
Une route, deux univers : la poésie des havres et la puissance des caps
La singularité de cette route tient dans son double visage. D’un côté, la côte des havres : douce, horizontale, presque silencieuse. De l’autre, la côte des caps : verticale, dramatique, balayée par les éléments. Deux paysages, deux ambiances, deux manières de vivre la mer. Les havres sont des estuaires où la mer s’invite à l’intérieur des terres, sculptant des paysages mouvants au rythme des marées parmi les plus fortes d’Europe. Les caps, eux, sont des promontoires rocheux où la terre résiste, s’élève et affronte l’horizon. Entre les deux, une route qui devient récit.
Le Havre de la Vanlée : un passage entre deux mondes
L'escapade touristique débutera par le circuit touristique de la route des havres, en commençant par le havre de la Vanlée ( 0 km), le havre de la Vanlée constitue le plus méridional des huit havres de la côte ouest du département de la Manche. Les havres sont l’âme secrète de la côte ouest du Cotentin. Ces estuaires ensablés, où la mer entre et se retire comme un souffle, dessinent un paysage unique en France. Ils sont huit, alignés comme des perles sur un collier littoral. La route « Entre havres et caps » commence par eux, comme une entrée en douceur dans l’univers du Cotentin.
Le havre de la Vanlée est un lieu presque irréel. À marée haute, la mer recouvre tout, ne laissant apparaître qu’un ruban de route qui semble flotter sur l’eau. À marée basse, le havre se transforme en un vaste désert blond, strié de chenaux et de reflets. On y ressent immédiatement la puissance des marées normandes, qui sculptent le paysage jour après jour. La traversée de la Vanlée est une expérience en soi : un moment suspendu où l’on avance lentement, entouré d’eau, de ciel et de silence.
Franchissez la Vanlée vers Bricqueville-sur-Mer, prenez sur votre droite la D20 après le franchissement de la Vanlée en direction du havre de Regnéville
Regnéville-sur-Mer : pierre, sel et mémoire maritime
En longeant la Sienne, on atteint Regnéville-sur-Mer, village maritime au charme discret. Son havre, en face de la pointe d’Agon, est un tableau vivant : prés salés où paissent les moutons de pré-salé, réputés pour leur viande délicate ; anciennes carrières de pierre qui rappellent l’activité industrielle du XIXᵉ siècle ; château médiéval en ruine, sentinelle de pierre tournée vers la mer. Regnéville est un lieu où l’on ressent la profondeur du temps. Les ruelles, les maisons de granit, les barques échouées à marée basse racontent une histoire simple et belle : celle d’un village qui a toujours vécu au rythme des marées.
À l'image de ceux du mont Saint-Michel, les prés salés se développent à la suite de l'envasement de l'estuaire de la Sienne. Les moutons qui y broutent l'herbe ont une viande particulièrement bonne et font la réputation de l'agneau de pré-salé. Poursuivez votre parcours vers le havre de Blainville via la D651 (35 km).
Le Havre de Blainville : royaume des ostréiculteurs
En poursuivant vers le nord, la route mène au havre de Blainville, cœur battant de la conchyliculture locale. Ici, les parcs à huîtres s’étendent à perte de vue, découpant le paysage en damiers géométriques. Les ostréiculteurs y travaillent au gré des marées, dans une chorégraphie millimétrée. Le littoral est une longue plage de sable fin, bordée de dunes basses. On y marche face au vent, on y respire l’iode, on y observe les oiseaux migrateurs qui trouvent refuge dans ces zones humides préservées. La commune de Blainville-sur-mer est en pays coutançais, sur la Côte des Havres, donnant sur la Manche. Le littoral est une plage de sable fin, avec en outre plusieurs zones conchylicoles. Le havre de Blainville abrite une faune et une flore particulières, et est entouré de dunes naturelles.
Continuez sur la D651 et la D650 (43 km) vers le havre de Geffosses, réserve ornithologique. Puis le havre de Surville (65 km). Le havre de Surville est le plus petit de la côte ouest de la Manche. Direction le havre de Saint-Germain-sur-Ay, toujours sur la D650 (74 km). Au large, on aperçoit les îles Anglo-Normandes : Jersey et les Minquiers. L'étape suivante sera le havre de Portbail, "le sourire du Cotentin" en suivant la D650 (90 km). De part la forme arrondie de son havre, c’est ainsi que le surnomment affectueusement ses habitants. Découverte de l’église Notre-Dame, la plus ancienne de la ville, du Baptistère et de l’église Saint Martin. Après ces visitez suivez la D650 et la D50 vers le havre de Carteret (98 km).
Barneville-Carteret : élégance balnéaire et port de charme
Station balnéaire emblématique, Barneville-Carteret séduit par son ambiance chic et décontractée. On y trouve : une plage immense, parfaite pour les longues marches ; un port de plaisance animé ; des villas Belle Époque qui racontent l’âge d’or des bains de mer ; un cap majestueux, le Cap de Carteret, offrant l’un des plus beaux panoramas du Cotentin. Depuis le cap, le regard porte loin, très loin, jusqu’aux îles anglo-normandes. Les couleurs y sont intenses : bleu profond de la mer, vert des pâturages, ocre des falaises.
C’est à la fin du XIXe siècle que la Côte des Isles connait une véritable affluence touristique, avec la construction de la ligne de chemin de fer reliant Carteret à Paris. Après les havres, la route s’ouvre sur la Côte des Isles, un littoral lumineux qui fait face aux îles Anglo-Normandes. À une quarantaine de kilomètres au large, Jersey et Guernesey semblent flotter comme des mirages. Le Gulf Stream adoucit le climat, offrant une atmosphère presque méridionale.
Plus d'information sur le circuit de la route des Havres. Le nord de la Côte des Havres prend le nom de Côte des Isles.
Le circuit de la route des caps. En suivant la route des caps, découvrez des sites d’exception, plusieurs points méritent que l’on s’y arrête, souvent surnommé “la petite Irlande” .
Cette deuxième partie de la route touristique “Entre havres et caps”, vous emmène vers un décor fantastique du cap de la Hague au Nez de Jobourg via la D650 et D37 (145 km). La vue s'étend jusqu'au cap de Flamanville et au loin, vers l'horizon, se détache l'île d'Aurigny. Arrêtez-vous à la Baie d’Ecalgrain . Elle offre un panorama exceptionnel sur le littoral. Entre Goury et le Nez de Jobourg, cette baie est située sur la commune de Jobourg. La baie d'Ecalgrain offre également une vue imprenable sur les îles anglo-normandes et le Raz Blanchard qui sépare les territoires.
La Hague : la petite Irlande normande
En remontant vers le nord-ouest, la route atteint la Hague, territoire sauvage et spectaculaire, souvent surnommé « la petite Irlande ». Ici, les falaises sont hautes, les rochers déchiquetés, les landes balayées par le vent. C’est un pays de bout du monde, où la nature impose sa loi. Direction Goury, avec son phare ancré dans la mer, via la 901 (153 km).
Goury et le Cap de la Hague : le royaume du vent
À l’extrémité de la presqu’île, Goury est un hameau minuscule, dominé par un phare solitaire. Le courant du Raz Blanchard, l’un des plus puissants d’Europe, y gronde sans relâche. Le paysage est brut, minéral, presque mystique.