Mâcon, élégante porte d’entrée du voyage
La Route Lamartine commence naturellement à Mâcon, ville natale du poète et capitale méridionale de la Bourgogne du Sud. Dès l’arrivée, l’atmosphère surprend. Ici, la Bourgogne prend des airs presque méditerranéens. Les façades colorées se reflètent dans la Saône, les terrasses de cafés débordent sur les quais fleuris et la lumière semble plus douce qu’ailleurs.
Le meilleur moyen de découvrir Mâcon consiste à flâner sans se presser. Sur l’esplanade Lamartine, les promeneurs longent les berges au rythme tranquille des péniches. Les platanes offrent une ombre bienvenue durant les journées d’été tandis que les restaurants diffusent les parfums de cuisine bourguignonne : volaille à la crème, escargots persillés, jambon persillé et fromages affinés. Impossible de manquer la statue d’Alphonse de Lamartine qui regarde la Saône avec une certaine mélancolie romantique. Le poète demeure omniprésent dans la ville. Un parcours urbain appelé « Tracé de la Plume » permet d’ailleurs de suivre ses pas à travers les ruelles anciennes.
La ville possède un patrimoine important et comporte de nombreux sites religieux dont le Vieux-Saint-Vincent. Situé en centre-ville, cette cathédrale du xie siècle est classée monument historique depuis 1862. Elle fut bâtie sur l'emplacement d'un ancien temple romain et c'est dans cet édifice qu'eurent lieu le 4 mars 1869 les obsèques de Lamartine. Dans le cœur historique, la Maison de Bois attire tous les regards avec ses sculptures étonnantes et sa façade médiévale. Un peu plus loin, le Vieux-Saint-Vincent, ancienne cathédrale de pierre claire, rappelle la profondeur historique de la cité. Pour entrer véritablement dans l’univers lamartinien, direction le musée des Ursulines et son espace consacré à l’écrivain. Manuscrits, portraits, souvenirs de voyage et évocations de ses engagements politiques permettent de mieux comprendre l’homme derrière le poète. On découvre alors une personnalité complexe : romantique passionné, voyageur fasciné par l’Orient, mais aussi homme d’État et grande figure de la Révolution de 1848.
Avant de reprendre la route, une halte gourmande s’impose. Sur les marchés mâconnais, les étals débordent de produits locaux : fromages de chèvre du Clunisois, volailles de Bresse, terrines artisanales, fruits de saison et vins blancs du Mâconnais aux notes florales et minérales. Après toutes les activités proposés dans Mâcon, prenez la direction de Monceau-Prissé via la D17 (9 km). Déjà, les collines couvertes de vignes apparaissent à l’horizon. La Route Lamartine peut commencer.
Le Val Lamartinien, une Bourgogne douce et lumineuse
À peine sorti de Mâcon, le paysage change progressivement. Les rues urbaines laissent place à des routes sinueuses bordées de murets, de vignes impeccablement alignées et de villages aux toits de tuiles rouges. Le Val Lamartinien porte admirablement son nom. Ici, tout semble avoir été conçu pour inspirer les écrivains, les peintres et les voyageurs contemplatifs. Les collines ondulent doucement jusqu’aux roches majestueuses de Solutré et de Vergisson, gigantesques silhouettes calcaires surgissant au-dessus des vignobles.
Ces paysages comptent parmi les plus beaux de Bourgogne. Selon les saisons, les couleurs changent totalement. Au printemps, les vignes vert tendre illuminent les coteaux. En été, la chaleur fait vibrer les pierres blondes des villages. L’automne transforme la région en palette flamboyante de cuivre et d’or. Même l’hiver possède ici un charme particulier, lorsque les brumes matinales enveloppent les vallons. La route se parcourt lentement car les occasions de s’arrêter sont nombreuses. Un belvédère ouvre soudain une vue spectaculaire sur les vignes du Mâconnais. Un petit caveau de dégustation invite à découvrir un Saint-Véran ou un Pouilly-Fuissé. Un clocher roman apparaît derrière une rangée de cyprès.
Cette partie de la Saône-et-Loire possède une identité unique. On y retrouve à la fois la rigueur bourguignonne et une douceur de vivre méridionale. Les habitants prennent le temps de discuter, les vignerons racontent volontiers leur terroir, et les tables locales célèbrent la gastronomie avec générosité.
