Philippe Auguste, le roi de France, cède aux instances du pape Innocent III et appelle à la croisade contre les hérétiques cathares, laquelle va dégénérer en massacres et en expropriations. Le Nord catholique et pauvre se rue sur le Midi cathare fort riche. Un homme, Simon de Montfort, prend la tête de la croisade contre les Albigeois, et devient férocement célèbre dans tout le Languedoc.
A partir de 1204, le château de Montségur devient un des hauts lieux, physiques et spirituels, du catharisme. Il va subir quatre sièges dont trois infructueux jusqu'au fatidique mois de mars 1244. Et Montségur tomba. 750 ans plus tard, le fracas de sa chute fait encore trembler le Languedoc. Le 16 mars 1244, plus de 200 Cathares montèrent sur le bûcher, en un lieu que l'on appelle aujourd'hui Le Prat dels Cremats, le Pré des Brûlés.
Pas un ne renonça à ses croyances et l'on rapporte qu'ils se jetèrent volontairement dans les flammes, sans un cri, sans une plainte. Pour commémorer le 750e anniversaire de la chute de ce dernier bastion symbolique du catharisme, une stèle - en fait un énorme bloc de granit de la montagne ariégeoise - a été inaugurée le 16 mars 1994, au pied de la citadelle.
Elle porte ces mots : " En ce lieu, le 16 mars 1244, plus de 200 personnes ont été brûlées. Elles n'avaient pas voulu renier leur foi. " Malgré ces temps troublés, le XIIIe fut aussi une période de reconstruction politique et sociale. Un grand nombre de villages, villes ou bourgs furent érigés en communes avec des chartes très libérales et purent s'adonner à l'agriculture et à l'industrie.
Quelques nouvelles villes appelées bastides furent créées : Saint-Ybars en 1241, Mazères en 1252, La Bastide-de-Sérou en 1256, Le Mas-d'Azil en 1286... Après les orages qui viennent d'assombrir le ciel du comté de Foix, un soleil se lève qui a pour nom Gaston Fébus. Le plus célèbre des comtes de Foix, qui gouverne de 1345 à 1391, va donner un lustre éblouissant à son comté ainsi qu'à celui du Béarn.
C'est ainsi qu'en 1390 il reçoit Charles VI, roi de France, dans son château de Mazères où avaient lieu, régulièrement, de somptueuses fêtes lorsque la guerre laissait quelque répit aux seigneurs et aux chevaliers.
De la Renaissance à la Révolution
Des années 1630 datent, sur ordre de Richelieu, la destruction et le démantèlement de presque tous les châteaux et toutes les fortifications de l'Ariège. Terrible décision qui serre le coeur aujourd'hui encore, lorsque le touriste et l'amoureux des vieilles pierres ne contemplent que quelques pans de ruines au lieu d'admirer un superbe et orgueilleux château fort. La politique a parfois des raisons qui indignent la raison...
Et survient 1789. Nourris de la tradition démocratique, les Etats de Foix célèbrent avec enthousiasme l'avènement de la Ire République et celles qui suivront. Une des conséquences importantes de la Révolution fut la division territoriale et administrative du royaume et la création des départements. Un décret de l'Assemblée nationale du 27 décembre 1789 crée le département de l'Ariège, avec Foix pour centre de l'administration, 3 districts et 28 cantons.
De la Révolution au XXIe siècle
Au sein de la nouvelle organisation de la France où Paris devient le centre, les Etats de Foix, jusque-là autonomes et relativement indépendants, se retrouvent dans un département excentré, loin des centres de décision du pays et voués déjà à un isolement néfaste. Le XIXe est le siècle de l'industrialisation ; l'Ariège voit la prolifération et le succès des forges à la catalane - grandes consommatrices de bois et de forêts pour fondre le minerai.
A l'aube du XXIe siècle, où les technologies nouvelles et en particulier celles de communication rapprochent les hommes et permettent d'accélérer les échanges, l'Ariège se dote d'infrastructures routières : tunnel du Puymorens, aménagement de la RN20, tunnel routier de Foix, autoroute l'Ariégeoise et d'accueil d'entreprises aptes à renouveler le territoire départemental (Cap Delta).
Parmi les points faibles, il faut citer un secteur agricole en régression, une population vieillissante, un taux de chômage dans la moyenne française (donc très élevé), et une industrie en perte de vitesse, avec notamment la fermeture du site Péchiney d'aluminium. Heureusement, le département possède d'incontestables atouts : un artisanat traditionnel mais vivace, une vie culturelle et associative en plein essor, une progression spectaculaire du secteur tertiaire, des relations internationales qui se développent puisqu'elles ont doublé de 1980 à 2000, notamment dans le textile et l'habillement, la métallurgie, les minéraux et le papier carton.
Mais un des secteurs clés de l'économie ariégeoise est, sans nul doute, celui des loisirs et du tourisme. L'offre culturelle est très diversifiée avec des festivals musicaux : Saint-Lizier, Lavelanet, des fêtes médiévales : Foix, Mazères, des animations, des fêtes locales... Le tourisme de santé et de mise en forme est particulièrement florissant à Ax, Aulus et Ussat-les-Bains.
Tant de richesses, d'espoirs et de forces ne doivent pas péricliter. Les premiers effluves d'un vent nouveau commencent à parfumer l'Ariège. Ce département détient les moyens d'un avenir plus lumineux, maîtrisé par les Ariégeois, s'il accepte le sang neuf venu d'ailleurs. Les différences ne se combattent pas, elles se complètent et s'ajoutent.
De nos jours
Intéressante et originale initiative de l'Agence de Développement Touristique de l'Ariège que sont les Routes du Catharisme et du Moyen Age. Les acteurs touristiques de l'Ariège et du Berguedà (en Catalogne espagnole) se sont associés dans une démarche commune de qualité et de gestion environnementale pour vous faire découvrir leurs régions.
Empruntez les Routes touristiques : de Découverte Economique, celles des Saveurs ou bien alors, celles du Catharisme et Moyen Age afn d'y visiter châteaux, sites touristiques, ateliers, exploitations, usines, musées... Au fil de la route, divertissez-vous en participant aux fêtes, festivals et manifestations qui se succèdent tout au long de la saison...
Offrez-vous une pause détente et gourmande pendant vos vacances en Ariège auprès des nombreux hébergements touristiques et restaurants, tous sélectionnés et engagés en gestion environnementale.