Une Normandie intérieure, secrète et profondément authentique
Avant même de parler de châteaux, il faut parler du décor. L’Orne n’est pas spectaculaire au premier regard. Elle ne cherche pas à impressionner. Elle s’offre lentement, comme un paysage qu’il faut apprivoiser. Ici, pas de falaises abruptes ni de stations balnéaires animées. À la place : un bocage vivant, des chemins creux, des forêts profondes et une ruralité élégante.
Ce territoire est aussi celui du cheval. On le ressent partout. Dans les prairies bordées de pommiers. Dans les silhouettes nobles qui se détachent à l’horizon. Dans l’histoire même des lieux. Car cette route traverse le Pays d’Argentan, véritable berceau de l’élevage équin en France, où le cheval est bien plus qu’un symbole : une culture.
C’est dans cet environnement que s’inscrivent les châteaux. Non pas comme des monuments isolés, mais comme des éléments vivants du paysage, profondément liés à la terre, à l’histoire et aux hommes.
Le point de départ : une entrée en matière élégante
Le voyage débute généralement aux alentours du Bourg-Saint-Léonard, première étape de cette immersion. Dès les premiers instants, le ton est donné. Ici, les architectures racontent le XVIIIe siècle, celui de l’art de vivre à la française. Commencez cette escapade touristique au Château du Bourg-Saint-Léonard témoin de l'art de vivre au XVIIIe siècle. Le château du Bourg-Saint-Léonard est situé près de la forêt de Gouffern.
Le château, entouré de son parc à l’anglaise et de ses dépendances, incarne une époque où l’élégance se vivait autant dans les jardins que dans les salons. On imagine les conversations feutrées, les promenades dans les allées, les après-midi d’été passés à l’ombre des arbres centenaires. Dans un parc à l'anglaise entouré d'une forêt de 400 hectares, le château encadré de son orangerie et de son écurie, constitue une vitrine du mobilier du XVIIIe siècle, de la salle à manger où vous découvrirez les arts de la table au petit salon, là où le temps de repos signifiait fauteuils confortables pour une conversation riche et enjouée.
Visite libre du parc toute l'année et visite guidée dans un château au Siècle des Lumières. C’est une entrée douce dans le voyage. Une manière de se mettre au rythme du territoire : lent, raffiné, contemplatif.
Poursuivez via la D926, la route mène à l’un des lieux les plus emblématiques de l’Orne : le Haras du Pin. Le Haras national du Pin situé sur la commune du Pin-au-Haras (5 km), est le plus ancien et le plus prestigieux des haras nationaux. Construit sous l’impulsion de Louis XIV, ce site est bien plus qu’un haras. C’est une œuvre architecturale, un symbole national, un hommage au cheval et à son rôle dans l’histoire française. C’est une étape incontournable. Et sans doute l’une des plus mémorables.
Dès l’arrivée, l’impression est forte. Les longues allées, les bâtiments de pierre blonde, les perspectives majestueuses… tout évoque une forme de grandeur classique, presque royale. Mais ce qui frappe surtout, c’est l’atmosphère. Le silence est ponctué par le bruit des sabots. L’odeur du foin se mêle à celle de la terre humide. Les chevaux, élégants, puissants, semblent évoluer dans un décor hors du temps. La visite permet de plonger dans un univers fascinant : anatomie, races, métiers, traditions… tout un monde s’ouvre au visiteur.
Lors de votre visite, vous vivrez une expérience inattendue, véritable découverte dynamique de l'univers élégant du cheval dans un cadre historique incomparable. Vous suivrez un parcours didactique sur les allures, les races, l'anatomie ou encore les métiers du cheval. Dans les combles, les secrets de l'histoire du haras s'offriront à eux avant de les entraîner jusqu'à un carrousel d'images. En période estivale découvrez également «les jeudis du Pin». Nombreuses manifestations équestres toute l’année. Symbole de l'excellence française en matière d'élevage équestre, le Haras du Pin sera une étape importante sur ce circuit.
Après cette visite équestre, direction le Château de Médavy via la D26 et D16 (14 km).
Le Château de Médavy : l’équilibre entre puissance et raffinement
En poursuivant la route, le paysage s’ouvre, les champs s’élargissent, et l’on atteint le Château de Médavy. Le Château de Médavy construit de 1703 à 1725, par Jacques Léonard Rouxel de Medavy, Maréchal de France, dans une enceinte médiévale reflète la noble ordonnance de cette époque et étonne par ses deux tours du XVe siècle. Les tours anciennes rappellent le passé défensif. Les façades symétriques évoquent, elles, une époque de paix et de raffinement.
À l’intérieur, la richesse du mobilier et des collections plonge le visiteur dans l’intimité d’une grande famille aristocratique. Parquets marquetés, salons lumineux, cartes anciennes… chaque pièce raconte une histoire. Visite guidée intérieure où l'on peut admirer un riche mobilier d'époque, divers salons dont le grand salon avec son exceptionnel parquet marquetté en soleil, ainsi que la salle des cartes où est notamment exposée une rare collection d'atlas anciens.