Prissé et le château de Monceau, refuge du poète
La première grande étape de la Route Lamartine mène à Prissé et au château de Monceau. Niché au milieu des vignes, le domaine semble surgir d’un décor romantique. Visitez le château de Monceau construit en 1648, il fut racheté par la famille Lamartine en 1662. Le poète en hérita en 1833 et y passa de brillantes années à écrire, « Voyage en Orient » entre autres. Le domaine a préservé un petit pavillon situé au milieu des vignes, endroit où Lamartine aimait travailler. Monceau est aujourd’hui la propriété de l’association Frédéric Ozanam. Alphonse de Lamartine en 1834, quitta le château de Saint-Point pour s'installer dans celui de Monceau.
Mais le véritable trésor du domaine se cache un peu plus loin, au cœur des vignes : un petit pavillon octogonal appelé « La Solitude ». Le nom résume parfaitement l’atmosphère du lieu. On imagine facilement Lamartine venant s’y réfugier pour écrire, méditer ou simplement contempler les collines du Mâconnais. Le silence y est saisissant. Seuls quelques chants d’oiseaux et le bruissement du vent dans les ceps viennent troubler la tranquillité. Visites extérieures uniquement, sur rendez-vous. Visite libre et gratuite du parc et de la chapelle. Visite extérieure de La Solitude ou Pavillon des Girondins.
Prissé dispose d'une église, qui fut agrandie au milieu du XIXe siècle, elle dispose en outre d'un vitrail de 1876 signé Edouard Didron représentant saint Vincent. profitez de votre passage pour admirer le Château de la Combe.
Autour du château, les routes viticoles invitent à multiplier les pauses gourmandes. Les caves du secteur proposent des dégustations chaleureuses où les vins blancs du Mâconnais révèlent toute leur finesse. Les amateurs découvrent des appellations réputées comme le Mâcon-Villages, le Saint-Véran ou le Pouilly-Fuissé. Dans les petits restaurants de campagne, la cuisine bourguignonne se fait généreuse et authentique. Œufs en meurette, bœuf bourguignon, poulet de Bresse à la crème ou gougères au fromage accompagnent parfaitement les vins locaux.
Continuez votre escapade en direction de Berzé-le-Châtel (18 km) en suivant la D17 où se situe la Forteresse de Berzé-le-Châtel.
Berzé-le-Châtel, forteresse spectaculaire du Mâconnais
Quelques kilomètres plus loin surgit l’un des grands chocs visuels de l’itinéraire : Berzé-le-Châtel. Dominant les collines du haut de son éperon rocheux, la forteresse semble veiller sur tout le Val Lamartinien. Avec ses imposantes tours rondes et ses remparts massifs, elle figure parmi les plus impressionnants châteaux forts de Bourgogne. L’arrivée au village offre une vision spectaculaire. La pierre blonde du château se détache sur les vignobles environnants tandis que les collines boisées ferment l’horizon.
La visite du château de Berzé-le-Chatel plonge immédiatement dans l’histoire médiévale. Escaliers étroits, salles voûtées, anciennes cuisines, chemins de ronde et jardins suspendus composent un décor fascinant. Depuis les terrasses, la vue sur les paysages du Mâconnais est tout simplement magnifique. Joyau de la Bourgogne du Sud, cette imposante forteresse est le lieu immanquable dans la région. Ce château-fort avec ses quatorze tours et son châtelet d’entrée conserve dans ses trois enceintes un ensemble de pièces médiévales et une chapelle carolingienne.
Berzé-le-Châtel possède également un charme de village bourguignon préservé. Les ruelles calmes, les maisons anciennes et les murets couverts de fleurs donnent envie de ralentir encore davantage. Visitez l'église construite au début du XVIIIe siècle consacrée à saint Sébastien et le Lavoir construit au XIXe siècle. À proximité de Berzé-le-Châtel, plusieurs chemins de randonnée permettent de rejoindre des points de vue remarquables sur les roches de Solutré et de Vergisson. Les amateurs de marche trouvent ici un terrain idéal mêlant patrimoine, vignobles et nature.
Revenez sur vos pas, puis tournez sur votre droite vers Milly-Lamartine (25 km). Avant de passer à la Maison d'Alphonse de Lamartine, visitez l'église romane Saint-Jacques-le-Majeur, bâtie au XIIe siècle.
