Commencez votre parcours à Bayonne (km 0). Bayonne est une ville vivante où se mêlent histoire médiévale, traditions basques et gastronomie :ses ruelles, ses remparts et ses musées offrent une visite riche et accessible en une journée comme en séjour prolongé. Nichée entre la Nive et l’Adour, Bayonne se découvre à pied. Commencez vos visites par la Cathédrale Sainte Marie et le cloître, chef d’œuvre gothique classé, la cathédrale domine le Grand Bayonne ; son cloître adjacent est un espace de calme et d’architecture médiévale sont incontournable. Montez vers le Château Vieux et le Château Neuf : vestiges de l’histoire militaire de la ville, ces édifices témoignent du rôle stratégique de Bayonne et ponctuent la promenade dans la vieille ville. La promenades sur les fortifications avec les vues sur les rivières offrent un bon aperçu du système défensif qui a façonné la ville.
Traversez les ruelles commerçantes pour atteindre le Musée Bonnat Helleu. Le Musée Bonnat Helleu, récemment rénové, abrite une collection remarquable d’œuvres européennes et constitue un arrêt culturel majeur pour les amateurs d’art. Puis terminez par une pause gourmande au marché ou sur les quais de la Nive. Bayonne se révèle à qui prend le temps : avec un patrimoine dense, des musées de qualité et une table généreuse font de la ville une étape incontournable du Pays basque.
Dirigez-vous vers Saint-Pierre-d’Irube (3 km). Dans Saint-Pierre-d’Irube, on sent déjà l’influence de Bayonne toute proche, mais aussi cette transition vers l’arrière-pays, avec ses ruelles paisibles, ses maisons traditionnelles et ses façades colorées. La Route Impériale traverse d’abord plusieurs communes où l’on ressent l’âme basque dans ses formes les plus familiales. Ces villages, modestes en taille mais riches en vie locale, sont souvent des haltes délicieuses. Dès les premiers kilomètres après Bayonne, l’horizon change. Les bâtiments urbains s’effacent doucement, remplacés par la pelouse grasse des collines, où des haies naturelles et des bosquets composent une tapisserie verte et chatoyante.
Continuez en direction de Mouguerre (10 km), via la D936. Mouguerre est un village basque discret et vivant, idéal pour qui cherche une étape authentique entre Bayonne et les crêtes de l’arrière pays : son église paroissiale, ses ruelles rurales et la proximité de jardins et producteurs locaux en font une halte culturelle et gourmande. Mouguerre conserve un patrimoine rural basque : maisons traditionnelles, paysages de bocage et une vie associative active. L'église Saint Jean Baptiste : édifice central du village, caractérisé par une nef unique et des tribunes en bois sur deux niveaux ; le porche et le fronton datent du XIXᵉ siècle est un bel exemple d’architecture religieuse locale à visiter pour son intérieur et son atmosphère. En vous promenant, repérez les maisons traditionnelles et leurs linteaux sculptés, témoins de l’art populaire basque présent dans la commune.
A présent filez vers Villefranque (16 km), via la D257. Villefranque se découvre comme un village de bocage où se mêlent maisons labourdines, petites places et chemins de campagne. Sa situation en bordure de la Route Impériale des Cimes en fait une étape pratique pour qui remonte vers Hasparren ou Cambo les Bains et souhaite alterner patrimoine et nature.
La commune posssède un beau patrimoine religieux : débutez votre visite par l'église Saint Jean Baptiste, édifice majeur du village, qui illustre l’architecture religieuse locale et mérite une visite pour son volume intérieur et ses éléments patrimoniaux. L'église Saint Barthélemy de style labourdin a été construite au XVIIIᵉ siècle. Ces deux édifices témoigne des traditions religieuses et architecturales de la région. Ponctuez la promenade en flânant dans les rues pour découvrir les les linteaux sculptés et les maisons traditionnelles à colombages. Villefranque offre une visite courte mais riche en caractère basque : églises inscrites, maisons traditionnelles et accès direct aux crêtes environnantes en font une halte authentique entre Bayonne et l’arrière pays.
Mouguerre et Villefranque, avec leurs églises historiques, leurs cafés et leurs places animées, vous invitent à faire une pause ; pour déguster un café, observer les habitants ou simplement vous imprégner de ce rythme si particulier du Pays Basque, où le temps semble s’écouler plus lentement. Plus loin, la route longe le territoire de Cambo-les-Bains, célèbre pour son eau thermale et sa villa Arnaga, conçue par le poète Edmond Rostand. Les panoramas qui se succèdent sont presque cinématographiques : des vues lointaines vers les Pyrénées enneigées par temps clair, jusqu’aux vallons encaissés où les toits basques se blottissent dans des cuvettes verdoyantes.
Votre prochaine étape sera Cambo-les-Bains (29 km), via la D932. Cambo-les-Bains se découvre comme une halte élégante entre Bayonne et l’arrière pays : station thermale, ville de villégiature et porte d’entrée vers les crêtes et les vallons basques. Son atmosphère mêle architecture néo basque, parcs et une vie culturelle douce qui invite à la flânerie. Cambo les Bains est une station thermale où se conjuguent jardins remarquables, patrimoine néo basque et promenades en nature : la Villa Arnaga, les thermes, les ruelles et les sentiers alentours forment l’essentiel d’une visite d’une demi journée à deux jours.
