Relancé par une poignée de vignerons passionnés, ce vin de garde typiquement ardéchois a depuis réinvesti les coteaux du Trias cévenol et gagné ses lettres de noblesse. Une reconquête qui invite, de caves en sentiers, à redécouvrir ce nectar du soleil. Témoin d'un savoir faire ancestral, ce paysage de faïsses, sculpté par l'homme, obtient en 1992 le label "Paysage de reconquête". Les caves de Payzac, Lablachere et Rosières sont autant d'étapes entre deux visites pour déguster les cépages du Bas Vivarais.
Votre parcours commencera par le village perché de Payzac (km 0), vous pouvez vous rendre au village à partir de Joyeuse via les D104 et D207 ou à partir Des Vans, via la D250. Le panorama traversé par cette route touristique est ponctué par de nombreux hameaux aux maisons en pierre chargées d’histoire et de traditions. Ce village domine la vallée de la Salindres, implanté sur les contreforts des Cévennes sous un climat résolument méditerranéen, il offre une mosaïque de paysages où alternent forêts de pins, des châtaigniers et vignes. Le paysage est ici marqué par le vignoble en terrasses et les champs d'oliviers où l'on récolte la rougette de Payzac, petite olive qui donne une huile fruitée. Les vignerons de ce le village produisent un vin que vous pourrez vous procurer au sein de la cave coopérative.
Avec ses seize hameaux et ses dix grandes fermes isolées, des maisons anciennes affichent l'élégance et l'harmonie de leur assemblage de pierres de schiste, grès et calcaire. Elles témoignent d’une vie rurale où l’esthétisme n’était pas exclu et savait se marier avec l’aspect pratique des bâtiments, avec ses murets en pierres sèches, ses anciens abris de berger. Payzac offre un patrimoine multiple à la fois architectural, paysager et naturel. Autrefois des cultures de vignes, d’oliviers et autres ressources vivrières s’épanouissaient sur les terrasses façonnant les pentes. Avec la déprise agricole modifiant profondément les paysages de la France rurale, les forêts ont envahi l’espace. L’activité minière a incité à la plantation en masse de pins utilisés pour le boisement des galeries souterraines. En effet, ce bois offrait la caractéristique d’avertir les mineurs par des craquements bien en amont d’un éventuel effondrement général. Les champs, laissés à l'abandon, ont peu à peu été absorbés par la forêt alentour, et les terrasses, qui autrefois sculptaient les collines, ont disparu sous les arbres. Ainsi, les pins ont chassé les chênes et les châtaigniers.
Faites un détour pour découvrir l'église Saint-Pierre-aux-Liens de Payzac située sur un promontoire gréseux, ce qui lui permettait autrefois, avant que la végétation ne s’intensifie, d’être visible de tous les hameaux de la paroisse dont elle constituait l’élément central. De là, on découvre une vue étendue sur le Bas – Vivarais et l’on aperçoit notamment les clochers de Joyeuse, Lablachère, Notre-Dame de Bon-Secours, ainsi que le Rocher de Sampzon.
Il faut suivre ensuite la D207 vers Saint-Genest-de-Beauzon (5 km) qui offre une vue imprenable sur le mont Ventoux. Saint-Genest-de-Beauzon est situé à 4 km des Vans et à 3 km de Lablachère qui sont les villages les plus importants à proximité. La commune est composée de plusieurs hameaux sur une surface assez étendue. On y trouve : le Suel, Le Darboux, Le Monteillet, Le Cros, Les Salettes, Le Monteil... La culture de l’olivier est attestée dans la région, tout comme dans l’ensemble du Midi Méditerranéen, dès le début de notre ère : amphores à huiles et pressoirs ont été retrouvés sur plusieurs sites archéologiques du sud Ardèche. Le sol de grès du piémont cévenol est particulièrement adapté.
A voir au hameau du Suel, une église du XIXe siècle inachevée ; de nombreuses sources, un monument religieux au hameau du Cros ainsi que de nombreux calvaires. Nombreux sont les sentiers de promenades et de découvertes avec des paysages et des panoramas exceptionnels : mont Ventoux, Alpes, Tanargue. En hiver, le ski de randonnée est possible : ski nordique, raquettes dans le massif du Tanargue.
Poursuivre par la D407 vers Lablachère (11 km) où le Chatus s'épanouit vers Salymes. Petit village prospère, Lablachère ne manque pas de charme, il s'est illustrée au fil des siècles grâce à son activité viticole et a su préserver dans le temps ses paysages agricoles, ainsi que ses vignes en terrasse. Avant la Révolution, le village de Lablachère se trouvait entouré de forêts de chênes blancs ("Blache" en occitan). Aujourd'hui encore, entre deux promenades au cœur de la flore locale, on peut également découvrir un patrimoine architectural de grand intérêt qui témoigne de la richesse de la commune dans l'histoire.
En se baladant dans la commune, vous pouvez découvrir l'église Notre-Dame de Bon Secours édifiée entre 1829 et 1855 sur les vestiges d'une ancienne chapelle de pèlerinage du XVIe siècle. En 1930, elle est élevée au rang de basilique mineure et reste un haut lieu de pèlerinage. A l'intérieur, il est possible de découvrir une statue de Vierge à l'Enfant en bois sculpté de la fin du XVIIe siècle, ou d'une Mise au tombeau, toile datant de la même époque. Il est également possible de découvrir l'église Saint-Julien, ou encore le château de la Saumès. Importante bâtisse carrée qui servit notamment d'école religieuse, il dévoile une très belle porte aux armoiries de la famille de Chanaleilles. Au hameau de Prieuré, vous découvrez un pont mégalithique, ouvrage en pierres sèches de grès pour passer le Masseloup. On peut cheminer sur le sentier vigneron de 8 km à la découverte des vignobles en terrasse, faïsses aux murs en pierres sèches, qui accueillent le Chatus, cépage emblématique de la région.
