Soulac, sans doute l'ancien « Noviamagus » gallo-romain englouti par l'océan vers l'an 580, était une ville considérable du temps de la domination romaine. Son port, fréquenté par tous les Aquitain, Bituriges, Médulés, recevait des marchandises précieuses d'Angleterre et de Phénicie. L'histoire de la ville de Soulac demeure relativement mal connue avant la période médiévale. On ne retrouve la trace de Soulac qu'à partir du XIe siècle, alors que les moines bénédictins établissent un premier monastère en cette région relativement enclavée et inhospitalière.
La chapelle existante fut remplacée au XIIème siècle par la Basilique Notre Dame de la Fin des Terres. A cette époque, les sables landais n’avaient pas encore été fixés par les plantations de pins maritime. La popularité du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle contribue à faire de la région un centre religieux dont l'importance va croissant : de fait, la voie de Soulac, bien que moins populaire que les grands axes de Tours, de Limoges, de Toulouse ou du Puy, accueille son flot de pèlerins. Un hôpital chargé de les accueillir est construit.
La basilique se trouva ensevelie par le sable des dunes vers 1747 et il faudra attendre cette fois 1858 pour que la basilique soit désensablée et restaurée. En 1861, les premiers établissements de bain comptent parmi les lieux majeurs de la région et Soulac en profite pour ouvrir les premiers établissements de bain dans son centre-ville. Le succès est au rendez-vous et la ville continuera son essor. Soulac passera ainsi de Soulac-les-Bains à Soulac-sur-Mer.
Soulac-sur-Mer, une des plus séduisantes stations balnéaires de la Gironde, enchante tant les amateurs de farniente que les amoureux d'architecture Belle Époque, sans oublier les férus de loisirs nautiques. Plus de 500 villas ont été construites à Soulac-sur-Mer. Elles constituent un ensemble urbain spécifique, nommé "le village ancien", à proximité de la basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres et qui mène jusqu’au front de mer. La plupart sont de vastes villas composées d’un grand volume, élevées sur un ou deux niveaux entourées parfois de galeries couvertes en bois. Les villas doivent respecter une certaine palette de couleurs dont le rouge, brun, beige, vert, jaune, gris, brique et orange. Toutes ces couleurs donnent un aspect très vivant au village ancien.
Après avoir stationné votre véhicule, le début de votre balade peut commencer devant le relais océanesque de Soulac-sur-Mer (office de tourisme), situé au 68 rue de la plage. En face de l'office de tourisme, la Halle du marché a été construite de 1887 à 1891. À l'origine en bois, elle fut remplacée en 1923 par de la maçonnerie. Les chapiteaux des frontons sont l'œuvre du sculpteur ornementaliste Edmond Tuffet. Tournez sur votre gauche en direction de l’esplanade Aliénor d’Aquitaine. Vous êtes face au parvis de la basilique Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres. Elle doit son nom à la proximité de la pointe de Grave, laquelle forme la partie la plus septentrionale de la presqu'île du Médoc. Ensevelie par le sable à plusieurs reprises au cours de son histoire, la basilique Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, constitue un formidable témoignage de l'art roman du XIIe siècle. Admirez cet incroyable édifice aux nombreuses histoires.
Longez le versant droit de l’église en remontant la rue de la plage et prenez la première rue sur votre droite, la rue Joseph Lahens. Vous êtes dans le village ancien de Soulac-sur-Mer. Marchez 250 mètres et regardez sur votre droite, vous arrivez devant la première villa de notre visite, une petite villa bleutée, nommée Mélita. La façade de la villa Melita est constituée de briquettes de couleur rouge brune, et de pierres calcaires provenant de Charente. Vous pouvez apercevoir un cartouche bleu rappelant la charpente de cette même couleur inscrivant le nom de la villa, Melita, sur des carreaux en céramiques. Melita vient du grec ‘’Miel ‘’, désignant une personne réservée, discrète et timide. Au-dessus se trouvent deux cabochons bleus en forme de fleurs avec au cœur de cette fleur des cannelés rappelant la spécialité Bordelaise. Au-dessus de la petite fenêtre du premier étage, vous pouvez voir un épi, élément décoration, de couleur blanc, typique des villas soulacaises.
