Découvrez sur la route de vos vacances l'histoire de la soie de l’Ardèche dans le sud de la France où les filatures de soie étaient autrefois un élément vital de la vie. L’élevage du ver à soie et la production de soie faisaient partie intégrante du paysage et de la vie en Ardèche. L'histoire de la soie semble débuter, selon les découvertes récentes, en Chine entre 3000 et 2000 ans av. J.-C. Le plus vieux fragment de soie découvert en Chine date de 2570 av. J.-C.
L’élevage du ver à soie se serait poursuivie ensuite avec trois millénaires d’exclusivité durant lesquels la Chine aurait fait commerce de ce tissu précieux sans jamais en transmettre le secret. L’art de fabriquer la soie se serait ensuite progressivement transmis aux autres civilisations par le biais d'espions de tous genres : moines, princesses…, de pillards et de marchands. Cependant, des découvertes récentes dans la Vallée de l'Indus à Harappa et à Chanhu Daro, entre l'Inde et le Pakistan actuels, laissent à penser que la civilisation qui y vivait en 2800 à 1900 av. J.-C. connaissait et maîtrisait déjà l'usage de la soie.
La production de soie arrive en Europe occidentale à la fin du Moyen Âge. Initialement introduit au XIVe siècle, puis vers le milieu du XVIIe siècle en Ardèche, il y avait plus de 400 filatures de soie. Les femmes et les enfants formaient l’épine dorsale de l’industrie et travaillaient dans des conditions difficiles dans les usines.
En 1752, la Manufacture royale de soie d’Aubenas (Ardèche) est fondée par arrêt du Conseil du roi. Bâtie selon les plans de Jacques Vaucanson (1709-1782), célèbre inventeur de mécaniques textiles, elle est dirigée par Henry Deydier (1716-1775). Ce dernier équipe au mieux cette manufacture de filage et de dévidage de la soie avec notamment le tour à filer et le « moulin à organsiner », mis au point par Vaucanson. Ces nouvelles inventions doivent supplanter les machines piémontaises en vogue. La production de soie parvient au stade de l'industrialisation à partir du XIXe siècle. Au début du XIXe siècle, sur le marché d’Aubenas le kilo de cocon se vendait 4 frs alors que la flotte de soie grège (écheveaux) se vendait autour de 60 frs le kilo. L’intervention royale en faveur de l’industrie séricole en Ardèche fera des émules jusqu’au XIXe siècle avec la création d’une quinzaine de moulinages à Pont-d’Aubenas qui cessent leur activité au cours du XXe siècle.
La production de soie connaît un grave déclin lié à l’essor rapide de la fabrication dans certains pays d’Asie et aux épidémies qui touchent les vers à soie en France. En 1855, la maladie a frappé et bien qu’en moins d’une décennie des méthodes de prévention de la maladie aient été établies, l’industrie ne s’est jamais vraiment rétablie. Aux prises avec la concurrence de la Chine, puis des fibres synthétiques, à la fin de la seconde guerre mondiale, l’industrie qui avait été si massive dans cette région avait pratiquement disparu. Cette industrie s'est éteinte en 1968 suite à l'arrêt de la prime à l'élevage du ver à soie. Elle est finalement redevenue une production essentiellement asiatique.
L’élevage des vers à soie était un travail complexe mais pouvait se faire au sein de la maison familiale. Les vers à soie forment des cocons qui deviennent ensuite la base de la soie et les cocons de vers à soie étaient déroulés à la main pour produire le fil. Malheureusement, les vers à soie meurent pendant le processus, ce qui signifie que la durée de vie totale d’un ver à soie n’est que d’environ deux mois. C’était une entreprise à forte intensité de main-d’œuvre car les vers à soie dépendent entièrement des humains, nécessitant une alimentation 24 heures sur 24 de feuilles de mûrier et des températures et conditions contrôlées.
C’est une région encore parsemée de grandes filatures de soie en pierre abandonnées et de magnaneries ou magnaneries dont la plupart sont aujourd’hui des maisons familiales ou des gîtes. Les maisons typiques ardéchoises sont souvent en fait des anciennes magnaneries. L'élevage du ver à soie demandait de l'espace d'où leur construction massive. A l'étage, la terrasse était ombragée pour apercevoir le fil au moment de dévider le cocon. Quelques élevages en Ardèche participent à entretenir cette mémoire. C'est devenue une attraction touristique. Si vous séjournez aujourd’hui dans la région, d'autres traces de ce passé industriel sont toujours présentes. Vous pouvez saisir un aperçu de cette époque révolue en voyageant au plus profond de l’Ardèche.
Commencez votre visite au Musée magnanerie de Lagorce situé au nord de Vallon-Pont-d’Arc. Le musée-magnanerie de Lagorce raconte cette épopée ardéchoise à travers un élevage de plusieurs milliers de vers à soie. Vous y découvrirez le cycle de fabrication de la soie ainsi qu’un focus sur l’histoire de la soie d’il y a 5000 ans en Chine jusqu’à aujourd’hui en passant par l’âge d’or de la soie en Ardèche au XVIIIème siècle.
Au Château des Roure situé à Labastide-de-Virac au sud de Vallon Pont d’Arc, vous y découvrirez aussi le cycle de fabrication de la soie avec un focus sur l’utilisation de la soie ensuite du cocon au tissu. Découvrez les précieuses étapes du travail du fil de soie, du cocon jusqu’à l'étoffe de soie. Déclenchez les vieux métiers ardéchois des années 1850 pour admirez le parcours du fil de soie. Ces machines étaient installées dans les usines en bord de rivière, l’Ardèche. Au cœur du château, laissez-vous émerveillé par nos vers à soie. Admirez dans la magnanerie située au cœur même du château, le cycle complet des vers à soie vivants, de l'œuf au papillon. Les sériciculteurs ardéchois perpétuent la tradition, ils éduquent des vers à soie et font éclore des œufs toutes les semaines. Et comme son nom l’indique il y a aussi un château !
A Saint-Vincent de Barres au nord ouest de Montélimar se trouve Les Faugères. Une maison centenaire qui vous replongera dans le temps. C’est un gîte de charme mais aussi l’un des rares endroits où l’on peut encore assister à l’élevage des vers à soie. Ils ont leur propre musée et verger de mûriers et organisent des ateliers éducatifs, des reconstitutions et des expositions.
Il y a aussi le musée de la sériciculture L'Ecomusée du Moulinage. L'écomusée du moulinage est unique, aussi il a reçu le soutien de l'Europe, de la DRAC, de la Région, du Conseil Départemental, du Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche. Depuis Aubenas prendre la direction "Le Puy" (N102) . Passer le village de Pont-de-Labeaume, prendre après le pont la direction "Montpezat" à droite (D536). A quelques minutes, prendre à droite la direction "Chirols"(D253). Passer le pont, à gauche : vous entrez dans le parc de l'écomusée.
Le moulinage est une opération textile essentielle et caractéristique, qui a fait la renommée de l'Ardèche. Cette opération se situe après la sériciculture (éducation du ver à soie) et la filature, et avant le tissage. Elle nécessite une technique de torsion du fil, très particulière, inventée par les chinois, améliorée par les Italiens au XIIIe siècle. Des fabriques furent construites et l'une d'elle est devenue l'écomusée du moulinage. L'écomusée vous reçoit sur 500 mètres carrés de salles réaménagées en 2006. Maquettes, machines, bornes interactives, film documentaire, ambiances sonores, panneaux descriptifs vous emmènent dans un voyage qui retrace l'épopée du fil de soie. Ici, mémoires ouvrière et patronale se côtoient.