Milly-Lamartine, l’enfance retrouvée
La Route Lamartine atteint ensuite l’un de ses lieux les plus émouvants : Milly-Lamartine. Le village paraît presque hors du temps. Quelques maisons de pierre, des jardins paisibles, un clocher discret et des vignes tout autour composent ce décor d’une simplicité bouleversante. C’est ici qu’Alphonse de Lamartine passa une grande partie de son enfance.
Dirigez-vous à présent vers la Maison de Lamartine au n° 18 de la rue des Ursulines, Alphonse de Lamartine passa son enfance à Milly ; il fut obligé de vendre cette maison familiale en 1860. Une grille en fer forgé précède la maison d'enfance de Lamartine. C'est dans cette demeure du XVIIIe siècle que le poète passa son enfance auprès d'une mère tendre et affectionnée. La maison familiale, encore visible aujourd’hui, conserve l’atmosphère d’une demeure bourgeoise rurale du XVIIIe siècle. Derrière ses murs couverts de végétation, le futur poète découvrit la campagne bourguignonne, les saisons, les vendanges et les paysages qui nourriront plus tard son œuvre.
Le jardin possède une douceur particulière. Les arbres anciens diffusent une ombre fraîche tandis que les collines environnantes semblent protéger le village du tumulte moderne. Milly-Lamartine permet aussi de comprendre combien la terre natale demeura essentielle pour le poète. Même après ses voyages à travers l’Europe et l’Orient, Lamartine resta profondément attaché à cette campagne du Mâconnais. Les visiteurs ressentent souvent une émotion sincère en découvrant les lieux. Rien n’est spectaculaire ici, et c’est précisément ce qui rend l’étape si touchante. La beauté réside dans la simplicité : une lumière sur les vignes, un portail ancien, le parfum des roses anciennes ou le chant des grillons durant l’été.
Le village constitue également une excellente étape pour les amateurs de tourisme lent. Plusieurs chemins traversent les vignobles environnants et permettent de profiter pleinement des paysages du Val Lamartinien.
Après cette visite pleine d'émotion poursuivez votre circuit touristique vers Pierreclos (27 km), situé dans une très belle vallée, où s’étendent de part et d’autre sur les coteaux, des vignobles aux produits réputés. L'histoire de la commune est intimement liée à celle du château. Pierreclos est entouré de vignobles et produit un vin de qualité.
Pierreclos, entre vignes et vieilles pierres
En poursuivant vers le sud-ouest, la route rejoint Pierreclos, superbe village installé dans une vallée entourée de coteaux viticoles. Le château de Pierreclos domine élégamment l’ensemble. Avec ses tours, ses toitures raffinées et son allée d’accès majestueuse, il offre un mélange séduisant d’architecture défensive et d’élégance aristocratique.
Le Château de Pierreclos se trouve au bout d'une allée pavée en hérisson, une grille, entre deux petits pavillons couverts de toits à l'impériale, donne accès à une avant-cour qu'un passage voûté, desservi par une porte en plein cintre en bossage, surmontée des armoiries des Michon, sépare de la cour du château. Le château est une propriété privée. Il est ouvert au public. Le lieu possède également un lien intime avec la vie de Lamartine. Le poète fréquenta régulièrement le château et la région environnante. Alphonse de Lamartine a eu un enfant avec Jacqueline de Pierreclos lors de ses visites dans le Mâconnais. Admirer l'églises, la première date du XIIe siècle, au château, détruite en 1562. Passez aussi admirer le Château du Carruge.
Aujourd’hui, la visite séduit autant par la richesse historique que par l’expérience œnologique. Car Pierreclos est aussi une terre de vin. Les dégustations organisées dans le domaine permettent de découvrir des cuvées raffinées produites sur les coteaux environnants. Le village mérite lui aussi qu’on s’y attarde. L’église romane, les maisons anciennes et les ruelles tranquilles créent une ambiance profondément bourguignonne. Tout autour, les paysages alternent entre vignobles, prairies et forêts. Cette diversité donne au Mâconnais un visage particulièrement attachant. En quelques kilomètres seulement, le décor peut passer des coteaux viticoles baignés de soleil à des vallons ombragés où paissent les troupeaux charolais.