En face de celle-ci, située à l’angle de la rue se tient la villa Ker-Anna, "Ker" signifiant "lieu habité" en Breton : la maison habitée par Anna. Elle est construite sur un plan symétrique et classique, avec au centre la porte d’entrée bleu nuit, et de chaque côté, deux fenêtres blanches. Au-dessus de la porte d’entrée, se trouve le cartouche vert pastel avec l’inscription Ker-Anna. Vous pouvez observer au-dessus de la porte un auvent vitré appelé "marquise". Tout en haut, observez le pignon qui est orné d’une pièce en zinc, et d’une découpe de bois blanc avec quelques lambrequins, dessinant des formes. Enfin, remarquez aussi les 2 cheminées, et les épis de faitage en terre cuite sur les tuiles plates du toit. Cette villa est une villa typique soulacaise. La luminosité de la villa Ker-Anna est l’une de ces caractéristiques : la pierre calcaire est dominante par rapport aux briquettes rouges.
Poursuivre votre déhambulation sur 40 mètres et tournez sur la droite, rue Ausone, puis prenez la première rue à gauche. Vous arrivez maintenant devant la Villa solitude qui se trouve directement à votre gauche. Cette villa possède une jolie palette de couleur sur les faïences. Elle est asymétrique et imposante. Il faut savoir que plus on avance vers l’océan, plus les villas sont grandes. Des petites fenêtres allongées sur la tour, permettent d’éclaircir l’intérieur. Enfin, admirez le toit de la tour de style Pagode et la toiture du corps principal de la villa qui est en pan coupé sous lequel est mis en relief le cartouche.
Continuez sur 30 mètres tout droit et vous apercevez la Villa Ermitage. Epurée et contrastée, la villa Ermitage, fut construite en 1890 et sa dernière restauration date de 1995. Disposant d’un avant corps maçonné formant une véranda dont les fenêtres sont de style bow-window. Ici, la pierre est utilisée pour le chaînage d’angle, le soubassement, ainsi que pour la véranda. La charpente, les boiseries, ainsi que les fenêtres sont de couleur vert pastel qui contrastent avec la végétation située autour de la villa. La toiture de la villa forme un fronton triangulaire sur lequel se situe le cartouche vert pastel avec l’inscription ‘’Ermitage’’ de couleur brique. On retrouve sur ce cartouche de la végétation mais également des feuilles de couleur vert bouteille. ‘’Ermitage ‘’ signifie ‘’lieu isolé’’ : cette villa se retrouve en recul et protégée par la végétation
Poursuivre dans cette Rue du Cardinal Donnet, jusqu’à votre rencontre avec la villa Velleda sur la droite, une villa bicolore, avec une dominance de rouge et un contraste de blanc. Construite en 1909, durant la seconde période de construction des villas soulacaises, la villa Velleda fut édifiée sur un plan symétrique parfait. En effet, vous pouvez voir que la galerie couverte en bois blanc est au centre de la villa et que de part et d’autre se trouvent les fenêtres. Velléda est une villa soulacaise où la brique rouge domine et où la pierre calcaire n’est utilisée que pour le soubassement et les chaînages d’angles. La dominance des briques rouges fait contraste avec le blanc des boiseries. Cette villa Velleda est surmontée d’un fronton représentant des hippocampes. Dans la Grèce antique, ce symbole représentait la chance et la protection. Velleda fut une vierge prophétesse celte, son nom signifie ‘’celle qui voit’’.
Revenez sur vos pas, continuez tout droit, traversez le croisement, et regardez sur votre gauche pour admirez la villa Elmire. La villa Elmire est une vraie palette de couleur : des couleurs chaudes comme des couleurs froides ! Cette imposante villa est une superposition de bande de briquettes rouges et de pierres calcaires blanches. Tout autour de celle-ci, vous pouvez voir une galerie bleue ciel qui rappelle les bandeaux et la charpente de cette même couleur. La fenêtre centrale de l’étage est entourée de faïences colorées. Du vert et du rouge représentent des formes géométriques. Sur le cartouche rouge situé au-dessus de la fenêtre est écrit le nom de la villa Elmire qui signifie ‘’célèbre’’. Nous pouvons observer de part et d’autre de la toiture de la villa, deux petites lucarnes symétriques. Enfin, vous pouvez remarquer qu’au sommet s’élève un épi de couleur bleu ciel. Cet élément architectural est typique des villas soulacaises.
