Tréguier, la porte d'entrée du Trégor
L'aventure commence à Tréguier, l'une des plus belles petites cités de caractère de Bretagne. Nichée au confluent du Jaudy et du Guindy, cette ancienne cité épiscopale semble suspendue dans le temps. Tréguier (km 0) capitale historique du Trégor sera donc le point de départ pour votre escapade sur la Côte des Ajoncs. Enlacé par le Jaudy et le Guindy, toute l’histoire de la petite cité de caractère de Tréguier se décline à travers ses rues, ses ruelles, et ses jardins cachés, dévoilés par les portes cochères entrebâillées.
Cathédrale, ruelles et maisons à pans de bois comptent parmi les éléments caractéristiques de cette ancienne cité épiscopale. Sous la protection de la délicate flèche de la cathédrale, des maisons à pans de bois témoignent de l'intense rayonnement intellectuel et artistique de la ville. En arrivant dans ses ruelles pavées, le voyageur découvre un décor où chaque façade raconte une histoire. Les maisons à pans de bois se penchent au-dessus des rues étroites, tandis que la silhouette élancée de la cathédrale Saint-Tugdual domine la ville avec élégance. Dans les jardins cachés, derrière les portes cochères entrouvertes, fleurissent des hortensias dont les couleurs rivalisent avec celles du ciel breton.
Tréguier est aussi la ville natale d'Ernest Renan, écrivain et penseur du XIXe siècle. Flâner devant sa maison natale permet de mieux comprendre l'attachement des habitants à leur patrimoine culturel. Ici, l'histoire n'est jamais enfermée dans les livres ; elle habite encore les pierres et les places. Avant de prendre la route vers le littoral, accordez-vous le plaisir d'un café en terrasse sur la place du Martray. Observez la vie locale s'écouler doucement. Le voyage commence déjà.
Entre rias et campagnes secrètes
En quittant Tréguier, la route suit les contours du Jaudy. Peu à peu, la ville laisse place à une campagne paisible où alternent bocages, prairies et petits bois. Le paysage change subtilement. La lumière devient plus douce. Les odeurs marines se mêlent aux parfums de la terre humide. Le regard est attiré par les méandres de l'estuaire qui s'enfoncent dans les terres comme des doigts d'eau salée.
Dans cette partie du parcours, le voyageur découvre un Trégor plus discret, loin des grands sites touristiques. Les chemins creux bordés de fougères, les fermes de granit et les chapelles isolées témoignent d'une Bretagne rurale encore très vivante. Le long des rives du Jaudy, plusieurs points de vue offrent des panoramas remarquables sur les eaux changeantes de la ria. À marée haute, le paysage semble devenir maritime ; à marée basse, les vasières révèlent un monde foisonnant d'oiseaux et de reflets argentés.
Passer devant la maison d'Ernest Renan, passer le pont Saint-François en direction de Plouguiel via la D8 (1,7 km). Couvrant la presque totalité de la rive gauche de l'estuaire du Jaudy, Plouguiel s'étire en une longue bande de terre dont les frontières, situation plutôt rare, sont constituées du lit des différents cours d'eau qui l'entourent. Plouguiel est séparé de la ville de Tréguier par le ria du Guindy. En venant de Tréguier, il vous faudra remonter en direction du centre du bourg pour continuer votre découverte du littoral de la Côte des Ajoncs car les rives du Jaudy y sont difficilement praticables. Ce faisant, votre détour vous amènera peut-être à vouloir contempler l'église du village, entourée d'un vaste enclos paroissial protégeant encore le cimetière.
A partir du hameau de Saint-Laurent, derrière les Jardins de Kestellic, prenez la ruelle menant à Kerautret : longeant la rive du Jaudy au plus près, elle se décline en chemins desservant les petits pays se succédant jusqu'aux abords de Roc'h Du et Kersellic. Plus loin encore, l'Observatoire que d'autres nomment belvédère dégage la vue sur l'embouchure du Jaudy, puis le chemin redescend et contourne la seule Pointe de Plouguiel enserrant une minuscule plage. Au bout de celle-ci, au détour du dernier rocher, vous serez face à la Baie de l'Enfer. Ici commencent les côtes sauvages et tourmentées du pays de Plougrescant.
