lumière de la rade
Souvent méconnue des visiteurs, Brest possède pourtant une personnalité unique. Sa rade immense, l'une des plus belles d'Europe, offre des jeux de lumière extraordinaires. Les peintres de marine ont trouvé ici un terrain d'expression privilégié. La ville moderne dialogue avec les paysages maritimes dans une atmosphère résolument tournée vers le large. La rade change constamment d'apparence selon les marées, les nuages et les saisons. Un véritable spectacle vivant.
Retrouvez tous les détails de ce parcours sur notre page : Circuit de la route des Peintres du Finistère - Etape 2
Sortez de Brest pour prendre la direction de Roscoff via la via N12 (177 km). Si Roscoff fût autrefois un " nid à corsaires ", elle demeure aujourd'hui la muse de nombreux artistes qui viennent y puiser leur inspiration.
Roscoff et la baie de Morlaix, élégance et douceur de vivre
Au nord du Finistère, Roscoff et la baie de Morlaix dévoilent un autre visage de la Bretagne. Les ports de caractère, les jardins exotiques, les îlots rocheux et les lumières douces composent un décor d'une grande élégance. Morlaix séduit par son patrimoine exceptionnel et sa baie spectaculaire, souvent comparée à un fjord breton. Les artistes y trouvent un équilibre parfait entre patrimoine, nature et atmosphère maritime.
Quittez la petite cité de caractère pour prendre le chemin de Morlaix via la D58 et D769 (204 km ), le passé de Morlaix nous interroge, comme il a pu interroger les peintres et les écrivains comme Tristan Corbière. Baie de Morlaix, pure merveille. Encaissée comme un fjord, comme les abers qui semblent calmer les furies de l’océan qui cogne les falaises, plus loin. Entre Léon et Trégor, entre terre et mer, Morlaix est bien assise.
Prenez le temps de visiter le musée de Morlaix constitué de la Maison à Pondalez et des Jacobins, dont la collection comprend des œuvres de peinture moderne et contemporaine d’un côté et des arts et traditions populaires de l’autre. Près de Landivisiau, un musée est consacré à Yan’Dargent, qui y est né. Vous pourrez le visiter pendant la saison estivale.
Retrouvez tous les détails de ce parcours sur notre page : Circuit de la route des Peintres du Finistère - Etape 3
Dirigez-vous vers les légendes de la forêt du Huelgoat, prenez la D769 en direction de Huelgoat (233 km). En avril 1891, Sérusier accompagne Gauguin à la gare de Lyon avant son départ pour Tahiti. Lui aussi s’apprête à partir vers une destination inattendue : Huelgoat, où il est présent dès le mois de juin de la même année. Sérusier séjourne au Huelgoat puis construit sa maison décorée de signes du zodiaque à Chateauneuf-du-Faou. Comme on peut le comprendre !
Huelgoat et Châteauneuf-du-Faou, la Bretagne des légendes
La Route des Peintres s'éloigne ensuite du littoral pour explorer l'intérieur des terres. À Huelgoat, la forêt semble sortie d'un conte. Les chaos granitiques, les rivières mystérieuses et les légendes celtiques créent une ambiance presque magique. Paul Sérusier y séjourna longuement avant de s'installer à Châteauneuf-du-Faou. Ici, la Bretagne révèle un autre visage, plus secret, plus spirituel aussi. Le voyageur découvre une terre d'inspiration où la nature semble dialoguer avec l'imaginaire.
Continuez votre parcours sur cette route touristique des peintres dans le Finistère en direction de Châteauneuf-du-Faou via la D14 et D36 (286 km). Dès 1893, Sérusier quitte Huelgoat pour Châteauneuf, qui ne s’appellera Châteauneuf-du-Faou qu’en 1951. Il sera, avec Gauguin, l’un des seuls peintres de sa génération à aller jusqu’au bout de ses idées, y compris dans ses choix de vie.
Dirigez-vous vers le pays du Faouët pour une petite incursion dans le morbihan, prener la direction de Le Faouët D117 et la D769 (323 km). Dès le milieu du XIXe siècle, Le Faouët, riche de ses traditions et de son patrimoine, attire de nombreux artistes français et étrangers à la recherche de motifs nouveaux.
Retrouvez tous les détails de ce parcours sur notre page : Circuit de la route des Peintres du Finistère - Etape 4