Vous pouvez à présent continuer votre chemin de l’autre côté de la rue sur 20 mètres, au croissement de la Rue Désiré Hornez, pour trouver les villas les Glycines et Mathilde les villas jumelles. Les 2 villas jumelles furent construites en 1886 dans le lotissement crée par Edouard Lahens, président de la Compagnie des Chemins de Fer du Médoc. Elles sont voisines et à la composition presque identique. Toutes deux composées de trois travées, d’un avant corps d’entrée à pilastre et fronton, d’une galerie couverte, et de deux cheminées, elles ont une dominance de brique rouge et des boiseries peintes en blanches. Cependant quelques éléments permettent de les différencier : la villa les Glycines a un balcon ouvert tandis que la villa Mathilde a seulement une ouverture avec un garde-corps, la clôture et le portail d’entrée sont également différents. La villa Mathilde fut édifiée en 1886 par François Lucien Augé, ingénieur à Bordeaux. Si vous observez l’arrière de la villa Mathilde, vous pouvez voir un petit balcon blanc en bois ouvragé aussi appelé moucharabié. La villa les Glycines, anciennement chasse pleen a été construite à la même époque par Jean-Marie Marital Beauté, Directeur de l’agence général Maritime de Bordeaux.
Vous pouvez à présent retourner à l’office de tourisme pour finir votre boucle et admirer les villas sur votre chemin. Continuer tout droit puis prenez à droite pour revenir à l’office du tourisme. Dirigez-vous vers ensuite vers le Musée archéologique de Soulac-sur-Mer situé entre le Casino et le palais des congrès. Ce musée présente un vaste panorama de l'histoire de la pointe du Médoc, depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque médiévale. Le Musée d'Art et d'Archéologie de Soulac-sur-Mer expose plus de 3 000 pièces dont certaines sont exceptionnelles, comme la magnifique enseigne gauloise en tôles de laiton représentant un sanglier.
Le sanglier-enseigne de Soulac-sur-Mer est une représentation stylisée gauloise d'un sanglier en tôles de laiton dont la fonction devait être l'enseigne d'une tribu ou un étendard de guerre. C'est un exceptionnel objet représentatif de l'art celtique. C'est fortuitement, en décembre 1989 que l'enseigne a été découverte sur l'estran de la plage de l'Amélie, à Soulac-sur-Mer en Gironde, encore enterrée sous une couche de 30 cm d'argile érodée par la mer.
La construction du casino actuel est décidée au début des années 1970, à la faveur d'un grand plan de réaménagement du front de mer voulu par la municipalité de l'époque afin de redynamiser la station. Le musée du Souvenir s'élève un peu plus loin, près de la piscine.
Situé entre l'océan Atlantique et l'estuaire de la Gironde, Soulac-sur-Mer se visite également en randonnées pédestres le long du littoral offrant 7 km de plage de sable ou dans la forêt avoisinante. Plusieurs itinéraires sont à votre disposition pour découvrir ce patrimoine naturel unique. Son littoral constitue une partie de la Côte d'Argent ou de la Côte de Beauté si la limite considérée est la pointe de la Négade, à la limite sud de la commune. Il est constitué de quatre plages de sable (plage nord, plage centre, plage sud et plage de l'Amélie) bordées de massifs dunaires.
Face à l'océan Atlantique et aux dunes de la Côte d'Argent, le front de mer de Soulac accueille une réplique de La Liberté éclairant le monde, plus connue sous le nom de statue de la Liberté. Elle a été réalisée par la fonderie Thiébaut Frères à partir des moules originaux d'Auguste Bartholdi. Cette réplique de taille réduite est un hommage au marquis de La Fayette qui s'est embarqué à bord de La Victoire en 1777, dans le but de combattre aux côtés des insurgés dans la guerre d'indépendance américaine. Après avoir descendu l'estuaire de la Gironde et fait halte à Pauillac en Médoc, c'est par la pointe de Grave au nord de Verdon-sur-Mer que La Fayette rejoint l'Espagne avant de se lancer dans sa traversée de l'Atlantique.
Le Médoc est mondialement connu pour ses domaines viticoles, étape pour les fins gourmets. Profitez de vos vacances à Soulac-sur-Mer pour faire de l’oenotourisme à la porte de votre lieu de séjour en suivant la route des vins de Bordeaux : la route des châteaux dans le médoc. Les vins de la Pointe du Médoc sont de qualité avec un des meilleurs rapports plaisir/prix du vignoble de Bordeaux.