Lors de votre passage visiter le Château de Keralio du XVe siècle, l'extérieur est visitable de juillet à septembre. Le Pont de Keralio ou Pont Min est un, pont romain du IIe sur le ruisseau du Lizildry, chemin Hent Braz Coz. Admirez aussi le Manoir de Lezhildry des XVe et XVIe siècle, l'artiste peintre Alain Plesse y créa une fresque en 1996.
Pousuivez sur la D8 vers Plougescrant (9 km), située sur une presqu’île particulièrement sauvage, à l’est de la Côte de Granit Rose, offre un littoral magnifique, plein de surprises et de fantaisies granitiques. Plougrescant est un lieu qui enchante sur le Côte des Ajoncs par la beauté de son littoral.
Plougrescant, là où la Bretagne devient spectaculaire
À Plougrescant, la Bretagne prend une dimension presque irréelle. Cette presqu'île avancée dans la Manche est l'un des joyaux naturels du département. Ici, le granit règne en maître absolu. Sculpté par les vents et les tempêtes depuis des millions d'années, il compose un paysage qui semble tout droit sorti d'un conte fantastique. Les premiers regards sont souvent marqués par un sentiment d'émerveillement. Partout surgissent des chaos rocheux aux formes improbables. Certains évoquent des animaux fantastiques, d'autres des forteresses abandonnées ou des géants pétrifiés.
Au cœur du village, la chapelle Saint-Gonéry du XIIe et XVe siècle attire immédiatement l'attention. Son célèbre clocher penché semble défier les lois de la gravité. Depuis plusieurs siècles, cette silhouette singulière intrigue visiteurs et photographes. À l'intérieur, de magnifiques fresques anciennes rappellent la richesse spirituelle de cette terre bretonne. Mais c'est sur le littoral que la magie opère pleinement.
Dirigez vous vers la pointe du Château, l'un des sites les plus beaux du département, offre aux regards un fabuleux paysage de roches et de récifs aux teintes rougeoyantes. De là, par temps clair, on profite d'une belle vue sur l'archipel des Sept-Iles. Puis vers le gouffre de Castel-Meur, via D8 3 Rue Castel Meur, (17 km) né du mariage de la mer et du littoral, donne à voir de superbes rochers aux prises avec les embruns.
Le Gouffre de Castel Meur, théâtre des éléments
S'il existe une image emblématique de la Côte des Ajoncs, c'est sans doute celle du Gouffre de Castel Meur. Situé à l'autre extrémité de la plage, s'enfonçant un peu plus dans la mer devant un amas chaotique, le "vrai" Gouffre ouvre sa gueule tel un dragon tapis dans les entrailles du granit rose qui caractérise la côte. Surnommé gouffre de la Baie d'Enfer, il est formé d'un enchevêtrement de pans de falaise écroulés.Le site impressionne immédiatement. Face à l'océan, d'immenses blocs de granit semblent avoir été jetés là par quelque divinité ancienne. Entre eux, les vagues s'engouffrent avec fracas lors des grandes marées, projetant des gerbes d'écume qui scintillent sous le soleil.
Le célèbre gouffre ressemble à une immense blessure ouverte dans la roche. Les falaises effondrées ont créé un chaos minéral spectaculaire où l'eau et le vent poursuivent inlassablement leur travail d'érosion. Le spectacle devient inoubliable lorsque souffle une forte houle. Les grondements résonnent dans les cavités rocheuses tandis que les embruns montent dans les airs comme une fumée marine. C'est ici que l'on comprend pourquoi tant d'artistes, d'écrivains et de photographes sont tombés amoureux du Trégor.
La maison entre les rochers, l'icône de la Bretagne
À quelques pas du Gouffre se trouve l'un des lieux les plus photographiés de Bretagne. A côté, très pittoresque, vous découvrirez la fameuse maison (privée) enchâssée entre deux énormes rochers que l'on a pu voir sur une campagne d'affichage il y a de cela quelque temps. Plougrescant est surtout connu pour la carte postale qui a fait le tour du monde et qui représente cette petite maison de pierre construite et enchâssée entre deux énormes blocs de granit.