Mais c’est à l’extérieur que le charme opère pleinement. Le parc, les dépendances, la chapelle… tout invite à la promenade. À la flânerie. À cette sensation rare d’être à la fois spectateur et voyageur dans le temps. Une promenade extérieure propose la visite libre de la chapelle, du colombier, du haras et du parc. Visite guidée de la Tour St Pierre, entièrement restaurée, sur rendez-vous, uniquement pendant la saison d'ouverture. Elle abrite une belle collection d'art contemporain.
Le Château d’Ô : poésie gothique et romantisme
Poursuivez sur la D26 vers le Château d'Ô à Mortrée (19 km), véritable vaisseau gothique flamboyant et Renaissance du XVème et XVIIe siècle., serti de douves.
Changement d’atmosphère avec le Château d’Ô. Ici, l’émotion est immédiate. Le château, entouré de douves, semble flotter dans le paysage. Son architecture mêle gothique flamboyant et influences Renaissance, créant une silhouette à la fois élégante et mystérieuse. Mais ce qui rend ce lieu unique, c’est son ambiance. Endroit propice à l'intimité, il rend amoureux celui qui le contemple. Soudain, le besoin d'en parcourir tous les recoins envahit le promeneur.
De découvrir également le parc chaleureux, marcher très lentement parmi les ondoiements toujours verts, respirer l'odeur des frondaisons centenaires et, écouter, la mélopée des pierres ancestrales chuchoter leur histoire. Visites accompagnées des extérieurs ainsi que de certaines pièces présentant un intérêt artistique ou historique telles que l'ancienne salle des gardes, la grande galerie, le salon dit "des marbres" et le salon dit "des muses". Les jardins sont constitués de parterres de gazon, d'un jardin potager et d'un verger entourés de murs.
Les jardins, les arbres anciens, les reflets dans l’eau… tout concourt à créer une expérience presque sensorielle. On marche lentement. On écoute. On observe. C’est un château qui se ressent autant qu’il se visite. Et souvent, c’est ici que les visiteurs tombent amoureux de l’Orne.
Le Château de Sassy : la majesté des jardins à la française
Revenez sur vos pas, puis sur votre gauche prenez la direction du Château de Sassy via la D958 (27 km). Le Château de Sassy, imposant, lumineux, parfaitement ordonné, il domine le paysage depuis ses terrasses, offrant une vue spectaculaire sur des jardins à la française d’une grande finesse.
Cet imposant château du XVIIIe siècle, construit en pierre et en brique surplombe trois étages de terrasses. Toujours habité, il abrite la riche bibliothèque du Chancelier Pasquier qui comporte 25 000 volumes et en fait l'une des plus importantes bibliothèques privées de France. Outre un beau mobilier, on admirera diverses tapisseries des Gobelins et de Beauvais et dans la chapelle un retable du XVe siècle (classé Monuments Historiques).
Le jardin à la française est orné de broderies de buis et d'ifs taillés, il est l'oeuvre de l'architecte-paysager Achille Duchêne, inspiré par la réalisation d'André le Nôtre. Depuis les terrasses du château, le dessin des cinq parterres, rehaussés par les allées de sable rose, apparaît dans toute sa splendeur. Visite guidée du château et libre du jardin. Le jardin labellisé "Jardin Remarquable" se visite librement dans le cadre de la visite du château qui, elle, est guidée.
Ces jardins, inspirés du travail d’André Le Nôtre, sont une véritable œuvre d’art végétale. Parterres géométriques, broderies de buis, allées de sable rose… tout est pensé, dessiné, structuré. C’est un lieu où l’on comprend la relation entre nature et maîtrise humaine, entre esthétique et discipline.
Argentan : une ville d’histoire et d’élégance
Le circuit se termine à Argentan, ville discrète mais riche d’un passé prestigieux. Remontez sur Argentan en suivant la D958 pour finir ce circuit (37 km). Argentan vit au cœur du pays du cheval, tranquille petite citée dans son écrin de verdure. Argentan, elle fût longtemps une ville aristocratique où les officiers du Roi aimaient à se retrouver. Cela lui a valu de voir fleurir un nombre considérable d'hôtels particuliers et de châteaux. Fortifiée dès le Xe siècle, la place forte eut les faveurs d'Aliénor d'Aquitaine qui y recevait ses fils, Richard Cœur de Lion et Jean Sans Terre.
Commencez votre visite par le Donjon d'Argentan, vestige des remparts qui entouraient l'ancienne ville, la tour Marguerite, datant de l'époque médiévale. Elle faisait partie des fortifications de la cité et le Le château des Ducs du XIVe siècle, actuel palais de justice.
Admirez la chapelle Saint-Nicolas, ancienne chapelle du château. Construite à la fin du XIe siècle par Pierre II de Valois, comte d'Alençon l'église Saint-Martin du XVe-XVIe siècle, l' église Saint-Germain du XVe au XVIIIe siècle et l'église Saint-Martin-des-Champs dans le quartier de Mauvaisville d'origine romane (avec fresques).
Puis revenir sur Bourg-Saint-Léonard via la D926 (45 km).