En l'an 800, Charlemagne, fils de Pépin le Bref et petit-fils de Charles Martel, est couronné Empereur d'occident à Rome. Les Normands, qui naviguent sur nos fleuves en quête de razzias, saccagent Saintes et Angoulême au milieu du IXe siècle.
Au Xe siècle, les premiers pèlerins traversent la région de Poitiers à Pons en passant par Melle, Aulnay, Saint-Jean-d'Angély et Saintes. Aux Xe et XIe siècles les comtes du Poitou et de l'Angoumois règnent sur la région jusqu'à la mort Guillaume X qui, sans héritier mâle, cède le duché d'Aquitaine à sa fille Aliénor.
En 1137, Aliénor d'Aquitaine, dotée du Sud-Ouest de la France, épouse le prince Louis, futur roi de France, Louis VII. Mais en 1152, après leur divorce, elle " s'offrit " à la perfide Albion par son remariage avec Henri II Plantagenet, prétendant à la couronne qui montera sur le trône d'Angleterre en 1154. Henri II, puis Richard Cœur de Lion, et Jean sans Terre, ses fils, se succèdent sur le trône d'Angleterre.
A la mort d'Aliénor en 1204, à 82 ans, le roi Philippe Auguste s'empare de Poitiers, mais le Poitou ne sera annexé qu'en 1224 après le rattachement de l'Aunis et de la Saintonge au royaume de France.
En 1360, a lieu la troisième bataille de Poitiers, à Nouaillé-Maupertuis, où Jean le Bon est battu et fait prisonnier par le Prince Noir. Le 8 mai, le fameux Traité de Brétigny redonne le Poitou, l'Aunis, la Saintonge et l'Aquitaine aux Anglais. Le Poitou revient dans le giron français grâce aux troupes de Du Guesclin en 1373. Charles VII est couronné à Poitiers en 1422. La Bataille de Castillon met fin à la guerre de Cent Ans en 1453.
De la Renaissance à la Révolution
Deux ans après la découverte de l'Amérique par Colomb, le futur François Ier naît à Cognac en 1494, il succède à Louis XII, son cousin, en 1515. Le " roi-chevalier " sera l'un des fondateurs de l'Etat moderne. Il ouvrira la France au mercantilisme favorisant ainsi la montée de la bourgeoisie. En 1539, l'Ordonnance de Villers-Cotterêts fait remplacer le latin par le français dans les actes notariés, les jugements et les registres d'état civil.
Les guerres de Religion, dès 1562, furent l'occasion de nombreux troubles entre Huguenots et catholiques représentant un désastre, tant sur le plan humain qu'économique, jusqu'à la proclamation de l'édit de Nantes en 1598 qui rétablit calme et prospérité sur la région. En 1533, Jean Calvin qui conteste la toute-puissance du pape est condamné par le Parlement de Paris.
Il se réfugie à Angoulême, où il continue de prêcher et d'écrire. Il est reçu à Poitiers, ville intellectuelle et bouillonnante, où son prosélytisme fait merveille dès 1534. Il y recrute de nombreux disciples. Recherché, il retourne se cacher dans la campagne angoumoisine avant de fuir vers Genève.
L'exil du maître n'empêche pas ses idées de se propager dans la région. En 1557, Poitiers accueille la première assemblée pastorale de la Réforme. En 1558, un important colloque se tient dans la cité sur le thème de la prédestination. Poitiers, encore, accueille un synode national en 1561. L'année suivante, la ville passe tantôt aux mains des catholiques, tantôt à celles des Huguenots.
Finalement, les catholiques prennent le dessus. En 1569, malgré un long et sanglant siège de la ville, l'amiral de Coligny, chef protestant, ne parvient pas à la reprendre. Ses troupes et celles du duc d'Anjou s'affrontent à Moncontour (nord de la Vienne) tandis que Louis de Condé meurt à Jarnac (Charente) face à Henri de Navarre. L'année précédente, une autre grande ville, La Rochelle, avait rallié le camp de la Réforme.
Même Niort devient un centre protestant, interdisant le culte catholique de 1588 à 1599. La propagation du protestantisme touche la plupart des villes moyennes. Châtellerault, Loudun, Thouars, Saint-Maixent, etc., deviennent des places de sûreté pour les réformés. On compte alors, à la fin du XVIe siècle, plus d'une cinquantaine de lieux de culte dans l'ensemble du Poitou.
L'édit de Nantes de 1598 calme quelque peu les esprits, jusqu'à la mort du roi Henri IV en 1610. Les libertés concédées aux protestants sont éliminées une à une. En 1627 intervient le fameux siège de La Rochelle : Richelieu interdit l'accès au port en construisant une immense digue. La cité rochelaise résiste une année entière puis capitule.
En perdant son principal bastion dans la région, la Réforme recule. Des temples sont démolis, les places de sûreté retournent sous le giron catholique et royal. Les Huguenots abjurent leur foi ou s'expatrient. Le protestantisme ne parvient à perdurer qu'en milieu rural. La révocation de l'édit de Nantes, en 1685, porte un coup terrible aux derniers espoirs des réformés. Dragonnades, persécutions, emprisonnements se multiplient.
Des côtes de Charente-Maritime, plusieurs milliers de personnes quittent la France. Le protestantisme se résume alors aux prêches des pasteurs itinérants, aux assemblées clandestines...
De la Révolution au XXe siècle
Au XVIIIe siècle sous l'impulsion des intendants : Blossac à Poitiers et Reverseaux à Saintes, ces villes trouvent un nouvel essor. La construction de digues accélère le colmatage naturel et l'assainissement de l'anse de l'Aiguillon. En 1789, Paris fait sa révolution et l'année suivante, l'assemblée constituante crée les départements : la
Charente (l'Angoumois), la Charente inférieure (l'Aunis et la Saintonge), les Deux-Sèvres et la Vienne (l'ancien Haut-Poitou).
La Terreur sévit aussi chez nous et le tribunal révolutionnaire de Rochefort commet les pires exactions. Les guerres de Vendée attirent Napoléon dans la région. Il fonde La Roche-sur-Yon l'année de son sacre en 1804. En 1806, il met en place le blocus continental dans le but de priver l'Angleterre de ses débouchés commerciaux. L'activité des ports de la côte Atlantique s'en ressent.
En 1815, il passe ses dernières heures en terre française, il embarque de l'île d'Aix pour une autre île et un exil définitif. La modernité avance sur des rails entre Poitiers et La Rochelle, avec l'ouverture d'une ligne de chemin de fer en 1856.
Puis c'est à la République (la troisième du nom) de voir le jour le 4 septembre 1870, elle restera en place jusqu'au 10 juillet 1940. En 1872 l'arrivée du phylloxéra, qui sévira jusqu'en 1890, ravage le vignoble charentais. La Saintonge se tourne alors vers l'agriculture, la culture céréalière notamment, et l'élevage de bovins. Eugène Biraud fonde la première laiterie coopérative en 1888, à Chaillé près de Surgères. Le 18 août 1890, Sadi Carnot, alors président de la République, inaugure le port de La Pallice à La Rochelle.