En sortant de Lablachère, continuez votre escapade en direction de Salymes (14 km). Au rond-point, prendre la 3e sortie sur La Jaujon, prendre à droite sur D3104. Continuer tout droit sur La Jaujon, puis sur La Saunes. Prendre légèrement à droite sur La Costasse et prendre légèrement à droite sur Chimarre. Une nouvelle fois à droite sur Rieupeau et tourner à gauche à Rompude. Prendre à droite sur La Croisette et Plan du Fo.
La prochaine étape de votre itinéraire sera le village de Ribes (20 km), via la D450. Ce joli village perché au milieu des vignes, abrite l'un des plus beaux paysages de belles terrasses (faïsses) où poussent châtaigniers, oliviers et vignes. L'ensoleillement important, les sources nombreuses, l'altitude différenciée, permettaient autrefois de cultiver sur le territoire de la commune aussi bien les oliviers, ou les mûriers nécessaires à l'élevage des vers à soie, que la vigne et les châtaigniers. Autrefois connu pour son élevage de vers à soie, le village de Ribes est aujourd'hui réputé pour son picodon. Ribes est nichée au cœur de la vallée de la Beaume et de la Drobie, dans le Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche. Ce charmant village vous séduira avec ses maisons rurales typiques, son église de la fin du XIIe siècle, ses ruelles pittoresques, ses parcours de randonnée et ses magnifiques points de vue sur la rivière La Beaume.
En repartant vers Joyeuse par la même voie, une petite route à gauche permet de remonter par l'île et le Bruget, vers la D303 qui mène à Vernon. Mais mieux vaut s'informer de ce raccourci auprès d'un habitant, car les directions ne sont pas indiquees. Pourtant cette voie qui passe La Beaume et traverse les vignes vaut le détour. Descendant du massif du Tanargue, la Baume s'est d'abord frayé un passage depuis Valgorge à travers le massif granitique qu'elle traverse par une gorge encaissée ; en aval de son confluent avec la Drobie, avant d'arriver à Rosières, elle ouvre sa vallée dans les roches sédimentaires gréseuses sur lesquelles se sont implantées autrefois les paroisses de Vernon et Ribes.
À Vernon (28 km), les vignes séculaires de Chatus ont permis la relance du cépage et font l'objet d'un itinéraire vigneron proposé par le caveau La Cévenole de Rosières. Depuis toujours, Vernon est un village de tradition viticole. La reconversion en cépages plus fins a renouvelé le paysage viticole, le Chatus restant un témoin de l'histoire. Mais Vernon est également une terre d'oliviers et de châtaigniers, son sous-sol est constitué de grès favorable à ces différentes cultures. Vernon offre une nature verdoyante, des hameaux noyés au milieu d'imposants châtaigniers centenaires, des vignes sur les coteaux, des vernes ombrageant les cours d'eau. En rive gauche de la Baume, Vernon est voisine entre autres de Sanilhac, Rosières, Ribes. Dominées par le château et l'église, ses terrasses surplombent la vallée de la Beaume. La culture architecturale cévenole a posé son empreinte sur les maisons du village. Ne pas oublier d'aller admirer de l'église le panorama qui s'offre à vous.
L'itinéraire peut se prolonger vers Balbiac (31 km), l'un des terroirs favoris du Chatus, via La Crotte. Puis, dirigez-vous vers le village médiéval de Largentière (40 km), via la D212. Située dans la vallée de la Ligne, en Ardèche, Largentière a autrefois connu l'âge d'or, grâce à l'exploitation de mines de plomb argentifère qui y furent exploitées du Xe au XVe siècle par les comtes de Toulouse et les évêques de Viviers. Largentière était alors très convoitée, ce qui explique la présence aux alentours de nombreux châteaux défensifs et de villages fortifiés. Largentière vous invite à découvrir son patrimoine, témoin d'un riche passé. Les pittoresques ruelles médiévales jalonnées de maisons anciennes, hôtels particuliers de style médiéval ou Renaissance, l'hôtel de ville Renaissance, l'église gothique Notre-Dame-des-Pommiers du XIIIe siècle, et la porte des Récollets, vestige des anciens remparts,, son palais de Justice et son château des Évêques sont autant d'attraits architecturaux à admirer le temps d'une promenade.
Pour le retour, prendre la direction de Joyeuse (50 km), via la D212. Capitale de l’ancien duché de Joyeuse, la vieille ville atteste d’un passé historique très riche, avec le château des Ducs de Joyeuse du XVIe siècle et sa Tour de la Recluse, les restes de remparts et ses portes Sainte Anne et de Jales, ainsi que l’église St Pierre qui est l’ancienne chapelle ducale. Joyeuse est aussi une ancienne capitale de la soie, avec magnaneries, moulinages et vieilles échoppes qui revivent chaque année en octobre lors de son traditionnel salon gourmand. Durant une semaine début août, le Festival de la Joye met en scène son passé à travers des spectacles de rue à connotations historiques, un défilé d’une centaine de figurants en costume et de nombreuses troupes théâtrales.