Derrière la petite maison, une faille s'est taillée un chemin presque jusqu'au pied du rocher qui la protège. Faisant face aux éléments lorsque les vents soufflent, ses pans de rochers en amplifient le déchaînement au point d'en faire trembler, parfois, les fondations.
Face aux tempêtes hivernales, elle paraît minuscule. Face à l'immensité du paysage, elle incarne pourtant la résistance des hommes à la puissance des éléments. À l'aube ou au coucher du soleil, lorsque les rochers prennent des teintes dorées ou rosées, le lieu devient véritablement magique. Les photographes attendent souvent de longues minutes pour saisir l'instant parfait où la lumière, la mer et le granit s'accordent dans une harmonie éphémère.
Entourée d'un muret de pierre, elle a été construite à quelques mètres du gouffre. Non loin, une maison d'accueil et d'animation du Conservatoire du Littoral propose la découverte des environs ( ouvert de 14 h à 18 h sauf le jeudi).
Le royaume du granit rose et des îlots sauvages
En poursuivant vers l'ouest, la route révèle une succession de paysages marins d'une richesse exceptionnelle. La Côte des Ajoncs constitue le prolongement naturel de la célèbre Côte de Granit Rose. Ici aussi, les roches prennent des couleurs étonnantes qui varient selon la météo, les saisons et l'heure du jour. Par temps clair, les nuances oscillent entre le rose tendre, l'ocre et le gris argenté. Sous un ciel d'orage, elles deviennent presque violettes.
Partout surgissent des îlots rocheux isolés. Certains disparaissent à marée haute avant de réapparaître quelques heures plus tard. D'autres accueillent des colonies d'oiseaux marins qui trouvent refuge loin des prédateurs terrestres. Cette mosaïque d'îles, de récifs et de pointes rocheuses compose un paysage en perpétuel mouvement, façonné par le rythme des marées.
Poursuivez votre périple sur la route touristique des Côtes d'Ajonc en passant Houénez via Keravel Hent Poul Stripo (22 km), puis passer par Buguelez via Ralévy (26 km). Admirez le moulin à marée de Buguélès.
Buguélès, le charme discret des petits ports bretons
Après les grands espaces sauvages de Plougrescant, la route rejoint le paisible village de Buguélès. Ici, l'atmosphère change. Les paysages deviennent plus doux, plus intimistes. Les petites maisons de pêcheurs bordent les anses tranquilles où reposent quelques bateaux colorés. Le moulin à marée constitue l'une des curiosités les plus attachantes du secteur. Témoignage du génie des anciens habitants, il rappelle l'époque où l'énergie des marées faisait tourner les meules nécessaires à la vie quotidienne.
Le port semble vivre au rythme de l'eau. À marée basse, les embarcations reposent sur le sable. Quelques heures plus tard, elles retrouvent leur élément naturel. Les promeneurs apprécient particulièrement cette ambiance paisible, loin de l'agitation des stations balnéaires plus fréquentées.
Vous arriverez à Port Blanc (29 km) via Rue de Guernotier, visiter la chapelle Notre-Dame de Port-Blanc du xvie siècle. Elle est partiellement classée au titre des monuments historiques. Corps de garde du Port-Blanc et les Sépultures néolithiques de Roch-Las-en-Port-Blanc, classés au titre des Monuments historiques.
Port-Blanc, entre histoire et horizon marin
La route conduit ensuite vers Port-Blanc, autre joyau du littoral trégorrois. Dès l'arrivée, le regard est attiré par la beauté du site. Une baie protégée, des îlots dispersés à l'horizon et une lumière toujours changeante composent un tableau maritime d'une grande élégance. Selon la légende, l'île de Groagez, au large de Port-Blanc, aurait abrité une « fée de la mer », la Groac'had vor. L'Île des Femmes et l'Île Saint-Gildas, sont célèbres pour son pardon aux chevaux, à Port-Blanc. Profitez de votre passage pour une flanerie dans les Marécage de Penvénan, près de Port-Blanc. Aujourd'hui, Port-Blanc séduit autant les amateurs de patrimoine que les amoureux de nature.