La Villa Arnaga devenue Musée Edmond Rostand est un chef d’œuvre néo basque construit par Edmond Rostand au début du XXᵉ siècle, la villa et ses 15 hectares de jardins (à la française et à l’anglaise) sont classés et labellisés, et constituent la visite phare de la commune. Les jardins d’Arnaga : conçus comme un « poème de pierre et de verdure », offrent bassins, pergolas et perspectives soignées. Les thermes : la station thermale, qui a fait la réputation de Cambo, propose des soins et une ambiance propice à la détente après la randonnée ou la visite culturelle. Le centre bourg, l’église, les ruelles, les maisons à colombages et petites places invitent à la promenade et à la découverte de l’art populaire basque.
En dépassant Cambo, en direction de Hasparren (39 km), la campagne se fait plus profonde, le relief plus prononcé, et les panoramas encore plus vastes. C’est ici que la Route Impériale commence à dévoiler son spectacle principal : la vallée s’ouvre, les lignes de collines se superposent, et on devine, au loin, les sommets pyrénéens qui dominent tout le paysage. À l’arrivée, Hasparren n’est pas simplement un point sur la carte. La petite ville est un foyer vivant de culture basque, avec des traditions locales, des fêtes, des musiques, des chants et une identité forte que l’on ressent à chaque coin de rue.
L’histoire d’Hasparren est ancrée dans le paysage lui-même, comme le montrent ses enceintes protohistoriques, sa maison Eihartzea (maison du poète Francis Jammes) ou l’usage traditionnel de la langue basque qui s’entend encore dans les conversations quotidiennes. Hasparren possède un patrimoine religieux riche avec entre autre, le retable en bois polychrome de la chapelle d’Elizaberri et les fresques en couleur de la chapelle art-déco, Notre Dame du Sacré Cœur. Ses rues pentues recèlent des maisons à colombage, les anciennes fermes basques de la commune, très typées datent pour la plupart des XVII et XVIIIème siècle. Elles desservent les onze quartiers disséminés dans les coteaux ceinturant le bourg. Eyhartzea est la maison aux volets verts qui a appartenu au poète, romancier, Francis Jammes qui y passa les dix-sept dernières années de sa vie. Elle se visite aujourd’hui.
Prolongez votre escapade en direction de Saint-Jean-le-Vieux (71 km), laissez le village vous raconter ses strates d’histoire. Saint Jean le Vieux se découvre comme un village chargé d’histoire, étape romaine puis bourg médiéval, où l’on peut enchaîner en une demi journée les sites archéologiques, l’église paroissiale et plusieurs chapelles rurales pour une visite à la fois intime et très parlante du Pays basque intérieur.
Commencez par une promenade dans le bourg pour admirez les maisons traditionnelles. Entrée dans l’église Saint Pierre du XVe siècle pour la structure actuelle, pour observer le mobilier et l’architecture religieuse locale. Puis, visitez le site romain (vicus et thermes) et le petit musée d’objets découverts lors des fouilles pour comprendre l’occupation antique du lieu. Le village offre une lecture très lisible de l’histoire locale, du monde romain aux traditions basques contemporaines.
Pour finir, dirigez-vous vers Saint-Jean-Pied-de-Port (75 km). Saint Jean Pied de Port est une ancienne cité médiévale incontournable du Pays basque, porte historique des Pyrénées pour les pèlerins de Compostelle et village fortifié offrant une promenade compacte entre remparts, ruelles pavées et panoramas sur la vallée de la Nive. Commencez par franchir la porte Saint Jacques et laissez vous imprégner de l’émotion des pèlerins qui montent vers Roncevaux. La Porte Saint Jacques marque l’entrée historique des pèlerins sur le chemin de Compostelle et fait partie du patrimoine mondial, symbole vivant de la vocation spirituelle et marchande de la cité. La ville conserve un plan médiéval très lisible, où chaque ruelle raconte une strate d’histoire et d’artisanat local.
Remontez la Rue d’Espagne, rue principale, admirez façades à colombages et boutiques d’artisans ; c’est l’axe qui mène naturellement vers la citadelle. Visitez l’église Notre Dame du Bout du Pont, aux fondations anciennes et profitez du point de vue sur la Nive. L’édifice illustre la continuité religieuse de la cité. Montez à la citadelle (remaniée par Vauban) pour une vue plongeante sur la ville et les collines environnantes; la promenade sur les fortifications est un moment fort de la visite. Redescendez vers la place centrale pour un repas basque : pintxos, charcuterie et fromages locaux.
Si vous avez plus de temps, terminez par une excursion vers les collines de Mendiguren ou une dégustation de vins d’Irouléguy dans les villages voisins : Saint Jean Pied de Port est une base idéale pour conjuguer histoire, randonnée et terroir. La Route Impériale est à son meilleur entre avril et octobre, lorsque la campagne basque est la plus vibrante et les températures, agréables. Cependant, l’arrière-pays a son charme en toute saison, et la lumière hivernale apporte une atmosphère différente, plus intime. Le parcours peut se faire en voiture, à moto, à vélo ou même en randonnée ponctuée, selon votre tempo. Prévoyez de nombreuses pauses photos et des haltes dans les villages traversés, chaque instant y est un moment de découverte.
La Route Impériale des Cimes n’est pas seulement une route touristique : c’est un chemin d’émotions, une succession de visions et de sensations qui vous connectent à l’âme profonde du Pays Basque. Entre l’héritage historique, la beauté panoramique des collines, les villages vivants, la nature généreuse et la culture basque puissante, ce voyage s’inscrit dans la mémoire. Qu’on l’emprunte en quête de paysages, d’histoire, de calme ou de plaisirs sensoriels, cette route repousse la simple idée d’un itinéraire routier pour devenir une expérience de voyage complète : contemplative, culturelle et profondément enrichissante. Chaque virage est une lecture, chaque colline une invitation, chaque horizon une promesse — celle de découvrir le Pays Basque dans toute sa splendeur vivante et mystérieuse.