Plus tard, les comtes et les évêques valentinois eurent aussi à se défendre, et la prospérité de Valence en fut retardée. Le bas Moyen Age voit Valence ; tout au moins les nobles et le clergé, profiter du commerce du sel. En effet, le Rhône n'étant pas navigable, ou difficilement, au nord de Vienne, les
bateaux chargés de sel devaient effectuer un transbordement avec plus-value au passage dans le port valentinois.
Dès 1452, Valence se dote d'une université qui deviendra très vite réputée dans les domaines de la médecine et du droit. Dans le même temps, Montélimar commence à prendre une certaine importance, mais Valence lui fait de l'ombre, tout comme la prédominance politique de Valréas, distante d'à peine 30 km.
Valréas appartient au pape depuis 1317, tout comme avant elle (dès 1274) le Comtat Venaissin. L'enclave des papes est ainsi née au cours du XIIIe siècle.
La vallée du Rhône connaît tout au long du Moyen Age des périodes sanglantes, notamment à travers les guerres que se livrent les seigneurs. Le couloir rhodanien conserve de cette période de nombreux châteaux forts et villes fortifiés perchés sur les collines, édifiés pour protéger les terres des invasions, et du brigandage.
Saint-Roman appartenait au dauphin viennois et Saint-Vallier était la demeure de Diane de Poitiers. Plus bas se dressent le château de Tournon, Chateaubourg et les ruines du château de Crussol à Valence. Le Moyen Age voit prospérer Soyons, Beauchatel, Livron et Loriol à l'entrée de la vallée de la Drôme.
La Voulte, domaine des Ventadur et des Soubise, fut le quartier général de Louis XIII et Richelieu durant le siège de Privas en Ardèche. Cruas possède alors une abbaye fortifiée et Rochemaure un donjon de 200 m. Vivier est une ville épiscopale. De Châteauneuf à Donzère, on observe alors des fortifications à pic sur presque toute la longueur de la route.
En plein Moyen Age, au cours du XIe siècle, l'émergence de l'art roman illustre une renaissance économique et sociale à travers l'Europe. Le style roman qui se développe en Ardèche se révèle très diversifié, car les routes qui traversent ce territoire favorisent la circulation des influences artistiques depuis le Puy-en-Velay, Valence ou Saint-Gilles-du-Gard.
Depuis 2008, dans la région d'Aubenas, celles et ceux qui ont à coeur la vie des églises ont décidé d'unir leurs efforts pour mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel parfois un peu oublié. Ainsi est née la route des églises romanes de la vallée de l'Ardèche, composée de 14 clochers : 13 églises et une chapelle.
Décors sculptés à Saint-Julien-du- Serre, sobriété à Balazuc, vaste édifice à Montpezat ou au contraire minuscule église à Rochecolombe... Chacune dévoile ses charmes offrant aux visiteurs ses trésors d'architecture ou simplement un moment de recueillement dans un lieu destiné avant tout à la prière.
Vous les trouvez dans les villages de Montpezat-sous-Bauzon, Pont-de-Labeaume, Saint-Julien du Serre, Ailhon, Chassiers, Vinezac, Balazuc, Saint-Maurice d'Ardèche, Rochecolombe, Ruoms, Vesseaux, Prunet, Saint-Cirgues-de-Prades, Faugères.
De la Renaissance à la Révolution
Durant les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, la région connaît, comme ailleurs en Europe, les guerres de religions, le développement de l'imprimerie, de l'industrie - dans le Vivarais des moulinages, des papeteries s'installent... La région est marquée dès 1600 les débuts d'une agriculture " scientifique " grâce aux travaux du protestant Olivier de Serres, père de l'agronomie française.
La Drôme et l'Ardèche en sont aujourd'hui encore les héritières. La soie n'est plus exploitée, mais la vigne demeure !
De la Révolution au XXIe siècle
La modernité et l'arrivée massive de l'industrie en vallée du Rhône amorcent un fort exode rural des campagnes drômoises et ardéchoises. La Drôme et l'Ardèche n'ont pas manqué le train de l'industrialisation au XIXe siècle mais ont dû batailler par la suite pour réhabiliter des quartiers et des villages détruits ou dénaturés par de nouvelles constructions anachroniques.
Des destructions, les deux départements en connaissent encore lors de la Seconde Guerre mondiale. Sur les plateaux du Vercors ou dans les villes bombardées par les alliés pour couper la retraite des Allemands dans la vallée, les pertes humaines seront nombreuses et les dégâts matériels importants.
Dans les années 1930, avec les congés payés, la Drôme et l'Ardèche s'ouvrent au tourisme, un secteur qui n'a cessé depuis de se développer. C'est l'époque de la mythique N7 et du nougat de Montélimar !
De nos jours
La vallée du Rhône, couloir de migrations historiques, verra-t-elle sa fréquentation " de passage " diminuer suite à l'ouverture du viaduc de Millau qui offre une autre voie rapide de passage vers les rivages méditerranéens ? On pouvait l'imaginer, la réalité n'est pas venue confirmer cet espoir ! Toujours autant d'engorgement lors des heures de pointe et des départs en congé ou en week-end (et des retours...).
Après l'apogée du nucléaire et de l'industrie chimique, des activités moins controversées et polluantes et tout à la fois plus diversifiées se développent. Ainsi avec les itinéraires bis, les chemins de traverse et un tourisme doux, c'est une nouvelle ère qui s'ouvre pour une vallée pleine de promesses. On parle de " bio vallée " et d'un autre développement possible.
Dans les villages et les vallées reculés, on se bat aussi pour rester au pays et y vivre convenablement. A suivre donc !