Après cette instant bucolique, direction Penvenan via la D74 (32 km), plusieurs mégalithes et sépultures se trouvent sur la commune : Le menhir de Kervéniou et les menhirs de Kerbelven, tous classés au titre des Monuments historiques. Visitez la chapelle Saint-Gonval, un édifice située dans l'ancienne frairie de Trégonval datant probablement du xviiie siècle. Admirer le manoir de Kerpeulven, inscrit au titre des Monuments historiques. ;
Direction à présent Saint nicolas via D31 (36 km) puis Camlez via D75 (38 km). A Camlez ne manquez pas l'Enclos paroissial de l'église Saint-Trémeur et le Château de Kerham. Deux mottes féodales sont visibles à Croas-Husto (Xe-XIe siècles) et à Kerham et une stèle de la fécondité dans la chapelle Saint-Nicolas (1824-1922).
Passer Pont Losquet (40 km), puis direction Coatréven via D6 (44 km), où se trouve l''église saint-Pierre, construite au XVIe siècle. L'ensemble de l'édifice et de l'enclos est inscrit au titre de Monument historique le 4 octobre 2016.
Prenez la direction de Trezeny via la rue de l'église (47 km), continuez vers Lanmerin via D786 (50 km). Nous vous conseillons la visite de la Chapelle Saint-Jérôme de la Salle de 1535), elle possède un clocher mur à une chambre de cloche. On y voit de très belles sablières sculptées. Puis l'église Saint-Mérin du XVIIe siècle. Situé sur la rivière du Guindy vous trouverez un Pont romain du Iier et IIe siècles.
Votre escapade se poursuit vers Langoat via D72 (56 km). Le territoire de Langoat est traversé depuis l'époque gallo-romaine par trois routes principales se réunissant au lieu-dit actuel Château-Noir / Kastell Du, un peu en amont du gué sur le Jaudy permettant d'accéder au territoire du Pommeratum situé de l'autre côté, Pommerit-Jaudy, dont faisait partie La Roche-Derrien jusqu'au début du xie siècle.
Il semble que le camp de terre du Château-Noir / Kastell Du a repris du service lors de la Guerre de Succession de Bretagne, dont La Roche-Derrien était une place-forte majeure. l'enceinte de terre du Castel-Du, datée du haut Moyen Âge est inscrite aux Monuments historiques le 30 octobre 1957.
Le territoire possède plusieurs Manoirs : Manoir de Coz-Caradec, Manoir de Kergaric et le Manoir de Trévenou du XVe et XVIe.
Option avec un détours vers La Roche Derien via D33F et D72 (57 km). La petite cité de caractère de La Roche-Derrien se trouve située au fond de la ria du Jaudy, à l'endroit de rencontre, deux fois par jour, de l'eau douce et de l'eau de mer. Elle se caractérise à l'origine par une éminence située au-dessus de ce lieu de contact, qui a justifié ensuite le passage à gué, le pont, puis le château médiéval.
Aujourd’hui, les vestiges du Moyen-Âge content le passé historique La Roche Derien : ancienne porte de la Maladrerie, place du Pilori, place du Martray… La rue de la Fontaine, la venelle des Anglais et la venelle d’argent font le lien entre la basse ville, dite du « bas-du-pont », domaine des chiffonniers et des couvreurs, et la ville haute qui abrite autour de la place du Martray, des maisons bourgeoises en pans de bois des XVe, XVIe et XVIIe siècles.
Pour finir cette route touristique de la Côte des Ajoncs passera par Minihy tréguier via D8 (64 km). Minihy-Tréguier est étroitement liées à celles de la commune voisine de Tréguier. Plusieurs monuments méritent votre attention, le manoir de Crech-Martin du XIIIe siècle, construit sous les ordres de Yves Hélory de Kermartin en 1293 face à l'église, pour accueillir les pauvres. Continuez vers le manoir de Mézo-Bran du XIVe et XVIe siècle. Édifié près du Jaudy, Mézo-Bran s'accompagne d'une chapelle Saint-Joseph du xviie siècle. où jadis se déroulait un pardon.
Près du manoir existe un chêne pluri-centenaire sous lequel saint Yves aurait dit la messe. Visitez l''église Saint-Yve du XVe et XIXe siècle. Le manoir de Traou-Martin fut construit ensuite derrière l'église pour veiller cette dernière et devait également servir de sacristie..
Retour vers Tréguier D8 (70 km).