Cap sur les Pyrénées-Atlantiques dans le village basque de Saint-Jean-Pied-de-Port. Célèbre ville-étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. En effet, ce circuit touristique de 123 km partira de Saint-Jean-Pied-de-Port (km 0). Dans ce village classé "Plus beau village de France", tout est fait pour préserver son patrimoine exceptionnel : la citadelle Vauban, l’église gothique Notre-Dame du Bout du Pont et puis bien sûr la porte Saint-Jacques, classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Les maisons à colombages font aussi partie du décor de cette cité médiévale du 12è siècle construite par les rois de Navarre une belle visite sur cette route touristique.
Prener la départementale D15 jusqu'à Saint-Etienne-de-Baigorry (11 km), village niché au creux d'une vallée pastorale en plein coeur du Pays Basque. Les amoureux de paysages et de grands espaces aux couleurs changeantes seront séduits par tant de beauté. Que l'on arrive par Saint-Jean-Pied-de-Port ou par Bayonne après l'étroit seuil de Bidarray dans les gorges de la Nive, les impressionnantes crêtes roses d'Iparla feront la joie de vos appareils photos.
Entre des terres à vignobles bénéficiant d'un micro-climat à la légendaire douceur et les premiers contreforts des Pyrénées dépassant mille mètres, le joli village de Saint-Étienne-de-Baïgorry vous invite à découvrir ses maisons basques typiques. Profiter de votre passage pour visiter sa somptueuse église Saint-Étienne ornée d'un retable baroque classé, d'un orgue Rémy Mahler et de trois étages de galeries en bois puis le château d'Etxauz et le pont Romain.
Suivre la D949 et traverser Ispéguy, Errazu (28 km), Bozaté (29 km) pour une incursion en Espagne. Côté espagnol, Urdax et Zugarramurdi ajoutent une dimension presque mystique à la Route des Contrebandiers. Ces villages sont célèbres pour leurs grottes, associées aux légendes de sorcellerie, mais aussi pour leur rôle dans les échanges clandestins. Les grottes servaient parfois d’abris temporaires ou de lieux de stockage. Elles témoignent de l’ingéniosité des habitants face à un environnement difficile et à des autorités souvent lointaines. Visiter ces lieux, c’est comprendre que la frontière n’était pas seulement un obstacle économique, mais aussi un espace symbolique, nourri de peurs, de croyances et de récits transmis de génération en génération.
Continuer jusqu'à Dancharinea (49 km), puis par la D4 jusqu'a Sare (59 km). Le village de Sare classé "plus beau village de France, entouré de montagnes dont La Rhune à 905m et enclavé dans la Navarre espagnole avec 32 Km de frontière, est situé à 14 Km de Saint Jean de Luz. Le village de Sare est souvent considéré comme l’un des points de départ emblématiques de la Route des Contrebandiers. Classé parmi les plus beaux villages de France, il déploie ses maisons blanches aux colombages rouges autour de l’église et du fronton de pelote basque.
Mais derrière cette image paisible se cache une histoire de passages nocturnes et de solidarités silencieuses. Depuis Sare, les sentiers s’élèvent vers les flancs de la Rhune, empruntant des chemins autrefois surveillés par les douaniers. Les habitants du village connaissaient chaque détour, chaque repli du terrain, chaque zone d’ombre. Aujourd’hui, des panneaux d’interprétation et des visites guidées permettent de comprendre le rôle stratégique de Sare dans les réseaux de contrebande, tout en respectant la dimension humaine et parfois tragique de cette histoire.
Impossible d’évoquer la Route des Contrebandiers sans s’attarder sur la Rhune, sommet mythique du Pays basque. Visible depuis la côte, cette montagne a longtemps servi de repère naturel et de poste d’observation. Les contrebandiers utilisaient ses pentes et ses cols pour franchir la frontière en évitant les points de contrôle. Aujourd’hui, la Rhune offre une lecture à ciel ouvert de cette histoire : depuis son sommet, le regard embrasse les villages français et espagnols, révélant l’absurdité d’une frontière tracée sur un territoire profondément uni. L’ascension peut se faire à pied, par d’anciens chemins pastoraux, ou à bord du célèbre petit train à crémaillère, mais les amateurs d’itinéraires authentiques privilégieront la marche, pour mieux ressentir l’effort et la liberté qui animaient jadis les passeurs.
Continuer sur la D4 jusqu'à Ascain (65 km), village charmant au pied de la montagne basque. Ascain à l'architecture typiquement labourdine et basque, traversé par la Nivelle et dominé par trois sommets : Bizkarzun, Esnaur et Larrun dit La Rhune. Au centre du village, vous remarquerez le fronton et le trinquet qui rappellent qu'Ascain a vu grandir de nombreux champions de pelote. Près du fronton, Pierre Loti a fait référence à l'hôtel de la Rhune pour son oeuvre Ramuntcho, inspiré d'un personnage d'Ascain, Otharre, chasseur et pelotari. Ne manquez pas de visiter l'église médiévale avec son clocher donjon.
Continuer votre parcours "sur la route des contrebandiers jusqu'à Saint-Pee-sur-Nivelle (73 km), via la D918. Saint Pée sur Nivelle on y trouve les vestiges d’un château du XIIIe et XIVe siècle, surnommé « château des sorcières » car il fut le siège d’un procès de sorcellerie en 1609. Explorer le vieux quartier Ibarron, attesté au XIIIe siècle. Dans le bourg admirer ses maisons des XVIIe et XVIIIe siècles ainsi que le quartier Amotz avec sa chapelle dédiée à Marie Madeleine témoignent de la richesse de son passé.
Poursuivre la ballade sur la D918 vers Espelette (84 km). La renommée gastronomique d'Espelette s'étend à la France entiére grâce ses fameux piments. Ceux-ci sont fêtés le dernier dimande d'octobre par la confrérie. Il faut absolument goûter le Haxoa, les Tripoxak et l'omelette au pîment. Les longues maisons basques, alignées avec rigueur, cachaient parfois des réserves destinées à la contrebande. Les habitants vivaient avec la conscience aiguë du risque, mais aussi avec un sens profond de la solidarité communautaire.
Continuez vers Cambo-les-Bains (90 km), selon la tradition populaire, Cambo existait déjà du temps des Romains. Visiter le musèe Edmond Rostand à Arnaga et son jardin remarquable, les Thermes,... Prendre la D918 pour revenir sur Saint Jean Pied de Port (123 km).
Une route pour les amateurs d’histoire, de nature et d’émotions
La Route des Contrebandiers ne se contente pas d’offrir de beaux paysages : elle propose une expérience narrative complète, où le visiteur devient acteur de sa découverte. En suivant ces chemins, on ne cherche pas seulement à atteindre un point B ; on accepte de se perdre un peu, de se confronter à l’effort, de s’imprégner d’un territoire qui se mérite.
Chaque étape devient une invitation à ralentir, à échanger avec les habitants, à écouter leurs récits parfois hérités de leurs grands-parents. Le voyage prend alors une dimension profondément humaine. Elle s’adresse aux curieux, aux passionnés d’histoire sociale, aux voyageurs en quête d’authenticité, mais aussi à tous ceux qui souhaitent comprendre le Pays basque au-delà des clichés balnéaires.