Continuez vers Saint-Point (39 km) via la D212 et D22, traversez le long du parcours forêts et bocages avant de découvrir le tombeau de Lamartine à l'Église Saint-Donat de Saint-Point.
Saint-Point, l’âme romantique de la route
S’il fallait désigner le cœur émotionnel de la Route Lamartine, ce serait probablement Saint-Point. Le village apparaît dans un décor de collines boisées et de prairies paisibles. L’atmosphère y est profondément romantique. On comprend immédiatement pourquoi Lamartine choisit ce lieu comme refuge. Le château de Saint-Point, parfois appelé château Lamartine, fut la demeure du poète pendant de nombreuses années. Derrière ses façades élégantes et ses volets clairs se cache une part importante de sa vie intime.
Lamartine y reçut de grandes figures artistiques et intellectuelles de son époque. Victor Hugo, George Sand, Liszt ou Chopin fréquentèrent ces lieux. On imagine les conversations littéraires et musicales qui animaient les salons du château au XIXe siècle. Le parc, avec ses arbres centenaires et ses perspectives sur les collines, invite à la contemplation. Tout semble ici respirer la sérénité. À quelques pas se trouve l’église de Saint-Point et le caveau familial où repose Lamartine. En effet, le tombeau de Lamartine se trouve en haut du chemin qui conduit à l'église, à gauche de la façade. Cette chapelle funéraire conserve, le corps du poète, ceux sa mère, de sa belle-mère Mme Birch, de sa femme, de sa fille Julia, de son fils Alphonse, et de sa nièce Valentine de Cessiat. Le caveau fut érigé par les soins de Lamartine lui-même et de son vivant.
Sur un autel de pierre, est placé le buste du poète, et devant lui, le gisant de Madame de Lamartine, sculpté par Adam Salomon en 1864. Partez à présent vers le Château de Saint-Point. L’endroit possède une grande sobriété. Pas de monumentalité excessive, seulement une émotion discrète, à l’image du paysage environnant. Le silence qui règne autour du tombeau impressionne souvent les visiteurs. Beaucoup prennent le temps de lire quelques vers du poète avant de repartir vers les collines. Le château est une propriété privée. La visite est autorisée.
Saint-Point constitue également une magnifique étape pour passer la nuit. Les chambres d’hôtes et maisons de campagne des environs offrent un cadre idéal pour prolonger l’expérience lamartinienne. Au coucher du soleil, les collines prennent des teintes dorées et les vignes semblent s’embraser doucement. C’est probablement à ce moment-là que la Route Lamartine révèle toute sa poésie.

Poursuivez sur la D22 vers Tramaye (44 km), Le bourg de Tramayes est très ancien, nous vous conseillons de commencer votre visite par l'église Saint-Jean-Baptiste de Tramayes, remarquable par son haut clocher appartenant à l'art roman et disposant d'un appareil décoratif fait de colonnes et de pilastres. Puis le château de Tramayes, la construction, qui s'élevait à l'origine à l'intérieur d'une vaste enceinte rectangulaire cantonnée de tours, consiste en un corps de logis de plan rectangulaire, flanqué de deux tours carrées à 45°, d'une tour carrée plus élevée que les précédentes et d'une tourelle en surplomb. Le château est une propriété privée. Le parc est ouvert au public.
La route se poursuit ensuite vers Bussières, village plus discret mais plein de charme.
Bussières et les collines secrètes du Mâconnais
Pour finir cette route touristique "Lamartine" prenez la direction de Bussières (59 km) via la D45, on y trouve un camp retranché à éperon barré de l'époque gallo-romaine, au lieu-dit En Monsard. Admirez le Château des Essertaux, la grotte de l'abbé Jocelyn Dumont et l'église de la Conversion-de-Saint-Paul, du XIIIe siècle.
Ici, le tourisme se fait plus confidentiel. Les paysages deviennent plus ruraux, plus sauvages parfois. Les collines boisées alternent avec les pâturages et les petites vallées. Les amateurs de randonnée apprécient particulièrement cette partie du parcours. Les chemins traversent des paysages variés où la nature reprend parfois totalement ses droits. Le Mâconnais révèle alors un autre visage : celui d’une campagne authentique, loin des grands itinéraires touristiques.
Retour vers Mâcon en poursuivant la D45 et la D17 (73 km).